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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing
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I N C I P I T

24/02/16


Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910), et à l'érudit François Duine, clericus dolensis (1870-1924) est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.
This blog is dedicated to the great manuscript scholar Léopold Delisle (1826-1910), and to François Duine, clericus dolensis (1870-1924), and (almost exclusively!) to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing.
All contributions to this subject are welcomed, as well as any additional commentary or opinions.
Jean-Luc Deuffic
Contact : pecia29@orange.fr /// Site web // Academia.edu

[ Illustration : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
PECIA : LE LIVRE ET L'ECRIT [link] - Edition : Brepols Publishers (Turnhout)
DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l'écrit, 14 (2011) 2012 : Texte, liturgie et mémoire dans l'Église du Moyen Âge
Pecia. Le livre et l'écrit, 15 (2012) 2014 : « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine: Anne de Bretagne (1514). Textes, images et manuscrits
Toujours disponible
Jean-Luc Deuffic. Inventaire des livres liturgiques de Bretagne. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790. Présentation [lien / link]

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CFP : Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge

18/02/16



Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge


Au Moyen Âge, le livre manuscrit rassemble autour de lui nombre d’artisans : parcheminiers, copistes, peintres et enlumineurs, relieurs, libraires, etc. Et chaque artisan utilise ses propres outils. Le double volume 19/20 de « Pecia, le livre et l’écrit », à paraître en 2017, fait appel à contributions pour des études pertinentes sur ces thèmes. Résumé de quelques lignes à faire parvenir avant le 30 avril 2016 à :

In the Middle Ages, the manuscript book brought together a number of "artisans": parchment-makers, scribes, painters and illuminators, binders, booksellers, etc. Each of these required unique tools. This double issue of Pecia. Le livre et l'écrit (volumes 19 and 20), to be published in 2017, seeks articles relating to these themes. Please send short abstracts before the 30th April to:

Jean-Luc Deuffic
pecia29@orange.fr
http://www.pecia.fr/


Illustration :
Charles le Téméraire rend visite à David Aubert dans son scriptorium
David Aubert, Histoire de Charles Martel
Loyset Liédet, enlumineur.
Bruxelles, KBR, ms. 8, f. 7
© Bibliothèque royale de Belgique
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Expo : Le Droit en mouvement dans l’Europe Médiévale

17/02/16



Nous avons le plaisir de vous annoncer l'Exposition internationale « Le Droit en mouvement dans l’Europe Médiévale: les manuscrits juridiques européens conservés dans les Bibliothèques Portugaises » (Lisbonne, Bibliothèque National du Portugal, 26 Février – 31 Mai 2016), organisée par l'IEM (Institut d'Etudes Médiévales) de l'Université Nouvelle de Lisbonne et la Bibliothèque Nationale du Portugal en partenariat avec la Bibliothèque Publique de Evora, la Bibliothèque Générale de l’Université de Coimbra, la Bibliothèque Municipale d’Elvas, la Bibliothèque Municipale d’Avignon, la Biblioteca Comunale degli Intronati de Sienne, la Bibliothèque Municipale de Toulouse et les Archives Municipales de Toulouse, offre, pour la première fois sur le territoire national portugais, un choix de plus beaux livres juridiques enluminés conservés dans les bibliothèques portugaises. Le parcours met l’accent justement sur les liens du Portugal avec le reste d’Europe, avec une attention particulière pour les contrées méridionales (péninsule Ibérique, France du Midi et Italie).
Edmondo Danti

Lien de l'expo

Cette exposition illustre le colloque : Medieval Europe in Motion 3 - Circulations juridiques et pratiques artistiques, intellectuelles et culturelles en Europe au Moyen Âge (XIIIe – XVe siècle), qui se tiendra les 25-27 février 2016, FCSH/NOVA et Bibloteca Nacional de Portugal.
Programme
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Rennes, BM, ms. 1557 : sur les origines d'un livre d'heures à l'usage de Saint-Malo

10/02/16


(c) Bibliothèque Rennes Métropole. Ms. 1557, f. 82

Dans la belle collection des livres d'heures de la Bibliothèque de Rennes Métropole, précieusement gardée par Sarah Toulouse, heureuse conservatrice, figure un manuscrit particulier, objet en 1998 d'un mémoire universitaire de Violaine Godin, dont le titre m'avait surpris : "Etude du livre d'heures à l'usage de Tréguier, manuscrit 1557 : Bibliothèque municipale de Rennes".
En effet, en ne se basant que sur les travaux de Madan, elle s'est engagée dans une mauvaise direction.
La présence, au calendrier, des fêtes de saint Jean de la Grille (Johannis de craticula, au 1er février), et de la dédicace de l'église cathédrale de Saint-Malo au 30 octobre, ne laisse aucun doute sur le caractère malouin de ce livre d'heures. On pourrait bien entendu y ajouter les fêtes de saint Servais, en mai (également honoré d'un suffrage), de saint Aaron en juin, et de la translation de saint Malo en juillet, saints repris dans le litanies.


