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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing
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I N C I P I T

07/07/14


Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910), et à l'érudit François Duine, clericus dolensis (1870-1924) est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.
This blog is dedicated to the great manuscript scholar Léopold Delisle (1826-1910), and to François Duine, clericus dolensis (1870-1924), and (almost exclusively!) to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing.
All contributions to this subject are welcomed, as well as any additional commentary or opinions.
Jean-Luc Deuffic
Contact : pecia29@orange.fr /// Site web // Academia.edu

[ Illustration : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
The New website of the journal PECIA : LE LIVRE ET L'ECRIT [link] - Edition : Brepols Publishers (Turnhout)
DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l'écrit, 7 (2009) 2010 : Notes de bibliologie. Livres d’heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe s.)
Pecia. Le livre et l'écrit, 13 (2010) 2011 : Du scriptorium à l'atelier. Copistes et enlumineurs dans la conception du livre manuscrit au Moyen Age
Pecia. Le livre et l'écrit, 14 (2011) 2012 : Texte, liturgie et mémoire dans l'Église du Moyen Âge
Pecia. Le livre et l'écrit, 15 (2012) 2014 : « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine: Anne de Bretagne (1514). Textes, images et manuscrits


VIENT DE PARAITRE
JEAN-LUC DEUFFIC
Inventaire des livres liturgiques de Bretagne. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790.
Manuscrits et imprimés (français, latin, breton)
ISBN 978-2-7466-6731-0.
CDROM. Fichiers pdf. Recherche par mot. Index des titres et des manuscrits. Index des noms de saints.
Environ 1600 pages – 1800 notices de livres et de manuscrits
PRESENTATION - RECENSION - COMMANDE >>>>>>>>>>>
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Blog en sommeil ...

06/07/14

Blog en sommeil ... pour quelques semaines. Pardon, lecteur. Mais à bientôt !
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Livres, libraires, copistes : notes diverses tirées des sources parisiennes (XIIIe-XVe siècle)

01/07/14

NICOLAS DE DOLE
Testament :
Item je laisse a la chapelle saint aignen mon messel ainsi que aultrefois ay fait et y est escript en ycellui de ma main.
Sources : Paris, AN, L 535, n° 48, 8 septembre 1426.
Chanoine de Saint-Denis-du-Pas (1407) et de Notre-Dame de Paris
Sur Nicolas de Dole et Nicolas de Baye
Base Paris au Moyen Âge 

DENIS
et THOMAS D'IRLANDE, copistes
1272 : Denis et Thomas de Ybernia scriptores clercii ont été mis en prison du chapitre pour s'être battus dans le cloître Notre-Dame, l'un d'eux pour avoir tiré son couteau contre un serviteur du chanoine Robert de Bertecourt.
Source : Paris, AN, L 508, n° 1 er 2.

HUGUES, copiste de la rue Saint-Magloire
Avril 1243 : Hugues, copiste de la rue Saint-Magloire de Paris, et son épouse Ermeniarde, vendent à l'abbaye de Saint-Magloire une rente de 5 sols parisis, assignée sur un jardin à Bray, pour la somme de 37 sols paris (Hugo scriptor de vico sancti Maglorii parisiensis, et Ermmiardis (sic) eius uxor).
Source : Revue Mabillon, 1922, p. 156.

LAURENT GRIDEAU, libraire
26 juillet 1454 :

Aujourdui Thomasse, vefve de feu Laurens Grideau, en son vivant libraire, a renoncié et renonce a la communaulté des biens meubles et immeubles d'entre elle et son dit feu mari, qui trespassa mardi derrenier passé, comme elle dit, pour obvier aux debtes deues par ledit deffunct, requerant par ladicte Thomasse de ce avoir lettre...

Source : Paris, AN, Y 5232, f. 78) - Edition : Martin, dans Revue historique de droit français et étranger, 1914, p. 484, n° 166.
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Thibaud le Breton, stationnaire ("vendeur de livres") à Paris au XIIIe siècle

01/07/14

Parmi les premiers libraires originaires de Bretaigne installés à Paris figure le clerc Thibaud le Breton sur lequel nous possédons une documentation assez conséquente, dans la mesure où son patrimoine immobilier, imposant pour un ouvrier du livre, a laissé de nombreux actes qui permettent de cerner le rang social du personnage.
Comme bon nombre de ses confrères, Thibaud tient boutique dans la rue Neuve Notre Dame, tout près de la cathédrale, où nous le rencontrons dès 1256. De même, il posséde au moins une maison (et plusieurs rentes) en la rue des Ecrivains (in vico Scriptorum) dans la censive de la Sorbonne, entre la maison du copiste Robert ad Anglum et celle du parcheminier Jean l'Anglais.
En 1263, les frères et soeurs de la léproserie de la banlieue vendent à Thibaud le Breton (venditori librorum), et à sa femme Julienne, les 3/4 d'une maison au coin de la rue Zacharie, dans la censive des moines de Saint-Germain des Prés. Dans un autre quartier de Paris, apprécié par les Bretons, Thibaud achète en 1266, de Jean l'Allemand et de sa femme Lucie, une maison rue Saint-Hilaire, dans la censive de Saint-Marcel, appelée la Haute Maison, laquelle portera vers 1400 l'enseigne de l'Escu de Bretaigne et deviendra pour quelque temps, dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'enseigne de l'imprimeur Jean Macé.
Thibaud le Breton possédait encore plusieurs rentes dans le rue Percée, dans la rue des Noyers et dans la rue des Amandiers. Dans cette dernière rue une maison qui lui appartient est taxée par l'Université de Paris au prix de 7 livres : elle consiste en 4 chambres, un cellier et une grande cuisine.


