Terminologie ancienne du livre
DERNIÈRES ENTRÉES CRÉÉES (par ordre de mise en ligne) : Nota, Capella, Dormitorium, Breviarium messis, Triangulum, Repositorium, Chanterel, Mi-temps, Forestel, Tabularium, Biblia scolaris, Antebiblium, Yvor, Vade mecum, Granarius, Rapiarius, Rapularius, Asnier, Declaratio, Discipulus, Promptuarium, Revestiarium, Vestiarium.
DERNIÈRES NOTICES MISES À JOUR :
9.10.2012 : Titres des livres au Moyen-Âge, Depositum.
ARGUMENTAIRE :
Le lexique médiéval du livre et des bibliothèques est souvent ambigu et polysémique. Son interprétation exige du recul et se contente rarement d'équivalences simples. Cette rubrique - "work in progress" - propose d'inventorier et d'analyser le vocabulaire concernant les livres et les bibliothèques en usage dans les actes de la pratique (catalogues et inventaires anciens, testaments, comptes, etc.), notamment les titres de livres - titres uniformes[1] et titres de forme[2] - les expressions qui décrivent certains titres ou parties de livres, les bibliothèques, les systèmes de classement, les manuscrits eux-mêmes, etc. Pour la nomenclature ancienne des écritures, on se reportera en priorité au fichier manuel de la section de paléographie de l'IRHT.
CHAQUE NOTICE indique à la suite de l'entrée principale,
- le sigle du champ lexical auquel appartient le terme étudié :
B = bâtiment
C = codicologie
L = liturgie
M = mobilier
E = écriture, paléographie, couleurs
P = personnel
R = reliure
T = titre de livre
- la date de rédaction de la notice.
- Les synonymes et expressions apparentées
- Des exemples tirés des documents étudiés par la section d'Histoire des bibliothèques de l'IRHT
- Le nom des auteurs de la notice
NOTA BENE :
Notre dessein n'est pas de repérer toutes les occurrences d'un terme, mais d'en
signaler les différents sens en précisant autant que possible les dates les
plus anciennes d'utilisation et les principales sources qui les utilisent.
Les notices proposeront en priorité des définitions appuyées sur les
inventaires de bibliothèques françaises et les documents analysés dans le
répertoire des Bibliothèques médiévales de France (Répertoire BMF).
On a également exploité le fichier manuscrit de terminologie initié par Donatella Nebbiai à la section de codicologie de l'IRHT à partir de documents italiens et français.
ONT COLLABORÉ : François Bougard, Elise Herbeaux, Martin Morard, Donatella Nebbiai, Monique Peyrafort, Anne-Marie Turcan-Verkerk.
Responsable éditorial : Martin Morard
Assise, Libraria publica, 1381 = « Inventarium anni 1381 », dans C. Cenci, Bibliotheca manuscripta, t. 1, p. 77-167.
Assise, Libraria secreta, 1381 = « Inventarium anni 1381 », dans C. Cenci, Bibliotheca manuscripta, t. 1, p. 167-371.
Avignon, Collège Saint-Bernard, dit Collège de Sénanque, Inventaire de l'église (vers 1496) = *Avignon, AM, Pintat 5/163, f. 31-41 (anc. Grandes Archives, Boîte 5, n° 163, dit aussi « Cartulaire »).
Cathédrale de Bayeux, inventaire du trésor (1476) = Caen, AD du Calvados, série G, Bibliothèque du Chapitre de Bayeux, ms. 199, f. 77-99v.
Cîteaux, 1480 = Inventaire dressé par Jean de Cirey, abbé de Cîteaux, entre 1480 et 1482, éd. Henri Omont, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. 5 : Dijon, Paris, 1889, p. 339-452.
Chronica cassinensis [1075-1140] : [Leo Ostiensis], Chronica monasterii Casinensis ([Petrus Diaconus, †1140 ] Redactio II-III, codd. CDMS), Hannover, ed. H. Hoffmann, Hannover, 1980, eMGH SS 34, p. 16-607.
Clairvaux, Bibliothèque du dortoir, 1520 = éd. A. Vernet et al., La bibliothèque de l'abbaye de Clairvaux du xiie au xviiie siècle, t. 1, Paris, 1979, p. 585-639car.
Commentarius Porretanus in I Cor. = Commentarius Porretanus in primam epistolam ad Corinthios [I Cor. 1-12, 4], éd. Artur Michael Landgraf, Città del Vaticano, 1945 (Studi e testi 117) [commentaire jugé d'inspiration porrétaine, édité à partir du ms. Paris, Arsenal, lat. 1116].
Corbie, xie siècle = Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 2, p. 427.
Desachy 2012 : Matthieu Desachy, Deux bibliophiles humanistes. Bibliothèques et manuscrits de Jean Jouffroy et d'Hélion Jouffroy, Paris, 2012 (Documents, études et répertoires, 82).
Du Cange (comité) = fichier du Comité Du Cange, section de lexicographie de l'Institut de recherche et d'histoire des textes.
Corbie, xie siècle = Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 2, p. 427.
Florence, San Marco, xve s. 4/4 : Ullman-Stadter 1972 : Berthold L. Ullman, Philip Α. Stadter, The Public Library of Renaissance Florence. Niccolò Niccoli, Cosimo de Medici and the Library of San Marco, Padoue, 1972 (Medioaevo e Umanesimo 10), p. 125-267.
Gorze, xie siècle = Germain Morin, « Le catalogue des manuscrits de l'abbaye de Gorze au xie siècle », Rev. Bénédictine, 22 (1905), p. 3-11 ; A. Wagner, Gorze au xie siècle, Nancy-Turnhout, 1995, p. 137-180.
Jumièges (1170-1220 ca.) = Annales (Les) de l'abbaye Saint-Pierre de Jumièges, Chronique universelle des origines au xiiie siècle, éd. dom Jean Laporte, Rouen, p. 26-103.
Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Bibliotheca Lerinensis antiqua (1640 ca.) = « Bibliotheca Lerinensis antiqua continens volumina ex membranis confecta », Nice, AD des Alpes Maritimes, H 132, 16 f. [édition en préparation].
Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Inventaire des biens (1742) = Nice, AD des Alpes Maritimes, H 126.
Lille, collégiale Saint-Pierre, collégiale : éd. Chrétien Dehaisnes, Documents et extraits concernant l'histoire de l'art dans la Flandre, l'Artois, et le Hainaut avant le XVe siècle, 2 vol., Lille, 1886, ici t. 2, p. 756-759.
Melsa, abbaye O.Cist. (diocèse d'York), inventaire de biens (1396) : Edward August Bond, Thomas Burton, Chronicon monasterii de Melsa, Londres, 3 vol., 1867-1868, ici t. 3, p. lxxvii-c. [d'après ms. London, British Library, Cotton Vitellius, C.VI, f. 235-245.]
Novara, inventaire de la cathédrale de Novara, 1212, éd. Historiae patriae monumenta. Chartarum I, 1836, col. 1192-1194.
Paris, Saint-Victor, O.S.A., Jean de Toulouse = Mémorial (Le) de Jean de Toulouse, prieur vicaire de Saint-Victor de Paris, J.-B. Capit éd., 2 vol., Turnhout, 2001.
Perugia, San Domenico = Inventari di libri di San Domenico di Perugia (1430-80), Tommaso Kaeppeli (éd.), Rome, 1962 (Sussidi eruditi, 15).
Philippe de Dreux, évêque de Beauvais puis archevêque de Reims, testament (1217, 2 novembre) : Ed. Olivier Guyotjeannin, « Le testament de l'évêque de Beauvais Philippe de Dreux (2 novembre 1217) », dans Retour aux sources. Textes, études et documents d'histoire médiévale offerts à Michel Parisse, Paris, 2004, p. 143-154 (éd. de ces extraits p. 147 et p.149).
Pise, Chartreuse de Calci, Inventaire 1379 = Pise, Chartreuse de Calci, Inventaire 1379, n° 134 Giovanna Murano, éd., I manoscritti del fondo Certosa di Calci nella Biblioteca Medicea Laurenziana di Firenze, Firenze, 1996.
Saint Evroult d'Ouche, xiie siècle 1/2 ca. = Inventaire des livres de l'abbaye Saint-Evroult d'Ouche, Paris, BNF, lat. 10062, f. 80v, éd. Henri Omont, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. 2 : Rouen... Alençon, Paris, 1888, p. 468-469.
Saint Martin des Champs, nécrologe, dans Obituaires de la province de Sens, t. 1: Diocèses de Sens et Paris, 1re partie, Auguste Molinier, éd., Paris, 1902 (Recueil des historiens de la France. Obituaires, 1), p. 439.
San Martino al Cimino [O. Cist.], catalogue de 1305 = Città del Vaticano, Archivio del Capitolo di San Pietro, Abbazie n. 1b, f. 19-26, éd. P. Egidi, « L'abbazia di San Martino... », Rivista storica benedittina, 2 (1907), p. 481-552 ; 3 (1908), p. 543s.
Toulouse, Saint-Sernin (1263) = Inventaire des biens de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse (1263), Archives départementales de la Haute Garonne, 101 H 519 n° 2487, éd. Martin Morard, Saint-Sernin.
Toulouse, Saint-Sernin (1246) = Inventaire des biens de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse (1246), Toulouse, Archives de la paroisse Saint-Sernin, SSin no 4, inventaire C. Saint-Martin no 2486, C. Douais (éd.), Inventaire des biens meubles et immeubles de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse dressé le 14 septembre 1246, Paris, 1886, p. 3-28.
Zwettl (O. Cist., Autriche), inventaire de la bibliothèque, vers 1405 = Theodor Gottlieb (éd.), Mittelaterliche Bibliothekskataloge œsterreichs, t. 1, p. 519.
N.B. : dans les notices, les références bibliographiques abrégées sont celles du Répertoire BMF, Bibliothèques médiévales de France. Répertoire des catalogues, inventaires, listes diverses de manuscrits médiévaux (VIIIe-XVIIIe s.), dir. A.-M. Turcan-Verkerk, M. Peyrafort-Huin, édition électronique provisoire.
Atsalos (Basile), La terminologie du livre manuscrit à l'époque byzantine, 1re partie : terme désignant le livre et l'écriture, Tessalonica, 1971 (Ellhnika aρaρthma, 21).
Cenci (Cesare), Bibliotheca manuscripta ad sacrum conventum assisiensem, 2 vol., Assisi, 1981.
Ehrle (Franciscus), Historia bibliothecae Romanorum pontificum, tum Bonifatianae, tum Avenionensis, I, Roma, 1890.
Faider (Paul), « Notes lexicographiques à propos de la 'pecia' et de la transcription des livres au XIIIe et au XIVe siècle », dans ALMA, t. 12, 1937, p. 153-161. [Concerne le vocabulaire de la production du livre ; moins pointu que le précédent.]
Gallo (A.), « Contributo alla storie delle scritture... », Bulletino dell'Istituto storico italico del Medioevo, 47, 1932 .
Gasparri (Françoise), « Sur la terminologie médiévale des écritures », dans ALMA, t. 65, 2007, p. 261-277.
Gay (Victor), Glossaire archéologique du Moyen-Âge et de la Renaissance, 1 vol., Paris, 1887, revu et complété par Henri Stein, 2 vol., Paris, 1928.
Godefroy (Frédéric), Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du xie siècle..., 9 vol., Paris, 1880.
Gottlieb (Theodor), Mittelaterliche Bibliothekskataloge Œsterreichs, t. 1, Wien, 1915.
Gy (Pierre-Marie), « The Different Forms of Liturgical Libelli », dans Fountains of Life. Mélanges en mémoire de N. K. Rasmussen, Washington, 1991.
Häring (Nicolaus M.), « Commentary and Hermeneutics », dans Renaissance and Renewal in the twelfth century, Robert Louis Benson, Giles Constable, Carol Dana Lanham, Cambridge (MA), 1982, repr. 1999, p. 173-200.
Havard (Henry), Dictionnaire de l'ameublement et de la décoration depuis le xiiie siècle jusqu'à nos jours, 4 vol., Paris, s.d. (éd. ap. 1878).
Hervier (Dominique), Pierre Le Gendre et son inventaire après décès, étude historique et méthodologique, Paris, 1977.
Huguet (Edmond), Dictionnaire de la langue française du xvie siècle, 7 vol., Paris, 1925.
Laborde (Léon de), Glossaire français du Moyen Âge à l'usage de l'archéologue et de l'amateur des Arts, précédé de l'inventaire des bijoux de Louis duc d'Anjou, dressé vers 1360, Paris, 1872.
Lehmann (Paul), « Mittelalterliche Büchertitel », dans Erforschung des Mittelalters, t. 5, Stuttgart, 1962, p. 1-93 [réédition légèrement augmentée d'études parues d'abord dans Stizungsberichten-Ber. der Bayer. Akademie den Wissenschaften. Philos.-hist. Klasse, 1948, München, 1949, Heft. 4 et 1953, Heft 3].
Lehoux (Françoise), Gaston Olivier, aumônier du roi Henri II : bibliothèque parisienne et mobilier du xvie siècle, Paris, l'auteur, 1957.
Lexikon des gesamten Buchwesens, S. Corsten, G. Pflug, Fr. A. Schmidt-Künsemüller, éd., 8 vol. parus, Suttgart, 1985-2009.
MBKDS : Mittelalterliche Bibliothekskataloge Deutschlands und der Schweiz, 1-4/2, München, 1918-1979 ; Ergänzungsband : Handschriftenerbe des deutschen Mittelalters 1/1-3, München, 1989-1990.
Morard (Martin), La harpe des clercs. Réceptions médiévales du Psautier latin entre usages populaires et commentaires scolaires, thèse de doctorat en histoire, dir. J. Verger, 3 vol., Paris IV-Sorbonne, 2008.
Morard, Saint-Sernin = Morard (Martin), « Les livres des chanoines de Saint-Sernin de Toulouse d'après les inventaires de 1246 et 1263 », dans Universitas scolarium. Mélanges offerts à Jacques Verger par ses anciens étudiants, dir. C. Giraud, M. Morard, Paris, 2011, p. 201-265.
Moussy (Claude Jean-Marie), Appellations latines des titres de livres, dans Titres et articulations du texte dans les oeuvres antiques, 1997, p. 1-7.
Muzerelle (Denis), Vocabulaire codicologique. Répertoire méthodique des termes français relatifs aux manuscrits avec leurs équivalents en anglais, italien, espagnol, Edition hypertextuelle, Version 1.1, 2002-2003 ; édition imprimée : Paris, 1985. [Pour la terminologie moderne des bibliothèques et du livre, nombreux exemples illustrés.]
Paul (André), « Les diverses dénominations de la Bible », dans Recherches de science religieuse, 83 (1995), p. 373-402.
Rizzo 1984 : Rizzo (Sylvia), Il lessico filologico degli Umanisti, Roma, 1984 (Sussidi eruditi, 26) [Excellent outil pour la terminologie relative au livre imprimé et manuscrit].
Ruzzier (Chiara), Entre Université et Ordres mendiants : la miniaturisation de la Bible au xiiie siècle, Thèse de doctorat en histoire, Paris 1 - Panthéon Sorbonne, 2010.
Savino (Giancarlo), « Nomenclatura codicologica della libreriadi Sozomeno », Bibliofilia 86 (1984), disp. 2, p. 173-178.
Sharpe (Richard), Titulus. Indentifying Medieval Latin texts. An Evidence-Based Approach, Turnhout, 2003.
SOPMA = Kæppeli (Thomas), Panella (Emilio) [t. 4], Scriptores Ordinis Prædicatorum Medii Ævi, 4 vol., Romae ad S. Sabinae,, Istituto storico domenicano, 1970-1975-1980-1993.
Staubach (Nicolas), « Diversa raptim undique collecta : Das Rapiarium im geistlichen Reformprogramm der Devotio moderna », dans Literarische Formen des Mittelalters : Florilegen, Kompilationen, Kollektionen, her. Kaspar Elm, Wiesbaden, 2000, p. 115-147.
Teeuwen (Mariken), The Vocabulary of Intellectual Life in the Middle Ages, Turnhout, 2003 (civicima. Etudes sur le vocabulaire intellectuel du Moyen Âge 10) [Utile pour repérer les termes traités dans les volumes de CIVICIMA].
Titres et articulations du texte dans les oeuvres antiques. Actes du Colloque International de Chantilly 13-15 décembre 1994, J.-C. Fredouille et alii (éd.), Paris, 1997 (Collection des Etudes Augustiniennes. Série Antiquité 152).
Vernet 1979 : A. Vernet et al., La bibliothèque de l'abbaye de Clairvaux du xiie au xviiie siècle, t. 1, Paris, 1979.
Vigili : M.-H. Laurent, Fabio Vigili et les Bibliothèques de Bologne au début du xvie siècle d'après le ms. Barb. lat. 3185, Città del Vaticano, 1943 (Studi e testi 105).
Vocabulaire du livre et de l'écriture au Moyen Âge, Actes de la table ronde Paris 24-26 septembre 1987, éd. O. Weijers, Turnhout, 1987 (CIVICIMA 2).
INDEX
· Anagliphus (R C) [15.2.2011]
· Antiphonarium (L T) [20.2.2011]
· Appendicula-ae f. (M) [8.9.2010]
· Aureus, -a, -um (E R T) [18.12.2011]
· Biblia scholaris (C) [23.2.2012]
· Bibliotheca 2 (M) [8.11.2010]
· Bibliotheca 3 (C T) [29.11.2010]
· Bicolumpnatus (C) [8.11.2010]
· Breviarium (L C) [19.11.2010]
· Breviarium manuale (L) [27.08.2012]
· Breviarium maior in Psalmos (T) [27.01.2011]
· Breviarium messis (T) [3.8.2012]
· Breviarium minor in Psalmos (T) [27.01.2011]
· Breviarium secundum Ieronimum (T)
· Choveta, Choverta : à renseigner
· Cima -ae f. (T) [27.01.2011]
Codicellus magnus (c) à renseigner
· Corondellus (c) à renseigner
· Demi journel, Demi missel, Demi breviaire (L T)
· Depositum-i n. (B) [27.11.2010]
· Dictionnarium pauperum (T) [19.11.2010]
· Doctrina ecclesiastica (T) [9.11.2010]
· Dormitorium / Bibliotheca dormitorii (B) [2.8.2012]
· Epistolarium (T) [5.11.2010]
· Farrago/ farrariges scripturarum (C E) [27.11.2010]
· Festorale (T L) [27.11.2010]
· Firmatorium (C R) [5.11.2010]
· Flos theologiae (T) [19.11.2010]
· Forma, Forme : voir Lettres de forme
· Glosa continua (T) [16.2.2011]
· Glosa interlinearis (T) [27.1.2011]
· Glosatura magna / maior (T) [27.1.2011]
· Glosatura media (T) [27.01.2011]
· Glosatura minor / parva glosatura (T) [27.1.2011]
· Glosatura scolastica (T) [29.1.2011]
· Hyperglosae-arum f. [28.1.2011]
· Index librorum prohibitorum (T C) [5.2.2011]
· Interlinearis (T) [28.1.2011]
· Interliniare (T) [27.1.2011]
· Liber glosatus (T) [27.1.2011]
Librarius (P) : voir Librarista
· Manuale Augustini (T) [9.11.2010]
· Matines (livre) (T) [11.9.2010]
· Mettre en lumière [11.10.2010]
· Missale mixtum (L T) [3.3.2011]
· Nocturnus-i m. ; Nocturne (T) [1.9.2010]
· Omnilogus (T) [à identifier 11.2.2011]
· Postilla perpetua (T) [29.1.2011]
· Psalterium (T L) [19.11.2010]
· Psalterium sancti Ieronimi (T) [1.9.2010]
· Repositorium (B) [20.07.2012]
· Semimissale, semibreviarium, demi journel (T)
· Summa de abstinentia (T) [19.11.2010]
Terminologia scripture Italia meridionale
Textus argenteus (C R) [5.11.2010]
· Textus aureus (C R) [5.11.2010]
· Textus epistolarum [5.11.2010]
· Titres des livres au Moyen Âge [31.3.2011] (T)
· Trippe de velours (M) [16.11.2011]
Pour les abréviations bibliographiques et les références aux éditions de catalogues anciens, voir ci-après BIBLIOGRAPHIE
Al. = variantes orthographiques ou morphologiques
B = bâtiment
C = codicologie
L = liturgie
M = mobilier
E = écriture, paléographie, couleurs
P = personnel
R = reliure
T = titre de livre
Voir Armarium*
Voir Armarium*
· Anagliphus (R C) [15.2.2011]
Al. : Anaglificus, anagliphicus, anaglifus, annagliphus
Adjectif latin anagliphus-a-um, formé du grec ancien ana : « du bas vers le haut » et glyphè : « ciselure », diffusé par la Vulgate (III Reg. 6, 32)
L'adjectif qualifie le travail de ciselure ou de sculpture effectué en bas-relief sur un objet quelconque, le plus souvent métallique, linteau de porte, pièce d'orfèvrerie ou plat de reliure. ♣ L'expression opus / ars anagliphum(-pha) désigne le travail de ciselure effectué sur le support et non pas le livre ou le plat lui-même.
§ 1075-1140 c. : Chronica casinensis, III 31, p. 403.6
« Evangelium cum tabula fusili de argento opere anaglifo et pulcherrime deaurato. »
Martin Morard
Pupitre.
§ 1480 : Cîteaux, p. 372
« Libri sequentes sunt in dicta sexta banca de latere dormitorii inferius sub analogio... »
§ 1480 : Cîteaux, n° 639, p. 405
« Alius parvus liber incathenatus in analogio in claustro... »
§ 1480 : Cîteaux, n° 635, p. 405
« In parvis analogiis claustri. Parvus liber in cathenatus ad analogium cathedre in opposito capituli continens... »
Martin Morard
§ 1200 c. : Uguccione da Pisa, Derivationes, art. Bibo (B64), éd. E. Cecchini, Firenze, 2004, t. 2, p. 125 :
« Antibiblium idest pignus quod pro codice mutuato datur quasi contra biblum datum. »
· Antiphonarium (L T) [20.2.2011]
Al. Antiphonaire.
1. Livre liturgique contenant le recueil des antiennes, ou refrains chantés de la psalmodie, du répertoire chanté de l'office (liturgie des heures).
♣ Les livres portant ce titre peuvent contenir autre chose que des antiennes.
