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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing
Mis à jour : il y a 8h 32 min

I N C I P I T

04/02/12


Ce blog est exclusivement (ou presque !) dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.

This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing. All information on this subject is welcomed : please feel free to add commentaries and give your opinion.
Jean-Luc Deuffic - Partie anglaise : Kate Maxwell

Contact : pecia29@orange.fr /// Site web

[ Illustration : Bibliothèque municipale de Bourges, manuscrit 3, f. 133v, détail. XIIe s. Esdras scribe. © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS ]

 

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
PECIA : Le livre et l'écrit Edition : Brepols Publishers (Turnhout) Le nouveau site de la collection périodique PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [lien]
The New website of the journal PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [link]

DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l'écrit 7 (2009) :
Notes de bibliologie. Livres d’heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe s.)


 

Pecia. Le livre et l'écrit. 13 (2010) :
Du scriptorium à l'atelier. Copistes et enlumineurs dans la conception du livre manuscrit au Moyen Age



 









 
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Manuscrits médiévaux et marques de provenance

29/01/12


Quelques nouvelles références sur notre site :

Manuscrits médiévaux et marques de provenance


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Consignes à l'enlumineur (XVe s.)

25/01/12

Le manuscrit Paris, BnF Fr. 12466, un exemplaire du Pèlerinage de la vie humaine, de l'âme et de Jésus Christ, de Guillaume de Digulleville (XVe s.) porte aux f. 220v-222 quelques consignes à l'enlumineur chargé de sa décoration, (malheureusement) réduites par le relieur.
Par exemple, au f. 221 :

... Regarde contre le ciel et au bas de la montaigne a villes chasteaux ...



©Paris, BnF, Fr. 12466. Manuscrit numérisé sur Gallica -

Guillaume de Digulleville sur ARLIMA -
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Simon d'Orléans, enlumineur (XIIIe s.)

25/01/12

Assez rares sont les enlumineurs à signer leurs oeuvres. Simon d'Orléans (Simon Dorliens) se présente ainsi comme l'exécuteur d'un exemplaire du traité de fauconnerie de Frédéric II, dans une traduction française, faite à la demande de Jean, sieur de Dampierre, d'Isabelle de Brienne, sa femme, de Guillaume, son fils et de demoiselle Jeanne de Vignory (= Jeanne de Chalon, dame de Vignory), épouse de ce dernier. (Paris, BnF, Fr. 12400, fin XIIIe s.)


« simon ¤ dorliens // anlumineur ¤ // dor ¤  anlumina // se livre ¤ si » (f. 186)


f. 1v : iehan cheualier descendu de // tres noble lignie nei de sainte // racine signor de dampierre et // de st disier et a la reuerence de // ma douce dame ysabel dame // de ces meismes leus descendue // de tres haute sainte lignie de // roys et a lonor de tres noble da//moisel Guillaume lor fil et a // la grace de tres noble damoisel//le iehanne de woingnonri ma//dame ione...


© Paris, BnF, Fr. 12400, f. 1. Un fauconnier renseigne un moine, assis devant un copiste,


© Paris, BnF, Fr. 12400, f. 167.

L'enlumineur Simon, de par son nom, doit être originaire d'Orléans. Son style, par contre, est encore discuté :  le Rémois ou la Champagne, Metz ?. Jean Wirth, Isabelle Engammare, Andreas Bräm, Les marges à drôleries des manuscrits gothiques, 1250-1350, Droz, 2008, p. 47, note 12.

Manuscrit numérisé sur Gallica

BIBLIO :
Manuscrits à peintures, Paris, 1955, p. 45, n° 97.
"Du Traité de fauconnerie composé par l'empereur Frédéric II, de ses manuscrits, de ses éditions et traductions", dans Bulletin du Bibliophile, 16e série, 1864, p. 885 sq. [ en ligne ]
The Art of Falconry, by Frederick II of Hohenstaufen, translated and edited by Casey A. Wood, F. Marjorie Fyfe [ en ligne ]

Classes BnF -
ARLIMA - pour la bibliographie et sources

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Enlumineurs angevins : Thomas de Bacigne et Fouquet

24/01/12

Le manuscrit 772 de la Bibliothèque municipale d'Angers, Intitulatio anniversariorum et gaingnagiorum ecclesie collegiate Sancti Petri Andegauensis, est un Livre des anniversaires de l'église collégiale de Saint-Pierre d'Angers, composé en 1497. Mais comme beaucoup d'ouvrages de ce type il reprend des notices bien plus anciennes ...
Nous y avons reconnu les noms de deux enlumineurs, dont un semble-t-il inédit :
Au f. 30 : pour leur anniversaire, le jour de la fête de saint Augustin (28 août), Thomas de Bacigne, enlumineur, et sa femme offrent à la collégiale un missel "remarquable". Difficile de dater l'époque où exerçait Thomas...
A. Thome de Bacigne illuminatoris et eus uxoris qui nobis legavit unum missale notabile ad usum burse anniuersariorum. Super nouis.


(c) Angers BM, 772, f. 27.

"BACIGNE" pourrait faire penser à Bassigné, un lieu-dit situé à Coglès en Bretagne (Ille-et-Vilaine), dont les seigneurs étaient les de Champeaux. Simple hypothèse ....
Quant à l'autre enlumineur, il figure, f. 37 : "A. (= Anniv.) Fulqueti illuminatoris". Le nom sera porté plus tard par un des plus grands enlumineurs, Jean Fouquet.
Célestin Port l'avait déjà remarqué dans son étude sur Les artistes angevins, peintres, sculpteurs, maitres-d'œuvre, architectes, graveurs, musiciens, Paris / Angers, 1881, p. 114 :
Fouquetus, illuminator, enlumineur, demeurait, en 1250, au carrefour de la rue des Ecuyers, aujourd'hui Grand Talon (= rue Plantagenêt), in quadrivio vici Armigerorum. BM d'Angers, Privilèges de l'évêché, ms 637, f. 12.
En cette rue des Ecuyers, au XIIIe s., l'évêque de Nantes Galeran possédait son manoir, entouré de vignes, acquis en juin 1250, et qui pendant près de trois siècles resta du domaine de l'évêché nantais.
L'antique église de Saint-Pierre d'Angers, attestée à l'époque de l'évêque Maurille (423-453), devenue collégiale au XIe s., fut détruite en 1791. Gohard, évêque de Nantes, mais angevin, s'y était fait inhumé.
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In memoriam : Louis Lemoine (1943 - † 21 janvier 2012)

23/01/12


Nos pensées vont aujourd'hui vers l'ami Louis Lemoine, décédé à Pleumeur-Bodou, ce 21 janvier 2012. Agé de 68 ans, Louis fut de l'aventure de Landévennec, qui vit, avec le Colloque du cinquième centenaire de l'abbaye Saint-Guénolé, la naissance du Cirdomoc. Sa thèse de doctorat ès-lettres présentée en 1985, sous la direction de Léon Fleuriot,  fut consacrée aux Recherches sur l'enseignement et la culture dans la Bretagne du haut Moyen Âge. Enseignant à l'IUT de Lannion, il s'était spécialisé dans l'étude des scriptoria bretons.

BIBLIOGRAPHIE
(non exhaustive)

"Note sur les Hisperica Famina et la Bretagne", dans Mélanges Hubert Guillotel, Rennes, PUR & Britannia Monastica, 13/14, 2010, p. 215-224. [ lien Cirdomoc ]
"Paléographie et philologie médiévales : Existe-t-il des "symptômes armoricains" ?" , dans A travers les îles celtiques. A-dreuz an inizi keltiek Per insulas scotticas. Mélanges à la mémoire de Gwénaël Le Duc, Rennes, PUR, CIRDoMoc ; Klask, 2008, p. 185-199.
"Réécriture de l'Écriture", dans Britannia monastica, 9, 2005, p. 13-22. [ lien Cirdomoc ]
"Autour du scriptorium de Landévennec", dans Corona monastica : moines bretons de Landévennec: histoire et mémoire celtiques : mélanges offerts au père Marc Simon (ed. B. Merdrignac et L. Lemoine), Rennes, PUR, 2004, p. 155-164. [ lien Cirdomoc ]
"La Borderie et l'évangéliaire de Tongres", dans Bulletin et mémoires de la Société Archéologique et Historique d'Ille-et-Vilaine, tom. 106, 2002, p. 49-64
"Contribution à la reconstitution des scriptoria bretons du haut Moyen Âge", dans Archivum latinitatis medii aevi, vol. 59, 2001, p. 261-268.
"Maniérisme et Hispérisme en Bretagne. Notes sur quelques colophons (VIIIe-Xe siècles)", dans Annales de Bretagne, vol. 102, 4, 1995, p. 7-16.
"Signes de construction syntaxique dans les manuscrits bretons du haut Moyen Âge", dans Archivum latinitatis medii aevi, vol. 52, 1994, p. 77-108.
"Notes paléographiques", dans Mélanges Léon Fleuriot, 1992, p. 141-147.
"Symptômes insulaires dans un manuscrit breton de l'Ars de verbo d'Eutychès", dans Etudes celtiques, vol. 26, 1989, p. 145-157.
"Scrutari "lire" et pingere "écrire". Note sur le colophon du Vatican Regina 296", dans Etudes celtiques, vol. 25, 1988, p. 233-236.
"Les méthodes d'enseignement dans la Bretagne du haut Moyen Âge d'après les manuscrits bretons : l'exemple du Paris, B.N., Lat. 10290", dans Landévennec et le monachisme breton dans le haut Moyen Âge, 1986, p. 45-63.

LIENS
Site du CIRDOMOC

Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec -

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Les Heures de René d'Anglure et de Catherine de Bouzey : University of Kentucky Libraries, Kentuckiensis IX

22/01/12

Le professeur Scott Gwara (Université de Sud-Caroline), dont on connait assez la passion pour les manuscrits, m'ayant contacté en vue d'identifier les armes d'un Livre d'heures (composite) de la Bibliothèque universitaire de Kentucky (USA, Special Collections, Kentuckiensis IX), la résolution de l'énigme ne s'est pas faite attendre (note1, voir in fine). Avec le précieux concours de François du Fou, les possesseurs représentés au bas d'une miniature de la Pieta, au f. 128, ont été assez vite reconnus : il s'agit de René d'Anglure et de Catherine de Bouzey,
Mariés le 6 mai 1485 par contrat, René d'Anglure, chevalier, vicomte de Blagny, conseiller et chabellan du roi, et Catherine de Bouzey, fille de nobles personnes Jean de Bouzey, seigneur de Saint-Germain, et de Marguerite de Brions, dame de Givry, portaient respectivement : écartelé aux 1 et 4, d'or semé de croissants de gueules soutenant chacun un grelot d'argent (Anglure), aux 2 et 3, à 3 pals de vair au chef chargé d'une merlette (Châtillon), et : d'or au lion de sable (de Bouzey).
René d'Anglure était le fils de Simon, dit Saladin d'Anglure, vicomte d'Etoge, chambellan de René d'Anjou, chevalier de l'Ordre du Croissant (+ aout 1499) et de (marié en 1458) Jeanne de Neufchâtel, vicomtesse de Blaigny, dame d'Ancy-le-Franc, morte en juillet 1504, fille de Humbert de Neufchâtel, seigneur de Nanteuil-la-Fosse et de Claude de Tannerre, dame de Plancy. 


© University of Kentucky Libraries, Special Collections. Manuscrit Kentuckiensis IX, f. 128. Pieta. Avec la permission de Matt Harris et de ses collègues.

Catherine de Bouzey présentée par sainte Catherine (avec sa roue) ; René d'Anglure par saint René, évêque de Naples (cette partie est très effacée, mais on devine la crosse et la mitre. Voir la totalité du folio).
La prière "Vray Dieu de pitié et // vous benoiste pucelle ..." me semble inédite. Pour une description plus complète et quelques illustrations voir le site de la Bibliothèque universitaire de Kentucky [ en ligne ]. Curieux manuscrit composé de deux Livres d'heures bien distincts et de date éloignée (XIV et XVe siècles).