Cliquez sur la photo pour agrandir

Malheureusement nous n'avons trouvé aucun manuscrit portant la marque de Thibaud le Breton.
Le libraire dut mourir peu avant 1288. L'année suivante, un avocat breton, Yves dit le petit clerc, exécuteur testamentaire de Julienne, alors veuve, vend à l'Hôtel-Dieu une maison (en mauvais état) au coin de la rue Zacharie, moyennant 20 livres parisis.

Sur le terme stationnaire [ lien ] [ lien ]
Sur Thibaud Le Breton :
Charles Jourdain, "La taxe des logements dans l'Université de Paris", dans Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, t. IV, 1877 (1878), p. 148. repris dans :
Charles Jourdain, Excursions historiques et philosophiques à travers le Moyen Âge, Paris, 1888, p. 257.
Palémon Glorieux, Aux origines de la Sorbonne II : Le Cartulaire de la Sorbonne, Paris, 1965, p. 23, 145, 171, 286, 335, 336, 346, 362, 372.
Annales de Bretagne, 1974, p. 337.
Richard H. Rouse et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200- 1500, Londres, Harvey Miller, 2000, vol. II, p. 135-136.
Keith Busby, Codex and Context : Reading Old French Verse Narrative in Manuscript, Volume 2, 2002, p. 31, 36.
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Qui cest escript a droit verra / Nom et seurnom y trouverra

29/06/14

G A L L I C A vient de mettre en ligne un exemplaire de la Consolation de la philosophie de Boèce, dans une traduction jadis attribuée à tort à Charles d'Orléans, erreur que Léopold Delisle a dissipée. L'intérêt de ce manuscrit (Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982) est de nous donner le nom du copiste et celui tout aussi précieux du destinataire en acrostiche "Jehan de Langres esmailleur". Le copiste Raoulet d'Orléans est bien connu (1) ; le destinataire a laissé son nom dans la liste des orfèvres de la "monnaie de Paris" :

Ce jour (1er mars 1401), Jehan de Lengres fit le serment de bien et loyaument exercer en sa personne l’office de la taille des fers de la monn° de Paris, et que aucuns fers il ne baillera ne fera, se n’est aux gardes de lad. monn° et sy ne exercera fait de change.

En 1402,

Jehan de Langres, tailleur des coings de la monnaie de Paris, reçoit 9 livres tournois pour avoir fait quatre paires de fers à gettouers d'argent, pour Ysembart Martel, Miles Baillet, Jean Chanteprime et Gui Chrestien.


Transcription :

C'est le congie de lescrivain.
Icy en droit fine Boece,
En qui pevent trouver l'adresce
Homs et femmes, par ses recors,
A sauver leurs ames et corps.
Non pas eulz laissier tourmenter
De desespoir, ne seurmonter
En orgueil lort pechie terrible,
Le plus grief de tous et horrible ;
Ainçois est d'avoir pacience.
Nuit et jour, et querre science
Glorieuse pour Dieu amer.
Requérir, servir, honnorer.
Et la doulce vierge Marie,
Sur tous les cielx d'ange chierie,
En qui divine pourveance
Se mist et ot double substance
Merveilleuse pour nostre amour,
Ausquelx prierons sans demour.
Jointes mains, que ilz gardent d'yre
Li vaillans homs qui flst escrire
Le livre assez bien compassez.
Et les ames des trespassez
Vueillent garder de maulx liens.
R. dit Amen d'Orliens.
Qui cest escript à droit verra,
Nom et seurnom y trouverra.

NOTES
(1) Wolfgang Oeser, "Raoulet d’Orléans und Henri du Trévou, zwei französische Berufsschreiber des 14. Jahrhunderts und ihre Schrift", dans Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, 42, 1996, p. 395-418. H. Rouse & M. A. Rouse, Manuscripts and their Makers, H. Miller, 2000, 1, p. 273–279 ; 2, p. 121–122. Quelques colophons de Raoulet d’Orléans : Bénédictins du Bouveret, Colophons de manuscrits occidentaux des origines au XVIe siècle, Volume 5, p. 186 sq. [en ligne]

A VOIR
Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982 sur Gallica
ARLIMA (Laurent Brun)
Léopold Delisle, "Anciennes traductions françaises de la Consolation de Boëce conservées à la Bibliothèque nationale", dans Bibliothèque de l'école des chartes, t. 34, 1873, p. 5-32 [en ligne sur Persée]
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Guillaume de Lescouet, notaire et libraire breton à Paris au XIVe siècle

25/06/14


Signature de Guillaume de Lescouet

Préparant un petit catalogue prosopographique des libraires bretons au Moyen Âge, ces quelques lignes pour présenter un de ceux qui ont exercé à Paris.
En fait, sur le nom même j'ai quelque peu hésité. LESCONET ou LESCOUET ? Mon choix s'est toutefois porté sur le second dans la mesure où Guillaume de Lescouet se dit clerc du diocèse de Léon (clericus Leonensis diocesis, publicus apostolica et imperiali auctoritate notarius), région où ce patronyme est attesté anciennement. Ainsi un Guillaume de Lescouet figure comme gouverneur de Lesneven en 1357.

Le premier acte retrouvé portant le paraphe de Guillaume de Lescouet, comme notaire public (= tabellion), est la prestation de serment de son compatriote Henri GUILLOU comme libraire-juré de l'Université de Paris en septembre 1351. Du reste, ce même Guillou est connu aussi comme copiste d'un manuscrit de la Bibliothèque Cathédrale de Valence (ms. 10), exécuté pour le pape Clément VI : Nicolas de Gorran, Postilles. « Expliciunt postille fratris ni // cholai de Gorran super psalte // rium. // Hic liber est scriptus per henricum Guilloti pro Sanctissimo patre // ac domino domino clemente papa sexto // cuius anima requiescat in pace // Amen. Anno domini millesimo trecentesimo // quinquagesimo secundo die iovis // ante ramos Palmarum ».  