2. Chez les chartreux, l'antiphonaire contient toutes les pièces ornées destinées au chant de l'office de nuit (antiennes, répons prolixes et brefs) à l'exception des récitatifs ou pièces assimilées (psaumes, cantiques, hymnes).
§ Antiphonarium cartusiense
3. Ailleurs, et assez souvent, l'antiphonaire contient les psaumes de l'office et les antiennes qui l'accompagnent. Le terme désigne alors un psautier choral :
§ 1742 : Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Inventaire des biens, p. 82
« Antiphonaire ou psotier à l'usage de ce monastère, 1 vol. grand in folio manuscrit.
- un autre petit psotier du même usage, 1 vol. grand in quarto. »
Martin Morard
· Appendicula-ae f. (M) [8.9.2010]
Al. Appendiculum-i n.
Casier pour ranger les livres, parfois élément d'un meuble de rangement plus vaste comme un pupitre ou un banc (vers 1525).
Le terme, polysémique et de traduction difficile, est à nuancer selon les contextes. Il désigne généralement un « petit appendice » (Gaffiot, de pendeo : pendre), un objet suspendu ou appuyé (un appentis), voire un appartement ou une annexe.
Dans l'exemple ci-dessous, la forme verbale recludas (de recludo-dere) suivi de l'ablatif pluriel appendiculis semblent indiquer
- soit le retour au lieu d'où le livre vient (ablatif de lieu) ; dans ce cas, les appendiculae désignent des espaces de rangement, clos, dans lesquels les livres étaient renfermés, associés vraisemblablement à un meuble de rangement appelé pulpitum* (pupitre) ; voir l'illustration de la Bible historiale du manuscrit Paris, Bibl. Mazarine, ms. 313, f. 1v (vers 1415-1420 ?) qui montre les livres de la Bible, prototype de la bibliothèque antique, rangés dans des casiers, éventuellement suspendus à une paroi ;
- soit l'ablatif de moyen ; dans ce cas, les appendiculae pourraient désigner des attaches qui servent à fermer le livre (fermoirs). Néanmoins, Du Cange ignore ce sens du mot et ne connaît que le précédent[3].
§ 1505 circa : Inventaire de la bibliothèque de l'abbaye de Vauluisant, O. Cist., Yonne[4].
« Collectoris huius tabellae prologus. Quo facilius foret in hac Vallis-Lucentis lucida bibliotheca lecturis scire eos qui inibi continentur libros ac ex his quos desideraverint illico magnumque extra laborem adinvenire, navavi opellam huic tabellae colligendae, cuius tam non difficilis est intellectus, ut omni lecturo statim pateat. Sunt enim singula pulpita singulis ac propriis numeris in fronte signata, libri vero cuiuslibet pulpiti certis litteris distincti atque ut libri iidem, <si> urgente forsan necessitate aliave de causa e suo loco tollantur, eo quo depositi sunt loco recollocari valeant, notavi in singulorum primordiis librorum numerum pulpiti cui supponi debeant. Caeterum, obtestor te, quisquis es hic lecturus, ut, decenter proutque est adamatoris bonarum litterarum, libros tractes seu revolvas, revera ut suo quem nunc tenent loco esse sinas, folia aut semifolia e libris ne tollas vel laceres legendo. Si quid erroris occurat, si vales corrigas. Post lecturam vero librum diligentius suis appendiculis recludas. »
Martin Morard
(d'après les informations aimablement communiquées par François Bougard)
Coffre pouvant contenir des livres
§ 1480 : Cîteaux, p. 386
« Sequuntur libri existentes in cofro seu archa iuxta gradus ascensus ad vestiarium in libraria »
Rizzo 1984, p. 308.
§ 1464 : Nonantola, p. 272
« In archibanco ante fenestram sacrestie bipartito, quamplurima instrumenta autentica. »
Martin Morard
Terme français. Archiviste, responsable du dépôt des archives.
§ 1742 (19 février) : Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Inventaire des biens (1742, 24 février), p. 13
« Au fonds d'icelle [bibliothèque] nous avons vu qu'il y a un grand armoire à deux portes qui sont fermées à clef dans lequel lédit supérieur et religieux nous ont dit que sont enfermés les titres, papiers et documents de la dite abaye dont ledit D. Verrayon archivaire a les clefs... »
Martin Morard
Du latin arca* : meuble pour conserver les livres.
Martin Morard
§ 1212 : Novara, inventaire de la cathédrale de Novara, col. 1192-1194
« [Livres liturgiques] in arconis de choro ».
Martin Morard
· Arma (C)
Armoiries, armes héraldiques
Martin Morard
· Armariolus (M)
Al. Armariolum
· Armarista (P)
Du latin Armarium* : bibliothécaire
MM
· Armarium (B M) [10.9.2010]
Al. (latin) : Almarium, armararius*
Al. (ancien français) : Aulmaire, armaires.
Le terme peut désigner, selon les contextes et les époques,
- une niche aménagée dans un mur pour y conserver les livres : « Armarium claustri collationis »
- une pièce entière destinée à abriter les livres d'un monastère ou d'un couvent,
- un meuble (armoire) : « Armarium librarie »
- au sens large : tout lieu où des écrits sont rassemblés et conservés.
§ Hieronymus Stridonenis [†420] , Epist. 53, 3 :
« Cur dicitur Paulus apostolus vas electionis [Ac. 9, 15] ? Nempe quia legis et Scripturarum sanctarum armarium erat. »
Corbie, xie siècle[5] :
« Hii codices reperti sunt in armario Sancti Petri. »
Selon la lexicographie médiévale, armarium est d'abord le lieu où les corps de métier rangent leurs « armes », c'est-à-dire leurs outils, et, par analogie, les livres des clercs, assimilés à leurs « armes ».
§ Jean Balbi de Gênes, Catholicon, « Armarium »
« Armarium dicitur generaliter locus ubi instrumenta et arma cuiuscumque artis reponuntur, quia cuiuslibet artis sunt sua arma ut clericorum arma sunt libri. »
§ Expressions attestées
Armarium claustri
Armarium claustri collationis
Armarium ecclesie
Armarium in claustro
Armarium in sacristia
Armarium intrinsecus
Armarium juxta librariam
Armarium librarie
Armarium sacristie
Armarium seu librarium
Almarium picturatum
Martin Morard (révisé 21.11.2011)
Titre de la première partie de l'Ars grammatica de Donat, référence fondamentale du trivium. Édition de référence : Donati ars maior, éd. Louis Holtz, 1981, p. 603-674 ; Grammatici latini 4, éd. J. Keil, p. 367-402.
Martin Morard
Titre de la seconde partie de l'Ars grammatica de Donat, référence fondamentale du trivium.
Édition de référence : Donati ars minor, éd. Louis Holtz, 1981, p. 585-602 ; Grammatici latini 4, éd. J. Keil, p. 355-366.
Voir Ars prima*
Martin Morard
Synonyme : Ars minor.
Ars prima désigne fréquemment au Moyen Âge la seconde partie de l'Ars grammatica de Donat, référence fondamentale du trivium.
ixe siècle : Remigii Autissiodorensis In Artem Donati minorem commentum ad fidem codicum manu scriptorum, éd. W. Fox, Leipzig, 1902, p. 1 :
« Incipit ars (vel editio) prima Donati grammatici Urbis Romae. Iste titulus varie et dissimiliter invenitur. Quidam codices habent incipit ars prima, quidam vero incipit editio prima, quod utrumque exponitur. »
Voir Ars minor*.
Martin Morard
Al. Ânier, asinarius
Terme rare, dont la signification demeure conjecturale.
- De « ase » en langue d'oc : peut-être meuble où sont enchaînés les livres,
§ 1568 : Evêché de Rodez, ms. 35, f. 31v[6]
[Texte d'une fondation qui demande que tout soit fait] « ... ut latius continetur in libro regularum divini officii pro regimine chori huius ecclesie Ruthenensis, in asino chori cathenato »
- Il pourrait s'agir de livres contenant les parties de l'office chantées par cœur, que les chantres ou choristes qui avaient des difficultés de mémoire pouvaient aller consulter au cours de l'office, d'après le contexte de l'inventaire suivant :
§ 1476 : Cathédrale de Bayeux, inventaire du trésor, article 315 (f. 97)
[Parmi les livres liturgiques : ] « Item, deux asniers, donc [sic] l'ung est enchainé en hault du cueur, du costé senestre [côté de l'évangile], et l'autre est en chapitre ».
Martin Morard (source et terme signalés par Monique Peyrafort, corrigé 2.07.2012)
Voir Asser*
Asser (R)
· Assis -dis (C)
Plats d'une reliure. Voir Asser*
Martin Morard
Azur
· Aureus, -a, -um (E R T) [18.12.2011]
Recouvert d'or, doré, en or. Voir Textus aureus*.
L'adjectif aureus entre dans la composition des titres secondaires de nombreux ouvrages médiévaux ou modernes. L'or renvoit naturellement au divin. Il s'agit presque toujours de titres métaphoriques dus non aux auteurs mais aux milieux récepteurs des œuvres ainsi désignées. Il s'agissait de signaler l'excellence des ouvrages. Cette association d'aureus aux titres anciens et sa signification appellent une étude approfondie qui devra tenir compte non seulement des catalogues médiévaux, mais aussi des préfaces des éditeurs et imprimeurs des xve et xvie siècles. Dans l'état actuel de notre enquête, il est difficile de savoir si la mode des titres « dorés » a quelque chose à voir avec le thème homérique de la « chaîne (ou du câble) d'or » par lequel Zeus était réputer tirer les humains et les dieux vers le ciel[7].
Nous nous contentons pour l'instant de noter quelques titres en précisant la date la plus ancienne connue de sa qualification de aureus :
NOTA BENE : le contenu de ce tableau est destiné à évoluer constamment.
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titre secondaire |
auteur et titre primitif |
terminus ante quem |
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Commentum aureum |
Jean de Nova Domo, Commentaire d'Alexandre |
† 1418 (Z. Kaluza, Les querelles doctrinales à Paris; nominalistes et réalistes aux confins du XIVe et du XVe siècles, Paris, Bergamo, 1988, p. 154-195. |
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Carmina aurea |
Aurea Carmina Pythagoras |
1495, Vienne (om. Hain.) |
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Catena aurea |
Thomas d'Aquin, Expositio continua in quatuor evangelia (1264-1268 c.) |
1494 (Hain-Copinger *1337)
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Catena aurea |
« Catena aurea Cartusiensis super Psalmos », catalogue du monastère San Salvatore de Bologne, 1533, dans Vigili, p. 304, no 148. Il s'agit de François Dupuy, chartreux : « Cathena aurea super Psalmos » ou, moins vraisemblablement, de Ludolphe de Saxe In Psalmos (selon M.-H. Laurent, dans Vigili, p. 304). |
ed. princeps 1520 « Quidam cartusiensis » |
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Catena aurea entium |
Henri de Herford (OP 1300-1370), Catena aurea entium, cf. Iolanda Ventura, « On Philosophical Encyclopaedism in the Fourteenth Century : the Catena aurea entium of Henry of Herford », dans Une lumière venue d'ailleurs. Héritages et ouvertures dans les encyclopédies d'Orient et d'Occident au Moyen Age. Actes du colloque de Louvain-la-Neuve, 19-21 mai 2005, Louvain, 2008, p. 199-245 |
1300-1400 |
|
Corona aurea |
Brutus, Jacobus, ord. Salvat., Corona Aurea coruscantibus gemmis et preciosissimis conserta margaritis in qua he perpulchre et scientifice materie parisiensi more pertractantur. |
1496, Venise (Hain) |
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Lectura aurea |
Mayno (Jason de), In prima Infortiati partem Lectura aurea |
Hain-Copinger *10976 = Copinger II, 3946? |
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Legenda aurea |
Jacques de Voragina, Legenda aurea |
|
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Opus aureum |
Thomas d'Aquin, Expositio continua in quatuor evangelia (1264-1268 c.) |
1493 (Hain 1336*) |
|
- Aureum opus |
Thomas d'Aquin, De ente et essentia |
1496 (éd.) |
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Opusculum aureum |
Cf. Fortunatianus Chirius Consultus. Hoc in volumine aurea hec opuscula continentur...
|
1495 (Hain-Copinger 7305*) |
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Plectrum super Psalmos |
François Dupuy, chartreux, Catena in Psalmos. Voir aussi Catena aurea |
1520 |
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Postilla aurea |
Hugues de Saint-Cher, Postille in biblia
|
1496 (éd. Postilla aurea doctoris irrefragabilis Domini Alexadri de Ales...) |
|
Regula aurea |
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Repetitio aurea |
Mayno (Jason de), Repetitio aurea Jasonis |
Hain-Copinger *10976 = Copinger II, 3946? |
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Summa aurea |
Guillaume d'Auxerre (1250-1261), Summa |
|
|
Summa aurea |
Henri de Suze (1200?-1271), Summa aurea |
1500 |
Voir aussi : Textus aureus*
Martin Morard
Al. : aurichalchus, aurichalcus. Voir Aureus*
Al. : banbaxina (latin), bambagia, bambazia, bambagina (italien)
Qualité de papier ou de carton : « ... in carta bombaxina... »
« Una loricha, in pena e bambagia, in ase, vechio ».
Martin Morard
Al. (latin): bancus-i m.
Du latin banca-ae f. = banc
Martin Morard
· Biblia [9.11.2010]
Synonymes : Bibliotheca*, Instrumentum, Pandectes*, Sacra Scriptura, Theologia*, Textus*
1. Du grec Biblos, le livre.
2. Dès le IVe siècle, biblion-ii n. (pluriel τὰ βιϐλία ta biblia) prend chez saint Clément le sens biblique d'Ancien Testament : (iiie siècle, Ad Corinthios epistulae versio latina, éd. G. Morin, Anec. Mareds. II, 2, 14, 2).
3. L'usage de « biblia » au féminin pour désigner la bible complète remplace presque définitivement celui de (sacra) bibliotheca au cours du xiie siècle seulement. La date de ce basculement est encore à préciser (Lehmann). Le mot est bien sûr absent du latin de la Vulgate latine (Ve siècle), mais il l'est encore, de façon plus problématique, du vocabulaire d'Uguccio de Pise, vers 1200, alors qu'il était déjà d'un usage courant à cette époque[8].
♣ Dans les inventaires anciens, on prendra garde à ne pas confondre « biblia » au neutre pluriel, signifiant « les livres », avec la Bible au sens d'Ecriture Sainte. La position de « biblia » à l'intérieur d'une liste structurée peut être un indice en faveur du sens moderne (Ecriture Sainte), surtout lorsque le mot apparaît en tête de liste ou d'une série de livres bibliques. L'hypercriticisme de Paul Lehmann en la matière doit être entendu, mais de façon raisonnable (cf. sens 1, exemple qu'il semble ignorer). L'expression « Biblia in N voluminibus », par exemple, ne laisse guère de doute sur la nature biblique de l'article (contrairement à la prudence de Lehmann qui me paraît ici excessive).
§ Bibliographie
Bogaert (Pierre-Maurice), « Eptaticus. le nom des premiers livres de la Bible dans l'ancienne tradition chrétienne grecque et latine », dans Titres et articulations, 1997, p. 313-337 [à propos des mots eptateuque, octateuque et pentateuque].
Lehmann, « Mittelalterliche Büchertitel », p. 3-5.
Paul (André), « Les diverses dénominations de la Bible », Recherches de sciences religieuses, 83/3 (1995), p. 373-402 [Analyse surtout le lexique grec d'un point de vue qui mêle acceptions codicologiques et théologiques.]
Petitmengin (Pierre), « La Bible à travers les inventaires de bibliothèques », Le Moyen Âge et la Bible, Paris (Bible de tous les temps), p. 31-53.
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Sigles |
titres équivalents ou contenus |
groupes de livres |
Testament |
|
Gen. |
Genesis=Bereshit |
|
Ancien Testament |
|
Ex. |
Exodus |
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Ancien Testament |
|
Lev |
Leviticus |
|
Ancien Testament |
|
Num |
Numeri |
|
Ancien Testament |
|
Deut |
Deuteronomium |
|
Ancien Testament |
|
=> |
Gen. Ex. Lev. Num. Deut. |
Pentateuchus/-um/-on |
Ancien Testament |
|
=> |
Pentateuchon + Ios. Iud. (Ruth) |
Eptaticus/ heptateuchus/-um/-on[9] |
Ancien Testament |
|
=> |
Pentateuchon + Ios. + Iud. (Ruth) + I-II Reg.=> |
Octateuchus/-um/-on[10] |
Ancien Testament |
|
Ios. |
Iosue = Liber Iesu / Hiesus Nave |
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Ancien Testament |
|
Iud. |
Iudicum libri |
|
Ancien Testament |
|
I-II Reg. |
Libri Regum I-II |
|
Ancien Testament |
|
III-IV Reg. = I-II Sam. |
Libri Samuelis I-II |
|
Ancien Testament |
|
I-IV Reg. |
Libri Regum = Libri Malachim |
libri Regum |
Ancien Testament |
|
I-II Par. |
Libri Paralipomenon = Chronicorum = Verba dierum |
|
Ancien Testament |
|
Man. |
Oratio Manasses |
|
Ancien Testament |
|
I Esdr. |
Liber Esdras I |
|
Ancien Testament |
|
II Esdr. |
Neemias Neh. |
Liber Esdras II |
Ancien Testament |
|
III-IV Esdr. |
Libri Esdras III-IV |
|
Ancien Testament |
|
I-II Mac. |
Libri Machabaeorum |
|
Ancien Testament |
|
=> |
Iudit., Tob., Esth., I-II Mac., Ps 151, III-IV Esdras => |
pseudepigraphi Veteris Testamenti |
Ancien Testament |
|
|
Ruth, Esth., Iudith |
libri mulierum |
Ancien Testament |
|
=> |
Reg. Par. Esdr. Mac. Neem. |
libri Historici |
Ancien Testament |
|
Iudit. |
Iudith |
|
Ancien Testament |
|
Tob. |
Thobias / Tobias |
|
Ancien Testament |
|
Esth. |
Esther |
|
Ancien Testament |
|
I-II Mac. |
Machabaeorum libri II |
|
Ancien Testament |
|
Ps. |
Psalterium = Liber hymnorum vel soliloquiorum |
|
Ancien Testament |
|
Prov. |
Parabolae (Vulgate) = Proverbia = Masloth (hébreu) |
|
Ancien Testament |
|
Sap. |
Liber Sapientiae = Sapientia Salomonis |
|
Ancien Testament |
|
Eccle. |
Qohelet=Ecclesiastes (grec) = Concionator Coeleth, Colethe, |
|
Ancien Testament |
|
Eccli. |
Ecclesiasticus = Sir Assyrim / Syrasirim= Iesu filii Sirach liber (Grec) = Siracides |
|
Ancien Testament |
|
Cant. |
Canticum = Cantica / Canticum canticorum |
|
Ancien Testament |
|
=> |
Prov., Eccle., Cant. |
libri Salomonis (alias Ydida, Ididia) |
Ancien Testament |
|
=> |
Prov., Sap., Eccle., Eccli., Cant. |
libri Sapientiales libri didactici |
Ancien Testament |
|
Is. |
Isaias |
|
Ancien Testament |
|
Hier. |
Hieremias |
|
Ancien Testament |
|
Tren. / Lam. |
Threni = Lamentationes |
|
Ancien Testament |
|
Bar. |
Baruch |
|
Ancien Testament |
|
Ez. |
Ezechiel |
|
Ancien Testament |
|
Dan. |
Daniel |
|
Ancien Testament |
|
|
Is., Hier., Tren. / Lam., Ez., Dan., Bar. |
(magni) prophetae |
Ancien Testament |
|
Os. |
Osee |
|
Ancien Testament |
|
Iol. |
Ioel |
|
Ancien Testament |
|
Am. |
Amos |
|
Ancien Testament |
|
Abd. |
Abdias |
|
Ancien Testament |
|
Ion. |
Ionas |
|
Ancien Testament |
|
Mich. |
Michaea |
|
Ancien Testament |
|
Nah. |
Nahum |
|
Ancien Testament |
|
Hab. |
Habacuc |
|
Ancien Testament |
|
Ag. |
Aggaeus |
|
Ancien Testament |
|
Soph. |
Sophonias |
|
Ancien Testament |
|
Zach. |
Zacharias |
|
Ancien Testament |
|
Mal. |
Malachias |
|
Ancien Testament |
|
=> |
duodecim prophetae |
parvi prophetae |
Ancien Testament |
|
=> |
parve prophetae |
duodecim prophetae |
Ancien Testament |
|
Math |
Matthaeus |
|
Nouveau Testament |
|
Marc |
Marcus |
|
Nouveau Testament |
|
Luc |
Luca |
|
Nouveau Testament |
|
Ioh |
Iohannes |
|
Nouveau Testament |
|
=> |
Mat. Marc. Luc. Ioh. |
evangelia |
Nouveau Testament |
|
Rom. |
Epistola Pauli ad Romanos |
|
Nouveau Testament |
|
I-II Cor. |
Epistola prima / secunda Pauli ad Corinthios |
|
Nouveau Testament |
|
Gal. |
Epistola Pauli ad Galatas |
|
Nouveau Testament |
|
Eph. |
Epistola Pauli ad Ephesios |
|
Nouveau Testament |
|
Phil. |
Epistola Pauli ad Philipenses |
|
Nouveau Testament |
|
Col. |
Epistola Pauli ad Colossenses |
|
Nouveau Testament |
|
I-II Thes. |
Epistola prima/secunda Pauli ad Thessalonicenses |
|
Nouveau Testament |
|
I-II Tim. |
Epistola prima / secunda Pauli ad Timotheum |
|
Nouveau Testament |
|
Tit. |
Epistola Pauli ad Titum |
|
Nouveau Testament |
|
Philem. |
Epistola Pauli ad Philemon |
|
Nouveau Testament |
|
Hebr. |
Epistola (Pauli ?) ad Hebraeos |
|
Nouveau Testament |
|
|
Rom. I-II Cor. Gal. Eph. Phil. Col. I-II Thes. I-II Tim. Tit. Phil. Hebr. |
epistolae Pauli |
Nouveau Testament |
|
Act. |
Actus apostolorum |
|
Nouveau Testament |
|
|
Epistolae Pauli + Epistolae catholicae |
epistolae canonicae |
Nouveau Testament |
|
|
I-III Ioh., I-II Petr., Iuda., Iac. |
epistolae catholicae vel canonicae |
Nouveau Testament |
|
I-III Ioh. |
Epistole Iohannis |
|
Nouveau Testament |
|
I-II Petr. |
Epistolae Petri |
|
Nouveau Testament |
|
Iuda |
Epistola Iudae |
|
Nouveau Testament |
|
Iac. |
Epistola Iacobi |
|
Nouveau Testament |
|
Ap. |
Apocalypsis = Liber revelationum |
|
Nouveau Testament |
|
Laod. |
Epistola Pauli ad Laodicenses |
pseudepigraphus Novi Testamenti |
Nouveau Testament |
Martin Morard (mis à jour le 12.12.2011)
Bible portative, c'est-à-dire, dans le lexique législatif des ordres religieux mendiants, livre qu'un religieux est autorisé à transporter lors d'un changement d'affectation, et qui, par le fait même, est fabriqué dans un format relativement réduit dont les mesures exactes ne sont jamais précisées.