La tombe commune des possesseurs du Kentuckiensis IX, René d'Anglure et son épouse, Catherine de Bouzey, peut se voir à Etoges (Champage-Ardenne, France), dans l'église Saint-Sulpice- Saint-Antoine. Sur la dalle de marbre noir se lit cette épitaphe (lecture de Moreri) :

Cy gist messire René d’Anglure en son vivant chevalier vicomte seigneur d’Estoges & de Ferchampenoise ayant la charge & conduite de cent hommes d’armes au service des rois de France en leurs guerres tant en France qu'en Italie aux batailles de Pandin*, Ravenes**, Ecte*** & autres batailles & rencontres qui trépassa le sixième jour d’octobre 1529 & dame Catherine de Bouzey sa femme & épouse dame de Givry en Argongne issue & sortie de hauts & puissans princes messieurs les comtes de Rodemack laquelle trépassa le dixième jour de mai l’an 1527 [* Pavie : 1525 ; ** Ravenne : 1512 ; *** Sainte-Brigitte ] :


[ Source ]

ETOGES, église Saint-Sulpice-Saint-Antoine : tombeau composé de 2 gisants en albâtre et d'une dalle avec épitaphe (restauré) - Le lion, symbole de la force et du pouvoir, est généralement associé à l'homme, alors que pour la femme, l'animal est le lévrier, symbole de fidélité : voir par exemple le tombeau de François II de Bretagne, à Nantes, ou celui de René de Beauvau et Claude de Baudoche au Musée Lorrain  © Inventaire - Merci à François du Fou pour cette remarque.


Armes d'Anglure / Châtillon sur le monument funéraire de François d'Anglure - © Inventaire -

BIBLIO : Robert Neuville, Les Gisants de l'église d'Etoges, 1969 (non consulté). - Généalogie d'Anglure, branche des comtes d'Etoge, par Moreri en ligne -  La galerie d'Etoges en ligne -

MANUSCRITS EN RELATION

Stockholm, Koninklijke Bibliotheek. Ms. A 228, Heures à l'usage de Cambrai de Marie de Verres et de François d'Anglure, fils de René d'Anglure. 38 grandes miniatures. Notes sur la famille de François d'Anglure. 2 campagnes, dont  ca 1480, atelier de Simon Marmion. Quand la peinture était dans les livres : Melanges en l'honneur de Francois Avril, Brepols, 2007, p. 149-150. Illuminated manuscripts and other remarkable documents from the collections of the Royal Library, Stockholm, Catalogue exposition, juin-sept. 1963, Stockholm, 1963, p. 14. [ Hanno Wijsman : Luxury Bound ]

Paris, BnF, Fr. 20318. Début XVe s. Valère Maxime, trad. de Simon de Hesdin, Faits et dits memorables. Armes d'Anglure / Châtillon dans l'initiale du f. 1.


© Paris, BnF, Fr. 20318, f. 1. Début XVe s. Page frontispice de Valère Maxime, trad. de Simon de Hesdin, Faits et dits memorables
Voir notice du manuscrit sur le site de l'ENC, Miroir des classiques (Frédéric Duval et Françoise Vielliard)


© Paris, BnF, Fr. 25204. Statuts de l'ordre du Croissant, fondé par René d'Anjou (1448), f. 46. "Messire Saladin d'Anglure Vicomte d'Estauges // & Seigneur de Nogent", père de René d'Anglure Base BnF Images.

GLANES GENEALOGIQUES DES BOUZEY...

... Il aurait aussi apparu aux dits commissaires, par une sentence des assises de notre dite province de Vôge du 19 décembre 1435 par le testament du dit sieur Thiriet de Bouzey du 21 avril 1436, et par le partage des biens du 25 novembre. Avant comme aussi par deux autres titres des années 1473 et 1499 que le sieur Guillaume de Bouzey qui avait épousé Jeanne de Malain, et le sieur Liébaut de Bouzey marié à catherine de Thuillières, étaient frères des dits Vautrin et Jean Bougno de Bouzey. Que Barbe de Bouzey aurait épousé le sieur Jacques de Savigny, seigneur de Monthureux, et que Catherine de Bouzey aurait été mariée au sieur René d’Anglure, vicomte d’Estôges et de Bassigny. Le sieur Nicolas de Bouzey, seigneur du dit Boouzey, du Ballion de Saint Elophe et de Brancourt voulant imiter ses ancêtres aurait épousé Didière de Barezey, dont il aurait eu le sieur Mengin de Bouzey, auquel il aurait inspiré ses sentiments, ce qui aurait été reconnu par l’alliance qu’il aurait contracté le 30 juin 1496 avec damoiselle Adeline de Salvan, fille du sieur Jeannon de Salvan, seigneur de Valleroy aux Saules, et de dame Adeline d’Autrey son épouse, le sieur Jean de Bouzey, seigneur de Dombrot et de Saint Germain, fils du dit Jean Bougno de Bouzey et petit-fils de thiriet de Bouzey, les sieurs Georges de Savigny, Jean du Moustier et François de la Vaux, auraient assisté à la passation de leur contrat de mariage, par lequel il aurait été stipulé, qu’en considération d’une donation de dix huit mille francs de préciput qui aurait été faite à la dite Adeline de Salvan par ses pères et mères, les enfants qui naîtraient de leur mariage seraient tenus et obligés de porter les noms et armes de la Maison de Salvan, et ne pourraient reprendre celui et celles de Bouzey qu’en cas que la ligne collatérale de la Maison du dit Bouzey viendrait à s’éteindre, ce qui aurait été observé par le sieur Jean de Bouzey, leur fils, seigneur du dit Bouzey qui aurait commencé à porter le nom de Salvan, pour lors éteint, il aurait épousé damoiselle Antoinette de Montfleur, fille du sieur Georges de montfleur, seigneur de Fontenoy les Montbozon, et de dame Marguerite de Pauyette, et dans la passation de leur contrat de mariage du 28 juin 1547... [ source ]


LIENS

<> La page de Scott Gwara
<> Le département Special Collections de l'Université de Kentucky

<> Abrégé de la vie de saint René, évêque d'Angers ; par l'abbé René[ numérisé sur Gallica ]

© Paris, BnF, Latin 1156A, f. 61. Ca 1435. Heures de René d'Anjou : saint René et portrait de Louis II d'Anjou. Maître de Rohan.

POSTSCRIPTUM
(1) François AVRIL me fait savoir qu'il avait déjà lui-même identifié René d'Anglure et Catherine de Bouzey dans le Kentuckiensis IX , information publiée par [Maxence Hermant, "La commande artistique en Champagne du Nord au XVIe siècle : les vicomtes d'Étoges et leurs tombeaux", dans Etudes marnaises, 2006, p. 95-120. Je l'en remercie. Dans ce même article Maxence Hermant (BnF) identifie les armes du ms BnF, Lat. 20318, cité plus haut.
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Les Heures de Loys de Halewyn (Louis d'Halluin, + 1519), chambellan de Louis XI : San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171

17/01/12

M. de Pienne [=Louis d'Halluin], lequel fut aussy un très sage et bon capitaine, de fort grande et ancienne maison, que le roy aimoit fort et qui le servist en tout voyage. Il fut gouverneur de Picardie, qu’il gouverna très sagement et sans reproche... (Brantôme)

Le manuscrit de la bibliothèque californienne de San Marino, Huntington Library, HM 1171, un Livre d'heures exécuté vers 1500, offre au f. 37v, dans la scène de l'Annonciation, la représentation d'un chevalier en prière, les mains jointes, revêtu de son armure et d'une tunique à ses armes, ceint du collier de l'Ordre de Saint-Michel, un casque à ses pieds. Il s'agit présentement des armes de la famille d'Halluin, seigneurs de Piennes (d’argent à trois lions de sable armés, lampassés de gueules et couronnés d’or, chargé en abîme d’un écusson d’azur à la fasce d’or, accompagnée de six billettes du même, 3 en chef et 3 en pointe), et le personnage en question pourrait être Louis d'Hallouin, chevalier de l'ordre, de la promotion de 1495
François AVRIL me précise que la décoration de ces Heures est l'oeuvre d'un enlumineur rouennais prolifique, Robert Boyvin, actif autour de 1500, qu' Isabelle Delaunay a particulièrement étudié : " Le manuscrit enluminé à Rouen au temps du cardinal Georges d'Amboise : l'œuvre de Robert Boyvin et de Jean Serpin ", dans Annales de Normandie, 1995, p. 211-244.


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 37v. Louis d'Halluin en prière. L' Annonciation. Détail.

II + 177 f. 195 x 140 mm. 23 longues lignes. Description et photos sur Digital scriptorium (http://www.digital-scriptorium.org) [ en ligne ] -  [ Catalogue en ligne de la Huntington Library ] - Au f. 29 et 61, les armes d'Halluin ont été également peintes au dessous des miniatures représentant la Trahison de Jésus et  l'Annonce aux bergers. Biblio : C. W. Dutschke with the assistance of R. H. Rouse et al., Guide to Medieval and Renaissance Manuscripts in the Huntington Library, San Marino, 1989. De Ricci, 102.


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 52. La Crucifixion

La famille flamande van Halewijn, francisée en d’Halluin, tire son origine de la ville de ce nom près de Lille.
Né vers 1450, Louis d'Halluin, fils de Josse, bailli de Flandres, et de Jeanne de la Trémouille, s'attacha aux cours des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et de Charles le Téméraire. De par son père, il était lié à la famille de Bruges-la Gruthuse, une des plus puissantes du comté, et, par alliance, au célèbre Philippe de Commynes. Il épouse en effet vers 1475 Jeanne de Ghistelles, fille de Jean, seigneur d'Esquelbecq, grand veneur de Flandre et de Jeanne de Bruges-la Gruthuse (de gueules au chevron d'hermines, accompagné de trois étoiles d’or, deux en chef et une en pointe), qui décédera avant lui. En 1474, Louis de Halluin est chambellan et capitaine de cinquante lances au service du dernier duc de Bourgogne. Assiégé dans Saint-Omer dont il est capitaine, Louis d'Halluin est fait prisonnier par Louis XI, auquel il se rallie un peu plus tard. Le roi le prend alors comme chambellan, le fait capitaine de Montlhéry (lettre du 14 mars 1480).
Louis d'Halluin revendit (10,000 livres par contrat passé le 25 juin 1493) à Charles VIII, l'hôtel parisien d'Hercule de la rue des Charités-Saint-Denis (des Grands-Augustins), nommé ainsi à cause des fresques peintes sur les murailles représentant les travaux d'Hercule) qu'il avait acheté neuf ans auparavant de Jehan de la Driesche, président de la cours des comptes, son rebâtisseur. L'Hôtel du roi près les Augustins fut souvent fréquenté par Louis XII, qui y venait souvent avec Anne de Bretagne, le trouvant spacieux commode et agréable. Cf. Topographie historique du vieux Paris, Région occidentale de l'Université, p. 215. Louis était également possessioné à Auteuil, et à Passy, avec notamment son "fief de Saint-Pol" (E. Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au XVIe siècle, Volume 2, 1923, p. 23).
En 1494, il accompagne le roi Charles VIII à son voyage de Naples, et à la bataille de Fornoue (Fornovo), il fut un des six chevaliers que le roi choisit pour combattre auprès de sa personne, revêtus d’habits semblables aux siens. 
Maître des cérémonies lors du couronnement de Charles VIII à Naples (22 février 1495)
Louis d'Alluin fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel en 1495.
Aux obsèques de Charles VIII, le seigneur de Pienne, avec trois autres chambellans, tient le drap d'or au-dessus du cercueil du roi.
Le 6 juillet 1498 il achète d'Arthus de Villequier la seigneurie de Maignelay en Beauvaisis (aujourd'hui Maignelay-Montigny), dont il reconstruisit l’église et l'antique forteresse dans un style puisé de ses voyages italiens.
En juillet, lors de l'entrée de Louis XII à Paris, Louis d'Halluin est à sa droite. Le nouveau roi l’honore en lui confiant plusieurs missions diplomatiques, comme celle de la négociation en Allemagne, en 1501, ou de l'investiture du duché de Milan reçue du roi des romains.  
Louis XII le fait gouverneur et lieutenant général de la Picardie en 1512.
sous Louis XII enfin, Louis d'Hallewyn, seigneur de Piennes, avait offert sa propre effigie, en argent, prosternée devant l'image (Hist. de N. D. de Boul. par Ant. Le Roy)
Mandement à la Chambre des Comptes d'allouer aux comptes du receveur de Normandie 1,800 livres tournois, données par le roi à son chambellan ordinaire Louis de Hallwin, seigneur de Piennes. Paris, 16 octobre 1516 (Original. Bibl. nal., Pièces orignales, Hallwin, vol. 1468, p. 17).


