Le livre de prières de Hans Lunenborch (1492) retrouvé
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La revue en ligne du Johns Hopkins University (Baltimore, USA) a publié un bref article sur une belle retrouvaille. Depuis plusieurs décennies un manuscrit du fonds de la George Peabody Library de cette université était perdu. Il s’agissait du seul manuscrit médiéval de la bibliothèque qui n’était, du coup, même pas coté, mais bien recensé dans la Census of Medieval and Renaissance Manuscripts in the United States and Canada de Seymour De Ricci (Vol. I, p. 756). Au cours des décennies, plusieurs chercheurs ayant voulu étudier ce livre de prières reçurent comme réponse « "Oh, ne vous tracassez pas, ce manuscrit a été perdu"…
Il y a cinq ans, un paquet arriva par la poste contenant le manuscrit ; aucun expéditeur ne fut indiqué… Etonné, le conservateur se rendit compte qu’il s’agissait de l’objet perdu, le fit photographier et le remit simplement en place. Deux années passèrent et un jour une étudiante cherchant un sujet à étudier le reçut entre les mains. Elle eut la bonne idée de contacter James Marrow pour apprendre plus à propos de l’enluminure. Celui-ci tomba à la renverse se rendant compte qu’il s’agissait du manuscrit qu’il avait déjà demandé à étudier 40 ans auparavant, mais qu’il n’avait jamais vu.
Un petit article relate cette histoire. James Marrow prépare une étude plus approfondie de ce manuscrit qui est à la fois intéressant pour son texte, sa décoration, ses miniatures et sa provenance.
Il s’agit d’un livre de prières en bas-allemand contenant 41 miniatures attribuées aux Maîtres aux yeux noirs (actifs en Hollande dans les années 1490-1510). Le colophon sur le f. 244r nous apprend que le manuscrit fut produit en 1492 pour un Hans Lunenborch : Pater noster. Ave maria vor den scriver, om godes willen. Dit boek is gheendighet int jaer unses heren M. cccc. und xcii. Und hort tho Hans Lunenborch wonende in de Bakkergroef.
Hans Lunenborch, mort en 1494, habitait à Lübeck, au no. 10 de la Beckergrube, toujours une des principales rues du vieux centre. Dans la marge du feuillet 1v nous voyons cet homme en prière à coté de ses armoiries (d’azur à trois tours d’argent ; casque d’argent ; cimier: tête d’homme barbu ; lambrequins : d’argent et d’azur). De l’autre coté du feuillet, toujours dans la marge inférieure, sont peintes les armoiries de sa femme, Catharina von Lewen (ou Leven), morte en 1519 (de gueules à deux épées d’argent garnies d’or posées en sautoir ; casque d’argent ; cimier : deux épées d’argent garnies d’or posées en sautoir dans une couronne d’or ; lambrequins de gueules et d’or).
Plus récemment, le manuscrit fut ajouté à la vente d’une partie des collections d’Alexander Douglas-Hamilton (1767-1852) par le Musée royal de Prusse en 1882, sans avoir fait partie de ces collections. On peut donc supposer qu’il venait de chez Karl J. Trübner, le libraire strasbourgeois qui organisa la dite vente. Le manuscrit fut encore vendu à Londres, chez Sotheby’s, le 23 mai 1889, comme lot no. 74, pour 22 livres au libraire Robson. On le retrouve chez Michael Jenkins, collectionneur de Baltimore, qui l’offre en 1909 au George Peabody Library.
Remerciements à James Marrow pour son aide généreuse.




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