§ Bibliographie
Ruzzier, Entre université et ordres mendiants, 2010.
Voir aussi : Portabilis*
Martin Morard
· Biblia scholaris (C) [23.2.2012]
Al. Biblia scolaris, biblie scolares.
Expression apparemment peu fréquente utilisé pour désigner un exemplaire de la bible destiné à l'étude, et distingué, de ce fait, des bibles de chœur. L'expression vise à la fois la taille et la mise en texte. Contrairement aux bibles de chœur en plusieurs volumes, de format parfois imposant, qui sont copiées en gros caractères pour pouvoir être lues dans la semi-pénombre et à une certaine distance par les cantilateurs liturgiques, les bibles d'étude sont portables, destiné à un usage semi-privé, leur texte plus serré, est présenté et organisé selon les standards mis en place à cette époque dans lex milieux universitaires.
Auguste Molinier, dans son édition du nécrologe de Saint-Martin-des-Champs (voir ci-dessous), suggère que cette expression désignait l'Histoire scolastique de Pierre le Mangeur. Il ne nous semble pas toutefois, et jusqu'à plus ample informé, que cette identification puisse être retenue, compte tenu du contexte, de la différence entre scolaris et scolasticus et du statut de la Bible et de l'Histoire scolastique dans la seconde moitié du xiiie siècle. L'œuvre de Pierre le Mangeur n'est plus commentée à l'université à cette époque depuis la fin des années 1240 environ. Bien qu'elle soit encore très utilisée par les théologiens et les prédicateurs, personne ne lui accorde le même statut que la Bible et ne se risquerait à la qualifier de Bible pour étudiants.
§ 1262 (après). Nécrologe de Saint-Martin-des-Champs (Paris)[11]
« Evrardus prior huius loci [...]
Item dedit nobis bibliam in tria voluminibus.
[...]
Item plures libros.
Item duas biblias scolares.... »
Martin Morard (texte signalé par Monique Peyrafort)
· Bibliotheca (C) [8.11.2010]
Synonymes : Biblia*, Armarium*
Terme polysémique désignant par métonymie, selon les contextes et de façon parfois équivoque, soit le bâtiment, soit le coffre ou l'armoire contenant des livres ou des archives, soit une collection de livres, soit la Bible elle-même, qu'elle soit en un ou en plusieurs volumes. Tous ses sens, hormis l'équivalence avec la Bible, sont connus et utilisés dès l'Antiquité.
§ 1200 c. : Uguccione da Pisa, Derivationes, art. Bibo (B64), éd. E. Cecchini, Firenze, 2004, t. 2, p. 124-125 :
« Bibo [...], unde bibulus-a-um, qui multum bibit [...] [3] et hic biblus-bli, iuncus, quia aquarum est bibulus et aliquando dicitur pro libro quia antiqui de iuncis solebant contexere pergamenum et ibi scribere antequam esset usus carte et secundum hoc componitur cum teca, quod est repositorium vel scrinium, ubi aliquid reponitur, [4] et dicitur hec bibliotheca idest biblorum theca, idest librorum repositio, scilicet armarium, unde per similitudinem quidam liber in ecclesia dicitur bibliotheca quia multi libri ibi continentur. »
· Bibliotheca 2 (M) [8.11.2010]
Armoire destinée à recevoir des livres. L'usage est attesté en latin dans la Vulgate, pour désigner, sans équivoque, la bibliothèque du scribe Néhémie.
§ 2 Mac. 2, 13
« Inferebantur autem in descriptionibus et commentariis Nehemiae haec eadem : et ut construens bibliothecam congregavit de regionibus libros et prophetarum et David, et epistolas regum, et de donariis. 14 Similiter autem et Iudas ea quae deciderant per bellum quod nobis acciderat, congregavit omnia, et sunt apud nos. 15 Si ergo desideratis haec, mittite qui perferant vobis. »
Martin Morard
· Bibliotheca 3 (C T) [29.11.2010]
Livre isolé (au sens d'exemplaire matériel) ou groupe de livres qualifiés de « bibliothèque » en raison de leur valeur de recueil. En ce sens le terme de bibliotheca est appliqué en priorité à des ensembles codicologiques susceptible d'avoir valeur d'encyclopédie du ou des savoirs.
Cicéron approche ce sens au moins une fois considérant le « libellus » de la Loi des XII tables comme l'équivalent de presque toutes les bibliothèques des philosophes, mais sans le qualifier formellement de bibliotheca.
§ 55 avant J.-C. M. Tullius Cicero, De oratore, 1, 195, Teubner, 1995, p. 74.19
« Fremant omnes licet, dicam quod sentio: bibliothecas mehercule omnium philosophorum unus mihi videtur XII tabularum libellus, si quis legum fontis et capita viderit, et auctoritatis pondere et utilitatis ubertate superare. »
La Bible en revanche, composée de plusieurs ensemble de textes initialement copiés indépendamment les uns des autres, est qualifiée de bibliotheca soit sous sa forme de collection de volumes distincts, soit sous sa forme pandecte (voir ici Biblia, Pandecte). Bien que la Vulgate ignore cet usage, c'est saint Jérôme (350 c.-420) qui semble le premier à en faire usage, en prenant soin toutefois d'y ajouter toujours un adjectif (sacra / divina)[12] dans le but implicite d'éviter la confusion avec le sens commun et matériel du mot bibliothèque. La réception des écrits de Jérôme assurera le succès de la formule jusqu'à l'orée du xiie siècle.
§ Hieronymus, Epistulae, epist. 5, 2, CSEL 54, p. 22.14
« Et quoniam tribuente domino multis sacrae bibliothecae codicibus abundamus, impera vicissim: quodcumque vis, mittam. »
§ Hieronymus, De viris inlustribus, c. 81, p. 43.4
« Eusebius, Caesareae palaestinae episcopus, in scripturis diuinis studiosissimus et bibliothecae divinae cum pamphilo martyre diligentissimus pervestigator, edidit infinita volumina... »
L'inspiration semble lui être venu d'Origène (c. 185 - 254) traduit par Rufin (c. 345 - 410) qui assimile la connaissance cordiale des Ecritures à l'Arche d'Alliance qui contenait les tables de la Loi comme une bibliothèque.
§ Origenes sec. translationem Rufini, In Exodum homiliae , hom. 9, 4, p. 242.15
« Habeat et arcam testamenti, in qua sint tabulae legis, ut 'in lege Dei meditetur die ac nocte' et memoria eius arca et bibliotheca efficiatur librorum Dei, quia et propheta beatos dicit eos, qui memoria tenent mandata eius, ut faciant ea. »
Cassiodore († 580), qualifie également le Psautier, synthèse de toute l'Ecriture, de « bibliothèque spirituelle ».
§ 538-550 circa. Cassiodore, Expositio psalmorum, in Ps. 150, CCSL 98.
« Novum et vetus testamentum tanta proprietate complectitur, ut revera spiritalem bibliothecam in hoc libro intellegas esse constructam. »
Isidore de Séville ne reprend pas vraiment l'expression hiéronymienne à son compte, bien qu'il en donne indirectement le fondement historique et codicologique en expliquant que l'Ancien Testament des juifs et des chrétiens est une collection (bibliotheca) de vingt deux livres, résultat du travail effectué par le scribe à la suite de la destruction des rouleaux originaux de la Loi et des Prophètes (au sens large) lors de l'incendie du Temple.
§ 560-636. Isidorus Hispalensis, Etymologiarum siue Originum libri XX, 6, 3, 1
« Bibliotheca a Graeco nomen accepit, eo quod ibi recondantur libri. Nam bibliôn librorum, thêkê repositio interpretatur. Bibliothecam Veteris Testamenti Esdras scriba post incensam Legem a Chaldaeis, dum Iudaei regressi fuissent in Hierusalem, divino afflatus Spiritu reparavit, cuncta que Legis ac Prophetarum volumina quae fuerant a gentibus corrupta correxit, totum que Vetus Testamentum in viginti duos libros constituit, ut tot libri essent in Lege quot habebantur et litterae libros constituit, ut tot libri essent in Lege quot habebantur et litterae. »
§ † 657. Eugenius Toletanus, Libellus carminum, carmen 8, p. 218, versus 1
« Regula quos fidei commendat noscere libros,
hos nostra praesens bibliotheca tenet.
Quinque priora gerit veneranda volumina Legis,
hinc Iosue Sopthim que, hinc Ruth Moabitica gesta;
bis bini Regum nectuntur in ordine libri
atque bis octoni concurrunt inde Prophetae;
en Iob, Psalterium, Salomon et Verba dierum.
Esdrae consequitur, Esther, sapientia Iesu,
Tobi et Iudith: concludit haec Macchabeorum. »
La rareté de l'usage du terme bibliotheca pour désigner la Bible à la période patristique et dans le très haut Moyen Âge paraît contraster avec la fréquence de son usage dans la littérature bibliothéconomique entre le IXe et la fin du XIe siècle. Comme souvent dans l'histoire du christianisme occidental, les usages qui se réclament des périodes fondatrices antérieures et de l'autorité des Pères, mais ils n'en dépendent qu'en vertu de recréations volontaires et quasi autonomes, plus qu'en raison de véritables dépendances. Autrement dit, sous réserve de plus ample informé, il faudrait peut-être attribuer davantage la désignation quasi ordinaire et courante de la Bible par Bibliotheca (parfois privé des adjectifs sacra, divina) au christianisme carolingien qu'à une pratique fixée par la première littérature chrétienne.
Voir encore, parmi mille exemples possibles :
§ 1217, 2 novembre : testament de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais puis archevêque de Reims[13]
« Item do, lego ecclesie Beati Petri omnes meos libros legales et theologie glossatos et meliorem bibliothecam, ... ».
Martin Morard
· Bicolumpnatus (C) [8.11.2010]
Al. Bicolunptanus
Mis en page sur deux colonnes.
§ 1381 : Assise, Libraria secreta, 1381, n° 190, p. 170
« Psalterium glosatum et per totum bicolunpnatum ».
Voir aussi Tricolumpnatus*
Al. Bologniesi
§ 1496, Bec, n°1, p. 333
« XXX volume di libri scioli, in stampa, di fogli bologniesi, che trattano di Bello Judaico... ... »
§ 1496, Bec, n°3, p. 333
« Uno umiliario, in pena e charte pechora, in foglio mezano bolognese, choperto di rosso, vechio... »
Al. Bonbex
Bombex-icis (latin)
§ 1381 : Assise, Libraria secreta, n°145, p. 149
« Doctrinale optimum et bene glosatum, cum cathena, partim in cartis pergameni sive de corio, et partim in cartis de bonbice et cum postibus bullatis »
Voir Bombicina (carta)*
Al. (italien) : Bombaxina, bombagina
Papier de qualité inférieure.
§ Gargan, « Galeazzo Facino... », Italia medioevale e umanistica, 26 (1983), p. 284
« Un libro greco in charta bombicina antiquo »
.
Voir Bombex*
· Breviarium (L C) [19.11.2010]
Contrairement à sa signification technique qui désigne le recueil de tous les textes nécessaires à la célébration de la liturgie des heures, breviarium peut désigner, dans les actes de la pratique anciens, de simples psautiers ou des psautiers-hymnaires, comme il appert, par exemple, de la pratique des moniales dominicaines des congrégations de réforme en Italie du nord au xve siècle (Recherches de Sylvie Duval, thèse en cours).
Voir aussi : Psalterium*
Martin Morard
· Breviarium manuale (L) [27.08.2012]
Bréviaire portatif ou manuel ; à distinguer d'un bréviaire de chœur (breviarium chorale).
MM
· Breviarium maior in Psalmos (T) [27.01.2011]
Breviarium in Psalmos [CPL 629] : Commentaire des 150 psaumes du Psautier gallican attribué à saint Jérôme au Moyen Âge, dont l'attribution est aujourd'hui discutée et controversée.
§ 1130-1148 : Gerland de Besançon, In Psalmos, prol. [14] :
« Que ponentur videlicet per I. litteram, notare nomen Ieronimi in minori Breviario loquentis ; per E. nomen eiusdem quia ipse Eusebius etiam dictus est in maiori Breviario loquentis. »
Martin Morard
· Breviarium messis (T) [3.8.2012]
(Par conjecture) : Bréviaire cistercien destiné à la célébration de la liturgie des heures pendant la période de la moisson. Les coutumes cisterciennes prévoient en effet que durant le temps de la moisson la plupart des offices diurnaux soient célébrés dans les champs, sur le lieu de travail.
§ XIIIe s. : Clairmarais, O. Cist. (Le catalogue médiéval de l'abbaye cistercienne de Clairmarais et les manuscrits conservés, éd. S. Staats sous presse)
« [135] (239) Breviarium messis in parvo volumine coque grosso. »
Martin Morard
· Breviarium minor in Psalmos (T) [27.01.2011]
Saint Jérôme, Tractatus LIX in Psalmos [CPL 592] : Commentaire partiel du Psautier par saint Jérôme, ainsi appelé pour le distinguer du Breviairum maior.
§ 1130-1148 : Gerland de Besançon, In Psalmos, prol. [15] :
« Que ponentur videlicet per I. litteram, notare nomen Ieronimi in minori Breviario loquentis ; per E. nomen eiusdem quia ipse Eusebius etiam dictus est in maiori Breviario loquentis. »
Martin Morard
· Breviarium secundum Ieronimum (T)
1. Breviarium in Psalmos : Commentaire des psaumes d'auteur inconnu, attribué à saint Jérôme au Moyen Âge.
2. Psautier abrégé (en contexte liturgique ou dévotionnel) ; voir : Psalterium sancti Ieronimi.
§ 1379 : Pise, Chartreuse de Calci, Inventaire, n° 134, p. 54
« Item septem psalteria et unum breviarium secundum Ieronimum. »
Martin Morard
Orné de boulons.
§ 1381 : Assise, Libraria publica, p. 78
« Biblia omnium maior [...] cum postibus sive tabulis bullatis et cathena. »
Al. Busaria
Lieu initialement destiné au travail du cuir (?), affecté postérieurement à la bibliothèque.
§ 1305 : San Martino al Cimino (O. Cist.), Catalogue, p. 543
« Hii sunt libri qui repositi sunt in camera que vocatur bu<r>saria monasterii Sancti Martini in Monte Viterbii ».
Donatella Nebbiai (13.10.2010)
Voir Liber caducus*, Littera caduca*
Calame, roseau dont les anciens se servaient pour écrire (Littré). Désigne peut-être des grandes palmes ou des espèces végétales exotiques.
· Calx-is f. (C) [17.1.2011]
Nom latin désignant le talon (anatomique), et, par analogie, le bas d'une page appelé aussi en français « marge de pied », voire la fin d'un manuscrit.
§ Source
In calce : dans la marge inférieure. L'expression latine est encore courante en italien.
Martin Morard
§ 1466 : Codice diplomatici dell'universita di Pavia, t. 2, n° 634, anno 1466, p. 491
« Et est legatus in assidibus, copertis a parte superiori corio alto et a parte inferiori de corio viridi, cum cantonis de auricalcho »
1. Petite église.
2. Ensemble des ornements liturgiques nécessaire à la célébration de la messe pontificale : chasuble, tunicelle, étoles, dalmatiques, tuniques, chapes, mitres, voile huméral, etc. Normalement, tous les ornements d'une chapelle sont de même couleur. On peut donc parler de chapelle blanche, or, rouge et, pour les évêques et les cardinaux, de chapelles verte, noire, violette.
§ 1280 c. : Salimbene de Adam, Cronica, CCCM 125-125A, p. 297.30 (Vat. lat. 7260, f. 296a)
« Item idem frater Iohannes dixit nobis quod pulcherrimam capellam portabat ad donandum domino pape. Et appellabat capellam, ut nobis exposuit, omnia pontificalia paramenta que ad missam celebrandam diebus sollemnibus necessario requiruntur. »
3. Office pontifical solennel célébré par le pape en présence de la famille pontificale.
MM
Boîte, petit coffre, provenant de Venise ou à la façon de ceux qui se font en Vénétie.
§ 1467 : G. de Marcanova, univ., anno 1467, p. 217
« [Libri] in quadam capsa veneta... »
Martin Morard
Boîte, petit coffre
§ 1464 : Nonantola, p. 272
« Item una capseta lignea pielle [sapin] cum quatuor candelotis... »
Type de lettre : karacteris uncialis = en écriture onciale
Titre de forme appliqué à des recueils de sermons pour le carême.
Monique Peyrafort
Al. Charta.
Feuille qui peut être, selon les périodes et les lieux, de parchemin, de cuir, de papier. Le mot carta sans déterminatif doit être traduit avec prudence et ne renvoie pas toujours et nécessairement à du papier.
§ 1439 : Perugia, San Domenico, n° 313, p. 75
« Item Sextus Decretalium sine tabulis cum coopertura de carta, in satis grandi volumine in pecudinis et littera pulcra. »
§ Expressions
carta bergamina / bregamina
carta bombaxina *.
carta de corio = cuir
carta edina : à renseigner
carta papiri = papier,
carta pergameni, membrane carta = parchemin,
MM
· Cartabellus [11.10.2010]
Brouillard, cahier de brouillon, registre de notes , généralement écrites sans application ; en italien : brogliacio.
§ xive siècle : recueil de sermons
« Iste cartabellus est a usus [sic] fratris Bartholomei ordinis minorum quem donavit sibi frater Paulus de Rocca. » (ms. Syracuse, Biblioteca Alagoniana 15, f. 120v [recueil de sermons de saint Antoine de Padoue et d'autres auteurs franciscains])[16].
Martin Morard, Donatella Nebbiai
Rizzo 1984, p. 276
Rizzo 1984, p. 276.
· Catena (R)
Al. : Cathena
Chaîne pour attacher un livre à un pupitre, à un banc, à une stalle, dans une bibliothèque, une église, un cloître.
§ 1381 : Assise, Libraria publica, p. 78 :
« Biblia omnium maior [...] cum postibus sive tabulis bullatis et cathena. »
· Catena (T) [5.2.2011]
Al. : Cathena
Chaîne ou florilège composé d'extraits d'auteurs mis bout à bout de manière à constituer une suite cohérente. Plusieurs ouvrages ont reçu le titre de chaîne dont le plus célèbre est sans doute l'Expositio continua in quatuor evangelia de Thomas d'Aquin également appelée Catena aurea.
Martin Morard
Al. : Cathenatus, incatenatus, incathenatus
Livre enchaîné.
· Cathedra (M) [13.10.2010]
Chaire, siège ou cathèdre. Nom du siège
- de l'évêque dans les églises cathédrales ;
- du célébrant dans le sanctuaire des églises de monastères de chartreux ou de chartreuses ;
- du siège disposé dans une des galeries du cloître des abbayes bénédictines, cisterciennes ou canoniales, où se faisait la lecture qui précédait complies. Destinée à l'abbé, au supérieur ou au lecteur selon les circonstances, ce siège pouvait être accompagné d'un pupitre.
§ 1480 : Cîteaux, Catalogue, p. 372 :
« Aliud volumen, similie precedenti [...] incathenatum ad cathedram seu pulpitum cornu claustri iuxta ostium coquine... »
Martin Morard
Probablement un livre de chant (définition à confirmer).
§ 1379 (9 septembre) Testament de Guie de Granges (Remiremont, BM, ms. 4, f. 145)
Un « chanterel »
Monique Peyrafort
A définir
· Choveta, Choverta : à renseigner
· Cima -ae f. (T) [27.01.2011]
Du latin cima -ae f. : la cîme, la partie haute ou le sommet d'un écrit.
§ 1264 : Chartes de Sainte-Marie d'Arche, p. 264, n. 49 :
« Ego notarius predictus interliniavi in secunda linea de cima [en marge : intercaler] »
· Cisioianus (T) [21.9.2010]
Al. : cisianus, cisivianus (sic), cisiojanus, cisio janus, cisio ianus, ; au pluriel latin : cisioiani, etc.
Au sens large : synonyme de « Table de comput ».
Au sens propre : titre de forme latinisé de poèmes mnémoniques, composés de syllabes formant onomatopées, destinés à retenir les dates fixes du calendrier sanctoral et temporal. Le mot cisioianus est ainsi constitué à partir de la première et de la dernière syllabe du premier vers, mentionnant la première fête du mois de janvier : « Ci[rcumci]sio, ian[uari]us » [1er janvier]. Il en existe de nombreux types, ouverts à de nombreuses variations. Le cisioianus latin contient normalement autant de syllabes qu'il y a de jours dans le mois. Souvent formés de douze paires d'hexamètres (une par mois de l'année), dans les monastères cisterciens ils étaient composés de douze distiques, composés d'un hexamètre et d'un pentamètre.
L'usage du cisioianus est né de l'habitude de dater les jours en fonction du calendrier liturgique. Les premiers cisioiani latins se sont répandus à partir de la fin du xiie siècle, en Europe centrale et septentrionale, et particulièrement en Allemagne. On en a aussi des attestations en Ecosse, et en Irlande. Des versions vernaculaires apparaissent à partir du xive siècle, surtout en allemand, mais aussi en français (xvie siècle)[17].
Certaines variantes propres aux calendriers locaux permettent de dater et localiser les manuscrits qui les contiennent. Les cisioiani circulent en effet soit à l'intérieur de calendriers (dans des livres d'heures, missels, etc.), soit sous forme de fascicules indépendants, comme l'attestent certains catalogues de bibliothèques.
Le premier cisioianus indépendant fut imprimé en 1443/144 par Gutenberg (GW 7054), mais le premier livre a porter explicitement ce titre n'aurait été imprimé qu'en 1457.