Quittance de Louis d'Halluin. 1519, quatre mois avant son décès [ source ].

1516 : Provisions pour Louis de Hallwin de l'office de gouverneur et bailli de Péronne, Montdidier et Roye.

LE RÉCIT DES FUNÉRAILLES grandioses de Louis d'Halluin nous a été conservé :

L’ordre qui a été tenu aux obsèques et funérailles de feu très excellent chevalier sans reproche, Louis D’Halluin, seigneur de Pienne, conseiller, chambellan ordinaire du roi, chevalier de son ordre, lieutenant général et gouverneur en Picardie, lequel rendit son âme a Dieu le 12 décembre 1519 a 9 heures du soir en son chateau de Maignelay [ voir la relation complète en ligne ]


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 110v. L'homme riche et Lazare. Détail.

Louis Graves, dans son Précis historique du canton de Maignelay, précise que Louis d'Halluin "donna au roi les livres de son cabinet pour augmenter la bibliothèque royale qu'on avait transportée à Blois ..." [ Lien  ] [ information à confirmer ...]

Un exemplaire du Champion des dames de Martin Le Franc, réalisé à Lille vers 1470-1475, porte les armes d'Halluin, celles de Josse ou de son fils Louis. Le manuscrit apparaît pour la première fois en 1544, décrit comme « Ung autre livre en papier hystorié couvert de cuir tanné intitullé le champion des dames commançant Le prologue du livre du champion des dames ».  Après la mort de Louis, en 1519, le manuscrit tombe entre les mains du roi :


© Paris, BNF, Mss, fr. 841, f. 1.
Martin le Franc présente son oeuvre à Philippe le Bon. Le Champion des dames
Voir en ligne l'exposition Miniatures flamandes

— Une plaque émaillée portant les armes de Louis d'Halluin et de Jeanne de Ghistelles d'Esclebecq sa femme, est reproduite par Havard à la p. 338 du t. II du Dictionnaire de l'Ameublement et de la Décoration. Cette plaque représente l'Annonciation. Dans le bas, deux anges soutiennent l'écu losangé, en tout semblable à l'un de ceux qui étaient sculptés sur les poutres de l'ancien château de Pernois. On ne connaît malheureusement pas le nom du propriétaire actuel de cet émail dont l'auteur serait Jean I Penicaud. Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, 1904, p. 75. [ en ligne sur GALLICA ]



© Inventaire général, ADAGP. Vitraux de Sainte-Marie-Madeleine de Magnelay

Paris, BnF, Fr. 2930 • Anc. 8466 • Recueil de lettres et de pièces originales : 26. Dépêche de « LOYS HALEVIN, JEFFROY CHARLES, CHARLES DUHAULTBOYS, ESTIENNE PETIT, G. MERIN, à monseigneur le cardinal d'Amboise, legat en France » (f. 51) - 55 Lettre de « LOYS DE HALEWIN à monseigneur le cardinal d'Amboise, legat en France. A Rommes, le XVe de mars » (f. 187)
Paris, BnF, Fr. 15540, f. 64. 21 avril 1484. Lettre de Louis d'Halluin au roi pour lui rendre compte de l'état des frontières de Picardie :


Numérisé sur Gallica


Biblio

Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, par Anselme de Sainte-Marie [ en ligne ]
G. Dupont-Ferrier, Gallia regia : ou, État des officiers royaux des bailliages et des sénéchaussées de 1328 à 1515, Volume 4, p. 445, 447, 455  
D. Barbier, Louis de Halluin, Seigneur de Piennes, de Bugenhoult et de Maignelay, Comte de Guines, Gouverneur général de Picardie en 1512 [ en ligne pdf ]
Jean François Louis d'Hozier, Recueil historique des chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel, Le Léopard d'or, 1998
L’Entrée et le couronnement du roi Charles VIII à Naples le 22 février 1495. [Paris: Antoine Vérard(?)]. 4°.

FRANÇOIS D'HALLUIN

François d'Halluin, 3e fils de Louis, fut le plus fastueux. Abbé de Saint Pierre de Chalons, il est nommé en 1502 évêque d'Amiens par une bulle du pape Alexandre VI alors qu'il n'a pas vingt ans ... Comme d'autres prélats, il sert avant tout à la cour. Il concélèbre le mariage de Louis XII à Abbeville en 1514, accompagne François ler à Compiègne en 1516 pour l'ouverture de la châsse de Saint-Corneille et participe aux conciles de Pise en 1511 et de Latran en 1514. Sa piété relative est compensée par un mécénat important... Il protège Charles de Bovelles, un humaniste picard qui rédige chez lui un commentaire sur l'évangile de Saint Jean et lui dédie ses ouvrages (De sapiente, 1509). Il restaure le château de Pernois, demeure des évêques d'Amiens, où comme dans l'église de son père (Magnelay), l'essentiel du décor est constitué par les emblèmes de la famille royale et les armes de la famille d'Halluin. Il fait enluminer les tableaux de la confrérie Notre-Dame du Puy à Amiens, qu'il adresse ensuite à Louise de Savoie, la mère du roi François ler. Il fait construire le cloître des minimes d'Amiens, participe aux frais des stalles de la cathédrale et de la reconstruction de la flèche. Enfin il se fait élever un somptueux mausolée dans le choeur de la cathédrale (détruit en 1751)... François d'Halluin se tua lors d'une chasse le 18 juin 1538 et fut inhumé sous une dalle nue dans l'abbaye du Gard. (D. Barbier)

Voir : Le premier livre des antiquitez, histoires et choses plus remarquables de la ville d'Amiens, 3e édition, Paris, 1627 ... Par Adrian de La Morlière, p. 267 [ en ligne ]



© Besançon, BM, 135. Pontifical de François d'Halluin. Plusieurs photos dans la base ENLUMINURES - ou INITIALES - Armes aux f. 2, 19, 23, 60, 104. Le manuscrit est passé par la suite à saint-Pierre-le-Vif de Sens par don des héritiers de Pierre de Tours. V. Leroquais, Pontificaux manuscrits, I, p. 79-80, n° 26.
Manuscrit complémentaire du Paris, BnF, Lat. 971. Autre pontifical à Baltimore, Walters Art Museum, 303. Voir Medieval and Renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, France, 1420-1540, II, p. 492-497, et fig. 361-364, 394. Le rapport entre les pontificaux  de Besançon, de Paris et de Baltimore a été signalé par François AVRIL à Lilian RANDALL qui en a fait état dans son catalogue des manuscrits d'origine française de la Walters Art Gallery, p. 496.

FRANCOISE D'HALLUIN


Cathédrale de Beauvais. Vitrail. Saint François et Françoise d'Halluin [ source photo ] - Sur les vitraux de Beauvais voir entre autres [ Société académique de l'Oise ] - Michael W. Cothren, « Why did Louis de Roncherolles commission a stained-glass window for Beauvais in 1522? », dans The Art Bulletin, 2001 [ extr. en ligne ] - Photos de Walwyn sur Flickr [ en ligne ]
Verrière, réalisée en 1522, est attribuée à Engrand Le Prince dont on reconnaît indubitablement le style. Au registre inférieur sont figuré les donateurs avec leur saint patron : Louis de Roncherolles, gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, et son épouse Françoise d'Halluin. Les compositions sont en partie inspirées de gravures de Dürer, librement adaptées. [ inventaire ]

Le nom de Françoise d'Halluin, fille de Louis d'Halluin et de Jeanne de Ghistelles, reste associé au superbe Livre dheures de Louis de Roncherolles, son époux, manuscrit utilisé comme Livre de raison, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque parisienne de l'Arsenal (ms 1191) :
XVe-XVIe siècle. Latin et français. Parchemin. 105 f. 202 × 130 mm. Reliure en maroquin vert. Au dos, le chiffre de Gaignières. Tranches dorées. Encadrements, bordures. A pl. f., dans la bordure : « Louis de Roncerolles », « Ronceroles » ; de même, les initiales « L. D. R. ».  22 grandes miniatures (f. 4, 7, 9, 11, 16, 21, 26, 27, 28, 31v, 36v, 40v, 43v, 47, 55v, 56, 60, 77v, 96, 97, 102v, 103. 67 petites miniatures (f. 5, 5v, 6v, 11v, 12v, 13v (2), 14v, 15, l6v, 30v, 31, 33v, 35, 35v, 38v, 39, 42v, 43, 45v, 46, 62v, 63, 63v, 66, 66v, 67, 70, 70v, 71, 78, 78v, 79 (2), 80, 81, 81v (2), 82, 82v, 83 (2), 83v, 84, 84v, 85v (2), 86, 86v, 87, 87v, 88 (2), 88v, 89, 89v, 90 (2), 90v, 91 (2), 91v, 98, 98v, 100v, 101, 102. 24 petites miniatures au calendrier. Aux f. 102v, les armes de la famille de Louis de Roncherolles et de Françoise de Hallewin, au f. 103 celles de Jeanne de Ghistelles femme de Louis d'Halluin. Gaignières a fait une description très-détaillée de ce manuscrit, publiée par M. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, I, 349-350 :

De la bibliothèque Fremont d'Ablancourt, puis de Gaignières.
    Fol. 1. Calendrier en français
    Fol. 4. Passages des quatre évangiles, suivis des oraisons Obsecro te et O intemerata
    Fol. 11. Passion selon saint Jean
    Fol. 16. Heures de la Vierge
    Fol. 47. Les sept psaumes et les litanies : saints Mellon, Godard et Médard, Romain, Ouen, Sever, Lô, Eloi, Gilles, Julien, Tau [...]
    Fol. 56. Vigiles des morts
    Fol. 77v. Antiennes et oraisons
    Fol. 97. Oraisons en français
    Fol. 98v. Oraison à la Vierge, en vers français
    Fol. 100v. Autre
    Fol. 101. Oraison latine
    Fol. 102. Oraisons et antiennes des saints Cosme et Damien, Louis, Hubert
    Fol. 103v-105. Journal de Louis de Roncherolles (1472-1519), contenant les dates de naissance et de mariage de lui, Louis de Roncherolles et de sa femme, Françoise de Hallewin, et les dates de naissance et de baptême, avec les noms des parrains et marraines, de ses douze enfants : « Adrian », 25 mars 1505 ; « Pierre », 12 avril 1506 ; « Loys », 21 mars 1506 [1507] ; « Phlippes », 1er mai 1508 ; « Marie », 26 octobre 1509 ; « Françoys et Hubert, frères d'une ventrée », 17 décembre 1510 ; « Laurens », 20 juillet 1512 ; « Jehan », 31 janvier 1513 [1514] ; « Susanne », 16 mai 1516 ; « Magdalene », 4 février 1517 [1518] ; « Anne », 18 octobre 1519 :