En 1355 le nom de Guillaume de Lescouet se retrouve, comme libraire cette fois, mêlé à une transaction avec Gui Bodier, recteur de la paroisse de Saint-Malo de Pontoise, au sujet d'un exemplaire de la Légende dorée de Jacques de Voragine, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Carnégie de Reims (ms. 1386) : "Dominus Guido Boderii rector parrochialis ecclesie Sancti Macuti de Pontisara, Rothomagensis diocesis, uendidit magistro Guillelmo de Lescouet, notario publico, librario, etc. istam legendam, pro precio VIII scutorum, ... anno LVto, die iouis post festum Prurificationis".

Le 23 janvier 1359, Jean de Joy, chapelain de Sainte-Agnes fait une donation, cet acte sera établi dans la maison même de Guillaume de Lescouet, rue Neuve Notre Dame, proche de la cathédrale, là où sont installés généralement libraires et copistes de Paris : "acta fuerunt hec in domo habitacionis mei Guillelmi de Lescouet notarii publici infrascripti sita in vico novo beate marie paris."

Un document de mars 1363, où Guillaume de Lescouet est qualifié de "tabellion du pape", nous fait connaître le nom de sa femme : Peronelle Boucher. Ensemble, ils achètent plusieurs rentes sur des maisons dont une appartient aux héritiers de Guillaume Jacques (autre notaire breton) et à Jean Le Boucher (père de Peronelle).
Enfin, dans les lettres patentes de Charles V portant exemption du guet et de la garde des porte de Paris, datées du 5 novembre 1368, figure le nom de Guillaume de Lescouet parmi les 14 libraires listés qui échappaient à cette corvée.

Voici donc quelques éléments biographiques de notre notaire-libraire breton maitre Guillaume de Lescouet qui décéda après 1386, date à laquelle il est encore mentionné dans le Registre des causes civiles de l'officialité épiscopale de Paris.

SOURCES : Paris, Archives nationales, L 715, n° 5 ; M 68, n° 39, 45, 54, 55 ; S 92 ; S* 1647

Guillaume Lesconnet (Lescouvet, de Lescouet) cité dans:
Paul Delalain, Étude sur le libraire Parisien du XIIIe au XVe siècle, Paris, 1891, p. 44.
Richard H. Rouse et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200- 1500, Londres, Harvey Miller, 2000, vol. II, p.

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« Les troys premiers livres de Diodore Sicilien », manuscrit de François 1er, dans les collections du marquis d'Assérac

23/06/14


© Musée Condé

Si Jean Emmanuel de Rieux, marquis d'Assérac, possédait une exquise bibliothèque, pour l'augmentation de laquelle il travaille avec un grand soin (Louis Jacob, 1644), il est assez étonnant d'y trouver hors ses domaines d'intérêt (astrologie judiciaire, art militaire), de superbes manuscrits. L'un d'entre eux a même une provenance royale et se trouve aujourd'hui conservé dans la prestigieuse bibliothèque du Musée Condé de Chantilly (ms 721). Son frontispice somptueux, peint entre autres par Jean Clouet, en 1534, a fait l'objet d'une étude de Cécile Scaillierez dans la Revue du Louvre (4/1996, p. 47-52).
Cet exemplaire des Troys premiers livres de Diodore Sicilien, traduit en français par Maistre Anthoine Macault, notaire, secrétaire et valet de chambre ordinaire du roy, est sorti très anciennement de la bibliothèque de François premier, portant encore sa reliure d'origine de veau brun à compartiments dorés, avec un semis de fleurs de lis et de F.

Au début de l'ouvrage, une grande peinture frontispice représente François Ier écoutant la lecture de Macault. Assis sous un dais fleurdelisé, devant une table recouverte d’un tapis vert, sont présents ses trois fils, de même que les grands officiers de la Couronne, parmi lesquels on reconnaît le grand-maître Anne de Montmorency, l’amiral Philippe Chabot et le chancelier Antoine Duprat. Ce frontispice fut reproduit dans l’édition donnée en 1535 par Geoffroy Tory.


La signature de Jean Emmanuel de Rieux sur la page de titre

Ce manuscrit enluminé par Jean Clouet, Noël Bellemare, et par le Maître de François de Rohan, a appartenu à Firmin-Didot (catalogue, 1810, n° 880), puis à M. Beckford, et finalement au duc de Hamilton. Lors de la vente faite à Londres au mois de mai 1889, il fut acquis par M. le duc d’Aumale. Nous n'avons pas encore l'explication de la présence d'un tel manuscrit dans les collections du marquis d'Assérac.

BIBLIO
Cécile Scailliérez, "Un portrait méconnu de François Ier peint par Jean Clouet : le frontispice des Histoires de Diodore de Sicile au musée Condé de Chantilly", dans La Revue du Louvre et des musées de France, 1996, 46, 4 Cécile Scailliérez et Patricia Stirnemann, L'Art du manuscrit de la Renaissance en France, Somogy édition d'art / Musée Condé Château de Chantilly, 2001, p. 46-49.
Sur le manuscrit du Musée Condé : Geofroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royal (1865).
Léopold Delisle : « Traductions d’auteurs grecs et latins offertes à François Ier et à Anne de Montmorency par Etienne Le Blanc et Antoine Macault », dans le  Journal des Savants, août et septembre 1900.
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Le marquis d'Assérac († 1657) : des voyages et des livres ...