Au xvie siècle, la Réforme protestante entraînant l'abandon de la datation des jours par les fêtes des saints, l'usage du cisioianus se réduit puis disparaît dans les régions concernées. Au xviie siècle, le cisioianus cesse d'être en usage dans l'espace germanique.
§ 1405 circa : Nicolaus de Doberberg, Catalogue des livres de l'abbaye cistercienne de Zwettl, Autriche[18]
« Item cisioianus secundum formam ordinis in fine libri evangeliorum. [...] Item cisioianus teutonicalis in fine libri Isaie et Ieremie et Ezechiel. » (texte aimablement signalé par Donatella Nebbiai).
§ Illustration
« Januarius » dans le Cisiojanus du Speculum humanae salvationis (manuscrit allemand, vers 1430[19]) : les versets mnémotechniques sont placés sous la double image du mois, en deux colonnes, à raison d'une syllabe par jour.
§ Bibliographie
Holtorf (A.), « Cisiojanus », Die deutsche Literatur des Mittelalters. «Verfasserlexikon», t. 1, Berlin, 1978, col. 1285-1289.
Kully (Rolf Max), « Cisiojanus. Studien zur mnemonischen Literatur anhand des spätmittelalterlichen Kalendergedichts », dans Schweizerisches Archiv für Volkskund 70, (1974), p. 93-123.
Kully (Rolf Max), « Cisiojanus. Comment savoir le calendrier par cœur », dans Jeux de mémoire. Aspects de la mnémotechnie médiévale, B. Roy, P. Zumthor (dir.), Montréal-Paris, 1985, p. 149-156.
Pickel (Karl), Das heilige Namenbuch von Konrad Dangkrotzheim. Mit einer Untersuchung über die Cisio-Jani. Straßburg, London 1878 (Elsässische Litteraturdenkmäler aus dem vierzehnten bis siebzehnten Jahrhundert Bd. 1).
H.-G. Schmitz, « Cisiojanus », Lexikon des gesamten Buchwesens, t. 2, 1988, p. 130.
Donatella Nebbiai, Martin Morard
Clavetus à renseigner
Clavis à renseigner
Livre composé de cahiers assemblés, initialement distingué du volumen ou rouleau.
§ Expressions
codex pergamineus
codex in papiro
· Codicellus (c) à renseigner
Petit « codex ».
Codicellus magnus (c) à renseigner
Voir Arca*
Rizzo 1984, p. 249.
Collé, enduit de colle
Pergamenum collatum
§ Expressions
« ... collatum sive glutinatum... »
· Collecta (L) [13.10.2010]
Collecte ou première oraison du formulaire d'une messe de rite romain latin ; par analogie et hors du contexte des formulaires de messe : toute oraison liturgique. Exemple : « Ils chantèrent les litanies avec leur collecte » ; c'est-à-dire : ils chantèrent les litanies, suivies de l'oraison par laquelle elles s'achèvent dans les livres liturgiques.
Collecta generalis : oraison commune, destinée à plusieurs intentions ou à une intention générale, distinguée des oraisons propres à une fête ou un saint.
§ 1480 : Cîteaux, Catalogue de la bibliothèque, n° 437
« Prima pars missalis [...] penultimum [folium] in quadam collecta generali de alia littera desinit. » C'est-à-dire : « Première partie d'un missel [...] dont l'avant-dernier feuillet se termine au milieu d'une oraison générale [copiée] dans une autre écriture. »
Martin Morard
à renseigner
Al. Columpna, colonna.
Synonyme : Corondella.
Colonne de texte sur la page manuscrite.
· Compagnatus liber
Voir Liber (non) compagnatus.*
Rizzo 1984, p. 249.
Rizzo 1984, p. 246.
Rizzo 1984, p. 287
Rizzo 1984, p. 287
· Consummatio (T) [5.2.2011]
Chaîne (T)*, florilège, œuvre composée d'extraits d'auteurs divers.
§ Source
Du Cange, t. 2, p. 530b : « 2. Consummatio » :
« Opus ex diversis auctoribus collectum, in Præfatione Digesti ».
Voir aussi : Catena (T)*
Martin Morard
· Continuatio (T) [3.12.2010]
Commentaire continu, verset par verset, d'un livre biblique ; ce terme peut être appliqué également aux livres glosés, notamment la Glosatura magna* de Pierre Lombard.
§ xiiie siècle, première moitié : Pierre Lombard, Magna glosatura in Psalmos[20]
« Incipit continuatio magistri Petri Lombardi qui fuit Novariensis et episcopus Parisiensis super psalterium. »
Voir aussi : Glosa continua*
Martin Morard
à renseigner
Rizzo 1984, p. 195.
Italien. Cordon, ficelle utilisée en reliure pour coudre les cahiers entre eux, attache souple de tissu ou de chanvre.
Al. Corio (italien)
Cuir, peau.
§ Expressions
« Carta de corio »
« Corium album » = cuir blanc
« Corium de yvore » = cuir couleur ivoire (voir Yvor*)
« Corium grigeum » = cuir gris
§ 1381 : Assise, Libraria publica, p. 143
« Secunda pars postille eiusdem cum postibus et corio grigeo. »
« Corium nigrum » = cuir noir.
« Corium rubeum » = cuir rouge
« Pella corii » = peau de cuir, pièce de cuir
· Corondellus (c) à renseigner
Colonne d'écriture. Voir Columna, colonna
Rizzo 1984, p. 275.
Rizzo 1984, p. 215.
Rizzo 1984, p. 275.
Rizzo 1984, p. 215.
Rizzo 1984, p. 268.
Rizzo 1984, p. 286.
· Corrosio [13.10.2010]
Du latin : Corrosio-ionis f., adj. : corrosus-a-um.
Corrosion, fait qu'un livre soit abîmé par l'usure, le temps, les éléments.
§ 1480 : Cîteaux, Catalogue de la bibliothèque, n° 288
« Textus de Celo et mundo [...] in mediocri volumine, valde corrosus in principio, principio carens, cuius secundum folium post corrosionem incipit... »
Martin Morard
Voir Corrosio.
Rizzo 1984, p. 221.
Rizzo 1984, p. 219.
· Croceus [13.10.2010]
Couleur safran, jaune ou dorée.
§ 1430 : Perugia, San Domenico (1430), p. 178
« Item due practice in medicina cum uno antidotario in volumine magno et croceo et littera bona. »
Martin Morard
Voir Textus aureus/argentus*, Aureus*
Al. : deaurichalchus, deaurichalcus. Voir Aureus*
Synonyme de commentaire bref ou de glose continue d'un texte.
§ xve siècle : ms. Berlin, Staatsbibliothek, Lat. fol. 848, f. 132r
« ... Et sic finitur compendiosa declaratio psalterii collecta de glosa magistri Petri Manducatoris. Deo laus sempiterna » (f. 194rb)
Rizzo 1984, p. 284.
· Demi journel, Demi missel, Demi breviaire (L T)
Voir Semi...*
· Depositum-i n. (B) [27.11.2010]
Al. : dépost, dépôt (français), deposito (italien)
Lieu de conservation de documents manuscrits ou imprimés, de livres ou d'archives. Le terme est utilisé notamment par les dominicains du 18e siècle pour désigner leurs archives.
§ après 1773 ca. : AD Côte d'Or, H53 (cartulaire 221), Cartulaire du couvent dominicain de Dijon, contregarde inférieure
« Cet antique manuscrit est vraiment précieux pour nous parce qu'il est du premier siècle de la fondation de l'ordre et de la maison desquels il présente les titres et privilèges, conservés en originaux ou copies authentiques dans le dépost de ce couvent. [...] On voit par ce volume [le recueil des titres du couvent entre 1237 et 1285] que nous n'avons rien perdu. Voiez à cet égard le catalogue raisonné du dépost. ».
Martin Morard [révisé 9.10.2012]
· Dictionnarium pauperum (T) [19.11.2010]
Titre parfois donné à la Summa de abstinentia (recueil très diffusé attribué à Nicolas de Biart, O.P., fin xiiie siècle).
Voir aussi Pharetra*, Flos theologiae*
Martin Morard
Pseudonyme de Iohannes Herolt OP [†1468], auteur de Sermones Discipuli, Cologne, 1474 etc. ; cf. Kaeppeli, SOPMA, § 2387.
♣ A ne pas confondre avec Martin le Polonais, O.P. († 1278), auteur du Promptuarium exemplorum ? ; voir Promptuarium*.
Martin Morard
Titre de forme appliqués aux bréviaires qui ne contiennent que les heures liturgiques de l'office de jour (prime, tierce, sexte, none, vêpres, éventuellement complies). Le détail de leur contenu varie en fonction des ordres ou diocèses auxquels ils sont destinés, ainsi que des périodes.
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 287.
Rizzo 1984, p. 287
· Doctrina ecclesiastica (T) [9.11.2010]
Titre donné parfois aux œuvres suivantes :
- Jean Beleth, De ecclesiasticis officiis
§ 1640 ca. : Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, « Bibliotheca Lerinensis antiqua », f. 8r
« Iohannis Beleth, De doctrina ecclesiastica sive de ecclesiasticis officiis et Institutiones morum ex naturis avium, vol. 1 in 4° ».
Martin Morard
· Dormitorium / Bibliotheca dormitorii (B) [2.8.2012]
Dortoir d'un couvent ou d'une abbaye.
Il faut faire attention au fait que l'expression « Bibliothèque du dortoir », à Clairvaux par exemple, ne désigne pas nécessairement une collection de livres destinés à être lus au dortoir, mais, le lieu de conservation du fonds. Ainsi à Clairvaux, le fonds qualifié de « bibliothèque du dortoir » regroupe des livres conservés dans le bâtiment du dortoir, mais dont le contenu désigne des livres essentiellement destinés à la formation philosophique et théologique des frères clercs.
MM
Titre uniforme appliqué à : Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, no 1388, p. 239
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 319.
Rizzo 1984, p. 269, 293
Rizzo 1984, p. 268.
Rizzo 1984, p. 214.
Rizzo 1984, p. 249.
· Epistolarium (T) [5.11.2010]
Epistolier, c'est-à-dire lectionnaire liturgique contenant le texte des péricopes des épîtres du Nouveau Testament et les lectures non évangéliques destinées à être lues à la messe.
§ 1246 : Toulouse, Saint-Sernin [21]
« ... Et vestimentum completum presbiteri, et duas esquelas, et unum breviarium completum, et unum epistolarium, et missale, et officiarium, et psalterium et canetas... »
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 284.
· Evangelia (T) [26.5.2012]
Peut désigner trois réalités codicologiques au moins :
- le texte biblique des évangiles
- des harmonies évangéliques (Diatessaron)
- le texte biblique des évangiles structurés par péricope organisées selon l'année liturgique.
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 185.
Rizzo 1984, p. 189.
· Farrago/ farrariges scripturarum (C E) [27.11.2010]
Farrago,-inis (lat.) : fatras, potpourris, masse informe.
L'expression « farrago scripturarum » est un lieu commun particulièrement prisé à la période moderne pour désigner, généralement négativement, des masses désordonnées de documents - souvent anciens ou sans valeur - sans ordre ni repères.
§ 1613 : Dom Vincent Barralis, O. S. B., Chronologia sanctorum et aliorum illustrium virorum ac abbatum sacrae insulae Lerinensis, Lyon, 1613, p. 75 :
« Porro apponimus hic instructionem Fausti ad monachos inter farragines scripturarum Lerini repertam... »
Martin Morard
· Festorale (T L) [27.11.2010]
Livre liturgique contenant les textes nécessaires à la célébration des fêtes.
§ 1742 ( 24 février) : Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Inventaire des biens, p. 80 :
« Festoralé monasterii Lirinenci, 1 vol. grand in folio / manuscrit. »
· Firmatorium (C R) [5.11.2010]
Al. Fermatorium
Du latin firmatorium-i n., fermoir de reliure.
§ 1480 : Inventaire de la Sainte-Chapelle de Paris, 1480[22]
« Et est in dicto libro unum firmatorium auri ad duas platenas intertenentes ad unam copulariam, supra quod firmatorium sunt duo esmaillia de nigellatura, et quatuor parve turquesie, cum tribus parvis grenatis; et pendet in dicto firmatorio una huppa in buttuno, munita parvis parletis, quarum plures defficiunt. Et solebat esse unum aliud firmatorium simile, quod de presenti non est repertum ; ymmo repertum est et traditum dicto cappicerio presenti. In eo tamen defficit una parva patena auri, supra quam rivatur supra librum. »
Il s'agit d'un évangéliaire encore conservé aujourd'hui sous la cote Paris, BnF, lat. 8851.
Voir Appendicula*.
Martin Morard
· Flos theologiae (T) [19.11.2010]
Titre parfois donné à la Summa de abstinentia (recueil très diffusé attribué à Nicolas de Biart, O.P.)
Voir aussi Pharetra*, Dictionnarium pauperum*
Martin Morard
Al. Foglio (ital.)
Feuillet.
Expressions :
Foglio mezano Bolognese
Quarto de folio
Folio mezzo
Al. forestol
Pupitre, lutrin
§ 1529 : inventaire après décès d'Hélion Jouffroy (Rodez, AD de l'Aveyron, 18 H 7, f. 1-3, éd. Desachy, 2012, p. 107) :
Les livres d'Hélion Jouffroy étaient rangés sur des « limandes a maniere de forestols »
Monique Peyrafort
Rizzo 1984, p. 130.
· Forma, Forme : voir Lettres de forme
Al. Fondellus
· Glosa (T) [27.1.2011]
Al. : Glossa
Glose. Le terme peut désigner plusieurs types de textes :
1. simple annotation ou remarque adventice
§ 1150 av. : Heriveus Burgidolensis monachus, De correctione quorundam lectionum, G. Morin éd., Rev. Bén. 24 (1907), p. 36-61
« Quod additum est In manibus vestris, idest Et lucerne ardentes in manibus vestris [Luc. 12, 35] nec in libro invenitur nec nisi in paucis ecclesiis frequentatur. Et idcirco debet radi quia glosa est. »
2. commentaire rédigé en bonne et due forme, sans mise en page particulière,
§ 861 : Polyptique de Saint Remi de Reims, éd. Guérard, p. 56
« Quaterniones glosarum quatuor. »
3. recueil d'interprétations (Liber glosarum)
4. Glose de la Bible ou de livres juridiques
5. n'importe quel livre glosé (voir Liber glosatus*).
Synonyme : Glosatura
Voir aussi : Glosa interlinearis*, Glosa maior*, Glosa marginalis*, Glosa media*, Glosa minor*, Glosa scolastica*, Hyperglosa*, Liber glosarum*, Liber glosatus*.
Martin Morard
· Glosa continua (T) [16.2.2011]
Al. Glossa continua
Selon les contextes et les intentions des auteurs, l'expression glosa continua peut revêtir l'un ou l'autre sens suivant, voire les deux :
1. Glose en colonnes continues, dont les éléments ou sentences se suivent sans être interrompues par des espaces blancs. Il peut s'agir soit de la Glosa media de Gilbert de la Porrée ou de la Glosa magna de Pierre Lombard copiée dans leur mise en page majoritaire, soit, à partir des années 1264-1268 de la Catena aurea de Thomas d'Aquin, ou, à partir de 1375, de la chaîne sur les Psaumes du prémontré Pierre de Herenthals.
2. Glose ou commentaire verset par verset d'un livre biblique.
♣ Contrairement à ce qui est parfois écrit, au Moyen Âge, la Glosa continua n'est pas une glose à longues lignes, mais plutôt une glose à longues colonnes.
§ xiie siècle ¾ : Catalogue des manuscrits de l'abbaye de Lyre (Paris, BnF, lat. 4221)[23]
« Super psalterium Davit glosa marginalis et glosa continua magistri Gisleberti [Gilbert de Poitiers], episcopi Pictavis, et glosa continua magistri Petri, episcopi Parisii. [...] Super quatuordecim epistolas Pauli glosa marginalis et glosa continua Gisleberti, episcopi Pictavis et glosa continua Petri episcopi Parisii. Super Matheum glosa marginalis, et glosa continua magistri Anselmi et alia glosa continua. »
Voir aussi : Continuatio*
Martin Morard
· Glosa interlinearis (T) [27.1.2011]
Glose interlinéaire, intercalée entre les lignes d'un texte glosé. L'expression apparaît au cours du dernier tiers du xie siècle[24].
§ San Martino al Cimino [O. Cist.], catalogue de 1305, p. 543 :
« Item Cantica canticorum glosata que incipiunt in textu Osculetur me et in glosa a dextris textus sinagoga ; a sinistris vox precedentium. »
Synonyme : Interlinearis*
Voir aussi Interlineare*
Martin Morard
· Glosarius (T) [27.01.2011]
Al. Glossarius
Glossaire, recueil de gloses ou d'interprétations.
§ xie siècle, Gorze, l. 185
« Glosarius super Historiam. »
Voir aussi : Liber glossarum*, glosa*.
· Glosatura magna / maior (T) [27.1.2011]
Al. Glossatura maior*
Glose sur les Psaumes et les épîtres de saint Paul compilée par Pierre Lombard († 1160).
Synonyme : Glosa maior*, Glosa continua*
Voir aussi Glosa*
Martin Morard
· Glosatura media (T) [27.01.2011]
Glose sur les Psaumes et les épîtres de saint Paul attribuée à Gilbert de la Porrée.
Synonyme : Glosa media*
Voir aussi : Glosa*
Martin Morard
· Glosatura minor / parva glosatura (T) [27.1.2011]
Glose sur les Psaumes et les épîtres de saint Paul attribuée à Anselme de Laon (†1117)
§ 1157-1217 : Alexander Neckam, Speculum speculationum, éd. R. M. Thomson, Oxford, 1988 (Auct. Brit. 11), p. 153.4
« Super illum item locum Psalmi Complaceat tibi Domine ut eruas me [Ps. 39, 14] dicit Glosa 'Tibi uni Deo' et super hoc verbum complaceat in parva glosatura habetur 'Trinitati'. »
Synonyme : Glosa minor*, Glosa parva*.
Voir aussi : Glosa*.
Martin Morard
· Glosatura scolastica (T) [29.1.2011]
Al. Glossatura scolastica
1. Chaîne biblique anonyme d'auteurs ecclésiastiques du Moyen Âge central, à l'exclusion des Pères de l'Église, rédigée au début du xiie siècle, probablement dans un milieu cistercien. Le texte est constitué de fragments, introduits par une rubrique ou un bref titre, contenant le plus souvent le nom de l'auteur source. Les fragments se suivent selon l'ordre du texte biblique qu'ils expliquent, mais ce dernier n'est pas reproduit in extenso.
2. L'expression peut aussi désigner la Glose de la Bible attribuée à Anselme de Laon, lui-même parfois qualifié de scolasticus[25].
§ 1170-1220 ca. : Annales de l'abbaye Saint-Pierre de Jumièges, p. 67 :
« Unde ex quatuor evvangeliis secundum scolasticam glosaturam et in alio volumina textus eiusdem. »
Synonyme : Glosa/glossa scolastica
♣ Voir aussi : Scolastica*
Texte partiellement glosé ou dont les gloses ne sont pas disposées de manière systématique et continue. Antonyme : « glosatus continuus ».
Voir « Glosa continua » ; « Liber glosatus ».
· Glossula (T) [27.1.2011]
Notes explicatives.
§ 881-890 : Notker le Bègue / Balbulus, Notatio de illustribus viris, PL 131, 998A
« Si glossulas volueris in totaim Scripturam divinam, sufficit Hrabanus Magontiacensis archiepiscopus. »
§ xiie siècle : Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium, G. Busson, A Ledru éd., Le Mans, 1901 (Arch. hist. Maine, 2), p. 441:
« Psalterium cum glossulis. »
Martin Morard
· Glutinatus : à renseigner
Synonyme : « Collatus »
Al. Granarium, grannarius, grannarium.
1. Synonyme de rapiarius* / rapularius*, désignant, par métaphore avec le grenier où se conservent les gerbes de blés, un livre dans lequel on conserve des textes nombreux.
§ 1450 c. : Köln, GB 8° 96 (provenance : Kreuzherren-Bibliothek)
f. 1r : « [Rapularius] : habentur in eo multa bona collecta ex diversis libris et doctoribus, unde a quodam venerabili sene abbate dictus est Granarius. »
2. Titre du recueil de matériaux pour la prédication de Wilhelm de Bernkastel
§ Manuscrit Trier, Stadtsbibliothek, 293/1966, prol. f. 12r,
« Quesivi, congregavi et in unum redegi istos 'acervos tritici' [Cant. 7, 2] »
§ Bibliographie
Staubach, « Diversa raptim undique collecta : Das Rapiarium im geistlichen Reformprogramm der Devotio moderna », 2000, p. 116.
Martin Morard
Titre uniforme appliqué
en priorité au recueil ou « Somme » des sermons de Guy d'Evreux, OP (SOPMA § 1400) :
accessoirement aux recueils de sermons de Jacques de Lausanne, OP (SOPMA § 2088-2089).
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, no 1088-1089, p. 204.
Martin Morard
· Hyperglosae-arum f. [28.1.2011]
Al. : Yperglosa
Néologisme formé du préfixe hyper [du grec ancien ὑπέρ, hypér] : « au-dessus, au-delà », et de glosa : glose. Terme très rare, attesté au milieu du xiie siècle pour désigner les explications exégétiques d'un livre biblique glosé, synonyme de glose, de scolie, ou de glose de la Glose.
§ 1150 c. : Commentarius Porretanus in I Cor., in I Cor. 1, f. 59v (éd. p. 25) annotation dans la marge inférieure :
« Iste yperglose distincte et sane quidlibet exponunt. »
Voir : Glosa*, Glosa interlinearis*
Martin Morard
§ Expressions
Illuminatus auro et asurio
Illuminatus secundum antiquum modum
♣ Au xviie siècle : Imprimer, éditer, au sens de tirer de l'obscurité (sans aucun lien avec l'illustration au sens actuel du terme).
Synonyme : « Mettre en lumière »
§ 1659 : Paris, Saint-Victor, O.S.A., Jean de Toulouse, t. 1, p. 171.