Mons. Lovs de Roncerolles baron de Heugueville et du Pont S. Pierre fut né à Chatillon-sur-Marne le xxe jour de décembre mil IIIIc LXXII et le tint sur fons mons. Loys de Laval Sgr de Chastillon en Bretaigne, Jehan de Roncerolles son frère et damoiselle Agnès de Vauldray, et espousa madamoiselle Françoise de Hallewin cy après escripte le pénultième jour d'avril l'an mil cinq cens et quatre.
Le xixe jour de décembre le vendredi des quatre temps au soir à ix heures l'an mil IIIIc  IIIIxx et XIII madamoiselle Francoise de Hallewin fut née à Passy près Paris et furent ses parrains et marraines mons. de Vandosmes madamoiselle Marie de Ghistelle sa tante et madame Jehane de Hallewin sa sœur.
Adrian de Roncerolles premier fils des dessus dits fut né dudit Roncherolles le mardi xxve de mars environ viii heures du soir l'an mil cinq cens et cinq et furent ses parrains et marraines mons. de Piennes père de la dite damoiselle Françoise pour principal parrain lequel le fit tenir par mons. de Buguenon son filz ainsné et mons Descrebècgs son filz puisné son second parrain et ses marraines madame de Piennes sa grant-mère et madamoiselle du Neufbourg sa tante sa seconde marraine et fut baptizé en la chapelle de Roncerolles par maistre Phle Lebouteiller curé et chanoine de Nostre Dame d'Escouys.
Pierre de Roncerolles second filz des dessus dis fut né audit Roncerolles le jour de Pasques entre trois et quatre heures du matin xiie jour d'apvril l'an mil cinq cens et six et furent ses parrains et marraines mons. d'Amyans frère de ma dite damoiselle Françoise de Hallewin, mons. de Rambure, madame de Rambures et madamoiselle de Buguenon ... (publié entièrement dans la Revue Catholique de Normandie, 1894, p. 129-131)

Biblio : M. Pecqueur, "Manuscrits armoriés de l'Arsenal", dans Bulletin de l'IRHT, n° 4, 1955, p. 120. Notice sur la base BnF Archives et manuscrits.


© Paris, Arsenal, 1191. Heures de Louis de Roncherolles, f. 103 : armes de Louis d'Halluin et de Jeanne de Ghistelles
Plusieurs folios sur BnF Images

Voir la base d'Hanno Wijsman (IRHT) "Luxury Bound" pour plusieurs manuscrits associés aux Hallewijn ( et dans son ouvrage : Luxury Bound. Illustrated Manuscript Production and Noble and Princely Book Ownership in the Burgundian Netherlands (1400-1550), Brepols, 2010, p. 369-373.

LIEN
Société historique de Maignelay-Montigny
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Art de l'enluminure 39 : les Heures de Jean des Bruyères et de Jeanne de Recourt

09/01/12



A partir du manuscrit Additional 31240 de la British Library, un Livre d'heures exécuté pour Jean des Bruyères et Jeanne de Recourt, François AVRIL (conservateur honoraire au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France) nous présente la production d'un de ses illustrateurs, peut-être l'enlumineur Oudot Matuchet. Le Maître des Heures de Jean de Bruyères et de Jeanne de Recourt est notamment l'auteur d'une grande miniature dont nous avions identifié les sujets : Etienne III Berbisey et son épouse Anne Moisson. Voir notre post : Etienne de Berbisey et Anne Moisson, à propos d'un feuillet enluminé ...

Dans l'immense gisement de manuscrits enluminés que recèle le département des manuscrits de la British Library, la part des œuvres d'origine française restait jusqu'ici fort mal connue, seules les pièces les plus spectaculaires ayant été repérées et signalées. La situation est en train de changer à toute allure depuis la mise en place sur Internet de l'admirable outil de recherche que constitue le « Digital Catalogue of Illuminated Manuscripts », grâce auquel les chercheurs peuvent commodément découvrir désormais les incroyables ressources du grand dépôt anglais en témoignages de toute époque et de toute origine issus de l'activité des ateliers d'enlumineurs français. Le manuscrit que nous présentons aujourd'hui n'est pas encore visible sur le Net et seules deux miniatures en ont été reproduites jusqu'ici. Il nous paraît opportun d'en publier intégralement le cycle peint dans Art de l'enluminure, en raison tant des attaches dijonnaises de l'enlumineur principal, un artiste de grand style, que de la personnalité de ses commanditaires, jusqu'ici incertaine, qu'il nous a été récemment possible de préciser. Ce manuscrit nous reporte à une phase passionnante et encore mal connue de l'art de la Renaissance à Dijon, à une époque où la capitale bourguignonne, à la faveur d'une période économique prospère et d'une intense activité intellectuelle et artistique, maintenait encore, comme d'autres centres du royaume, une relative indépendance, dans le domaine du manuscrit, face à l'hégémonie parisienne.

Sommaire
Le livre d'heures de Jean des Bruyères et Jeanne de Recourt
Les miniatures de l’Additional 31240 conservé à la British Library
Nouvelles de l'enluminure

En ligne [ Art de l'enluminure n° 39 ]
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"Maître François", enlumineur parisien

08/01/12


"Maître François" occupe une place essentielle dans l'histoire de l'enluminure parisienne du troisième quart du XVe siècle. Les travaux d'Eleanor Spencer ont permis de clarifier sa production que P. Durrieu avait placée en 1910 sous le nom de Jacques de Besançon. "Le considérable succès commercial de Maître François l'a conduit à s'entourer de nombreux imitateurs qui ont reproduit ses formes et ses compositions dans un style plus sommaire et ne méritent pas d'être individualisés" (Nicole Reynaud, Les manuscrits à peintures, 1993, p. 45)

Quelques oeuvres attribuées à Maître François et à son atelier :






1) Lyon, BM, 5154, f. 45. Livre d'heures de Jacques de Langeac. Au f. 194 : "Ces heures sont a noble et puissant seigneur messire Jaques seigneur de Langhac, viconte de la Mote, conseiller et chambellan du roi nostre sire et furent faittes et eschevees a Paris par Jehan Dubrueil escripvain, le XXe jour de janvier, lan mil.CCCC.LXIIII". (1465 n.st) [ description et images en ligne ] - Voir : Trois manuscrits du trésor de l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon (pdf) [ en ligne ]- Sur le copiste : R.H. House et M. A. House, Manuscripts and their Markets, 2000, II, p. 64. T. Kren, "Seven illuminated books of hours written by the Parisian scribe Jean Dubrueil, ca. 1475-85", in Essay in Festschrift, edited by Bernard Muir, Reading texts and images : essays on medieval and Renaissance art and patronage in honour of Margaret M. Manion, Exeter (University of Exeter Press) 2002, p. 157-200
2) Houghton Library, 133. Livre d'heures, à l'usage de Rouen [ description en ligne ]
3) Houghton Library, 159. Livre d'heures. Paris. [ description en ligne ]
4) La Haye, Meermanno-Westreenianum, 10A 11, f. 367v. Saint Augustin, La Cité de Dieu. exemplaire commencé pour Jacques d'Armagnac et terminé pour Philippe de Commynes [ description en ligne ] - Le volume II se trouve à la BM de Nantes [ en ligne ]
5) London, British Library, Harley 4375, f. 151v. Valerius Maximus, trad. Simon de Hesdin et Nicholas de Gonesse, Les Fais et les Dis des Romains et de autres gens [ description et images en ligne ]

Biblio
P. Durieu, Un grand enlumineur parisien au XVe siècle : Jacques de Besançon, et son œuvre, Paris, Champion 1892 [ en ligne ]
Eleanor P. Spencer, The Maître François and his atelier, 1931. Thèse de doctorat, Harvard University
François Avril, Nicole Reynaud, Les manuscrits à peintures, 1993, p. 45-52.
Valerie Fraissinet, Maître François et son cercle : recherches sur l'enluminure à Paris à la fin du XVe siècle. Thèse sous la direction de Jean-pierre Caillet.

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6 janvier : la Typhaine

06/01/12

Un peu tristes nos rois mages ...


Lawrence, University of Kansas, Kenneth Spencer Research Library,
Pryce MS C1. Vosper Hours [nommé d'après Robert Vosper, directeur des bibliothèques de la  KU lorsque le manuscrit fut acquis en 1958]
Langres ?
XVe s. 170 f. 233 x 160 mm. 14 longues lignes. 17 miniatures pleine page.
Digital Scriptorium
The University of Kansas Libraries
Biblio : Sotheby's, 7 December 1953, lot 30 — Sharon L. Foster, The Kansas University Hours of the Virgin, Master's thesis, Dept. of History of Art, May 1965.
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La Legenda Maior : manuscrit Roma, BN Vittorio Emanuele II, VE 411

04/01/12


Une exposition visible actuellement au Musée diocésain de Paderborn, consacrée à François d'Assise (1181/82–1226), présente entre autres un manuscrit de la Legenda Maior, biographie officielle composée par saint Bonaventure de Bagnoregio : le célèbre manuscrit de la BN de Rome, VE 411. La notice du catalogue qui accompagne cette exposition est due à notre amie Maria-Alessandra Bilotta qui avait déjà participé en 2009 à la superbe publication fac-simile du manuscrit, éditée par Vallecchi, en collaboration avec Franco Cardini e Francesca Niutta.

 
 
FRANZISKUS · Licht aus Assisi (Paderborn)
La ‘Legenda maior’ della Nazionale di Roma sur miniaturaitaliana.com
Vallecchi : SAINT FRANCIS – Legenda Maior
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« Plus que toutes » : sur quelques manuscrits de Jean Blosset, grand sénéchal de Normandie († 4 mai 1531)

03/01/12

Les membres de la famille Blosset, florissante au XVe et au XVIe siècle, remplirent tous d’importantes fonctions. Citons entre autres : Rogerin Blosset, époux de Marie de l’Épine, demoiselle de corps de Marie d’Anjou [1], maître d’hôtel du Dauphin [2] en 1437, puis écuyer de l’écurie du roi [3] en 1444 ; Marie Bloscete, demoiselle de la duchesse d’Orléans en 1457 [4] ; Jean Blosset, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, conseiller et chambellan du duc de Guyenne en 1471 [5] et grand sénéchal de Normandie en 1479 [6] ; Étienne Blosset de Carouges, évêque de Lisieux de 1482 à 1505 ; etc. Quant au C. Blosset de notre manuscrit, ce doit être Charles Blosset, écuyer, que nous voyons maître d’hôtel du duc de Guyenne à la date du 23 janvier 1472 [7]. C. Blosset est auteur de 14 rondeaux et bergerettes (nos xciv à xcviii, c à civ, cvii-cviii, cxi-cxii, p. 82 à 85, 87 à 90, 92-93, 96).

1. G. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, p. 181.
2. Ibid., t. III, p. 40, note 1 et t. IV, p. 24.
3. Ibid., t. IV, p. 116, et Chronique de Charles VII de Jean Chartier, t. II, p. 165.
4. Bibl. nat., Pièces orig., dossier ORLÉANS.
5. R. de Maulde, Procédures politiques du règne de Louis XII (1885), p. 48, etc.
6. L. Delisle, Le cabinet des manuscrits, t.II, p. 341.
7. Bibl. nat., Pièces orig., dossier BLOSSET.

Voir Rondeaux et autres poésies du XVe, Paris, Firmin Didot, 1968 (1889 reprint), p. VII-VIII.