22/06/14

Poursuivant mes recherches sur le marquis d'Asserac (1) et sa bibliothèque, j'ai levé ci-dessous une carte de ses parcours livresques en Europe entre 1629 et 1656. Régulièrement, Jean-Emmanuel de Rieux annote ses ouvrages avec des mentions de lieux ou des prix d'achat. Bien entendu la plus grande partie provient de la région sud de la Bretagne, entre sa demeure du château de Ranrouët (Herbignac) où se trouve son "cabinet" et Nantes. Son séjour en Italie en 1629 lui a permis de ramener plusieurs ouvrages constituant ainsi un fonds important (près d'une cinquantaine d'exemplaires recensés), car notre homme est italianisant (de même il devait connaître l'espagnol ... et peut-être même avait quelques notions d'arabe).
Sa carrière militaire l'a mené vers les Pays-Bas où il a pu acquérir des livres à Amsterdam et La Haye. Mais il en faisait également venir de Flandre comme le précise cet ex libris : " J'ay receu de Flandre ce volume le 30 aoust 1646. Jean Em. de Rieux " (Bibliothèque Sainte-Geneviève FOL V 97 INV 124), ou d'Italie : "Envoié de Rome à Jean Emanuel de Rieux, marquis d'Assérac, et receu le 24 aoust 1651, par le R. P. Nolano doct. de l'ord. des prescheurs" (Bibliothèque Sainte-Geneviève, 4 D 1162 INV 1204).


Cliquer sur la carte pour agrandir

Nous avons recensé à ce jour 174 ouvrages provenant des collections du marquis d'Assérac, dont 160 conservés dans la seule Bibliothèque Saint-Geneviève ; un à la BM d'Angers ; 3 à la BnF ; un à la BM de Bordeaux ; un à la BM de Grenoble ; un à la BM de Lyon ; un à la Bibliothèque Mazarine ; un à Moscou ; un à la BM de Saint-Quentin ; un à la BM de Troyes ; et enfin 3 passés dans des ventes publiques.

Merci à ceux qui pourraient me signaler d'autres ouvrages du marquis d'Assérac ...

Note (1) Voir nos post : Jean-Emmanuel de Rieux, marquis d'Assérac († 1657) : un lettré « bien versé dans les sciences » ... - Du nouveau sur le Marquis d'Assérac ... -


Signature de Jean Emmanuel de Rieux marquis d'Assérac (BM Lyon)
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Les origines bretonnes du « graveur et tailleur de lectres a imprimer » Claude GARAMONT

17/06/14



Le nom de « Garamond » reste familier à ceux qui fréquentent les livres et s’intéressent à leur histoire. Ce « caractère » témoigne encore aujourd’hui de la renommée de son concepteur et il n’est donc pas étonnant qu’un site institutionnel soit dédié au célèbre graveur et tailleur de lettres, sur lequel on trouvera quantité d'informations précieuses, archives et bibliographie :
http://www.garamond.culture.fr/fr

Cette présente note ne s’attardera pas sur l’oeuvre du « maître », mais tout simplement sur ses origines bretonnes. En fait GARAMONT n’est pas son véritable patronyme. Son père s’appelait Yvon GARAMOUR, et exerçait comme imprimeur à Paris à la fin du XVe siècle. Ce nom de GARAMOUR reste essentiellement usité au pays de MORLAIX / LANMEUR, dans le nord du département actuel du Finistère, à l'extrémité de la Bretagne. L'imprimeur breton suivit l’exemple d’autres compatriotes venus s’installer dans la capitale comme le productif Guillaume ANABAT (originaire de Morlaix, spécialiste du Livre d’heures) ou encore Yvon QUILLEVÉRÉ, libraire-imprimeur établi depuis 1498 à Paris, installé en 1530 rue de la Bûcherie, à l'enseigne de la Croix Noire.

Yvon GARAMOUR épousa Françoise Barbier, issue peut-être du même milieu, parente probable de Symphorien Barbier, ou de Jean Barbier, imprimeurs de livres et bourgeois de Paris. Un acte du 13 juin 1547 fait mention d’une donation faite par « par Yves GARAMOUR, natif de Bretagne, frère de l'hôtel hôpital des Quinze-Vingts aveugles, audit hôpital de son corps et ses biens », montrant qu'à cette date il devait être sur la fin de sa vie. (Paris, AN, MC/ET/CXXII/159).

Claude devenu GARAMONT fit son testament le 23 septembre 1561 (il demeurait alors rue des Carmes), dans lequel il cite encore sa mère Françoise Barbier, toujours vivante, mais âgée et aveugle, et qui n'a pas « le moyen et discretion de se conduyre ». Claude avait épousé Guillemette Gaultier en premières noces, et s’était remarié, avant 1551, à Ysabeau Le Fèvre.


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Glanes bretonnes : métiers du livre et étudiants à Paris au XVIe siècle

16/06/14

Nous avons relevé ci-dessous quelques documents des Archives Nationales (Paris) relatifs aux livres ou aux étudiants bretons de Paris :

Mise en serviteur et apprenti, pour deux ans, par Yves Maguet, prêtre, principal du collège de Kerambert, d'Alain Moalic, originaire de Landerneau en Bretagne, âgé de vingt-deux ans, chez Rolin de Breuille, libraire et relieur de livres, rue des Carmes, qui lui fournira le gîte et le couvert et recevra dix écus d'or soleil, dont deux écus comptant, deux à Pâques, deux à la Saint-Remi et le reste à Noël 1550.
17 octobre 1549 - MC/ET/XXXIII/34 , fol. XIIIxxXVI, fol. 276.

Bail viager, à la vie des deux époux, par le collège de Tréguier, à Hervé Bolsec, libraire et bourgeois de Paris, marié à Marie Bénard, de deux étables contiguës, 'une vifz entre deulz', dépendant du collège, sises rue Saint-Jean-de-Latran, dites la Grande et la Petite étable, mesurant trente-quatre pieds de long, que les preneurs convertiront en deux ouvroirs ; loyer annuel : 6 l. t. 29 juillet 1522 - MC/ET/XXXIII/7, fol. 152.