« [1610, sommaire : ] St Bernard illustré par le P. Picard. [...] Au mois de janvier de ceste année, le P. Jean Picard susd. mist en lumière quelques épistres de st Bernard non encore imprimées, avec des notes et observations par luy faictes sur touttes les épistres dud. st Bernard ; lequel œuvre il dédia à Messire Dominique de Vicq, abbé du Bec, du depuis archevesque d'Auch. »
= Sancti Bernardi Claraevallensis, abbatis primi, religiosissimi ecclesiae doctoris,... opera omnia,... Accesserunt S. Bernardi aliquot Epistolae è Bibliotheca S. Victoris Parisiensis nunqua editae, & notae F. Jo. Picardi,... Cum indice duplici, altero locorum sacrae scripturae passim ab ipso S. Bernardo explicatorum, altero coque nouo & amplo rerum & verborum. Paris, 1609[26], fol., 40 cm [exemplaire de la Société de Port-Royal à Paris, cote BPa259]
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 276.
Rizzo 1984, p. 307.
Voir cathenatus*
Encre dont la qualité est parfois précisée dans les sources :
« Incaustum malum ».
· Index librorum prohibitorum (T C) [5.2.2011]
Catalogue de livres interdits, parfois appelé simplement Index, promulgué par l'autorité politique ou ecclésiastique. Le premier catalogue de ce type fut publié en 1544 par l'université de Paris. En 1559, l'autorité ecclésiastique catholique romaine édita à son tour un Index régulièrement mis à jour jusqu'en 1966. Les Index librorum prohibitorum concernent uniquement les livres imprimés. L'Index a été promulgué par une décision du Ve concile du Latran qui instituait la censure, exigeait le contrôle des écrits déjà publiés et l'exercice d'un contrôle des publications antérieures. Leur publication est la conséquence de l'utilisation de l'imprimerie pour la diffusion des idées jugées dissidentes, notamment les idées protestantes.
§ Bibliographie :
Index librorum prohibitorum: 1600-1966, Jesús Martínez de Bujanda, Montréal, Genève, Sherbrooke, 2002.
Martin Morard
· Indica (E R)
Adjectif latin. Couleur indien ou indigo, assimilé à la couleur noire :
§ 1379 : Pise, Chartreuse de Calci, Inventaire de la bibliothèque, n° 39 :
« Unum psalterium glosatum de tela nigra sive indica » (identification probable avec le manuscrit Firenze, Laurenziana, Calci, 22[27])
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 285.
Rizzo 1984, p. , 217.
Rizzo 1984, p. 276
· Interlinearis (T) [28.1.2011]
Adjectif substantivé, fréquemment utilisé pour désigner la glose interlinéaire de la Bible.
§ 1197 (avant) : Pierre le Chantre, Verbum abreviatum (†1197), cap. 1, 3[28] :
« Unde prima ad Timotheum [1, 3]: Precepi ut denuntiares ne aliter docerent - interlinearis: "quam nos" - textus [v. 4]: neque intenderent fabulis et genealogiis interminatis - "que sine termino sunt; vel prohibitis," alia interlinearis - textus: que questiones - interlinearis: "lites" - prestant magis quam edificationem Dei que est in fide.»
§ 1240 c. : Anonyme [attribué à Hugues de Saint-Cher (†1263), Super Apocalypsim expositio I ('Vidit Iacob'), cap. 11[29] :
« Unde sicut Christus precise non perfecit tres annos et dimidium in sua praedicatione, sic isti non perficient. Et hec solutio habetur in interlineari que dicit sicut ipse predicavit. »
Synonyme : Glosa interlinearis*
Martin Morard
· Interliniare (T) [27.1.2011]
Du latin interlinio -are : intercaler
§ 1219 (10 novembre) : Diplomatarium Portusnaonense, Joseph Valentinelli éd., Wien, 1865 (Fontes rerum Austriacarum. Diplomataria et acta, t. 24), p. 5-6.
« Ego Bitulfus Melula imperiali auctoritate notarius presens ad hec omnia suprascripta et pacta et confecta interfui et equitavi cum eis: preterea in presentia mei notarii dominus Offaldus de Ragogna preceperat domino Adlardo et iuratoribus ut suo nomine irent cum illis et predicta facere confici et adimpleri et dessignari in gratia domini Liopoldi ducis Austrie et Styrie, quod et factum est. Et hec omnia suprascripsi prout ab eisdem iuratis audivi et intellexi et designare eis vidi, et ita causa memorie in publicam formam reduxi et scripsi, et has duas particulas superius interlineatas meis propriis manibus interlineavi, scilicet eis et notario quorum designatorum unus. »
Martin Morard
Titre de forme de livre liturgique appliqués aux diurnaux*.
§ Variantes
« Demi journel » = journel pour une moitié de l'année liturgique (partie d'hiver ou partie d'été).
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, p. 330-334.
§ 1472 (avant) : Fragment d'une première édition de Pierre de Virey, Troyes, BM, 2299, Clairvaux 1, p. 365-370.
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 236.
Rizzo 1984, p. 239
Cantiques bibliques de l'office de laudes.
§ 1379 : Pise, Chartreuse de Calci, inventaire de la bibliothèque, no 31
« Item unum librum dopmini Brunonis episcopi in laudibus ecclesie »[30].
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 209.
Lectoire ou pupitre placé au milieu du chœur d'une église destiné principalement à la lecture publique de la bible et des leçons de l'office ; terme courant dans le lexique de l'ordre des chartreux.
Synonymes : analogium
Martin Morard
Article en préparation
Monique Peyrafort
Al. Lettre de mole.
Article en préparation
Monique Peyrafort
§ Expressions
Libellus desolatus
Libellus longus et transversaliter scriptus
§ Expressions
Liber caducus (C)
Liber correctus
Liber delectus
Liber glosatus*
Liber non compagnatus
Liber parvus secundum morem antiquum
Liber utillimus
· Liber glosatus (T) [27.1.2011]
Al. : Liber glossatus
Texte d'une œuvre (livre biblique, juridique, médical, auteur classique, etc.) intégralement copié et accompagné d'annotations marginales ou interlinéaires appelées gloses.
§ Expressions :
« Glosatus per loca » = Partiellement glosé, muni d'annotations par endroits.
§ 1480 : Cîteaux, n° 380, p. 379 :
« Textus Sententiarum in mediocri volumine, glosatus per loca cuius secundum folium incipit.... »
« Glosatus aliqualiter et male » : Partiellement et mal glosé.
§ 1480 : Cîteaux, n° 329, p. 374 :
« Liber de Celo et mundo [Aristote] aliqualiter et male glosatus, cuius secundum folium incipit... »
♣ Il arrive néanmoins dans les catalogues anciens, la littérature, les titres de reliure (étiquettes, titres au dos, etc.), que l'expression désigne le seul commentaire d'une œuvre donnée sans que celle-ci ne figure intégralement dans le livre ni que le manuscrit désigné ait adopté la mise en page spécifique des livres glosés. Dans l'état actuel des connaissances, aucune généralisation n'est possible. Chaque catalogue est un cas à part qui peut ou non observer une certaine régularité dans sa façon de distinguer les livres glosés au sens strict et les commentaires simples.
Voir aussi Glosa*
Martin Morard
§ Expressions
Libraria communis
Libraria publica
Bibliothécaire. Terme usuel dans l'usage de l'ordre des Ermites de Saint-Augustin.
MM
Librarius (P) : voir Librarista
§ Expressions
- Littera antiqua communis
- Littera Apulie
- Littera antiqua
- Littera Attica*
- Littera aurea
- Littera barbara
- Littera caduca*
- Littera cecata
- Littera citramontana
- Littera communis
- Littera cursiva
- Littera etrusca
- Littera gallica
- Littera germanica
- Littera gothica
- Littera gracilina
- Littera grossa
- Littera italica
- Littera latina
- Littera longobarda
- Littera maior
- Littera maiuscola
- Littera mala
- Littera moderna
- Littera nigra
- Littera nostrana
- Littera parisina
- Littera rubea
- Littera sollempnis
- Littera subtilissima
- Littera testura
- Littera theutonica
- Littera ultramontana
- Littera uncialis
- Littera vetus
Littera psalterialis (E) [18.2.2011]
Lettre de très gros module, utilisée pour la copie des psautiers choraux.
§ 1275 (Zürich, CH) : Conradi Summa de arte prosandi, p. 439
« Et breviter in literis seu epistolis penitus reprobatur litera nimis grossa seu psalterialis. »
Martin Morard
Livre de plomb (C) [19.2.2011]
Livre fait de feuilles de plomb gravées.
Source
§ 1636 : de Peiresc, Lettre à Pierre d'Antelmy [chanoine de Fréjus], 9.4.1636[31] :
« Je viens d'apprendre que le livre de plomb dont s'estoit vanté Barjole, a esté vendu enfin au Sieur Roux, et par luy donné à Monseigneur le cardinal duc de Richelieu. On a promis à mon frère de le lui faire voir, il est composé de douze ou dix-huit lames de plomb (faites pour contenir de l'écriture que l'on traçois cum stylo ferreo) reliés ensemble par divers anneaxu, sans que les feuillets se puissent ouvrir, et est de la grandeur d'un pied de longueur, et de deux tiers de pied de largeur. »
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 117.
Rizzo 1984, p. 134.
Rizzo 1984, p. 133.
Rizzo 1984, p. 135.
Rizzo 1984, p. 130.
Rizzo 1984, p. 132.
Rizzo 1984, p. 126.
Rizzo 1984, p. 132.
Rizzo 1984, p. 122.
Rizzo 1984, p. 126.
Rizzo 1984, p. 132.
Niche dans laquelle on range des livres. Ne pas traduire par « tablette ».
Paléographie : qualification donnée à certaines écritures italiennes, notamment la bénéventine.
Synonyme : bénéventine (écriture) [32]
Martin Morard
Voir « Mettre en lumière », « Illustrer »
- Manuale (T) [9.11.2010]
Chez les chartreux, petit rituel portatif contenant le texte des offices célébrés hors de l'église et des processions : mise en cellule du novice, extrême onction, levée de corps, procession de la Fête-Dieu, antienne « Collegerunt » des Rameaux, etc.
§ 1379 : Pise, Chartreuse de Calci, inventaire de la bibliothèque, no 10
« Unum manuale vestitum panno rubeo »[33].
Martin Morard
· Manuale Augustini (T) [9.11.2010]
Texte commençant par « Quoniam in medio laqueorum »,
tantôt attribué à saint Augustin [cf. Soissons, BM 122, f. 67 ; BM 126, f. 39v, etc.],
tantôt sans attribution : [Chalons-sur-Marne, BM 59, f. 41 ou Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, « Bibliotheca Lerinensis antiqua » (fin xviie siècle), f. 9v].
Sous une forme ou sous l'autre, ce texte circule souvent avec les Meditationes de saint Anselme (par exemple : Lérins ; Soissons, BM 126).
Martin Morard
Titre de forme appliqué à des ouvrages comprenant principalement des textes à caractère marial.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, p. 223-224.
Martin Morard
Voir : Matines (livre)*
· Matines (livre) (T) [11.9.2010]
♣ Terme liturgique polysémique français qui peut désigner soit un office liturgique (matutinae-arum f.), soit un livre commençant par cet office.
Au sens liturgique, qui est aussi le plus courant, on appelle « matines » l'office liturgique de nuit, longtemps célébré très tôt le matin. Chez certains moines d'obédience bénédictine, là où l'office de nuit est qualifié de vigiles, on appelle parfois matines l'office liturgique des laudes qui le suit, célébré au petit matin.
Au sens codicologique et par métonymie, selon les lieux et les époques, « matines » en français, « matutinale » ou « matutinalis liber » en latin, est un titre de forme générique qui désigne dans les actes de la pratique (listes de livres et catalogues, inventaires, comptes, etc.) différents types de livres liturgiques ou dévotionnels dont le contenu ne peut souvent être précisé, en l'absence d'exemplaire identifié[34] :
1. 1132 : Livre contenant l'office ecclésiastique des matines, ou des bréviaires nocturnaux[35]. Pourrait répondre à cette définition la formule « matines de clercs »[36]. Voir par exemple des manuscrits liturgiques comme Douai, BM 1038, 1039 désignés par le Catalogue général des manuscrit comme « Lectiones dictae in horis matutinis secundum ritum breviarii benedictini », xiie siècle ; Douais, BM 1040, idem xiiie siècle et les nombreuses occurrences attestées par exemple dans les catalogues anciens des bibliothèques suisses et allemandes[37].
N. B. : L'appartenance à un clerc peut désigner un bréviaire de nuit, mais les clercs possèdent aussi des livres d'heures à partir du XIVe siècle.
2. XIVe-XVe siècle, jusqu'au XIXe siècle : Livret de prières ou livres d'heures commençant par les matines de l'office de la Vierge [38].
N.B. C'est à tort que P. Carpentier, repris par plusieurs dictionnaires, identifie Matines (sans complément) et office de la Vierge à partir d'un exemple peu probant : « Lit. remiss. ann. 1392. in Reg. 142. ch. 266 : Unes heures ou Matines de Nostre Dame. »[39] Les dépouilles des bibliothèques ecclésiastiques au temps de la papauté d'Avignon apportent des exemples plus anciens qui montrent indéniablement que l'office de la Vierge ne constitue que la première partie d'un livret qui contient en outre d'autres textes, comme les psaumes de la pénitence et les litanies ainsi que l'office des morts :
§ 347.4 B 2 (1353) : « Item Matutine beate Marie »
§ 348.54 B 32 (1353) : « Item quidam parvus liber in quo sunt Matutine beate Marie et Septem psalmi cum Letania et officium mortuorum... »
§ 348.65, 23 (1353) : « Item Matutine Marie pulcre que incipiunt in secundo folio post ymagines || Venite exultemus [= Ps 94 invitatoire des matines].
§ 349.1 (1353) : « Item Matutine [Al. : officium Beate = Reg. Av. 122] beate Marie modici valoris. »
§ 364.9 A 20 (1364 c.) : « Item Matutine beate Marie, finit prima carta preocupemus ante || [Ps. 94 invitatoire des matines] et finit ultima carta solvat por||. » = ? ibid. B24 : « Item librum modivum continentem officia beate Marie et mortuorum. »
§ 373.7 A 244-254 : « Item XI Matutine de beata Maria cum vigillis mortuorum non illuminate nec ligate, sub diversis quaternis, non existimate. »
Qu'on qualifie les matines de Notre-Dame d'heures ne justifie pas que tout livre qualifié de « Matines » contienne ordinairement et exclusivement l'office de la Vierge. La référence à l'office de la Vierge vient plutôt de ce que beaucoup de livres d'heures commencent par l'office de la Vierge qui commence lui-même par l'heure des matines. On notera que tous les exemples trouvés permettant d'établir un lien entre « matines » et office de la Vierge ne sont jamais qualifiés seulement de « matines » mais toujours de « matines de l'office de la Vierge », lequel tient, à lui seul, en quelques feuillets et circule rarement seul.
Voir par exemple Köln, Historiches Archiv der Stadt, Handschriften (Wallraf) (Best. 7010), 26, xve siècle, papier, 166 f., 11/12 l. par feuillet, dimensions de la paume d'une main, qui contient l'office de la Vierge, les Psaumes de la pénitence et les litanies des saints, l'office des défunts, le rituel de la communion aux malades et quelques prières indiquant une origine dominicaine, probablement féminine (cf. f. 164).
3. 1752 : « Livre dans lequel on commence à apprendre à lire aux enfants »[40], dont le contenu est probablement celui d'un livre d'heure plus ou moins développé contenant au moins les Sept Psaumes de la Pénitence dans lesquels il est devenu courant, à partir de la fin du XIIIe siècle, d'apprendre à lire aux enfants, en l'absence de psautiers complets, trop onéreux.
4. 1833 : Psautiers, peut-être, ou recueils de quelques psaumes destinés à l'apprentissage de la lecture [41]. Il est plus probable que le XIXe siècle ait qualifié à tort de « psautier » des livres d'heures ou des recueils de prières en raison de la pratique médiévale qui utilisait des psautiers, puis les psaumes de la pénitence, comme livres d'apprentissages de la lecture, avant qu'ils ne soient remplacés dans les usages populaires par les livres d'heures et les livres de dévotion[42]. Du xiiie siècle au xvie siècle, les « matines » étaient en tout cas clairement distinctes du psautier proprement dit[43].
§ Variantes
On énumère ainsi dans les contrats et inventaires de biens : « petites matines » [44], « grandes matines »[45], « matines à femmes »[46], « matines de clercs » (voir plus haut) dont les spécificités restent encore à préciser. La qualification « grandes » ou « petites » doit être entendue, comme pour les livres d'heures, en fonction de leur format plutôt que de leur contenu.
§ Remarques
Le terme ne figure pas dans les catalogues anciens et les livres provenant de l'abbaye de Clairvaux[47], de Pontigny[48], de Saint-Victor de Marseille[49], les listes de dépouilles pontificales[50], le registre de prêt de la Sorbonne (1402-1536),
Plusieurs des principaux dictionnaires spécialisés en ancien français, comme les dictionnaires et lexiques publiés par Frédéric Godefroy[51], ainsi que l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ignorent l'acception codicologique de matines. L'index de Michel Poppof a une entrée propre à « matines » renvoyant à des manuscrits concernant en tout ou en partie les offices liturgiques du matin, sans que cela réponde à un titre ancien ; les exemplaires répertoriés ne permettent notamment pas de préciser ce que pouvaient être les livres répondant aux acceptions 2. 3. et 4. ci-dessus définies et attestée par la littérature citée.
Martin Morard
· Mettre en lumière [11.10.2010]
♣ Aux xvie -xviie siècle : imprimer, faire imprimer, publier, au sens de tirer de l'ombre, rendre visible. A ne pas confondre avec le fait d'enluminer un manuscrit. C'est la simple traduction française de l'expression latine qui figure sur la page de titre de nombreux livres d'éruditions des érudits de l'époque : prodere in lucem ; ainsi le Spicilegium de Dom Luc d'Achery : « ... prodeunt nuc primum in lucem opera et studio domni Lucae Dacherii... » (1668)
Voir ici : « Illustrer » (synonyme).
§ 1615 : Paris, Saint-Victor, O.S.A., Jean de Toulouse, t. 1, p. 199.
« Le premier jour d'avril, le R. P. Denis Coulomp, prieur, mit en lumière ses Exhortations pieuses sur les sept parolles de Nostre Seigneur en la croix, lesquelles il dédia à Madame Marie de Loraine, abbesse de Chelle. »
Il s'agit des Exhortations pieuses sur les sept paroles proférées par nostre Sauveur Jésus-Christ en l'arbre de la Croix... par R. P. Denys de Coulomp, Paris, P. Ménier, 1615, in-12.
§ 1629 : Paris, Saint-Victor, O.S.A., Jean de Toulouse, t. 1, p. 429.
« Cette année, Mr l'archevesque de Rouen, nostre abbé commendataire[52], mit en lumière un livre in-quarto intitulé Annales Ecclesiae... » (t. 1, p. 429).
Cet ouvrage, violemment censuré, n'est pas identifiable à partir des données de Jean de Thoulouse dans les bibliothèques publiques française (CCFR, BnF, BSG).
§ 1640 : Paris, Saint-Victor, O.S.A., Jean de Toulouse, t. 2, p. 104.
« [La vie du R. P. Asseline] a esté amplement escritte et mis en lumière du depuis par le R. P. Anthoyne de St-Pierre.... »[53].
Ouvrage effectivement paru sous le titre La vie du R. P. Dom Eustache de Saint-Paul Asseline... religieux de la congrégation de Notre-Dame des Feuillants, Paris, 1646, in 8, 551 p.
§ 1674-1740 : Louis Maimbourg [1610-1686], Histoire de l'hérésie des iconoclastes et de la translation de l'Empire aux Français, IV, Paris, S. Mabre-Cramoisy, 1674, p. 33[54] :
« Le Père Maimbourg reconnoit de bonne foi que ce livre [un vieux manuscrit] fut écrit sous l'empereur Charlemagne. 'Il étoit demeuré dans l'obscurité [...] jusqu'à l'an 1549, qu'un Luthérien l'ayant trouvé dans un ancien manuscrit, le mit en lumière avec une préface de sa façon, sous le nom emprunté d'Eli Pbili, dans laquelle il se déchaîne terriblement contre le culte des images. »
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 304.
· Missale mixtum (L T) [3.3.2011]
Al. Missale mistum, missale misticum, liber misticus.
Dans l'aire liturgique mozarabo-languedocienne, de part et d'autre des Pyrénées, livre liturgique dit de seconde génération où sont associés dans un même volume les pièces initialement réparties entre plusieurs livres spécialisés destinés aux différents acteurs liturgiques (sacramentaire, lectionnaire, graduel) et à différents rites (messe, rituel, liturgie des heures). Le « mixtum » se distingue alors de l'« immixtum », c'est-à-dire du sacramentaire ne contenant que les pièces de la messe réservées au prêtre (livre dit de première génération), selon la structure vulgarisée par la tradition du sacramentaire d'Hadrien, devenue majoritaire au cours du ixe siècle[55].
Non sans hésitation Du Cange suggère qu'il s'agit d'un missel auquel ont été ajoutés des éléments qui ne concernent pas « la messe »[56]. Cette intuition est confirmée par un petit livret de la fin du xie siècle provenant de la chapelle de Saint-Guilhem de Combret, au diocèse d'Elne-Perpignan, intitulé « Liber misticus » par déformation de mixtus. Il contient des extraits de la messe, du bréviaire et du rituel[57]. Mais on ne saurait exclure que l'expression désigne aussi des missels pléniers qui contenaient tout ce qui est nécessaire à la messe, distingués des anciens sacramentaires, alors appelés missales [58]. C'est ce qui ressort de l'édition imprimée du missel plénier mozarabe procurée en 1500 par l'archevêque de Tolède Ximénès, sous le nom de « missale mixtum »[59]. L'expression court de Tolède à Limoges et a perduré au-delà de la romanisation des liturgies locales qui ne fut d'ailleurs jamais totale avant le concile de Trente[60]. Assez rare, elle est, de soi, moins liée à un rite précis qu'à des habitudes propres à l'aire liturgique concernée.
♣ La philologie moderne a imposé à l'expression un sens ignoré de la littérature médiévale : pour avoir cru devoir associer le qualificatif immixtum à la tradition « pure » du sacramentaire grégorien primitif, on a qualifié de « mixtes » les sacramentaires gélasiens contaminées par l'influence d'autres familles.
§ 1246 : Toulouse, Saint-Sernin
« 29. [...] Tres libros qui vocantur mixtum, et I epistoler, et sex missalia et I evangelister cum litteris de auro. »
§ 1263 : Toulouse, Saint-Sernin
« Mixtum quod portatur ad altare » (C19)
§ Bibliographie
Morard, Saint-Sernin, p. 238-239.