(c) Bibliothèque Rennes Métropole. Ms. 1557, f. 9

Une main ancienne, d'une date proche de la composition de ce manuscrit, a ajouté en rouge, au 11 août, la fête de sainte Suzanne, et en même temps, avant la calendrier, un feuillet contenant une prière à la sainte, de toute rareté :

Vierge douce, vierge bénigne,
Vierge saincte, vierge très digne,
Vierge franche de Rome née,
Vierge puissante et vertueuse
De Dieu espouse gracieuse
O saincte Susanne ma dame
Par ta pitié mon corps et mon âme
Veuilles de tout peine défendre
Et en ta saincte garde prendre.
...

Toutefois, il ne faut pas confondre les deux Suzanne, la chaste Suzanne de Babylone, dont la légende se lit dans Daniel, fêtée le 18 février, et la Suzanne romaine, le 11 août. 

L'importance donnée à sainte Suzanne dans ce manuscrit nous a mené bien évidemment à en rechercher l'origine. Cela n'a pas été très difficile... Dans l'ancien diocèse de Saint-Malo, et tout près de la célèbre cité corsaire, se trouvait à Saint-Coulomb une chapelle frairienne dédiée à sainte Suzanne, aujourd'hui disparue que rappellent encore une croix de chemin, et un étang qui en a pris le nom.
Au XVIIIe siècle, se voyait encore dans l'église de Saint-Coulomb, au haut de la nef, du côté de l'épître, un grand vitrail orné des armes d'Olivier du Chastellier et de Suzanne Uguet, sa femme, seigneur et dame du Lupin en 1611 ; au-dessous étaient deux pierres tombales portant les armes des Uguet : d'argent à deux croissants rangés et adossés de gueules. Ainsi le prénom de Suzanne était-il en honneur au XVIe s. dans cette région. Déjà en 1469, dans son testament, parmi les saintes nommées pour la protéger, la duchesse Marguerite de Bretagne, implorait elle-même sainte Suzanne, dont le culte en Bretagne ne resta pas ignoré (Mûr-de-Bretagne (22), Questembert et Sérent (56), Les Iffs (35), etc...).
Pour connaître un des premiers possesseurs du manuscrit 1557 de la Bibliothèque de Rennes Métropole peut-être faudrait-il chercher dans les familles nobles de la région de Saint-Coulomb une dame prénommée Suzanne vivant vers la fin du XVe siècle ...

Manuscrit numérisé sur les Tablettes Rennaises et sur le site BVMM (IRHT)
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The Scholasticum recruit a specialist in Medieval Manuscripts

11/01/16



The Scholasticum is seeking to recruit a specialist in Medieval Manuscripts to teach an introductory course on how to read Manuscripts from the 8th to 14th c., for those who have no prior training in anything but the Latin language. The course will be for students in our cycles of medieval theology and medieval scriptural studies. We would want them able to employ PDF files of original manuscripts for important sources for the Sentences of Lombard and its sources. We envision a 3-6 ECT course, over either 1 or 2 semesters. Language of Instruction: Italian and English.
Interested partied can contact us via our Session on  https://www.academia.edu/s/e674b4ed42
Thank you!
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The Illuminated Book of Hours in Brittany / Le livre d'heures enluminé en Bretagne

10/01/16

We are pleased to announce that Mr. Roger S. Wieck, Curator in the Department of Medieval and Renaissance Manuscripts at the Pierpont Morgan Library in New York, has generously accepted to write the introduction of our work.
The publications of Roger S. Wieck --“a world authority on medieval Books of Hours”-- are reference works today, such as Painted Prayers (Braziller, 1997) or his study on the book of hours of Anne of Brittany (Das Gebetbuch der Anne de Bretagne, ms. M. 50 of the Pierpont Morgan Library) [link biblio].

(Crédit photo)
Nous avons le plaisir de vous faire savoir que M. Roger S. Wieck, conservateur au Medieval and Renaissance manuscripts department de la Pierpont Morgan Library de New York, a bien voulu accepter de prendre à son compte l'introduction de notre ouvrage.
Les travaux de Roger S. Wieck, --"a world authority on medieval Books of Hours"--, font aujourd'hui référence, comme ses Painted Prayers (Braziller, 1997) ou son étude sur le livre d'heures d'Anne de Bretagne (Das Gebetbuch der Anne de Bretagne, ms. M.50 de la Pierpont Morgan Library) [lien biblio].

Le livre d'heures enluminé en Bretagne // The Illuminated Book of Hours in Brittany Jean-Luc Deuffic
Avec la collaboration de Diane Booton
Introduction : Roger S. Wieck, conservateur, Medieval and Renaissance manuscripts department, Pierpont Morgan Library, New York.