Le manuscrit Paris, BnF, Fr. 1488, Le Livre de Flourimont, filz du duc Jehan d'Orleans, et de Helaine, fille au duc de Bretaigne, porte la marque de Jean Blosset, grand sénéchal de Normandie [ numérisé sur Gallica ] : Ce liure est amons[eigneu]r de saint pierre et // de carouges gra[n]t seneschal de normendie

La maison des Blosset descendait en ligne masculine des barons d'Esneval, vidâmes de Normandie. Elle portait l'écu palé de six pièces d'or et d'azur, au chef de gueules chargé d'une fasce vivrée d'argent, penché, timbré d'un heaume cimé d'une tête de biche, supporté par deux lions. Deux branches principales, celle des seigneurs de Saint-Pierre et de Carrouges, éteinte avec Jean Blosset, et celle des seigneurs du Plessis Pâté et de Torcy qui subsista longtemps. Mais il y a beaucoup de confusion dans la filiation des Blosset du fait de plusieurs homonymes. Les historiens se contredisent sur ces familles... Aussi, ce qui suit d'informations généalogiques n'est pas véritablement assuré.

Jean Blosset, seigneur de Saint-Pierre-en-Caux et de Carrouges, fut conseiller et chambellan du roi. Selon certains, il était le fils de Rogerin Blosset, chevalier et pannetier du roi en 1441, et de Marie de l'Epine († 1484), selon d'autres fils de Guillaume Blosset dit le Borgne et de Jeanne de Cagny, dame de Carrouges, mariés en 1438. Les épitaphes de la chapelle de Carrouges assurent que Jean épousa en premières noces Marguerite de Malestroit († 27 octobre 1493), dame de Derval, veuve de Guyon de Molac, sire de Pestivien, fille de Geoffroy de Malestroit, seigneur de Combourg et de Valence de Châteaugiron), de laquelle il eut Jean II Blosset, seigneur de Carouges († 1508), décédé avant son père, sans héritiers de sa femme Jeanne de Châteaugiron, Etienne Blosset, évêque de Lisieux, Marie, qui devint dame de Carrouges à la mort de son frère et dont l'union avec Philippe Le Veneur porta en cette maison le fief, terre et seigneurie de Carrouges, Marguerite, mariée à Jean, seigneur d'Annebaut. Jean Blosset épousa en secondes noces Françoise du Chastel, vicomtesse de Dinan († 13 décembre 1534), issue d'une des plus grandes familles de Bretagne. Certains historiens le donnent sans postérité ... transmettant de son vivant le domaine de Carrouges à sa soeur Marie ...
Jean Blosset fut d'abord au service du duc de Bretagne, capitaine de Domfront, sous Jean II. Par la suite il trahit son bienfaiteur et passa au service de Louis XI. Simple bailli d'Alençon, il devient Grand Sénéchal de Normandie, à la place de Jacques de Brézé. "Homme de l'ombre" et exécuteur des basses œuvres de Louis XI dont il était le fervent familier, Jean Blosset s'enrichit de la dépouille des malheureux que le roi sacrifiait à sa politique. C'est ainsi qu'il reçut du monarque en septembre 1477 la vicomté de Carlat saisie sur le duc de Nemours, Jacques d'Armagnac. Ce dernier, un des plus grands bibliophiles du Moyen Âge, possédait une riche collection. Jean Blosset profita de sa situation pour en extraire quelques pièces.


Le Châtelet, entrée du château de Carrouges [ sources ] cliquer sur l'image pour agrandir.

Le château de Carrouges [ sources ] cliquer sur l'image pour agrandir


Cliquer sur le lien pour ouvrir ... (pdf) [ 0_a_depliant_car.pdf ]

Dans la chapelle fondée à Carrouges se trouvent les sépultures de Jean Blosset et de ses deux épouses :
Cy gissent Jeh[an] Blosset, seigne[u]r de sainct Pierre et de Carrouge [illisible] cappitaine d'Avre[n]ches et de Fallaise et Senechal de Normandie lequel trespassa l'an mil V[c] XXX et un le IIIIe jour de mai.
Cy gist Margarite de Darval, sa fem[m]e, qui fut en son temps dame de Combour et de plugriffet, // qui firent lever le chastel de Carrouges et fondèrent et édifièrent cette chapelle, laq[ue]lle trespassa l'an mil CCCC IIIIxx et treze le XXVIIe jour d'octobre. Priés Dieu pour eulx
Cy gist Dame Fra[n]çoise du Chastel, sa seco[n]de fem[m]e qui fut en son te[m]ps vico[m]tesse de Digna[n] et de la Bellière, da[m]e // de Boussiguet, Tronchon et Bellela[n]de, laquelle a bien augmenté la fo[n]datio[n] de cea[n]s et t[re]spassa le XIIIe j[ou]r de dece[m]bre M Vc XXX IIII.

 

© Paris, BnF, Fr. 1488. f. 34v [ numérisé sur Gallica ]

Quelques dates de la carrière de Jean Blosset
1er février 1474. — Commission donnée par le roi à M. de Saint-Pierre, bailli d'Alençon, pour la réparation et fortification des places de Normandie qu'il lui demande de visiter et faire « fortifier et réparer en toute la plus grande diligence ».
3 avril 1476. — Provisions du roi Louis, par lesquelles il donne à Jean Blosset, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, l'office de grand sénéchal de Normandie aux lieu et place de Jacques de Brézé, comte de Maulévrier.
1476-1478. — Pièces concernant la confiscation par le roi des biens appartenant à Jacques Baisent, assis au pays de Carlades ou ailleurs dans le royaume et donnés à Jean Blosset, chambellan.
6 juillet 1477. — Gouvernement de Dijon donné à Jean Blosset, seigneur de Saint-Pierre.
27 avril 1478. — Lettres patentes qui nomment Jean Blosset lieutenant général au pays et comté d'Artois.
1483. — Don par le roi à Jean Blosset, des biens confisqués de feu Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, comte de la Marche, vicomte de Carlades.
Septembre 1483. — Don par le roi à Jean Blosset, des terres de Fresnay en Nivernais et autres terres appartenant à Louis Ogier.
1484. — Don par le roi à Jean Blosset de l'étal de capitaine du château de Tallemont-sur-Gironde.
20 mai 1484. — Don par le roi à Jean Blosset, du gouvernement de Tallemont.
8 janvier 1485. — Don par le roi à Jean Blosset de la capitainerie d'Avranches.
19 mars 1485. — Don par le roi à Jean Blosset de la capitainerie de Falaise.

Manuscrits ayant appartenu à Jean Blosset:

Paris, BnF, Lat. 3318A
Ancien Colbert 3323 - Regius 42543
Jacobus de Theramo. Consolatio peccatorum, sive Liber Belial. Papier. 87 f. 275 × 210 mm. Reliure ancienne. 2e moitié du XVe siècle. Cursive. Miniature au f. 1. Initiales bleues, rouges et violettes à filigranes. Pieds-de-mouche en couleurs.  Manchettes de la main du copiste. Quelques notes marginales et inscriptions, en français : « Quant ye penceret Die [u ]et que ye speret, parviendra ... »  etc. (fin XVe -début XVIe ). — Au f. 87v, ex-libris gratté lisible à la lumière ultra-violette : « Ce livre de Belial est au [duc de Nemours], comte de la Marche. Jacques », et mention partiellement effacée : « feuilles : IIIIXX III [sic ] ; histoires : I » ; il a été remplacé par celui-ci : « Ce livre est à Mons. de Saint-Pierre et de Carouges, grant seneschal de Normendie » (Jean Blosset).
F. 1-87v. « Universis Christi fidelibus... Jacobus de Theramo... Adaperiat... Quia de magnis... — ... per infinita secula seculorum. Amen » (1) ; — « Incipit prohemium. Postquam per sciencie lignum duplicem mortis habuimus dampnacionem... — ... de Jud. li. VI » (1-3) ; — « Sequitur constitucio procura[toris] infernalis facta de Belial con[tra] Christum » (en marge), « Quibus dictis et ab omnibus placido animo receptis... — ... devotas oraciones effundat. Amen. Datum Averse ... ad vitam perhempnem, ad quam nos perducat... Liber iste qui nuncupatur Belial explixit, editus per R. P. dominum Jacobum de Theramo, domini nostri pape cubicularium, scriptus per me ». L. Delisle, Cabinet des manuscrits, I, p. 86 et II, p. 341. Catalogue général des manuscrits latins, V, 1966, p. 178. 

Paris, BnF, Fr. 434. Parchemin. 68 f. XVe s. Possesseurs : "madame de Nevers, M" = Marie d'Albret ? fille ainée de Charles II d'Albret et de Anne d'Armagnac, épouse en 1456 Charles de Bourgogne, comte de Rethel et de Nevers, † 1464.
Préface : "Bonne chose est lire et escripre et souvent recorder les vies et les sainctes conversations..."
1) Les Lamentations monseigneur saint Bernard
f. 2. "Ce livre en quoy nous debvons esludier espiciallement et lire sans nulle entrelaisse". Finit : " ...et nous vueille en sa mémoire avoir et garder de mal Amen"
2) Compilation "des plus beaulx diz des sainctz Pères". Commence au f. 24 "Pour ce que nous suymes mis es laz de legier". Finit : "... nous vueille Dieu apprendre le maistre de la grant escolle Dieu le Pere Amen".
3) "Le Livre des Seuls parlers de son ame à Dieu" (st Augustin). Commence au  f. 43 : "Sire Dieu je désire que je te congnoisse". Finit : "qui tant longuement mas espargné en pechant Amen". 
A la fin, armes de Blosset avec au-dessus la devise Plus que toutes. Au-dessous, Jehan Blosset. Biblio : E. Droz, "Six manuscrits de Claude-Enoch Virey (XVe s.)", dans Bulletin de l'IRHT, 15, 1967-1968, p. 168. Catalogue des manuscrits français, I, 1868, p. 434. L. Delisle, Cabinet des manuscrits, II, p. 341.

Chantilly, Musée Condé, 127. Même ex. que le précédent. Lamentations et méditations de saint Bernard. Contemplations et Soliloque de saint Augustin, en français. XVe s. Parchemin. 79 f. 300 × 203 mm. Reliure veau marbré, aux armes de Bourbon-Condé. Au f. 79, inscription effacée : « Messire Jehan Blosset, escuier, conseiller et chambellan du roy et capitaine des archers françois de sa garde et seigneur du Plessis-Pasté. Et est appelé ce livre les Meditations sainct Bernard. Armoyé de ses armes ». Ces armes ont été remplacées par celles d'Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy, qui, avec leur monogramme, sont répétées aux f. 1, 29 et 51. [ description sur Calames ] Ce Jean Blosset est cousin du précédent.

Un exemplaire de La moralite des nobles hommes et des gens de peuple selon le gieu des escheces, (Jacques de Cessoles, trad. de Jean de Vignay) passé par la galerie Les Enluminures, et acquis par la Koninklijke Bibliotheek (79 K 19) porte diverses notes de Jean Blosset. ca 1490/1525. “Se present livre et [sic] a moy. Qui me apelle le seymeur en […]. Qui le treuvera le moy rendera et je payré le vin en bonne companye et qui ne le moy randera, pandu sera pour le coup an plus vil (?) gibet qu’il se trouvera et moy desoubz [signed] Jehan Blosset.” Au f. 10 : “Je confesse avoyr heu et receu de noble Jehan Roux la somme de troys sept[iers] [de] froment […] pour chause de rante due a monsieur de Gaz (*) de la feste de tous les seyns procheyne passé de quoy […] ay signé devers luy et moy desoubz signé le xiiie jour du moys de may. Jehan Blosset. 1545.” Au f. 12 : “Se present livre et a moy Jehan Blosset, qui le trouvera les moy randra et je poyerey…”. Compte tenu des dates il s'agit de Jean Blosset, seigneur du Plessis-Pasté. * Relation avec le premier possesseur?

Catalogue d'une importante bibliothèque composée d'ouvrages anciens, rares et précieux. Ancienne bibliothèque de D[enys] de Salvaing de Boissieu (1600-1683), Grenoble, Librairie dauphinoise, 1897, p. 52.