Olivier Dargant, natif de Thogonenens (??), diocèse de Tréguier, se baille comme serviteur et apprenti pour 2 ans de ce jour à Georges Sauberon, marchand libraire et relieur de livres à Paris. 14 juin 1565 - MC/ET/XXXIII/50.

Assemblée en la salle du Collège de Tréguier des bretons bretonnants natifs du pays de la Basse Bretagne qui constitue procureur maître Louis Utin, secrétaire de monseigneur de Martigues, pour solliciter du prévôt de Paris la nomination d'un nouveau chapelain et garde perpétuel de la chapelle et confrérie Saint-Yves à Paris en remplacement de défunt Jean Le Bastard, prêtre. 11 novembre 1568. MC/ET/XXXIII/188.

Reçu par Guy Leclerc, Yves Cosic, prêtres, et Geoffroy Legal, agissant comme procureurs de Jean Guefferus et Yves Sayte, héritiers d'Alain Guefferus, docteur régent en la Faculté de théologie en l'Université de Paris, à Louis Lasserre, prêtre, proviseur du collège royal de Champagne, dit de Navarre, exécuteur testamentaire d'Alain Guefferus : 1° de 31 l. 3 s. 6 d. t., excédant de la recette sur la dépense occasionnée par la pension et l'écolage audit collège de François "Karoulas", fils de Tanneguy "Karoulas", seigneur de "Karoulas en Bretagne" ; 2° d'un écu soleil, dû au défunt par Georges Mulot, docteur en théologie ; 3° del'Anti-Lutherus Jodoci Clichtovei ( 1 ) et du Propugnaculum ecclesie ( 2 ), jadis prêtés par le défunt aux Chartreux près Paris.- 19 (fol. XLIII) 19 décembre 1539.

Procuration par Jean Le Roy, prêtre du diocèse de Cornouaille en Basse-Bretagne, étudiant à Paris, demeurant en la maison de Bene Natus, (Bienné ?) imprimeur ès langues grecques et latines, aux fermiers de l'abbaye de Langonnet pour recevoir 10 écus d'or qu'il a prêtés à Yves Benoist, maître ès arts, natif de la paroisse de Plusquellec, audit diocèse. 9 décembre 1579. MC/ET/XXXIII/195.

Ratification par Guillaume Littré, marchand et imprimeur de livres, rue Saint-Christophe, de la vente faite par son procureur, Jean Moysan, à Alain Littré, fils de Pierre Littré, le 6 juillet 1544, du quart des 'ediffices et droictz' appartenant à Guillaume Littré, sis à 'Restourmen' ( 3 ), paroisse de Édern, moyennant treize écus soleil, somme que Guillaume Littré reconnaît avoir reçue des mains de Guillaume Pochet, messager de Jean Moysan. 3 octobre 1544 - MC/ET/XXXIII/19 , fol. 136 Vo.

( 1 ) Simon de Colines, 1524, in-f°. ( 2 ) Ibid, 1526. ( 3 ) Aujourd'hui Roc'htourment

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Le Landernéen « Charles de Rochemagne le Rouss », capucin, converti à la religion réformée (1619)

13/06/14

Traquant ex-libris et anciennes provenances, j’ai fait la rencontre récente d’une plaquette de 14 pages in-8° (non encore examinée) dont le titre en lui-même est assez significatif pour être publié entièrement :

Declaration de Charles de Rochemagne Ie Rouss, natif de Landernau en Basse Bretaigne, ci-deuant Capucin au conuent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l’Eglise Reformée dudit lieu, le Dimanche 22 de Septembre 1619. Ou sont contenues les raisons et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeuz monastiques, et s’est retiré de dessous Ie joug de la Tyrannie Papale. Ne jugez point selon l’apparence, mais jugez d’un droit iugement. I Jean, 7 24. A Lodvn de l’impression de La-Barre, 1619.

Référence prise dans les Kerkhistorisch archief, volumes 1 à 2, Amsterdam, 1857, p. 414, le seul exemplaire connu, semble-t-il, se trouve aujourd’hui conservé à l’Université de Leiden (Special Collections (KL) Bibliotheque Wallonne, BIBWAL I 124: 1 ). Il y eut un second tirage, puisque les exemplaires de Paris, BnF (D2- 10764) et de la BM de Toulouse (Fa D 19218 (63), datés de 1620, offrent un libellé quelque peu diffèrent :

Declaration de Charles de Rochemagne le Rouss. natif de landerneau en Basse Bretagne cy devant Capucin au couvent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l'église réformée dudit lieu, le... 22. de janvier 1620. Où sont contenues les causes et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeux monastiques et s'est retiré de dessous... la tyrannie papale. Jouxte la copie imprimée à Loudun, 1620.

« Charles de Rochemagne le Rouss », se dit natif de Landerneau. Le patronyme Rochemagne est inconnu à la Bretagne : s’agit-il d’une traduction française d’un nom breton (Rochemeur, Rosmeur ?) Probablement s’appelait-il « Le Roux ». Malheureusement nous n’avons pas trouvé trace de sa naissance à Landerneau, seuls les registres paroissiaux de la paroisse de Saint-Thomas remontent au-delà de 1600. Il ne fit certainement pas profession chez les Capucins de l'ancienne cité léonarde, puisque l'installation du couvent de cette ville ne date que de 1633. Il rejoignit donc celui de Chatellerault fondé en 1612 dans le faubourg Sainte-Catherine.
Quoiqu’il en soit, après sa conversion, Charles de Rochemagne, s’installa à Vitré, un des grands pôles, avec Nantes, du calvinisme breton (http://protestantsbretons.fr/histoire/etudes/questions-sur-vitre-1/)
En effet, son nom se retrouve dans les registres de l'église réformée de Vitré, à la date du 12 juillet 1620 (1), quand il se marie avec Anne Chapelais, née le 12 mars 1597 de Guy Chapelais, sieur de la Vigne, tailleur d'habits et de Judith de Launay.
Plusieurs enfants naîtront de son union avec Anne:
Elisabeth, 12 avril 1621
Charlotte, 11 mars 1622
Philippe, 5 avril 1624
Jeanne, 25 juin 1625
Marie, 18 novembre 1626
Philippe, 26 juillet 1628
Charles, 28 décembre 1630
Anne morte le 5 mars 1634, Charles de Rochemagne se réfugie par la suite à Guernesey, où il mourut à un âge très-avancé, en mars 1672 : 