Martin Morard
Bréviaire ou, plus rarement, missel organisé en deux parties ; généralement l'une est consacrée au temporal, l'autre au sanctoral. Il peut arriver aussi que les deux soient mêlées selon le cours continu de l'année liturgique ; la première partie court alors de l'Avent à la fin du Carême et la seconde de Pâques à la Saint André.
§ 1425 : Testament d'Isabelle de Quingey, 1425 (Remiremont, BM, ms. 4, f. 145)
un vieux bréviaire « de tout le temps » [couvrant toute l'année liturgique], et un autre petit « de demi temps » [pour une moitié de l'année liturgique]
§ 1456, novembre : Obit de Jehan Macuti, 1456, au plus tôt, [novembre] (Paris, BNF, nal 349, p. 184)
« un livre en « II demis temps » [livre liturgique organisé suivant les deux moitiés liturgiques de l'année ; ici, sans doute un missel, d'après des mentions postérieures de reliure]
§ 1466 : Testament de Jean II Baudoin (Épinal, AD des Vosges, G 406)
« mon demi temps »
Monique Peyrafort et Martin Morard
Rizzo 1984, p. 239.
· Nocturnus-i m. ; Nocturne (T) [1.9.2010]
Latin : Nocturnus-i m..
Expression, répandue surtout à partir du xiiie siècle, désignant une partie de commentaire continu des Psaumes, très souvent d'origine mendiante, correspondant à l'explication des Psaumes qui suivent le premier psaume des matines* de chaque jour de la semaine.
Le nocturne codicologique correspond donc à
1er nocturne : Ps 1 à 25 = principalement les Psaumes des matines du dimanche
2e nocturne : Ps 26 à 37 = principalement les Psaumes des matines du lundi
3e nocturne : Ps 38-51 = principalement les Psaumes des matines du mardi
4e nocturne : Ps 52-67 = principalement les Psaumes des matines du mercredi
5e nocturne : Ps 68-79 = principalement les Psaumes des matines du jeudi
6e nocturne : Ps 80-96 = principalement les Psaumes des matines du vendredi
7e nocturne : Ps 97-108 = principalement les Psaumes des matines du samedi
8e nocturne : Ps 109-150 = Psaumes diurnaux (prime, tierce, sexte, none et vêpres)
§ Exemple
En titre courant d'un manuscrit : « Quartus nocturnus » (= In Ps 52-67).
§ 1298 ca. : Catalogue des oeuvres de Thomas d'Aquin (Praha, Knihovna metropolitni kapituly A 17/1, f. Iv) :
« Si autem
alia sibi attribuantur, non ipse scripsit [uel fecit seu notauit], sed alii
recolegerunt post ipsum legentem uel predicantem, puta :
- Super Paulum a XI. c. I. ad Cor. usque ad finem : fr. Raynaldus socius eius.
- Lecturam sup. Iohannem qua
non inuenitur alia melior : idem socius.
- Lecturam super tres nocturnos <Psalterii> : idem socius. »
♣ A ne pas confondre avec Nocturnum-i n. qui désigne soit l'office des matines*, soit une des parties de celui-ci.
Cf. Morard, La harpe des clercs, 2008, p. 252-268.
Martin Morard
· Nota (E C) [18.8.2012]
1. annotation
2. (pluriel) : glose marginale. Ex. : « Biblia cum notis » peut désigner une bible glosée.
3. (pluriel) : notes de musique. Ex. : « Psalterium cum notis » peut désigner aussi bien un psautier avec antiennes notées qu'un psautier glosé en certains contextes.
4. (singulier) écriture d'un manuscrit ; le terme, associé à des adjectifs qui en précisent notamment la qualité ou la taille, forme une locution très prisée des catalogeurs et érudits, spécialement à la période moderne et chez les mauristes :
§ Expressions
(Liber) notae bonae : écriture soignée ? (Montfaucon)
... notae egregiae : écriture de facture agréable ? (Montfaucon)
... notae optimae : écriture de la meilleure facture ? (Montfaucon)
... notae minoris : écriture de petit module ? (Montfaucon)
... notae maioris : écriture de gros module ? (Montfaucon)
... nota mediocris : écriture de module ou de qualité moyenne ?
§ Montfaucon, Biblioteca bibliotecarum, t. 1, p. 231 : Bibliotheca S. Joannis de Carbonara Augustinianorum.
« ... Codex Evangeliorum alius ejusdem ætatis, bonæ notæ, membranaceus, cum Epistola Eusebii Carpiano.
Duo item alii codices Evangeliorum minoris notæ & vetustatis. »
MM
· Omnilogus (T) [à identifier 11.2.2011]
Titre d'ouvrage à identifier.
§ xiie siècle ½ : Saint Evroult d'Ouche, catalogue de la bibliothèque (second supplément) :
« ... 130. Omnilogus ... »
Martin Morard
Al. Ordo judiciorum, ordo iudiciorum
Titre de forme appliqué à des directoires*, specula* ou sommes* de droit canonique ou civil d'auteurs divers.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, n° 1558 = Troyes, BM 1783
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, n° 1559 = Maître Tancrède, Somme, exemplaire non identifié.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, n° 1560 = Maître Gilles (Egidius), Somme, exemplaire non identifié.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, n° 1561 = Guillaume Durand, Speculum judiciale = Troyes, BM, 118.
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 318.
· Pagonazo (R) [7.6.2012]
Al. Paghonazo, pabonazo, paonazo, pavonazo.
De l'italien. Couleur rouge pourpre d'un matériau de couvrure ou d'un tissu teint.
§ xve siècle 4/4 : Florence, San Marco : catalogue dit de Modène, XIIII occident. 13 = Firenze, Bibl. Nazionale, Conventi Sopressi J.II.31[61]
« Logica magistri Pauli de Pergula in volumine parvo pagonazo in membranis. »
Bibliographie :
Cf. Art. "Pabonazo" dans Nicholas Eastaugh, Valentine Walsh, Tracey Chaplin, Ruth Siddall, The Pigment Compendium, Burlington, 2004.
Martin Morard
· Pandecta [6.2.2011]
Recueil des livres du code de Justinien.
Martin Morard
· Pandectes [6.2.2011]
Bible en un volume contenant tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, distingué de la Sacra Bibliotheca qui est la collection des livres de la bibles réunis en plusieurs volumes distincts : Pentateuque ou Octateuque, livres historiques, prophètes, livres sapientiaux, évangiles, épîtres, etc.
Martin Morard
Voir Glosatura minor*
1. Parchemin, matériau ordinaire du livre médiéval en Europe jusqu'à la fin du xiiie siècle, fait de peaux de veau, de chèvres, de porc, de vache.
§ Expressions :
Pergamenum collatum seu glutinatum
Pergamenum notatum
2. Peu aussi désigner n'importe quel support d'écriture, y compris le papier ou le papirus.
§ 1319 : Dominique Grima, O. P., Principium biblicum § 1[62]
« Sicut dicit Glosa in fine Deuteronomii[63], librum Veteris ac Novi Testamenti bibliotecam appellamus eo quod multi libri sunt in uno volumine repositi. Nam theca idem est quod repositio et biblii idem quod libri. Et dicitur a biblus quod est iunctus, dictus a bibo, -bis, quia est aquarum bibulus ex quo scilicet iunco solebant antiqui contexere pergamenum, et ibi scribere ante usum cartarum[64]. »
MM
Toile peinte provenant à l'origine d'Orient (Littré).
MM
· Pharetra (T) [19.11.2010]
Titre parfois donné à la Summa de abstinentia (recueil de distinctions très diffusé attribué à Nicolas de Biar, O.P., fin xiiie siècle)
Voir aussi Dictionnarium pauperum*, Flos theologiae*
Martin Morard
Voir : Livre de plomb*
Titre uniforme appliqué notamment à des œuvres d'auteurs de l'Antiquité, tels que Virgile, Ovide, Orace, Lucain, Juvénal, Stace, etc.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, p. 275-279.
Martin Morard
Portable, qui peut être déplacé. Le livre « portable » est compatible avec des dimensions relativement importante ; il ne doit pas être confondu avec un livre « miniature ».
Martin Morard
Ais de bois servant de plat pour la reliure d'un livre.
§ 1381 : Assise, Libraria publica, p. 78
« Biblia omnium maior [...] cum postibus sive tabulis bullatis et cathena. »
Synonymes : tabula.
· Postilla perpetua (T) [29.1.2011]
Titre parfois donné à la série continue des commentaires de Nicolas de Lyre sur toutes la Bible, édités dans les années 1330[65].
Psalterialis
Voir : Littera psalterialis*
· Promptuarium (T) [5.5.2011]
Al. : Promptuarius-i m.
Synonyme : concordancie.
Du substantif latin promptuarium-i n. : réserve, armoire, magasin, cellier, cave, dérivé de l'adjectif promptus-a-um : disponible, prêt, à portée de main.
Par analogie, le terme est devenu un titre de forme, métaphorique, qui désigne des répertoires ou recueils organisés permettant un repérage et une consultation rapide de textes grâce à des systèmes de référence alphabétiques, numériques ou thématique.
Des promptuaria ont été rédigés dans plusieurs disciplines ou domaines prédication, pastorale ecclésiastique, médecine, droit. Il se prête particulièrement aux recueils de sentences, de formules, de recettes, et autres textes courts. Par exemple, le Promptuarium exemplorum de Martin le Polonais, O.P. († 1278), rédigé entre 1260 et 1280 environ, est un recueil d'exempla pour prédicateurs, publié en annexe des Sermones pro tempore et sanctis du même auteur et destiné à les illustrer (il a cependant aussi fait l'objet d'une tradition textuelle indépendante).
Le mot est attesté comme titre dès la seconde moitié du xive siècle.
§ 1369. Urbain V, Inventaire de la bibliothèque pontificale d'Avignon, n° 467[66] :
« Item Promptuarium sive concordancie auctoritatum sanctorum, coopertum corio rubeo... »
Le titre promptuarium est absent de la terminologie des listes de dépouilles ecclésiastiques avignonais du xive siècle[67]. Jusqu'à plus ample informé, il semble s'être néanmoins répandu dès la seconde moitié du xive siècle. A partir du xve siècle, il semble avoir rencontré une vogue grandissante, au point de servir à rebaptiser certains ouvrages. Ainsi le Promptuarium exemplorum de Martin le Polonais, n'a reçu le titre de promptuarium qu'à l'occasion de ses premières éditions imprimées (Strasbourg, Georges Husner, 1484 et Johannes Grüninger, 1488)[68]. On voit dès alors fleurir des promptuaria à tout propos : Promptuarium (de miraculis) beate Virginis ; Promptuarium de festis sanctorum intimandis ; Proptuaria exemplorum, etc. En Allemagne, promptuarium ne semble pas attesté dans les catalogues anciens édités avant le xve siècle[69].
§ 1423. Benoît XIII, Inventaire après décès de la Grande Librairie, n° 542[70].
« Item quidam liber Promptuarium sive concordancie auctoritatum sanctorum patrum vocatus, copertus cum tabulis de corio rubeo, et incipit in rpimo colondello secundi folii || sit creatura, et finit in eodem convenissent. || »
§ 1440 (mars). Bernardus de Rousergue (†1475), Promptuarium Ecclesiae[71]
§ 1479. Hain 13398
« Promptuarium rerum moralium et theologicarum ».
§ 1483. Copinger 4886.
« Promptuarium medicinae »
§ 1485. Widberg. OPraem.
« Prompturarium sive manoductorium notariatus »[72]
§ 1485. Freising. Cathédrale.
« Promptuarium iuris, quod incipit 'Quoniam vita brevis' ».[73]
§ 1497. Augsburg[74]:
« Item sermones discipuli de tempore et de sanctis cum proptuario exemplorum »
[Il s'agit de Iohannes Herolt OP [†1468], Sermones Discipuli, Cologne, 1474 etc. ; cf. Kaeppeli, SOPMA, § 2387].
§ 1520. Paris.
Jean de Montholon [†1528], Promptuarium diuini iuris et utriusque humani, Paris, 1520 (Moreau, 2, 2429).
§ 1683. Paris.
« Hippocrate, Promptuarium Hippocratis in locos communes..., Charles Arthur Du Plessis, éd., Paris, Laurent d'Houry, 1683, in-4° de (16)-608 p. » [L'ouvrage se présente sous la forme d'un dictionnaire d'aphorismes rangés alphabétiquement.]
♣ Un Promptuarium peut en cacher un autre ! Comme le montre l'exemple ci-dessous, Promptuarium peut aussi désigner un recueil factice contenant toutes sortes de textes formant une sorte d'arsenal textuel composé de divers manuels ou répertoires, tous caractérisés par une relative brièveté, une organisation systématique, l'intention de favoriser la mémorisation, de proposer des formulaires, le fait d'être accompagnés de répertoires, etc. Le vocabulaire utilisé est sans équivoque à cet égard : recapitulatio..., registrum... concordancia..., versus..., tractaculus..., articuli... etc.
§ 1470. Saint-Gall. OSB. Inventaire de la bibliothèque personnelle de Gall Kemly[75]
« Item in libro qui dicitur 'Promptuarium divinorum eloquiorum' qui est bilibris, continentur hec subnotata :
Primo compendium theoloyce veritatis secundum septem libros.
Item formalia sermonum ab adventu usque ad XLm per omnes dominicas et ibidem plura de corea, de ludo, de ieiunio, de contricione, confessione prima, etc. vide in registro abc-darii in fine.
Item exposicio passionis Domini historialis brevis cum textu etc.
Item XV rubrice negociorum ad proponendum negocia pro diversis necessitatibus.
Item quomodo leguntur iura.
Item tractatulus de arte memorativa.
Hec continentur in superiore parte.
In parte inferiori continetur : Explanciones librorum biblie veteris et novi testamenti.
Item concordancie librorum correspondentes sibi mutuo utrorum testamentorum.
Item nupcie abbatheos, quod est memorialie totius biblie.
Item recapitulatio speculi humane salvacionis.
Item tractatulus de creatione mundi et eius etatibus et de arentum prevaricacione.
Item alphabetarium auctoritatum biblie.
Item notabilia de sensibus Sacre Scripture.
Item de distinccione quatuor temporum mundi.
Item formalia sermonum per omnes dominicas ab pasca usque ad finem anni et alia multa notabilia sicut habetur in registro.
Item de beata virgine de sanctis et de commune sanctorum, de dedicacione, multa de animabus et plura.
Item versus Raymundi de sacramentorum dispensacione et pluribus dubiis.
Item articuli pronunciandi in cena Domini vel palmarum contra eos qui suspendendi sunt a communione, in quibus reperiuntur casus episcopales et scrutinia confessorum.
Item tractaculus de rebus mundi et eius ymaginibus, vide registrum eiusdem ibidem, etc.
Est finis materiarum huius libelli. »
§ Bibliographie
Pflug (G.) , « Promptuarium », Lexikon des gesamten Buchwesens, 6, p. 114.
Lebourgeois (Anne-Elyse), Le Promptuarium exemplorum de Martin le Polonais, O.P. (†1278). Édition critique et commentaire, thèse d'Ecole des chartes, dactyl., Paris, 2002.
Martin Morard
· Psalterium (T L) [19.11.2010]
Al. : Spalterium (très fréquent dans les documents originaux) ; psautier, pseautier, psotier, saltier.
1. Psautier de la Bible ou de la liturgie chrétienne : Recueil de 150 ou 151 psaumes (poésies religieuses) qui composent le livre des Psaumes de l'Ancien Testament, dont la langue originale est l'hébreu. Traduit en grec par les Septante, il fit très tôt l'objet de traductions latines en milieu chrétien. La version vieille latine en usage à Rome fit l'objet de deux révisions sur le grec par saint Jérôme qui traduisit aussi le psautier à nouveaux frais sur l'hébreu. Le Psautier acquit un rôle très important dans les pratiques religieuses de l'Occident latin de la fin de l'Antiquité à la fin du Moyen Âge. Il prit de ce fait des formes codicologiques et liturgiques très complexes.
2. Livre de dévotion contenant le psautier enrichis de prières annexes, de pièces chantées. A partir de la seconde moitié du 14e siècle, « psautier » peut désigner aussi un bréviaire (le psautier, souvent placé en tête, donne alors son nom au livre par métonymie).
§ 1466 Testament de Jean II Baudoin, 1466 (Épinal, AD des Vosges, G 406)
- « mon petit salcier [ou saltier] de parchemin et notez »
- « mon salcier [ou saltier] en papier »
3. Tout commentaire exégétique désigné par son contenu
§ xiie siècle 1/3. Saint Evroult d'Ouche, catalogue de la bibliothèque :
« ... 50. Soliloquium Augustini. 51-53. Prima pars psalterii, secunda, tercia. 54. Augustinus de Trinitate... »
Il s'agit ici des Tractatus in Psalmos [Enarrationes depuis la Renaissance] d'Augustin d'Hippone. L'ouvrage circule souvent, tout comme les Explanationes in Psalmos de Cassiodore, en trois livres, plus rarement en deux parties.
3. Antiphonaire*.
§ 1742. Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Inventaire des biens, p. 82
« Antiphonaire ou psotier à l'usage de ce monastère, 1 vol. grand in folio manuscrit.
- un autre petit psotier du même usage, 1 vol. grand in quarto. »
§ Bibliographie
Morard, La harpe des clercs, 2008.
Voir aussi : Breviarium*, Antiphonarium*
Martin Morard (révisé le 18.2.2011)
· Psalterium sancti Ieronimi (T) [1.9.2010]
Al. : Psalterium (sancti) Hieronymi
Expression particulièrement ambiguë désignant
- soit le livre biblique des psaumes dans l'une ou l'autre des traductions latines effectuées par saint Jérôme au ive siècle (soit le Psautier gallican ou iuxta Septuaginta / LXX / Septante, soit le Psalterium iuxta hebreos, exceptionnellement le Psalterium romanum). Dans ce cas, le titre uniforme le plus courant est psalterium Ieronimi. En l'absence d'exemplaire subsistant identifié et portant ce titre, il n'est pratiquement pas possible, à partir des inventaires anciens, de choisir entre ces versions à partir de la seule expression Psalterium Ieronimi.
§ Bibliographie
Morard, La harpe des clercs, 2008, p. 92-93.
- soit un psautier abrégé, livret de dévotion, d'origine carolingienne, contenant seulement une sélection de versets du Psautier biblique, dont la récitation était considérée comme équivalente à celle du Psautier biblique intégral.
§ Bibliographie
Morard, La harpe des clercs, 2008, p. 800-836.
Voir aussi : Breviarium secundum Ieronimum*
Martin Morard
· Pulpitum (M) [8.9.2010]
Pupitre, banc de rangement.
§ 1505 circa : Inventaire de la bibliothèque de l'abbaye de Vauluisant, O. Cist., Yonne[76].
« ... Sunt enim singula pulpita singulis ac propriis numeris in fronte signata, libri vero cuiuslibet pulpiti certis litteris distincti atque ut libri iidem, <si> urgente forsan necessitate aliave de causa e suo loco tollantur, eo quo depositi sunt loco recollocari valeant, notavi in singulorum primordiis librorum numerum pulpiti cui supponi debeant. »
Voir contexte à l'article Appendicula*.
Martin Morard
(texte aimablement communiqué par François Bougard)
Cahier ; reliés ils forment un codex*. Dans les inventaires et catalogues, la présence de cahiers indépendants ou non reliés est fréquente.
Al. Quinterno
Al. Rapiarium, rapilarius, rapularius [mendose scriptum].
1. Du latin rapio : emporter, piller. Forme de recueil contenant des textes souvent brefs, voire de simples citations, extraits de toutes sortes de sources. Il existe des rapiaria dans toutes les disciplines : philosophie, théologie, médecine, etc.
§ Epistolae obscurorum virorum, 1, 42 (Appendicis 1), hrsg. Eduard Böcking, Ulrichi Hutteni operum supplementum, Bd. 1, Leipzig, 1864, p. 63
« Habui etiam mecum tunc unum rapiarium quod intitulavi 'Vade mecum in medicina', ut soleo semper habere, quando ambulo transcampis ad visitandos pacientes vel ad materialia emenda. In hoc habeo etiam varias questiones que sunt valde subtiles in arte medicinali. Ex illo rapiario enucleavi mihi unam questionem cum suis notabilibus et argumentis pro et contra, cum quibus volui armatus venire contra illum quem dicebant tam scientiosum [Erasmus], ut possem tamen experientiam facere an etiam aliquis sciat in medicina vel non. »
Le genre a eu beaucoup de succès dans chez les clercs et les religieux qui rassemblaient de la sorte citations et belles feuilles lues au fil de leurs lectures, des sermons, des cours, des conversations entendues. Le rapiarium est devenu un genre caractéristique des milieux de la devotio moderna à la fin du Moyen Âge.
2. A la fin du Moyen Âge, le rapiarium devient un recueil dévotionnel structuré caractéristique des milieux de la devotio moderna.
§ Johannes Trithemius, De laude scriptorum, c. 10, éd. Klaus Arnold, Würzburg, 1973, p. 74
« Fratres enim scriptores qui volunt in studio divinarum scripturarum proficere, faciant sibi libellos, quos rapiarios vocant, ut quando libros sanctorum patrum scribendo transcurrunt, si quid memoratu dignum invenerint, exempli sagacissime apis colligent et sententias utiles quasi odoriferos flores in alveario sui voluminis proferre sciant. Hoc venerablis Beda monachus fecisse legitur, hoc Rabanus abbas, hoc Bonaventura cardinalis, hoc alii complures doctissimi viri actitasse meorantur. Multum quippe ad intelligentiam Sacre Scripture proficit, qui hunc discendi ordinem custodit. »
La confection de rapiaria finit même par répondre aux conseils des formateurs religieux :
§ Thomas a Kempis, Dialogus noviciorum, 1, prologus, p. 3 dans Opera omnia, t. 7, éd. Michael Joseph Pohl, Freiburg in Breisgau, 1902-1922
« Verba doctorum et exempla bonorum [...] a studiosis fratribus frequenter pensari debent et in libris vel tabulis tamquam in cophinis ad utilitatem legentium diligenter inseri et conservari. »
§ Bibliographie
Staubach, « Diversa raptim undique collecta : Das Rapiarium im geistlichen Reformprogramm der Devotio moderna », 2000, ici p. 132.