© Koninklijke Bibliotheek

Description et illustrations du manuscrit  sur le site de la galerie Les Enluminures [ en ligne ] --  de la KB [ en ligne ]
Ce manuscrit a également appartenu à André Beranger du Gaz. Au f. 66v : “Se livre a moy André Berangier, sieur Duga.” Puis : “Se livre et a moy André Berangier sieur Dugaz.”
Les archives dauphinoises mentionnent au 6 décembre 1552 : Vente par « damoiselle » Madeleine de Tauligniac, femme de Jean-Antoine Marc, écuyer, seigneur de Saint-Jeyme, à Mre André Bérengier, seigneur du Gaz (Gua), d'une cense annuelle de 3 sols due par les hoirs de Guigues de Miribel, écuyer, sur immeubles situés à Vis, au prix de 9 florins, monnaie courante. Fait à Grenoble, devant Jean Nizeys, écuyer de Varces, &c. (Henry Morin-Pons, Inventaires des archives dauphinoises, p. 191). Claudine Bérenger, sa fille, épousa François de Bonne, duc de Lesdiguières, connétable de France.

Pierre de Bérenger épousa en 1309 Catherine du Gua, héritière de la terre de son nom, dans le Graisivaudan, dont sa descendance a conservé le nom. Raymond de Bérenger, décédé en 1373, fut grand maître de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Pierre de Bérenger, sgr de Morges, et Claude de Bérenger, sgr du Gua, commandaient des brigades de l'arrière-ban de l'an 1419. Aimar de Bérenger fut tué en 1465 à la bataille de Montlhéry avec ses deux neveux, Jacques et Claude. André de Bérenger, sgr du Gua, se signala en 1524 à la bataille de Pavie (ce doit-être le possesseur du manuscrit : il testa en 1564) ; Brantome fait mention de lui en parlant du brave du Gua, son fils. (Dictionnaire des familles françaises anciennes, Volume 3, 1904, p. 386)

Berangier du Gaz : Gironné d'or et de gueules.
De cette famille : "Imprécations sur la mort du seigneur Loys du Gaz, prises du latin de M. de PP" (= Vaillant de Guede, abbé de Paimpont). (Louis Béranger du Gaz, ou du Guast, assassiné le 31 octobre 1575, ami de Ronsard et de Bourdelle, capitaine des gardes et favori du roi Henri III. Il était le fils puîné d'André Bérenger et de Madeleine de Bérenger-Pipet)


Armorial du Dauphiné, Lyon, 1867, p. 66.



Guy Allard, Nobiliaire du Dauphiné, Grenoble, 1671, p. 44-45.

Voir à la Bibliothèque de Grenoble, ms 2025 à 2030, plusieurs archives concernant les Berenger, par ex : "Procès entre Philippe de la Tour, écuyer, et André Bérenger, seigneur du Guà, au sujet de la dissolution du mariage de ce dernier. 1557".


Renoncement d'amours, poème attribué à Jean Blosset [ numérisé sur Gallica ] :

On lit à la fin  :
Et l'a fait, faisant les escoutes,
Ung jeune enfant peu renommé
Qui porte en son mot : Plus que toutes ;
Autrement ne s'est point nomme,
De paour qu'il a d'estre sommé
D'avoir ou livre chose myse
Dont par aulcun fust consommé
Envers luy quelque folle emprise.

La devise des Blosset : Plus que toutes


[ numérisé sur Gallica ]

La bibliothèque de Louis Blosset, doyen de Rouen :
 – Inventaire et adjudication des biens de Louis Blosset, 1489 : Liber decretorum, papireus, ex impressione, 9 libras. – liber decretalium, ex impressione, in papiro, 4 libras 2 solidos 6 denarios ; – Sextus decretalium, papireus, ex impressione, 40 solidos ; – Liber Clementinorum, papireus, ex impressione, 25 solidos ; – Lectura Panormitani super décrétâles, in quinque voluminibus papiri, ex impressione, 12 libras ; – Répertorium Panormitani, papireum, ex impressione, 27 solidos 6 denarios ; – Aliud Repertorium Panormitani papireum, ex impressione, 27 solidos 6 denarios ; – Prima pars Dominici de Sancto-Geminiano super Sexto Decretalium, 40 solidos ; – Repertorium Brixiense, papireum, in duobus voluminibus, 105 solidos ; – Consilia Bartholi, ex impressione, in papiro, 35 solidos ; – Liber Egidii de Roma, papireus, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Augustinus de Civitate Dei, papireus, in commento, ex impressione, 100 solidos ; – Titus Livius, in pargameno, 4 libras 5 solidos ; – Alter Titus Livius, papireus, ex impressione, 70 solidos ; – Secundo secunde Sancti Thome, pargamenea, 77 solidos 6 denarios ; – Epistole familiares M. Tullii, papireus, ex impressione, 22 solidos 6 denarios ; – Consilia Oldradi, papirea, ex impressione, 25 solidos ; – Virgilius commentatus, in papiro, ex impressione, magistro Johanni Masselin, decano, 42 solidos 6 denarios ; – Parvum repertorium juris, papireum, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Textus Sententiarum in pergameno, 42 solidos 6 denarios ; – Textus Terentii, papireus, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Breviarium doctorum, in papiro, ex impressione, 18 solidos
Opposition sur ladite vente par des fournisseurs, domestiques et autres, notamment par Jean Roussel, prêtre, âgé de 63 ans, chanoine de Rouen, Jean Landigoy, prêtre, âgé de 54 ans, Guillaume de Blacarville, prêtre, de 65 ans, serviteurs et commensaux de Blosset, ayant demeuré avec lui à Paris, au presbytère de S. Paul (occupé par ledit Roussel), à Bayeux où demeurait le doyen ; n’ont point été payés de leurs gages ni de leurs frais (Sources ADSM, G 3669)
Georges Blosset, son frère, est à Angers.
Catalogue édité dans Bulletin du bibliophile, 1878, p. 75-82.

BIBLIO :
Louis Bergès, Château de Carrouges : chartrier et papiers de la famille Le Veneur, 1394-1925 : répertoire numérique détaillé de la sous-série 34 J (Alençon, Archives départementales de l’Orne, 1995).
Les manuscrits de Jacques d'Armagnac :

(Source : Philippe Ménard, Le Roman de Tristan en prose, t. 1, Droz, 1987, p. 20)
Ch. Samaran, "De quelques manuscrits ayant appartenu à Jean d'Armagnac", dans Bibliothèque de l'école des chartes, 66, 1905, p. 246-255 [ en ligne sur Persée ]
S. A. Blackman, The manuscripts and patronage of Jacques d’Armagnac Duke of Nemours (1433-1477), PHD University of Pittsburgh, 1993.
C. de Merindol, "Jacques d'Armagnac bibliophile et commanditaire. Essai sur l'aspect religieux et la part méridionale de sa bibliothèque" , dans cahiers de Fanjeaux, 31, 1996, p. 387-415.

Liens
Les Blosset seigneurs du Plessis-Pâté

Le château de Carrouges, monument national
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In memoriam : Marie-Blanche Cousseau († 7 décembre 2011)

03/01/12

Ayant appris avec retard le décès brutal de Marie-Blanche Cousseau, survenu au début du mois de décembre dernier à Laval, je ne pouvais ne pas faire mention ici de cette jeune historienne d'art, à peine âgée de 35 ans. Marie-Blanche, spécialisée dans l'enluminure des manuscrits du XVIe siècle, s'était notamment intéressée à la production d'Etienne Collault (ou Colaud), objet en 2009 de sa thèse de 3è cycle à l'EPHE : Autour d'Etienne Colaud : recherches sur les enlumineurs à Paris sous le règne de François 1er, sous la direction de Guy-Michel Leproux.

La production enluminée parisienne du règne de François Ier demeure à ce jour mal connue. Aux quelques artistes à noms de convention qui ont pu être évoqués, seuls trois artistes ont fait l’objet de rapprochements entre des documents et des œuvres conservées. À la différence de deux d’entre eux, le troisième, Etienne Colaud, était encore mal étudié. La confrontation des actes documentant sa carrière avec des manuscrit subsistants permet d’identifier sa main dans un groupe de dix-huit volumes et de préciser le type d’activité auquel il se prêta, comme d’autre de ses confrères : celle d’un libraire. La notoriété qu’il s’était acquise et dont témoignent les textes et ses commanditaires réside certainement dans ce rôle qu’il assuma plutôt que dans la reconnaissance de son talent. À travers lui et par l’étude des sources d’archives est en effet livré un certain nombre d’indications sur les pratiques professionnelles du métier d’enlumineur, leur nombre, leur organisation. Quant aux œuvres subsistantes, leur examen permet de restituer à Paris son rôle de capitale dans le domaine de l’enluminure sous le règne de François Ier, puisque l’on n’y recense pas moins, au total, d’une trentaine de personnalités alors actives durant cette période.

J'avais eu l'opportunité de l'écouter lors d'un colloque organisé en septembre 2009 à l'INHA par la galerie Les Enluminures : Manuscript and printed books of hours : rupture and continuity. Son sujet tournait autour d'Etienne Colaud et des Livre d'heures ...
Depuis le 1er février 2010 elle était  vacataire de recherches au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.
Avec le décès de Thierry Delcourt survenu quelques semaines auparavant, l'histoire des manuscrits a perdu deux jeunes chercheurs talentueux.

Bibliographie
"Les mémoires de Philippe de Commynes du Musée Thomas Dobrée de Nantes : un manuscrit parisien du début du règne de François 1er", dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, 2003, p. 119-142.
Documents d'Histoire parisienne (EPHE)
4, 2005
"Mathieu de Louans et Dominique Boccador, maîtres généraux des œuvres du Roi "
6, 2006
"De l'expertise judiciaire à l'enseignement élémentaire : le métier d'écrivain à Paris dans la seconde moitié du XVIe siècle"
10, 2009
"Cadeaux et lettres tournures : art de l'écrivain ou art de l'enlumineur ?"
 
"Entre Rennes et Paris, la commande enluminée rennaise des années 1530-1550", dans Yves Mahyeuc (1462-1541). Rennes en Renaissance, éd. Augustin Pic et Georges Provost, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 309-324.
“Etienne colaud, enlumineur et libraire parisien : à propos d’un livre d’heures portant sa souscription”, dans Bulletin du bibliophile, 1/2010, pp. 11-35 :

Etienne Colaud's name was, until now, traditionaly associated to the Statutes of the Order of Saint Mickael during the reign of Francis I, King of France. A Book of Hours with Colaud's souscription, discovered on Art's Market, allows a better knowledge about this illuminator who, little by little, devoted himself to a bookseller activity. The discovery of this Book of Hours has permitted a comparison between the documents concerning Etienne Colaud that have been preserved and the works that made up his career. We can now attribute eighteen manuscripts to this artist.


Lien : Histara (EPHE)
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Nouel ! Nouel !

25/12/11



New York, Grolier Club, MS 10 Livre d'heures à l'usage de Rouen. Début XVIe s.
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« À propos des manuscrits juridiques enluminés dans le contexte avignonnais au XIVe siècle : quelques nouvelles découvertes »

22/12/11

Le 1er février 2012 à 17h30

Maria Alessandra Bilotta
Historienne de l’art médiéval, spécialiste de l’enluminure du Midi de la France donnera une Conférence publique à l’Académie de Vaucluse sur le thème suivant :
« À propos des manuscrits juridiques enluminés dans le contexte avignonnais au XIVe siècle : quelques nouvelles découvertes »
Introduira la conférence Madame Françoise de Forbin Ancien Conservateur des Fonds anciens et spéciaux de la Bibliothèque municipale d’Avignon – Médiathèque Ceccano
Présidente de l’Académie de Vaucluse 
Les Conférences publiques se déroulent dans l’Amphithéâtre de l'École d'art
7, rue Violette
84000 Avignon

Contact :
Académie de Vaucluse
Hôtel Salvati–Palasse
5, rue Galante – 84000 Avignon
Tél / fax : 04 90 82 44 23
http://www.documentation-provence.org/278_academie_de_vaucluse_avignon_htm
http://cths.fr/an/societe.php?id=1561

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Encore un copiste breton : le cornouaillais Salomon de Kerigou (XIVe s.)