Il remplissait dans l'église paroissiale de Saint-Pierre-Port l'office de Lecteur, c'est-à-dire de celui à qui il appartenait de lire les saintes Ecritures, de conduire le chant, et d'aider le ministre dans quelques-uns de ses devoirs. Il était aussi maître de l'école paroissiale. Il s'est remarié deux fois à Guernesey, d'abord en avril 1641, à Jeanne Arthur, et puis en mars 1653, à Marguerite Hodon  (Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 1877, p. 33).

Gilles-André de La Roque de La Lontière, dans son Histoire généalogique de la maison de Harcourt, 1662, p. 622-623, fait mention de « Charles de Rochemagne Breton, en la généalogie manuscrite qu'il a publiée de la maison de Montgommery », qui sans aucun doute, se rapporte à notre personnage.

NOTE
(1) Je remercie Jean-Claude Bourgeois (groupe Généalogistes du Finistère) pour une précision concernant cette date.

BIBLIO
Paul Paris-Jallobert, Anciens registres paroissiaux de Bretagne: baptêmes, mariages, Volume 1, Eglise protestante de Vitré, Rennes, 1890,, p. 25, 140.
LIENS
Le blog de Jean-Yves CARLUER : Les Protestants bretons
LE PROTESTANTISME EN BRETAGNE AUX XVIe, XVIIe & XVIIIe siècles, par Jean-Luc TULOT
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L’incunable de la « Cité de Dieu » du frère carme Bertrand Estienne

11/06/14

Bertrand Estienne
(ou Etienne, Bertrandus Stephani) et Jean Marchand (Johannes Mercatoris), carmes de la province de Touraine, bacheliers en théologie et lecteurs en l'Université de Paris, ont marqué l’histoire de l’imprimerie lorsqu’à la demande de Louis Martineau (également tourangeau), ils corrigèrent le commentaire de leur confrère anglais John Bacon sur le troisème livre des Sentences, qui sera imprimé à Paris le 15 janvier 1485 (n.s.). Cette précieuse édition in-folio est aujourd’ui conservée dans plusieurs bibliothèques (Durham, Ushaw College; Edinburgh UL (New College) ; Paris Mazarine; Valognes BM ; Leipzig UB ; Nürnberg StB ; Cambridge MA, Harvard College Library, Houghton Library, etc)



Nous avons eu la chance de découvrir le nom de Bertrand Estienne sur un autre incunable dont il fut un certain temps possesseur. En effet, à la Bibliothèque de la Sorbonne se trouve un exemplaire (Rés. In 70) de la Cité de Dieu de saint Augustin (De civitate Dei comment. Thomas Valois et Nicolaus Triveth), imprimé à Bâle par Johann Amerbach, le 13 février 1489, portant cette note manuscrite : « Ce livre appartient a fresre Bertram Estienne».
Par la suite, au courant du XVIe siècle, l’ouvrage a appartenu à Jérôme [?], religieux du prieuré clunisien de Saint-Martin des Champs à Paris, et au frère Jean, gardien du couvent (des Franciscains ?) de Quimper, sans que l’on ne connaisse exactement la chronologie de ses différentes possessions : « Dompnus Jheronimus [gratté] religiosus Sancti Martini de Campis sibi pertinet hunc librum, xiiii s. P. » ; « Ex libris fratris Johannis prepositi conventus Corizopitensis ». Un examen des écritures pourrait peut-être le déterminer.

SUDOC / Référence

Biblio : A. Claudin, L’histoire de l’imprimerie, t. 1, Paris, 1900, p. 300-301.
 


Exemplaire de la Cité de Dieu de la Bridwell Library
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Prochaines ventes : Sotheby's, Livres d'heures et statuts

04/06/14

Sotheby's 8 juillet 2014 : une des belles ventes de l'année ...
Lot 16: un feuillet avec scènes de la vie de saint Denis, enluminées par Richard et Jeanne de Montbaston (XIIIe s.)
Livres d'heures : lot 60, 61, 62, 63, 64 (Peut-être décoré à Rennes), 65
Catalogue en ligne : http://www.sothebys.com/pdf/2014/L14240/index.html

Alde - 27/06/2014, lot 58. [HEURES]. Horæ ad usum Romanum. [Flandres (?), fin du XVe siècle]. Manuscrit sur vélin de 161 f.n.ch. 130 x 90 mm. Reliure XVIe s.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=4029334



Heures (Flandres?)