Synonyme : Apiarius, Granarius, Rapularius*, Vade mecum
Al. Rapularium, rapilarius.
Forme corrompue de raptarius*.
A la fin du xiiie siècle, le Catholicon de Jean de Gênes fait dériver la forme rapularius du lieu où l'on cultive les raves.
§ Jean Balbi de Gênes, Catholicon, « Rapa »
« ... Raparius -ii : locus ubi rapae crescunt, quod et hoc rapularium dicitur. »
§ 1450 c. : Köln, GB 8° 76 (provenance : Kreuzherren-Bibliothek)
f. 1r : « Iste libellus [...] vocatur R<apularius>, eo quod in eo multa ac diversa raptim undique collecta sint. »
f. 2r : « In isto libello qui vocatur R<apularius> frarum sancte Crucis habentur multa bona collecta ex diversis libris et diversis temporibus. »
§ Bibliographie
Staubach, « Diversa raptim undique collecta : Das Rapiarium im geistlichen Reformprogramm der Devotio moderna », 2000, p. 116.
Voir aussi Raptarius, granarius, Vade mecum
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 293
Rizzo 1984, p. 277.
Rizzo 1984, p. 279.
Rizzo 1984, p. 307.
· Repositorium (B) [20.07.2012]
Al. Repositoire (français)
Réserve, dépôt de livre, lieu ou meuble dans lequel sont conservés certaines collections de livres d'une maison religieuse.
§ Jacques Echard, Notes sur la Bibliothèque des Grands Augustins de Paris, Paris, Archives nationales, M 801, passim.
« 108 in repositorio videtur hic codex geminus 149 et eiusdem auctoris ».
§ Bibliographie :
- Ducange, art. « Repositorium ».
- Claire Angotti, « La bibliothèque des Grands Augustins de Paris », à paraître.
MM
Rizzo 1984, p. 280.
Sacristie, lieu proche de l'église où le clergé revêt les ornements liturgiques et où sont parfois conservés certains livres liturgiques. (Article en préparation)
Monique Peyrafort-Huin
Rizzo 1984, p. 282.
Rizzo 1984, p. 282.
Al. Ruota
Studium de rota. Al. Ruota da studiare (ital.)
Rota ad tenendum libros
Rota librorum. Al. Ruota da libro (ital.)
1.1 Rouleau composé de pièces de papyrus ou de parchemin cousues l'une sous l'autre et se déroulant verticalement. A distinguer du volumen*.
1.2 Sens dérivé : volume, livre, tome. Exemple : un rouleau d'Exultet.
2. Sens dérivé : paperolle insérée dans un livre
§ vers 1582 : Mont-Dieu, chartreuse, collectaire Charleville-Méziere, Archives départementales des Ardennes, H364
Renvois manuscrits, dans les marges du volume, aux nombreuses paperolles interfoliées au fil des évolutions de la liturgie cartusienne, contenant le texte des nouveaux offices liturgiques : « Vide in rotulo.... » (f. 15, 25, 51, 54bis, 57bis, etc.
Martin Morard
Demi-satin ou samit d'origine orientale, de même fabrication que le satin mais beaucoup plus solide (Gay, II, 323).
Petite étoffe de laine parfois mêlé d'un peu de soie (Havard, IV, 894).
Al. Scampnum
Rizzo 1984, p. 305.
Titre de forme appliqué en priorité à l'Histoire scolastique de Pierre le Mangeur, mais l'exemple du catalogue de Clairvaux de 1472 (no 1403-1409) montre que d'autres ouvrages analogues, classiques, patristiques ou médiévaux, peuvent être rangés sous cette même rubrique.
§ 1472 : Clairvaux, Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, p. 240-242.
♣ Voir aussi : Glosa scolastica*
Martin Morard
Archives
Rizzo 1984, p. 212.
Rizzo 1984, p. 135
· Semimissale, semibreviarium, demi journel (T)
Titre de forme appliqué à des livres liturgiques (missel, bréviaire, diurnal) contenant les textes adéquats du temporal et du sanctoral, nécessaires à la célébration liturgique de l'été (de Pâques à la saint André) ou de l'hiver (de l'Avent à Pâques).
§ Exception
Semipsalteria* : voir ce terme.
Psautiers à demi-vers ou psautiers aide-mémoire qui ne contiennent que le premier hémistiche de chaque verset, ou une ligne de texte par verset.
Voir Clairvaux (1472), Catalogue de Pierre de Virey, Clairvaux 1, p. 340-341.
Synonyme : Psautier à demi-vers
Martin Morard
Rizzo 1984, p. 215.
Cigneau, sceau, poinçon, signet de livre (Havard, IV, 1011).
· Summa de abstinentia (T) [19.11.2010]
Titre le plus courant d'un recueil théologique très diffusé, attribué à Nicolas de Biar, O.P. (fin xiiie siècle), également intitulé parfois Dictionnarium pauperum, Flos theologiae ou Pharetra.
Martin Morard
Synodal : recueil des décisions signifiées par l'évêque diocésain à son clergé à l'occasion d'un synode diocésain.
MM
Du latin tabula-ae f.
1. Ais ou plat d'une reliure.
§ 1381 : Assise, Libraria publica, p. 78
« Biblia omnium maior [...] cum postibus sive tabulis bullatis et cathena. »
2. Tablette d'une étagère ou d'un banc de bibliothèque
§ 1683 : Toulouse, Couvent des Jacobins (O. P.), Catalogue de la bibliothèque, passim.[77]
3. Liste décrivant de manière sommaire ou abrégée les parties ou le contenu d'un ouvrage.
4. Tableau d'affichage monastique, généralement proche de l'entrée de l'église ou du chapitre, sur lequel le sacristain ou le moine responsable indique les fonctions liturgiques ou les offices que chaque moine doit remplir à tour de rôle. On parle par exemple de la « tabula ecclesie » ou de la « tabula claustri ».
§ Expressions
Tabula argentea
Tabula bullata
Tabula fracta
Tabula in rubro et in caustro
Tabula papirea
Tabula rubro scripta
Tabula transversaliter scripta
Martin Morard
Al. Tabelarium
Petite bibliothèque, local où sont conservés des archives, voir des livres et des archives simultanément, comme cela a pu être montré à propos de la bibliothèque du dortoir de l'abbaye de Clairvaux.
§ 1520 : Clairvaux, Bibliothèque du dortoir (Vernet 1979, p. 42)
« Tabula librorum tabularii huius dormitorii » (Troyes, BM, ms. 1310, plat inférieur)
Martin Morard
§ Bibliographie
Vernet 1979, p. 42-43.
De l'italien tasca : livre qui peut être contenu dans une « poche », c'est-à-dire dans une besace, parfois aussi dans les poches d'un habit dont les dimensions médiévales n'étaient pas celles de nos vêtements modernes.
§ Bibliographie
Ruzzier, Entre université et ordres mendiants, 2010.
Terminologia scripture Italia meridionale
· Textus (C) [5.11.2010]
Al. Texte, Teste (français)
Du latin textus-us m. : recueil ; voir
Rizzo 1984, p. 9.
Terme qui, isolé dans certains contextes, désigne par antonomase le texte biblique continu, distingué des lectionnaires liturgiques qui ne contiennent que des péricopes (passages liturgiques lus au cours de la messe), comme le montre ci-après l'exemple tiré des coutumes de Saint-Victor de Paris, où textus est nettement distingué des evangelia [exemple 4]. Le mot peut aussi désigner un manuscrit contenant une partie du texte biblique. Le plus souvent les catalogues de bibliothèques précisent le mot par un complément : textus biblie, textus evangeliorum, textus epistolarum. Le mot textus seul ne permet pas de connaître a priori le contenu exact du livre biblique ainsi désigné. Souvent néanmoins, textus désigne le livre des évangiles, considéré comme contenant la quintessence de l'Ecriture [exemple 9].
Synonymes : Biblia ; Bibliotheca*.
Voir aussi : Textus argenteus*, Textus aureus*.
§ Source 1
xie siècle : Catalogue d'une bibliothèque indéterminée[78]
« Missalis unus.
Textus unus.
Lectionarius unus. »
§ Source 2
xiie siècle : Canonicorum regularium ordinis Arroasiensis constitutiones, cap. 179 (De cantore)[79] :
« Debent etiam illi noti esse omnes libri ministerio ecclesiae necessarii, collectanei scilicet, textus, epistolarii, quatinus si quisquam eorum quibus ipsi sunt necessarii deuiatus perdiderit signum, aut non poterit reperire locum, ipse sine mora inueniat ei. »
§ Source 3
1106 circa : Cantatorium sancti Huberti[80]
« Que licet deperierint vel temporum vetustate vel vastatorum distractione ex eis tamen quedam nostris adhuc temporibus supersunt ecclesie. Superest optimus sanctorum evangeliorum textus auro gemmisque paratus. Superest psalterium auro scriptum per denos psalmos capitalibus litteris distinctum. Superest in uno volumine maximo super totum psalterium beati Augustini expositio. »
[Ce n'est pas le texte des évangiles seul qui subsiste, mais bien le manuscrit dans lequel il est copié, dont la reliure est ornée d'or et de pierreries.]
§ Source 4
xiie siècle : Liber ordinis Sancti Victoris Parisiensis, cap. 20[81]
« Ad officium sacristae pertinet omnia, quae in thesauro sunt, custodire: reliquias et omnia ornamenta altaris et sanctuarii ac tocius ecclesiae, siue in auro, siue in argento, siue in ostro et palliis et tapetibus et cortinis, sacras quoque uestes et pallas et manutergia, calices et textus et cruces et thuribula et candelabra et cetera uasa, quae uel ad ministerium, uel ad ornatum altaris et sanctuarii tocius que ecclesiae pertinent, libros quoque missales, epistolares et euangelia. »
§ Source 5
1263 : Toulouse, Saint-Sernin[82]
« Item textum biblie nove magne. »
§ Source 6
1496 ca : Avignon, Collège Saint-Bernard, dit Collège de Sénanque, Inventaire de l'église[83]
« [3] Item unum textum Evangeliorum de membranis in pergameno. »
§ Source 7
1502 : Fécamp, Inventaire[84]
[1] « Le grand texte des Evangillez couvert d'argent doré [...]
[2] Item ung aultre moyen texste [sic] d'evangille en parchemin couvert d'argent doré [...]
[4] Item ung aultre texste d'evangillez couvert d'argent [...]. »
§ Source 8
1505, 12 mai : Fécamp, Inventaire[85]
[1] « Item, ung texte d'Evangille, couvert de boys et d'argent, par dessus [...]
[2] Item ung autre beau texte d'Evangille, couvert d'argent doré [...]. »
§ Source 9
1631 : Pierre le Juge, Histoire généralle des vie et miracles de ste. Geneviefve. Avec les office, prieres et oraisons, Paris, Dugast, 1631, p. 405 :
« Le troisième lundi [de Carême], ils [les chantres de la cathédrale Notre-Dame] souloient [= avaient l'habitude] venir sollemnellement en ladite église [Sainte-Geneviève de Paris] où, tandis qu'ils disoient leur prière devant l'autel, un diacre se revestoit et s'en alloit, accompagné de deux aultres à la porte de l'église [...] et donnoit le texte à baiser à tous les chanoines l'un après l'autre... » [Dans ce cas, le geste de vénération par un baiser d'un texte biblique présenté par un diacre indique avec une quasi certitude le livre des évangiles.]
§ Bibliographie
Du Cange, « 1 textus », t. 8, t. 8, col. 91-92.
Martin Morard (modifié 6.2.2011)
Textus argenteus (C R) [5.11.2010]
♣ L'expression désigne soit une copie du texte biblique (complet ou partiel) à l'encre d'argent soit un manuscrit de ce même texte dont les plats de reliure sont argentés, recouverts de plaques d'orfèvrerie ou d'apparence argentée.
§ 1263 : Toulouse, Saint-Sernin (§ 5, Archives départementales de la Haute Garonne, 101 H 519 n° 2487, éd. M. Morard, p. 248)
« ... Crucem eburneam, aliam argenteam, aliam cristallinam, aliam auri calcatam, aliam que stat ad altare, textum evangelicum argenteum, quatuor baculos cohopertos argento. »
Voir Textus*, Textus aureus*.
Martin Morard
· Textus aureus (C R) [5.11.2010]
♣ L'expression désigne soit une copie crysographe du texte biblique (complet ou partiel), soit - le plus souvent semble-t-il - un manuscrit de ce même texte dont les plats de reliure sont dorés, recouverts de plaques d'orfèvrerie ou d'apparence dorée.
§ 1217, 2 novembre : Testament de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais puis archevêque de Reims[86] :
« Do, lego ecclesie Beati Petri Belvacensis, preter textum aureum quem jam dederam [...]. Item, do, lego ecclesie Sancti Luciani unum textum aureum. »
Nombreux autres exemples cités par
§ Bibliographie
Du Cange, « 1 textus » t. 8, col. 91b.
Voir aussi Textus*, Textus argenteus*.
Martin Morard
· Textus epistolarum [5.11.2010]
Texte des épîtres pauliniennes et catholiques du Nouveau Testament ou épistolier*. A ne pas confondre avec un recueil de correspondance ou de lettres d'auteur profane.
Voir Textus*, Epistolarium*
Martin Morard
· Theologia (T) [9.11.2010]
Du grec θεος = dieu et λογια = paroles
1. Bible, Ecriture-Sainte, au sens de discours qui vient de Dieu.
Voir Humbert de Romans, O.P. (vers 1260), De eruditione praedicatorum[87] : « Sacra Scriptura dicitur theologia a Θεος, quod est Deus, et λογος, quod est sermo, quia omnes sermones eius a Deo sunt et de Deo et ad Deum. »
§ 1640 environ : Lérins (Saint-Honorat), O.S.B, Bibliotheca Lerinensis antiqua, f. 6v
« S. Caesarius [...], Dialogus Augustini et Orosii sive casus collecti in theologia super officiis ecclesiae. »
2. Théologie, tout type d'étude ou d'écrit à caractère théologique (au sens de discours sur Dieu et sur ce qui en relève).
Al. Trésor
- Ensemble d'objets précieux appartenant à une personne morale (monastère, église, etc.), ou à des princes. On y trouve également des livres qui ne sont pas nécessairement des livres liturgiques.
- Lieu ou meuble dans lequel est conservé le trésor.
MM
Sorte de tissu.
· Titres des livres au Moyen Âge [31.3.2011] (T)
La typologie historique des titres de livres médiévaux est une discipline encore peu développée. A ce jour, l'article fondamental reste celui de Paul Lehman, « Mittelalterliche Büchertitel », [1948-1953], 1962. Depuis, l'accumulation des éditions de catalogues anciens et le traitement électronique de leur contenu, en cours dans plusieurs centres européens, devrait permettre d'aider notamment à l'identification des textes.
Il faut d'abord remarquer qu'il existe deux genre fondamentaux de titres dont la signification, l'histoire, le statut ne sont pas exactement identiques.
Au sens moderne, on entend par titre une expression de longueur variable qui, placée en tête d'une unité textuelle, sert à l'identifier, à la distinguer des autres.
Au sens ancien, et spécialement dans les listes de livres et les catalogues, le titre n'est pas toujours une expression discriminante ; il se contente très souvent de décrire le genre, le type, la fonction, le statut, la qualité (... aureus) du livre mentionné. Il donne alors lieu à des confusions et des quiproquo qu'il revient à l'historien des textes de prévenir.
On peut aborder la problématique des titres anciens en étudiant d'abord les termes simples, puis les locutions associant plusieurs termes.
Nota bene : les titres cités dans cet article qui font l'objet d'une notice ailleurs dans ce lexique sont signalés par une astérisque.
§ A. Titres génériques décrivant le livre comme objet
Biblia
Liber
Libellus
Opus
Textus
Corpus
(Postilla)
§ B. Titres exprimant une opération
Ces titres sont en lien avec l'acte ou l'opération dont est né le contenu du livre.
Scriptum : du verbe scribere exprimant une chose écrite
Scriptura : du verbe scribere exprimant une chose écrite
Tractatus : du verbe tractare : commenter systématiquement.
Commentarius / commentarium
Glossa : du verbe glossare : commenter brièvement, annoter
Lectio : du verbe legere : lire
Excerptum / excerpta : du verbe excerpo : cueillir, recueillir
Cursus : du verbe currere : parcourir
Expositio : du verbe exponere : exposer
Explicatio : du verbe explicare : déplier, dé-envelopper des notions complexes
Reportatio : du verbe reportare : prendre en note un discours oral
§ C. Titres désignant la matière ou le contenu du livre
Ces titres peuvent être ou non précédés d'un titre générique ou d'un titre exprimant une opération : Cursus de musica, Lectio in Matheum
§ C.a. Objet :
In / super + nom d'un auteur et/ou d'un livre commenté (à l'accusatif ou au ablatif : la plupart des commentaires, anonymes ou non, sont fréquemment désignés sous cette forme brève.
Exemple: In Aristotilem, Super Psalterium
§ C.b. Auteurs objets de l'action
Ex + nom d'œuvre ou d'auteur : (Excerpta) ex doctorum scriptis
§ C.c. Auteurs cause de l'action
Ab / a suivi du nom des acteurs de l'opération : (Excerptum) a magistris Parisiensibus e doctoribus antiquis
§ C.d. Thème ou discipline :
De + nom d'un auteur et/ou d'un thème ou d'une discipline du savoir ou d'un titre de livre : la plupart des commentaires, anonymes ou non, sont fréquemment désignés sous cette forme brève.
Exemples :
- De decem preceptis
= toute série de sermons sur les dix commandements (Thomas d'Aquin).
= voir aussi F. Titres pris de l'incipit du texte.
- De prophetia
- De musica
Theologia* : tout discours ayant Dieu pour objet ou dont Dieu est l'auteur présumé.
§ D. Titres associés à la forme matérielle du livre ou à sa partition
Les ouvrages ainsi désignés n'ont souvent plus grand chose à voir avec le sens propre des objets désignés, surtout lorsqu'ils sont accompagnés d'adjectifs. Dans tous les cas de figure, il faut chercher l'analogué, autrement dit l'aspect en fonction duquel il y a analogie entre l'objet exprimé par le titre et le livre désigné ; par exemple : Rotulus pugillaris désigne plus un rouleau, mais tout petit livre qui tient dans la main. Volumen, bien évidemment, n'a plus que rarement au Moyen Âge son sens premier de rouleau de parchemins assemblés.
Bibliotheca
Pandectes
Codex
Epitome
Rotulus (pugillaris / manuale)
Schedula
Pittacium, Pittaciolum, Pittaciolus : morceau de cuir ou de parchemin => liste, mémoire, état ; le titre apparaît au ixe siècle et est synonyme de schedula, breve, epistola
Tomus
Volumen
Enchiridion, voir manuale : qui tient dans la main, maniable
Manuale, voir enchiridion : qui tient dans la main, maniable
§ E. Titres métaphoriques associés à la finalité du contenu du livre, à sa méthode ou à sa fonction
Les ouvrages ainsi désignés le sont en vertu d'un point commun entre la chose désignée par le titre (Flores, Catena, etc.) et le contenu ou la forme du livre. Le plus souvent le lien est à chercher avec le contenu de l'ouvrage ou sa méthode (Catena désigne la mise bout à bout de fragments extraits d'autres ouvrages, etc.). On peut classer ces titres en fonction des analogués auxquels ils renvoient :
monde animal
Apiarius
Formicarius
Philomena
monde végétal
Cedrus
Flores
Margarita
monde horticole
Hortus
Manipulus florum
Grannarius (voir Rapiarius)*
instruments de musique
Cithara
Plectrum
Psalterium*
armes
Pharetra
Sagittarius
liquides
Liquor
Stilla (verborum) (xiie siècle ¼)
objets divers
Candela
Catena
Causonetarius (?); par ex. : « Causonetarius in vulgari ytalico de lion berno (?) » (Lübeck, Universitätsbibl., Philos. 2° 561 all., § 35) [sens douteux]
Crinale ; par ex. : « Crinale de beata Virgine tempore paschali » (Lübeck, Universitätsbibl., Theol. pract. 8° 1057 all., f. 83-85)
Manipulus
Paradisus
Promptuarius
Rapiarius*
Rapularius
Speculum
Stimulus
Voir aussi Aureus*
§ F. Titres pris de l'incipit du texte de l'œuvre
Par exemple :
De decem preceptis
= Laurent d'Orléans, O. P., 'Somme le roi :
- 1307. Catalogue de la bibliothèque des dominicains de Dijon : « Item liber quidem in gallica qui incipit De decem preceptis et loquitur de virtutibus et viciis. Prior frater Iohannes de Manso habet. » [éd. A. Dondaine, « La bibliothèque du couvent des Dominicains de Dijon au début quatorzième siècle (1307) », dans AFP, t. 7, 1937, p. 112-133, ici p. 132.117]
- 1338. Catalogue de la bibliothèque de la Sorbonne (1338) : « Romantium de decem preceptis, sine rigmo, et dicitur gallice : le livre roiaus de vices et virtus. Incipit : Ce sont le dix commandemens » [Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 3, p. 107].
Martin Morard [complété 9.10.2012]
Voir Titre*.
Sorte de grosse toile (Huguet).
Al. Triangolo (ital.)
Pupitre en forme de prisme oblong, à base rectagulaire et à arrête sommitale unique qui prend son nom de la forme triangulaire dessinée par ses deux sections latérales, généralement verticales ; au cours des célébrations liturgiques, les livres utilisés pour le chant choral sont disposés sur les plans opposés du triangle. Par extension, on peut aussi appeler triangle des pupitres pyramidaux. Certains triangles ont des dimensions monumentales dépassant la taille humaine.
Un triangle peut contenir deux espaces de rangement, destinés aux livres ou à d'autres objets : a) l'intérieur du prisme auquel on accède soit par les côtés ouverts, soit en soulevant les plans formant battants ; b) le triangle est parfois posé sur un meuble formant pied à l'intérieur duquel peuvent être conservés toutes sortes d'objets. Chez les cisterciens de Melsa (exemple B) le triangle équivaut à un véritable chapier de sacristie.
Le triangle est généralement placé au milieu du chœur, de manière à ce que les chantres puissent se placer autour de lui. Certains pivotent sur leur axe et peuvent être disposés parallèlement ou perpendiculairement aux stalles du chœur.
§ a) 1212 : Novara, inventaire de la cathédrale de Novara, col. 1192-1194.