19/12/11

A notre liste des copistes bretons publiée dans le dernier volume de Pecia (Du scriptorium à l'atelier) [ lien / link ], ajoutons celui de Salomon de Kerigou, dont le nom se trouve au colophon d'un manuscrit de la Bibliothèque capitulaire de Tolède (Biblioteca Capitular de Toledo, ms 9-22), un recueil de textes de Bernard de Clairvaux et d'Alain de Lille, du milieu du XIVe s. Au f. 131v on peut lire : "Hic liber est scriptus per Salomonem Guillelmi de Kerigou, clericum corisopitensis diocesis, qui sit benedictus. Amen."
Le manuscrit a appartenu à l'archevêque de Tolède, Gil Álvarez Carrillo de Albornoz (1338-1350), cardinal au titre de Saint-Clément (1350-1356).
Note au f. 322v : "Anno Domini M CCC LIII die Jovis decima Januarii reservavit dominus noster Innocentius papa sextus magisterium de Montesa dispositioni sue et mandavit mihi Egidio tituli sancti Clementis presbitero cardinali quod deberem scribere et hoc precepit oraculo vive vocis".


Le cardinal Gil de Albornoz et le pape Innocent VI. Fresque de la chapelle des Espagnols (couvent dominicain de Santa-Maria Novella à Florence, XVe s.)

Autre note au f. 199, formule de copiste : "Finito libro si laus et gloria Christo. Finis adest operis, mercedem posco laboris" (voir par exemple, New York, Public Library, Spencer 77) . 322 f. 295 x 210 mm. 2 col. 42/44 l. Au f. 322, armes de Don Pedro Tenorio, archevêque de Tolède (1377-1399)
Salomon, fils de Guillaume de Kerigou devait exercer à Montpellier, Toulouse ou à Avignon, comme plusieurs de ses compatriotes.
Plusieurs villages de Kerigou en Cornouaille (Finistère) : un dans la commune de Crozon, près de Morgat, un autre en Saint-Ségal. Mais, comme me l'indique Hervé Torchet, il doit s'agir de celui d'Edern, lieu noble détenu en 1426 par Guillaume de Kerigou, faisant partie de la seigneurie de la Roche-Helgomarc'h. Guillaume est cité en 1421 dans le compte du trésorier Jean Mauléon, en 1425 dans celui de Raoullet le Neveu pour le voyage du duc de Bretagne à Amiens.  

Biblio : Antonio GARCÍA Y GARCÍA y Ramón GONZÁLVEZ, Los manuscritos jurídicos medievales de la Catedral de Toledo, Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas ; Roma, Delegación de Roma del C.S.I.C, 1970, p. 256-257.
Voir également notre post : Quelques copistes bretons dans les bibliothèques espagnoles
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Exposition : Miniatures flamandes

13/12/11

Lien : MINIATURES FLAMANDES

Âge d’or de l’enluminure flamande, le XVe siècle marque un tournant dans l’histoire du livre manuscrit. Le siècle de Bourgogne s’inscrit dans les églises gothiques, les retables brabançons, la tapisserie, les splendeurs de la musique polyphonique ou la peinture des Primitifs flamands. Mais cette efflorescence artistique voit surtout l’essor sans précédent dans les anciens Pays-Bas méridionaux de l’art de l’enluminure, la peinture des livres. De l’avènement de Jean sans Peur (1404) à la mort de Marie de Bourgogne (1482), des villes opulentes comme Bruges, Gand, Audenarde, Bruxelles, Valenciennes, Lille ou Tournai s’imposent comme de véritables pépinières de copistes, de relieurs et de miniaturistes au centre d’une production écrite d’une qualité exceptionnelle...


Exposition à Bruxelles
Du 30 septembre au 30 décembre 2011
Bibliothèque royale de Belgique
Boulevard de l'Empereur 2
1000 Bruxelles
+32-(0)2-519.53.11
miniatures@kbr.be
www.kbr.be
Commissaires
Bernard Bousmanne et Sara Lammens
 
Exposition à Paris
Du 6 mars au 10 juin 2012
Bibliothèque nationale de France
Site François-Mitterrand, Galerie François Ier
Quai François-Mauriac 75013 Paris
www.bnf.fr
Commissaires
Ilona Hans-Collas et Pascal Schandel

Lien : MINIATURES FLAMANDES



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Vente : Recueil liturgique à l'usage de l'abbaye Saint-Victor de Paris (XIIIe s.)

12/12/11


La vente RIEUNIER & ASSOCIÉS du 14 décembre 2011 propose un exceptionnel manuscrit issu de l'abbaye Saint-Victor de Paris :

Lot 152 - GRADUEL–SACRAMENTAIRE–LECTIONNAIRE DE L’ABBAYE DE SAINT-VICTOR DE PARIS. Paris, second quart du XIIIe siècle ; in-folio (297 x 210 mm) de 262 f. de vélin. Ecriture bâtarde rouge et bleue sur deux colonnes de 26 lignes. Reliure du XVIIe siècle veau granité, dos à nerfs avec cinq pièces de titre de maroquin rouge ornementées dans les entrenerfs portant : MISSALE ORD. SS. TRINIT. // MSS.
f. 1-7v. RECOMMANDATION DE L’AME et Office des morts 
f. 8-18v. GRADUEL non noté : temporal, f. 8-16v ; sanctoral, f. 17-18v, s'achève mutilé aux saints Procès et Martinien (2. VII), manquent les f. 18 et 19.
f. 19-89v. SACRAMENTAIRE : temporal, f. 19-47v ; votives, f. 47v-49v ; sanctoral, f. 49v-75v ; Communs, f. 75v-89v.
f. 90-92v. CALENDRIER
f. 93-94v. GENEALOGIES notées du Christ selon saint Mathieu et selon saint Luc.
f. 95-262v. LECTIONNAIRE de la messe comportant les épîtres et les évangiles : temporal, f. 95-226v ; Sanctoral, f. 227-244 ; Communs, f. 244v-262v.

Le calendrier, les trois sanctoraux (graduel, sacramentaire, lectionnaire) et l'office des morts montrent indiscutablement que le manuscrit a été exécuté pour la célèbre abbaye parisienne des chanoines augustiniens de Saint-Victor. Au 17 juin figure la fête essentielle de l’abbaye : Susceptio reliquiarum sancti Victoris et, au 21 juillet, le même saint Victor jouit d'une octave solennelle où il est qualifié de beatissimus. Les deux autres fêtes spécifiques du 5 juin (dédicace de l’abbatiale) et du 23 juillet (Susceptio pedis sancti Victoris) ne figurant pas dans le texte, il faut en conclure qu'il est antérieur à ces deux festivités.
Au XIVe siècle le manuscrit est passé à l'usage des Trinitaires de Paris plus connus sous le nom de Mathurins comme l'attestent l'addition de la messe de saint Mathurin à la fin du sanctoral du sacramentaire et l'adjonction au calendrier d'une note ainsi conçue au 14 juillet : Obitus Egydii de Campis qui dedit fratibus sancti Maturini centum solidos annualis census

Biblio. Sur les manuscrits de Saint-Victor, voir les travaux de G. Ouy  :
Gilbert Ouy, Le catalogue de la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Victor de Paris de Claude de Grandrue 1514. Présentation, texte et index par V. Gerz-von Büren en collaboration avec R. Hübschmidt et C. Régnier ; historique de la bibliothèque et concordances par G. Ouy, Paris, 1983, lxiii-734 p. 
Gilbert Ouy, Les manuscrits de l’abbaye de Saint-Victor : catalogue établi sur la base du répertoire de Claude de Grandrue (1514), Paris-Turnhout, 1999, 2 vol. 395 et 636 p., 8 pl. h.-t. (Bibliotheca Victorina, X)

Source : Catalogue de la vente RIEUNIER & ASSOCIÉS du 14 décembre 2011 [ format pdf ]
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Pierre de Nantes et l'« Histoire des Trois Maries » de Jean de Venette (1357)

28/11/11


Claudia Rabel (IRHT), dans une très belle étude (1) − "Des histoires de famille : la dévotion aux trois Maries en France du XIVe au XVe siècle : textes et images", dans la Revista de historia da arte, 7, 2009, p. 121-136 − nous a glissé, p. 123-124, quelques notes sur le rôle de Pierre Benoit (et non " Pierre Bernard ", dit Pierre de Nantes, ou de Guéméné) dans la propagation du culte des Trois Maries. En fait, c'est à Jean de Venette, carme parisien (et sans doute chroniqueur ? second continuateur de la Chronique latine de Guillaume de Nangis ?) que nous devons de précieux renseignements sur notre Breton. Auteur vers 1357 d'un long poème en vers français sur l'histoire des Trois Maries (encore inédit), Jean Fillon, dit de Venette, près de Compiègne, raconte qu'il rendit plusieurs fois visite à Pierre de Nantes, alors évêque de Saint-Pol de Léon, retenu dans son lit, à Longjumeau, près de Chilly (au prieuré de Saint-Eloi, dépendant du Val-des-Ecoliers) (2), malade de la goutte dont il ne dut la guérison miraculeuse qu'à l'intercession des trois Maries, et qu'il se rappelait avec certain plaisir les repas qu'ils avaient pris ensemble ... [ dans l'édition de Lyon : en ligne sur Gallica ].

Uns prélat fu moult charitables,
Bons clercs était et véritables
de saint Pol de Lyon yère (= était)
Evesque, et est son nom Pierre.
C'est un prélat qui vit encore
Nul plus preudomme ne scay je ore (= maintenant)
Et moult bon clerc est-il sans faille ...

Pierre, guéri, accomplira le pèlerinage promis sur les tombeaux de Marie Jacobé et Marie Salomé aux Saintes-Maries-de-la-Mer. En cette circonstance, il compose un office et fait élever trois autels en leur honneur : dans la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, à Longjumeau, et au couvent des Carmes de Paris de la place Maubert ( un des tableaux situés à l'arrière du choeur portait la signature de son auteur : " F. Yvo carmelita 1357 ", certainement un carme breton) (3) :

Quant guaris fut ly bons prélats
Et partit son pèlerinage,
Office en fit de biau latin
pour dire au vespre et au matin ;
Et fit fonder de biaux auteulz
Vous ne verrez des moys auteulz :
Un en fonda droit à Saint Pierre
De Nantes, qui est fait de pierre
Moult noblement, trestout d'albatre,
Ymages sont ou trois ou quatre ;
Un autre au Val des Escoliers,
A Longiumel près de Paris :
Fist il fonder quant fu guéris.
Après des biens dont habonda
Un bel autel aussi fonda
A Paris, au revestiaire (= sacristie)
Des Carmelistres le fit faire :
Et de ses mains le dédia
Au nom des suers où se fya :
Belle painture et délittable (= délectable)
Mist sur l'autel en une table ;
Derrier le grant autel quérez
Au long du cuer, là trouverez
L'autel moult bel et les paintures
Des Maries, et les figures
De leurs maris et de leurs filx :
Tout y est mis, je vous affis (= assuré) ;
Ne verrez maz (= davantage), plus biaux ymages,
Sy bien pourtraiz ne telz visages.
(Paris, BnF, Fr. 1351, f. 220v-221)

Suite au décès de Guillaume de Kersauzon, Pierre fut nommé à l'évêché de Saint-Pol de Léon le XV des calendes de juin (18 mai) 1328. Il était alors doyen de Châteaubriant, au diocèse de Nantes, et simple diacre. Nous savons qu'il était allié à la famille Bardoul qui donna quelques légistes de renom. En 1334, il consacre la cathédrale de Saint-Pol. Il fit soumission à la Chambre apostolique le 14 de Juillet 1349 pour sa nomination à l'évêché de Saint-Malo, et l'année suivante fit des statuts pour son nouveau diocèse. Il permute, en février 1359, avec Guillaume Poulart, évêque de Rennes, cité où il entre solennellement le 3 novembre 1359, consacrant le même jour sa cathédrale. Pierre de Nantes mourut vers la fin de l'an 1363. Les verrières de Rennes lui donne pour armoiries : d'argent semé de merlettes d'azur à un croissant d'or en abîme et au franc quartier de sable. (A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Volume 1,  p. 73)


Vitrail de Rennes [ lien ]. Merci à François du Fou.