SARTHE ENCHERES - 28 juin 2014. Lot 255. Livre d'heures. XVe s. 158 pages de velin. 175 x 115 mm. 8 miniatures. 4 feuillets de velin portant des annotations manuscrites, Reliure du XVIe siècle. Provenance : 1) vers 1510: Gillette de Vassau épouse d'un Pierre Clément… (p. 5r). 2) vers 1580: demoiselle Loyse Dehault épouse d'un de Grand de la région de Chaumont, (Haute Marne) (p. 2r). 3) vers 1620: Alexandre de Grand, fils des précédents (p. 162v). 4) vers 1663: Nicolas de Grand, fils du précédent (ibid.). 5) famille CAILLAUX à partir de 1812, Joseph Caillaux, etc ...Baronne ROGER née Caillaux.
http://tiny.cc/iywygx


Heures à l'usage de Langres

AUDAP - MIRABAUD - Drouot Richelieu - 26 juin 2014- Lot 51 : Livre d'heures à l'usage de Langres - première moitié du XVe siècle ; pet. in-8 (100 x 80 mm) de 153 f. à 15 longues lignes par page, reliure du début du XVIIIe s.
http://tiny.cc/82wygx

Maître Hervé LEGROUX et Hôtel des Ventes de RODEZ - 19 juin 2014
Règles et statuts de l'église collégiale et chapitre de Saint Laurent de Rouergue - XVe s.
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De l'évangéliaire breton de Tongres (IX / Xe siècle) à "La Gloire de sainte Anne" (1657)

03/06/14


(c) Base BALaT (IRPA) 

Parmi les évangéliaires bretons médiévaux encore conservés aujourd'hui, celui de la Basilique Notre-Dame de la Nativité de Tongres (Belgique), daté des IX/Xe s., est certainement l'un des plus intéressants, notamment par la longue souscription qu'il contient, nous révélant qu'il s'agit présentement d'une donation à Saint-Pern, église faisant autrefois partie de la paroisse primitive de Plouasne (diocèse de Saint-Malo), église donnée, en 1050, à l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers :

« Moi, serviteur des serviteurs de Dieu, et son fidèle disciple, bien qu’indigne, Gleuhitr, par amour du Roi éternel et de saint Bern, confesseur, pour moi-même ainsi que pour tous les chrétiens nés depuis Adam jusqu’au jour du Jugement, et pour mon seigneur abbé Loeisguoret, qui a abandonné au clergé de cette église le cens de ma maison et de mon jardin pour autant qu’ils valent, sur l’ordre de Dieu et avec l’assentiment des gens de bien, j’ai donné ce livre des Évangiles à l’église de saint Bern, dans l’évêché de saint Malo. C’est pourquoi je prie tous les successeurs de cette église, aussi bien les plus âgés que les plus jeunes, et aussi les fidèles, de n’oser enlever ce livre, ou de le soustraire en quelque occasion pour un certain temps ; ensuite, quiconque l’aura volé, ou l’aura enlevé de quelque façon de cette église, sauf avec les reliques des saints aux jours de fête, ou quiconque grattera de cette page ces lignes écrites par moi, ou enlèvera le feuillet même par mauvais esprit, qu'il soit au jour redoutable du Jugement séparé de la congrégation des saints et joint à celle des démons ».

De même, sa précieuse reliure velours, argent et pierre précieuse (XIII/XIVe s.), avec fermoirs en argent (1617), en fait un objet d'art inestimable ...

L’importance des évangéliaires pour l’étude des scriptoria bretons est comparable au succès d’une oeuvre comme celle de la Gloire de sainte Anne, qui au XVIIe siècle fut un bestseller local, en référence au grand mouvement qui se forma autour du célèbre pèlerinage de Saint-Anne d’Auray (diocèse de Vannes).

LA GLOIRE DE || SAINTE ANNE, || MERE DE LA SACRE’E || VIERGE MARIE. || REPRÉSENTE’E SOMMAIREMENT || en sa Vie, en ses Grandeurs ; Et parti- || culiérement en l’Origine, & progrès || admirable de la célebre devotion de sa Chapelle Miraculeuse près d’Auray || en Bretagne. || Auec vne Instruction aux Pelerins, & || des Prières & Oraisons pro- || pres pour bien faire ce voyage. || Par vn Pere de la Compagnie de IESUS || Le tout diuisé en trois Parties. || [ vignette : le Christ et la Vierge Marie] || A VENNES, || Par VINCENT DORIOV, Imprimeur || du Clergé & du College. 1657. || [ -- ] || AUEC PRIVILEGE DV ROY.

L’ouvrage du R. P. jésuite François de Kernatoux (1601 - † 8 octobre 1667 ) a eu son historien en la personne de Jean-Louis Debauve, « Un succès local de librairie sous l’ancien régime : les éditions de La gloire de sainte Anne (1657-1854) », dans MSHAB, t. 78, 2000, p. 75-91.
Pour notre part nous avons relevé au moins 14 éditions différentes de la Gloire de sainte Anne entre 1657 et 1770.

Description et bibliographie dans :

INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE

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INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE

28/05/14

VIENT DE PARAÎTRE




Nous avons le plaisir de vous faire savoir la disponibilité de :

Jean-Luc DEUFFIC
INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790. Manuscrits et imprimés.
ISBN 978-2-7466-6731-0.
CDROM. Fichiers pdf. Recherche par mot.
Concerne les diocèses de Quimper, Saint-Pol de Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol, Rennes, Nantes, Vannes.
Index des titres et des manuscrits. Index des noms de saints du domaine breton par diocèse.
Environ 1600 pages – 1800 notices de livres et de manuscrits.
PRESENTATION &
BON DE COMMANDE
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Les "cabinets curieux" de BRETAGNE en 1649 ...

27/05/14

Le savant Pierre Borel dressa dans son livre Les Antiquitez, raretez, plantes, minéraux & autres choses considérables de la ville & du comté de Castres d'Albigeois (Castres, Arnaud Colomiez, 1649) un Roole des prin­ci­paux cabi­nets curieux, et autres choses remar­quables qui se voyent ez prin­ci­pales Villes de l’Europe.

Dans cette précieuse liste, nous avons relevé pour la BRETAGNE :

ASSERAC, en BRETAGNE. M. le marquis d'Arserac (= Jean Emmanuel de Rieux. Nous travaillons actuellement sur ce personnage et sa bibliothèque : voir notre ancien post)

NANTES. M. Guillemin maistre apotiquaire (= Peut-être François GUILLEMIN, Maître apothicaire (source : Geneanet). Je n'ai pas eu encore accès à la thèse de J. Doucet, Les apothicaires nantais sous l'ancien régime ; thèse de pharmacie, Nantes, 1959.