« In triangolo duo sequenciarii de missa et alii quaterni ».
§ b) 1396 : Melsa, abbaye O.Cist. (diocèse d'York), inventaire de biens, p. lxxx
« In triangulo in ecclesia » [suit une liste d'une vingtaine d'ornements liturgiques importants : chapes, chasubles, aubes, cordons, etc. à l'exclusion de toute pièce d'orfèvrerie ; ici ecclesia ne désigne pas nécessairement le chœur ]Livre contenant les épîtres lues à la messe, orné d'une pierre rangé dans le triangle].
§ c) 1397 : Lille, Collégiale Saint-Pierre, p. 757
« Epistolare cum lapide magno existens in triangolo » [Livre contenant les épîtres lues à la messe, orné d'une pierre rangé dans le triangle].
MM
Al. Tricolunpnatus
Mis en page sur trois colonnes.
§ 1381 : Assise, Libraria secreta, n°189, p. 170 :
« Psalterium glosatum et per totum tricolunpnatum ».
Voir aussi « Bicolumpnatus »
Martin Morard
· Trippe de velours (M) [16.11.2011]
Étoffe de velours de laine sur fil, genre de panne (Gay, II, 425).
Voir aussi Rapiarium, Rapularius, grannarius, Vade mecum
Rizzo 1984, p. 213
Rizzo 1984, p. 213.
Al. Vestiaire (français)
1. Vestiaire : chez les chanoines réguliers et dans le monachisme bénédictin, lieu où son entreposés les vêtements ordinaires des religieux sous la garde d'un religieux, lui-même appelé vestiaire. A ne pas confondre avec le revestiaire* destiné aux ornements liturgiques.
§ vie siècle : Regula sancti Benedicti [Nursiae], c. 55
« De vestiario et calciario fratrum. »
§ 1480 : Cîteaux, p. 386.
« Sequuntur libri existentes in cofro seu archa iuxta gradus ascensus ad vestiarium in libraria »
Voir Edmond Martène, Commentarius in Regula sancti Benedicti, PL 66, 771-794.
2. Synonyme de revestiarium* : dans certains ordres religieux, notamment chez les chartreux, pièce voisine du chœur de l'église conventuelle où le clergé revêt les ornements liturgiques et où sont entreposés certains objets et livres liturgiques.
§ 1259 (avant) : Statuta antiqua ordinis cartusiensium, 5.5, 5.10, 13.8, 13.28, 13.40, 14.4, 43.1, 43.9.
« Sacerdos misssa celebraturus quando ad preparandum se accedit ad gradum altaris flexis genibus dicit pater noster, deinde induitur in ecclesia non assistente conventu ; cum conventus adest, induitur in vestiario ; casula tamen semper foris induitur... »
§ 1869 : Ordinarium cartusiense, c. 25, Grenoble, 1869, p. 218-219.
« Sacerdos hebdomadarius [...] vestiarium ingreditur, manus lavat, et induitur primum cuculla ecclesiastica, deinde sacerdotalibus vestibus, excepta casula... »
Synonyme : Revestiarium
Martin Morard
Sens premier : rouleau composé de pièces de papyrus ou de parchemin cousues l'une à côté de l'autre et se déroulant latéralement. A distinguer du rotulus*. Sens dérivé : volume, livre, tome.
§ Expressions
Volumen (non) coopertum
Volumen antiquum
Volumen corrosum et putridum
Volumen deletum et corrosum
Volumen grossum
Volumen illuminatum
Volumen in infirmitorio
Volumen incathenatum
Volumen incathenatum super analogio
Volumen incathenatum super tumbam
Volumen magnum
Volumen maior
Volumen mediocre
Volumen modicum
Volumen non habens intitulationem
Volumen parvum
Martin Morard
Couleur ivoire
§ 1480 : Cîteaux, Catalogue de la bibliothèque, n° 672
« Aliud volumen parvum ligatum in corio de yvore, Augustinus in libro de Trinitate... »
Voir : Corium*
Martin Morard
[1] On entend ici par "titre uniforme" les titres uniformisés - et souvent simplifies - de certaines oeuvres ; par exemple "Magna glosatura" désigne la Glose de Pierre Lombard sur les Psaumes et saint Paul
[2] On entend ici par "titre de forme" les noms génériques donnés à certains types de livres; par exemple "Diurnal" désigne des bréviaires contenant les prières des heures de l'office célébrées le jour, mais il peut contenir soit le Temporal seul, soit le Sanctoral seul, soit les deux,
[3] « Appendaria » (par C. du Cange, 1678), dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 1, col. 326a. http://ducange.enc.sorbonne.fr/APPENDARIA
[4] Paris, BnF, lat. 13070, f. 277 et lat. 17174, f. 282 [copies] ; édition François Bougard, à paraître en 2011.
[5] Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 2, p. 427.
[6] Mathier Desachy, « Les livres des chanoines de Rodez », dans Livres et bibliothèques (xiiie-XVe siècle), Cahiers de Fanjeaux 31, Toulouse, p. 157-184, ici p. 159.
[7] Voir Pierre Lévèque, Aurea catena Homeri. Une étude sur l'allégorie grecque, Paris, 1959.
[8] Uguccione da Pisa, Derivationes, art. Bibo (B64), éd. E. Cecchini, Firenze, 2004, voir en particulier t. 2, p. 124-125.
[9] Mot d'origine grecque mais qui n'est attesté qu'en latin.
[10] A partir du VIe siècle.
[11] Obituaires de la province de Sens, t. 1: Diocèses de Sens et Paris, 1re partie, Auguste Molinier, éd., Paris, 1902 (Recueil des historiens de la France. Obituaires, 1), p. 439, notice d'Evrard, prieur de Saint-Martin, décédé le 18 mai 1262 (15 des calendes de juin).
[12] Plus tard on trouvera aussi des locutions comme bibliotheca divinae legis, etc.
[13] Ed. Olivier Guyotjeannin, « Le testament de l'évêque de Beauvais Philippe de Dreux (2 novembre 1217) », dans Retour aux sources. Textes, études et documents d'histoire médiévale offerts à Michel Parisse, Paris, 2004, p. 143-154 (éd. de ces extraits p. 147 et p.149), ici p. 149. Texte communiqué par Monique Peyrafort.
[14] Gerland de Besançon, In Ps. prol., (Besançon, BM 34), éd. M. Morard, La harpe des clercs, p. 2083-2095, ici p. 2094.
[15] Gerland de Besançon, In Ps. prol., (Besançon, BM 34), éd. M. Morard, La harpe des clercs, p. 2083-2095, ici p. 2094.
[16] Cf. Diego Ciccarelli , « I sermones antoniani del cod. 15 della Biblioteca Alagoniana di Siracusa », Le Fonti e la teologia dei Sermoni antoniani, Antonino Poppi (éd.), Padova, 1982, p. 269-281. Indiqué dans Scriptorium 38/2 (1985), p. 124*.
[17] Erik Drigsdahl & CHD Center for Håndskriftstudier i Danmark, « Cisio Janus in Latin and French - Printed Hore from Paris 1488-1530 ».
[18] Theodor Gottlieb (éd.), Mittelaterliche Bibliothekskataloge œsterreichs, t. 1, p. 519, lignes 1 et 20.
[19] Kopenhagen, Det Kongelige Bibliotek; GKS 79 2, 7 recto.
[20] BnF, lat. 411, f. 1ra rubrique marg. sup.
[21] Toulouse, Archives de la paroisse Saint-Sernin, SSin no 4 no 2486, C. Douais (éd.), Inventaire des biens meubles et immeubles de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse dressé le 14 septembre 1246, Paris, 1886, p. 3-28, ici n°56.
[22] Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 2, p. 262.
[23] éd. L. Delisle, « Notice sur Orderic Vital », dans Auguste Le Prevost et al., Orderici Vitalis... Historiae ecclesiasticae libri tredecim, t. 5, Paris, 1855, p. I-CVI, ici XVII, voir aussi p. XIX.
[24] Martin Morard; « Daniel de Lérins et le Psautier glosé :nouveau regard sur la Glose de la Bible à la fin du xie siècle », Revue Bénédictine 2011 (à paraître).
[25] Cf. Histoire littéraire de la France, t. 10, nouv. éd., Martin Paulin, Paris, 1868, p. 170 ; cf. PL 162 : « Anselmus Scholasticus et canonicus Laudunensis ».
[26] Pour ignorer cette édition, l'éditeur de Jean de Toulouse (voir note précédente) considère à tort la date de 1610 comme une erreur.
[27] Giovanna Murano, I manoscritti del fondo Certosa di Calci nella Biblioteca Medicea Laurenziana di Firenze, Firezne, 1996, p. 48.
[28] Summa quae dicitur Verbum adbreviatum (textus conflatus), CCCM196, éd. M. Boutry, 2004, lin. 15.
[29] Edité in Thomae Aquinatis Opera omnia, t. 23, Parme, 1869, p. 325-511, ici p. 413a29.
[30] Giovanna Murano, I manoscritti del fondo Certosa di Calci nella Biblioteca Medicea Laurenziana di Firenze, Firezne, 1996, p. 47.
[31] [Fauris de Saint-Vincens (Alexandre-Jules-Antoineà ], Lettres inédites de M. de Peiresc, communiquées à M. Millin, par L.P.D.S.V., Aix, 1816, p. 18.
[32] Angelo Maria Bandini, Catalogus codicum Latinorum Bibliothecae Mediceae Laurentianae sub auspiciis Pet Florentiae, 1774, die 1. mensis Ianuarii 1774.
[33] Giovanna Murano, I manoscritti del fondo Certosa di Calci nella Biblioteca Medicea Laurenziana di Firenze, Firezne, 1996, p. 45.
[34] Par exemple : Compte de l'abbaye de Saint-Amand en 1552, cités dans « Documents pour divers points d'histoire et d'archéologie locale », Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine inférieure, 13 (1906), p. 394 : « Payé pour unes matines pour Baugueroult, x deniers. »
[35] Voir Charles du Cange (1678), « Matutini-Matutinalis liber », dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 312b. P. Carpentier (1766), « Matutinale » , dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 311c. Petit Littré, éd. A. Beaujean, Paris, 1959, p. 1317 : « Livre d'église contenant les prières du matin ».
[36] Archives de Seine inférieure, Cahier de la judiriction du chapitre : Jean Boivin, écrivain [copiste] et vendeur de livres au Portail des Boursiers, le 2 octobre 1406, fait saisir les matines du clerc Gilles Le Loup, d'après Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine inférieure, 13 (1906), p. 398.
[37] Cf. Mittelalterliche Bibliothekskataloge Deutschlands und der Schweiz, IV/3 : Register, München, 2009 (, p. 196.
[38] Cf. P. Carpentier (1766), « Matutinale » , dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 311c. « ... Matines quo præsertim significatur officium B. M. V. vel libellus sacrarum precum. »
[39] Repris à la lettre par Sainte-Palaye, M. de La Curne de (Jean-Baptiste de La Curne), Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou Glossaire de la langue franxoise depuis son origine jusqu'au siecle de Louis XIV, éd. L. Favre, t. 7, Niort, 1875, p. 256 qui renvoie à [Archives nationales] J.J. 142.
[40] Trévoux, Dictionnaire universel.
[41] Paul Lorain, Tableau de l'instruction primaire en France d'après des documents authentiques et notamment d'après les rapports adressés au ministre de l'instruction publique par les 490 inspecteurs chargés de visiter toutes les écoles de France, à la fin de 1833, Paris, 1837, p. 349 : « Loir-et-Cher ; arr. de Vendôme. - Le Psautier, la vie de Jésus, la Doctrine chrétienne, la Civilité et les contrats sont généralement les livres mis entre les mains des enfants. Ces ouvrages ne paraissent pas, aux yeux des instituteurs instruits, pouvoir servir beaucoup au développement de l'intelligence des enfants. » P. 362 : « Manche ; arr. de Saint-Malo, canton de la La Haye du Puits. - Les écoles primaires rurales sont encore réduites à la lecture presque exclusive des livres latins, les grandes et petites matines, le psautier, etc. Le très petit nombre de livres français est, ou incomplet, ou mal choisi. » Le Dictionnaire de l'Académie française, dans son édition de 1838, t. 2, p. 178, ignore complètement cette acception codicologique du mot « matines ».
[42] Paul Lorain, Tableau de l'instruction primaire en France d'après des documents authentiques et notamment d'après les rapports adressés au ministre de l'instruction publique par les 490 inspecteurs chargés de visiter toutes les écoles de France, à la fin de 1833, Paris, 1837, p. 349 : « Manche ; arr. de Saint-Lô. - Après l'abécédaire, on fait lire les enfants dans deux petits abrégés de psautier, connus sous les noms de « Petites et grandes matines ». Ces livres doivent être supprimés, puisqu'on les fait lire ensuite dans le psautier lui-même. » - Sur l'usage médiéval du psautier en milieu populaire et pour l'apprentissage de la lecture, voir Martin Morard, La harpe des clercs : réceptions médiévales du Psautier entre pratiques populaires et commentaires scolaires, thèse de doctorat en Histoire, Paris-IV - Sorbonne, 2008, 3 vol., 2870 p., ici p. 933-965.
[43] P. Carpentier (1766), « Matutinale » , dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 311c. : « Charta ann. 1214. apud Muratori, tom. 5. Antiq. Ital. mediae ævi, col. 519 : « Et dicit, quod dictæ ecclesiæ dedit... antiphonarium unum de die et alium de nocte, et unum psalterium, et unum Matutinale. »
Rouen, 7 juin 1529, dans un contrat de tabellionnage il est rappellé que le 22 octobre 1526, Guillaume Challenge, chanoine de Rouen, promet de donner aux Filles-Dieu de Rouen pour la dot de Madeleine du Mesnil « ung psaultier et unes matines » ; même deux livres donnés le 13 juin 1534 pour la dot de Jeanne Frontin par ses parents (« Documents pour divers points d'histoire et d'archéologie locale », Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine inférieure, 13 (1906), p. 334).
[44] Archives nationales, P 133414 (pieces provenant de la Chambre des comptes d'Angers), f. 61, d'après Gabriel Bianciotto, Le roman de Troyle, Rouen, 1994, p. 198 : « A Hervé Giellin, secretaire dudit seigneur, ledit jour [5 mai 1447], la somme de trois florins six gros pour acheter du parchemin a faire unes petites matines pour donner à la seneschalle d'Anjou. »
[45] Testament de Guillaume Louvet (1444), laïc et riche commerçant de la paroisse Saint-Sauveur de Montivilliers (Seine-Maritime) qui lègue des grandes matines et des matines à fermoir d'argent, d'après Charles de Robillard de Beaurepaire, Notes et documents concernant l'état des campagnes de la haute Normandie dans les derniers temps du Moyen Age, Évreux, Rouen, 1865, mention p. 405.
[46] Transaction au sujet d'un mobilier (18 février 1488) : « ... 2 landiers, unes grandes matines à femme, 3 tasses d'argent et toutes ses robes... », cité dans « Documents pour divers points d'histoire et d'archéologie locale », Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine inférieure, 13 (1906), p. 165.
[47] Clairvaux 1 et 2.
[48] Peyrafort-Huin.
[49] Nebbiai, Saint-Victor.
[50] Bibliothèques ecclésiastiques, 1.1 et 1.2.
[51] Cf. Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, Paris, 1881.
[52] François du Harley, abbé commandataire de Saint-Victor de Paris.
[54] Cité par Pierre Bayle, « Tillet (Jean de) », dans Dictionnaire historique et critique, t. 4, 5e éd. 1740, p. 364, note B.
[55] Sur le malentendu soulevé par ce terme, voir M. Morard, « Sacramentarium immixtum et uniformisation romaine : De l'Hadrianum au Supplément d'Aniane », Archiv für Liturgiewissenschaft, 46, no 1-2 (2004), p. 1-30.
[56] Voir C. du Cange, « Missale (2) : Missale mixtum », dans id. et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. L. Favre, 10 vol., Niort, 1883-1887, ici t. 5, col. 419a : « Ubi, ni fallor, præter ea quæ ad missam spectant, alia occurrunt. Testamentum Mascaronæ Comitis Ruthenens. anno 1291 apud Baluz. tom. 2. Hist. Arvern. [Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, 1708] pag. 550 : Donamus Fratribus Minoribus unum missale mixtum ad opus dictæ capellaniæ. » Voir aussi id., « Mixtum (3) », ibid., col. 431b : « Liber, ni fallor, ecclesiasticus. Hist. Abbatiæ Condomensis pag. 507 : 'Scripsit manu propria libros ecclesiasticos, videlicet duo missalia, duos graduales sive jornaria, duo prosaria, et unum mixtum. »
[57] Voir Robert Amiet, « Les livres liturgiques et le calendrier du diocèse d'Elne », dans Liturgie et musique (ixe-xive s.), Toulouse, 1982 (Cahiers de Fanjeaux, 17), p. 139-154, ici 143.
[58] Cette interprétation rejoint celle d'Alexandre Lesleus, Missale mixtum secundum Regulare Beati Isidori, dictum Mozarabes, Rome, 1755, et de Faustinus Arevalus, Isidoriana sive in editionem operum sancti Isidori Hispalensis prolegomena, 1796, c. 88 ; voir PL 81, 678.
[59] Missale mixtum secundum regulam beati Isidori dictum mozarabes, Tolède, 1500, rééd. PL 85, 109-1036C.
[60] L'usage a perduré à Saint-Sernin au xive s. ; voir Aimé-Georges Martimort, « Répertoire des livres liturgiques du Languedoc antérieurs au concile de Trente », dans Liturgie et musique, cité n. 141, p. 51-80, ici 76. Voir encore le missel Toledo, Cathedral, Reservado 2 et Reservado 3, daté de 1478 en colophon, f. 1r : « Incipit missale mixtum secundum consuetudinem ecclesie toletane. » Sur les liturgies hispano-languedociennes, voir Liturgie et musique, cité n. 141, passim.
[61] Ullman-Stadter 1972, p. 205.
[62] Martin Morard, « La dédicace et le Principium biblique de Dominique Grima », édition à paraître.
[63] Glosa ordinaria marg. in Deut. 34, 10, éd. Rusch, Strasbourg, 1480/1481, facsim. Brepols, t. 1, Turnhout, 1999, p. 428b : « ET NON SURREXIT etc. Hoc (ut ferunt[63]) Hesdras de suo adiecit, qui bibliotecam a Caldeis exustam divino sensu reparavit, et litteras quibus Iudei nunc utuntur invenit ; unde et velox scriba appellatus est ».
[64] Cf. Papias Vocabulista, [Elementarium doctrinae erudimentum], Venetiis 1496, réimpr. Torino, 1966, p. 41a : « Biblus / biblos : iuncus, codex, liber vel duplex funis de nave. Bibliotheca : librorum reconditio nam bibli libri dicuntur quia ex biblis quasi iuncis fiebant. Idem bibliotecarius repositor librorum. Bubula : papyrus dicta quod humorem bibat. »
[65] Histoire littéraire de la France, t. 10, nouv. éd., Martin Paulin, Paris, 1868, p. 182.
[66] Ehrle , p. 323 ; cf. Bibliothèque pontificale, p. 474.
[67] Promptuarium ne figure pas dans les index de D. Williman, Bibliothèques ecclésiastiques 1 et M.-H. Julien de Pommerol, Bibliothèques ecclésiastiques 2.
[68] Cf. Anne-Elyse Lebourgeois, Le Promptuarium exemplorum.
[69] Mittelalterliche Bibliothekskataloge Deutschlands und der Schweiz, 1-4/2, München, 1918-1979 ; Ergänzungsband : Handschriftenerbe des deutschen Mittelalters 1/1-3, München, 1989-1990.
[70] Ehrle , p. 323 ; cf. Bibliothèque pontificale, p. 474.
[71] Archivio secreto vaticano, Collectorie 469B, d'après la datation proposée par J. Monfrin, « À propos de la bibliothèque d'Eugène IV », dans Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes¸ 99 (1987), p. 101-121, correspond au n° 42 de la bibliothèque d'Eugène IV ; cf. Eugène Mûntz et Paul Fabre, La Bibliothèque du Vatican au XVe siècle d'après des documents inédits. Contributions pour servir à l'histoire de l'humanisme, Paris, 1887 (Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 48).
[72] MBKDS, 4/1, p. 585.140.
[73] MBKDS, 4/2, p. 633.109.
[74] MBKDS, 3/1, p. 32.
[75] MBKDS, 1, p. 122.22-1238.
[76] Paris, BnF, lat. 13070, f. 277 et lat. 17174, f. 282 [copies] ; édition François Bougard, à paraître en 2011.
[77] Toulouse, Bibl. mun. 883.
[78] Delisle, Cabinet des manuscrits, t. 2, p. 447, n°60.
[79] Canonicorum regularium ord. Arroasiensis constitutions, éd. L. Milis, 1970 (CCM 20), ligne 59.
[80] K. Hanquet (éd.), La chronique de Saint-Hubert dite Cantatorium, Recueil de textes pour servir à l'étude de l'histoire de Belgique, t. 2, Bruxelles, 1906, p. 8, ligne 14.
[81] Liber ordinis Sancti Victoris Parisiensis, L. Jocqué, L. Milis (éd.), Turnhout, 1984 (CM 61), ligne 2.
[82] Archives départementales de la Haute Garonne, 101 H 519 n° 2487, éd. M. Morard, sous presse.
[83] Texte communiqué par Monique Peyrafort.
[84] Rouen, AD de la Seine-Maritime, 7 H 54 (éd. : Beaurepaire (Charles de), « Anciens inventaires du trésor ... » (voir notice Fécamp_A), p. 153-170 et 399-411 (édition incomplète p. 407-409 et qui ne suit pas l'ordre actuel des feuillets microfilmés) ; transcription IRHT). Texte communiqué par Monique Peyrafort.
[85] Rouen, AD de la Seine-Maritime, 7 H 54 ; voir note précédente.
[86] Ed. Olivier Guyotjeannin, « Le testament de l'évêque de Beauvais Philippe de Dreux (2 novembre 1217) », dans Retour aux sources. Textes, études et documents d'histoire médiévale offerts à Michel Parisse, Paris, 2004, p. 143-154 (éd. de ces extraits p. 147 et p.149). Texte communiqué par Monique Peyrafort.
[87] Dans id., Opera de vita regulari, éd. J.-J. Berthier, t. 2, Rome, 1888, p. 375.




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