(1) [ en ligne, format pdf ]
(2) Depuis août 1331, Chilly et Longjumeau appartenaient au duc de Bretagne [ lien ]. Sur les Augustins du prieuré de Saint-Eloi de Longjumeau voir AD Essonne, 4 H. Catherine Guyon, Les Ecoliers du Christ: l'ordre canonial du Val des Ecoliers, 1201-1539, Publications du CERCOR, 1998, p. 101 sq. [ extraits ]
(3) Milin, Antiquités nationales, 4, p. 24.

Manuscrits de l'histoire des trois Maries

<> London, British Library, Egerton 3050. Ancien Ashburnham 602. XIV/XVe s. Papier. 223 f. Batarde. 2 colonnes de 41 lignes. Initiales. [ description en ligne ]
<> Paris, BnF, Fr. 1531  [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d'Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes).
<> Paris, BnF, Fr. 1532  [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d'Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes)
<> Paris, BnF, Fr. 12468. [ numérisé sur Gallica ]. Parchemin. 232 f.  300 x 220 mm. 2 col. XIV/2 s. A la fin, le nom du copiste (f. 232 v) : « Per manum P. de Cruce » ; et une note grattée : « Ce livre est de messire B... [mil] CCCCXLVIJ. ». Au f. 1, ex-libris : « Bibliotheca Sedanensis. »
<> Paris, BnF, Fr. 24311. Parchemin. iv et 226 feuillets à 2 col. 320 × 235 mm. Reliure maroquin rouge. Miniatures en grisaille. Provenance : Jean Rolin, évêque de Chalon puis d'Autun, armes, d'azur, à trois clefs d'or posées en pal 2 et 1 peintes aux f. 1 et 5. Ancien De La Vallière 2765 :

Cy commence le liure intitule le liure des troiz maries lequel compila fit & ordonna frère Jehan Filions de Venette lez compiegne en beauuoisins de lordre des Carmes lan 1357 acompli ou moys de may ledit an a lheure des compiles, in fol. m. r.
Très Beau Manuscrit sur vélin du milieu du XV siecle, contenant 232 feuillets écrits en lettres appellées ancienne bâtarde, sur 1 colonnes. Les titres y sont en rouge, & les lettres tourneures peintes en or & en couleurs. Il est orné de 7 miniatures qui sont exécutées en camaïeu gris. Il a appartenu à un Abbé ou à un Evêque de la maison de Rolin, dont les armes avec une crosse se voient sur le 10e feuillet.
Les trois Maries dont il est parlé dans l'Ouvrage en vers de Jean de Venette, sont : Marie, Mère de Notre Seigneur, Marie Cleophé & Marie Salomé. M. de Sainte Palaye dans le tom. XIII. des Mém. de l'Académie des Inscriptions ; & l'Abbé Goujet, dans le tom. IX de sa Bibliotheque, ont donné de longues notices de ce Poème de Jean de Venette, qui est aussi Auteur de la seconde continuation de la Chronique de Guillaume de Nangis. (Catalogue, II, 1783)

<> Paris, BnF, Fr. 24344, f. 213v-232v. Divers traités dont l'histoire des Trois Maries.  XVe siècle. Parchemin et papier. 404 f. 300 × 215 mm. Demi-reliure.

Listoire Des Trois Maries, Par Frere Jehan De Venette.
Prologue :
In nomine domini amen.
Chi commenche li prologues du livre de la saincte et haulte histore des glorieuses maries filles
madame saincte anne et de ses trois maris.
Incipit :
Un amy ay droit a paris
Avltre nom porte que paris
Qui moult me prie et admoneste
Qune matere treshonneste
Maite en romant a ceste fye
De trois dames ou tant se fye.
Se termine :
Lan mil ccc sept et cinquante
En may que li rossinoz chante
Un po de tamps devant complie
Fu ceste oeuvre tout acomplie
Cest listoire des trois maries
Les hautes suers tres bien meries
...
La matere est belle et honneste
Freres Jehans dis de venette
Nommes fillons la ordonnee
De Dieu soit s' ame couronnée,
Qui nous doint paix et paradis :
Dites amen, adieu vous dis.
Explicit l'istoire des trois Maries, c'est de nostre Dame la haute dame Vierge, mère de nostre seigneur Jésus-Christ, et de ses deux suers, dittes Marie Jacobée et Marie Solomée, toutes filles à Madame sainte Anne, et aussi l'histoire de sainte Anne, et de touz leurs maris et leurs enfants, et de leur trespas de toutes et de touz, et moult d'autres belles narracions touchans et appartenans à elles. Fait et accompli, à Paris, par un frère des Carmes, l'an mil IIIc LVII du moys de may. Priez pour lui. Amen.

C'est loroison en latin que ly bons evesques Pierres de Nantes adont evesque de Saint Pol de Leon en Bretaigne dont mencon est faite vers la fin de ce livre fist en la maladie qui est recitee illec endroit et disoit ???? en la dicte langueur ou il estoit et en guery, et est mise en françoiz ou livre. »
Ci-dessous Paris BnF, 1531 et 1532. Quelques légères différences.




(c) Stockholm, Musée national, B 1211, f. 207v

Nobile collegium
Sanctarum Sororum trium
Quibus nomen est Maria,
Vestrum sanctum suffragium
Imploro ad praesidium
Nunc in ista angustia.
Quae erit Christo gratior,
Aut quae sibi acceptior
Quam sit vestra oratio!
Nulla sibi conjunctior,
Nulla sibi proximior
Quam sit vestra cognatio.
Tu sibi, Virgo, mater es,
Inde sibi quod imperes
Et naturae dat ratio.
Vos vere duae caeterae
Estis ejus marterterae.
O quam ingens affectio!
Vobis me dedicaveram
In servum, et decreveram
Me met ipsum expendere,
In devotis officis
Et debitis obsequiis
Vestri Deique munere.
Sed in morbo jam imbibor
Deficiens et delibor,
Si nunc desit remedium.
Ergo, dulce consortium,
Vestrarum precum dulcium
Sentiam nunc auxilium.
Amen.

L'édition revue de Jean Drouyn, imprimée de Lyon, 1519 (1e éd. Paris, 1505) :

La Vie des troys Maries, de leur mère, de leurs enfans et de leurs maris. Composé en rime françoise par Jean de Venette et translaté de rime en prose par Jean Droyn. Nouvellement corrigée par ung vénérable docteur en théologie... imprimée à Lyon sur le Rosne par Claude Nourry, "alias" Le Prince, le VI jour de juillet, l'an de grâce mil cinq cens et XIX [ en ligne sur Gallica ]

Biblio :
M. de La Curne, Mémoire concernant la Vie de Jean De Venette, avec la Notice de l'Histoire en vers des Trois Maries, dont il est Auteur, 1736  [ en ligne ]
Hercule Géraud, "De Guillaume de Nangis et de ses continuateurs", dans Bibliothèque de l'école des chartes, 3, 1842, p. 17-46 [ en ligne sur Persée ]
M. Faillon, Monuments inédits sur l ́apostolat de S.Marie Magdaleine en Provence, Publié par l'abbé Migne, 1848-1850, t. I, c. 1316, t. II, c. 945-950.
E. Déprez, Une tentative de reforme du calendrier sous Clement VI : Jean des Murs et la Chronique de Jean de Venette [ en ligne sur Persée ]
Jeanne Bouny, Edition critique des "Trois Maries", version de Pierre de Beauvais (XIIIe s.) et de Jean de Venette (XIVe s.), 1937, Thèse de licence, Université libre de Bruxelles.
Alfred Coville, " Jean de Venette, auteur de L’Histoire des Trois Maries ", dans Histoire littéraire de la France, t. 38, Paris, 1949, p. 355-404.
R. Newhall et J. Birdsall, The Cronicle of Jean de Venette, Columbia University Press, New York, 1953.
La chronique dite de Jean de Venette, édition critique, par Erik Le Maresquier, p. 83-85, dans Positions des thèses, Ecole nationale des chartes, 1968.
Chronique dite de Jean de Venette, Traduction Colette Beaune, LGF/Le Livre de Poche, 2011

1e illustration : Sainte Anne et les trois Marie. Heures d'Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet. Paris, BnF, département des Manuscrits, NAL 1416, f. 115.

Quelques lieux de culte aux Trois Maries en Bretagne
Au XVIIe siècle, Corps-Nuds, en Ile-et-Vilaine, est quelquefois appelé Cornut-les-Trois-Marie ou Corps-Nuds-les-Trois-Marie, à cause de la chapelle des Trois-Maries qui fut probablement l'église primitive : Sanctus Petrus de Corporibus Nudis vel tres Mariae.
L'église de Cardroc (Ile-et-Vilaine) est sous l'invocation des Trois Maries.
Chapelle des Trois-Maries à Vitré ( Ille-et-Vilaine )
Couvent des Carmes des Trois-Maries, près de Vannes (Morbihan), fondé par la duchesse Françoise d'Amboise. Le sceau du couvent représentait une " Vierge au manteau ", le " front ceint du bandeau royal, portant sur ses épaules un vaste manteau, dont un côté soulevé par sa main gauche laisse voir un grand nombre de religieuses dans l'attitude de la prière et de la contemplation, et l'autre côté, soulevé par l'Enfant Jésus assis sur le bras droit de sa mère, d'autres religieuses abritées sous ses plis". André Jean Marie Hamon, Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, IV, Paris, 1864, p. 429. Voir pour d'autres exemples de " Vierge au manteau ", l'article de Claudia Rabel cité plus haut. Voir : " Visa de la Chambre des Comptes de Bretagne relatant la : commission de la reine Anne autorisant le déplacement du couvent des Trois-Maries du Bondon, qui est étroit et malsain, et déléguant Ph. De Montauban, chancelier de Bretagne, J. Berthelot, docteur ès droits, vice-chancelier, G. du Quirisec, archidiacre de Vannes, Louis des Déserts, sénéchal de Vannes, O. de Loyon, son premier écuyer tranchant, capitaine de Vannes, la mission d'examiner les imperfections du couvent et de choisir, s'il y a lieu, un autre emplacement d'une étendue de 8 journaux, et décrétant que le nouveau couvent sera édifié sous l'invocation de la Conception de Notre-Dame (1513) ". ADLA H 381.
Chapellenie des Trois-Maries en l'île de Bouin (ancien diocèse de Nantes)
Cathédrale Saint-Pierre de Nantes : Chapellenie des Trois-Maries (ADLA, G 185) - " Maison des Trois Maries " près de la rue des Carmelites.
Chapellenie des Trois-Maries à Saint-Aignan (Loire-Atlantique)
La troisième des trois fontaines du sanctuaire marial de Gouézec (Finistère) est placée sous la protection des Trois Maries [ lien ] (Merci à André-Yves Bourgès par cette référence

A lire sur le sujet : différents messages sur la liste de discussion : La Bretagne au Moyen Âge (André-Yves Bourgès, Pierre-Yves Quémener, Amaury de La Pinsonnais ...)

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