PLERMEL EN BRETAGNE. Le lieutenant du Roy (= Ploërmel,  Charles (parfois appelé Jean) Gault : « ... écuier Charles Gault Sr du Tertre-Vallière à présent C(hevali)er du roy, lieutenant & juge ordinaire à Ploërmel ..., que toute la province de Bretaigne recoignoit pour juge autant incorruptible que profond en toute littératures, spécialement en celle des dédales et labyrinthes généalogiques des maisons nobles de la province, dont il possède des recherches qui donneront au jour de très beaux esclaircissements à la postérité. » (Revue historique de l'Ouest - Volume 10 - 1894, page 9) - Pour la généalogie des Gault, voir l'excellent site d'Odile Halbert)

S. BRIEUC EN BRETAGNE. M. de Beauchamp (= Saint-Brieuc. Un membre de la famille HENRY, seigneur de Beauchamps, peut-être Jacques Henry, seigneur de Beauchamp, sieur de la Ville-Urvoy et de Beaucours) 

VANNES EN BRETAGNE. Le baron du Vieux Chastel (= Pierre de Lannion, seigneur du Cruguil, de Lizandré et de La-Noe-Verte (1621), seigneur de Quélen, du Vieux-Chastel et de Camors, gouverneur de Vannes (1625-1652), gouverneur d'Auray (1626). Il avait racheté plusieurs des manuscrits du Père Augustin Du Paz)

Voir : CURIOSITAS

L'ouvrage de BOREL en ligne
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Le bibliophile nantais Joseph Arnoult et les statuts synodaux de Pierre du Chaffault et Jean d'Epinay

27/05/14

A peine achevé un premier état de notre INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE, que je découvre la vente en ligne chez le libraire de Londres SOKOL BOOKS Ltd. d'un exemplaire des statuts synodaux des évêques de Nantes Pierre du Chaffault et Jean d'Espinay.



Les statuts de ces évêques nous sont déjà connus par deux manuscrits de la BnF :
Bibliothèque de l’Arsenal, 796 B, f. 67
BnF, Lat. 1597, f. 56
Les Statuta synodalia diocesis Nannetensis, de Pierre du Chaffault ont également été imprimés (s.d.). L'unique exemplaire se trouve à Nantes, au Musée Dobrée.
Le 23 mai 1499, ont été imprimés les : Statuts synodaux de l’église de Nantes promulgués par Yves du Quirisec, vicaire général de Jean d’Espinay, publiés à Nantes par Étienne Larchier (ou à Paris, par Jean du Pré). Exemplaire : Paris, BnF, Rés. B 2292

L'exemplaire manuscrit de Sokol Books Ltd porte l'ex-libris du médecin et bibliophile nantais Jospeh François Arnoult, qui fut docteur régent de la Faculté de médecine en l'Université de Nantes, recteur en 1776. Le 5 juin 1782, est inhumée à Saint-Clément de Nantes, son épouse Marie-Anne Rigault, âgée seulement de 38 ans,

Shapero Rare Books (London, GL, United Kingdom) met en vente actuellement un ouvrage très particulier de Conrad Gesner ( Christoph Froschauer, Zurich & Johann Wechel, Frankfurt), ayant appartenu à Charles de Bourbon (1520-1590), et plus tard à Joseph Arnoult.

L'Université de Glasgow conserve également un ouvrage de la collection du médecin nantais : Mudkhal al-kabīr ilā ʻilm ahḳām al-nujūm. Introductorium in astronomia[m] Albumasaris Abalachi octo continens libros partiales..

De même, Penn Libraries call number : IC5 Sa133 556e

Vente Bergé du 29 juin 2011, lot 22 :



Au-dessus de l'ex-libris de Jean Ballesdens (1595-1675), celui de Joseph Arnoult dans un ouvrage de Christophe FORSTNER Ad libros sex priores Annalium C. Cornelii Taciti notae politicae. Padoue, Paul Frambottum, 1626. 
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« Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine : Anne de Bretagne (1514)

28/04/14

A PRESENT DISPONIBLE :

Pecia. Le livre et l’écrit, 15 (2012) 

« Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine : Anne de Bretagne (1514)

336 p., 21 b/w ill. + 26 colour ill., 210 x 270 mm, 2013
ISBN : 978-2-503-54683-4

Table of Contents
Jean-Luc Deuffic, Note éditoriale
Michael Jones, Introduction
Jean-Luc Deuffic, Pierre Choque : Commemoracion et advertissement de la mort d'Anne de Bretagne
Jean-Luc Deuffic, Les manuscrits des funérailles d'Anne de Bretagne
Cynthia J. Brown and Elizabeth A. R. Brown, Le trespas de l'hermine regrettée : A Critical Edition
Cynthia J. Brown and Elizabeth A. R. Brown, L'ordre qui fut tenue a l'obseque et funeraille de feue tresexcellente & tresdebonnaire princesse Anne par la grace de Dieu royne de France, duchesse de Bretaigne, tant aux eglises que au chemin depuis Bloyz iusques a l'abbaye de Saint Denis en France : A Critical Edition
Jean-Luc Deuffic, Épitaphes et autres textes sur le trépas de la reine Anne de Bretagne
Jean-Luc Deuffic, Une épitaphe inédite du duc de Bretagne François II († 1488)
Jean-Luc Deuffic, Participants aux funérailles de la reine Anne de Bretagne
Le cœur d'Anne de Bretagne
Le parcours du cortège funéraire d'Anne de Bretagne de Blois à Saint-Denis (carte)
Tableau des manuscrits analysés
Bibliographie

EDITION BREPOLS

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