SITE DE PRESENTATION

MERCI A NOS PREMIERS SOUSCRIPTEURS

Heribert Tenschert (Antiquariat Bibermühle AG) - Kevin Keane - André-Yves Bourgès - Stephen J. D. Williams - Peter Kidd - Scott Gwara (University of South Carolina) - Pierre Yves Quémener - Sébastien Barret (IRHT) - Véronique Stouff - Josquin Debaz - Alfonso de Salas - Loïc Chermat - Michel Mauguin - Virginia Reinburg - Amaury de la Pinsonnais (Tudchentil) - Joseph Denoual - Christian de Merindol  - Hervé Offredo - Cynthia Brown (UC Santa Barbara) - Yves Samson - Yves Coativy (Brest, CRBC) - Michael David Warden - Elizabeth A. R. Brown - Mikaël Le Bars - Véronique Juste - Pascal Lorant - James H. Marrow ("A terrific project which I am happy to support") - Ludovic Espitalier-Noël - Christian Jouin - Johan Oosterman (Radboud Universiteit) - Bernard de Lespinay - The Franciscan Archive - Anne Margreet As-Vijvers (Illuminare scribendo) - Philippe Lanoe - Sherry Reames (University of Wisconsin, Madison) - Matthieu Gerbault (Bibliothèque municipale de Reims) - Claude Dubois - Sylvianne Neville - Roseline et Thierry Claerr - Yann de Kergos - Michel Toupin - Soizic Rolland de Kermorin - Samuel Gras - Yannick Le Vaillant - Paul-François Broucke - Willem van Riemsdijk - Jean-François Le Bihan - Anee Naylor - Gwenvael Loarer - Xavier Le Gourrierec - Katja Monier (IRHT) - Dr Darrelyn Gunzburg & Dr Bernadette Brady (University of Wales) - Jean-Yves Cordier - Laurent Le Gourrierec - Yvon Bomal - V. Heidi Hass (The Pierpont Morgan Library) - Marjolaine Pereira - Jean-Louis Marin-Lamellet - Dr Cillian O'Hogan (The British Library) - John Hirsh (Georgetown University) - Ewen Thual - Sylvie Laugier - Yves Le Berre (Brest, CRBC) - Erwan Madigand - Vicomte Guy de Kersabiec, vicomte de la Gaptière - Gilles Richard - Christopher Sokol (Sokol Books) - Didier Jugan - Sarah Toulouse (Bibliothèque de Rennes Métropole) - Tania Lévy - Yves de Kermerc'hou de Kerautem - Piers Hugill - Leigh Montgomery - Alison Stones (University of Pittsburgh) - Kristen Kern (Portland University) - Catherine Keene - Jean-Philippe Boucher - Philippe Caron - Kate Maxwell - Marie Elisabeth Journiac Audigou - Eric Johnson - Jean-Yves Fabulet - Claudine Laures - Annick Monvoisin - Brigitte Guilliot - Jean-Michel Le Bourdonnec - Patrice Hercelin - Chris Tiffin - Jérôme Caouën - Laurence Lelandais - Jean-Thomas Bruel - Guy Ducellier - Jacques-Yves Le Touze - Pierre Robino - A. Kumler - Jean Kerhervé - Laurent Héry - Michel Reverdy - Raymond Granié - Dominique Sauvaget - Dr Jörn Günther Rare Books (Basel / Stalden)  - Anne Korteweg - Raymond Clemens (Beinecke Rare Books & Manuscript Library) - Michel Caderas de Kerleau - Charlotte Denoël - Marjolaine Lemeillat (CRBC) - Dominique Legendre - Michel Mauger - France Cornubet-Mesureur - Alex Hyardin - Eric Lorant - Jil Le Gouill 


© Heribert Tenschert


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2016 : voeux

03/01/16

Une belle et heureuse année 2016 à tous ! Bonheur et santé ! Et merci de suivre ce blog ...

Toulouse, BM, ms 135

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Chroniques médiévales de Bretagne

21/11/15

Mais avant de poursuivre ainsi, je supplie humblement, mains jointes et genoux fléchis, ceux qui jetteront les yeux sur mon opuscule, de corriger amicalement l'ignorance de ma présomption et, s'ils relèvent une lacune, de daigner la corriger charitablement, avec les yeux de l'ami et le zèle de l'amitié et de l'honneur, parce que je n'en ai pas trouvé le contenu dans mon jardin, mais dans plusieurs autres livres très difficiles, mais très intéressants, brillants de nombreuses fleurs odorantes que, me servant de cette nourriture divine, j'ai essayé de cueillir. Enfin, ce n'est pas sous contrainte, ni par appât du gain, mais sous l'impulsion de ma libre volonté que j'ai entrepris d'écrire et de compiler ce livre, en l'an 1394, suivant plusieurs conseils qui aiguillonnaient mon âme et non sans raison. Et avant tout parce que les copistes ou les historiens qui ont rédigé ou compilé les chroniques de France n'ont pratiquement pas fait mention des rois des Bretons qui vécurent en Grande ou en Petite Bretagne avant l'incarnation du Verbe, ni des nombreux rois qui s'y succédèrent longtemps après l'incarnation, parce qu'ils n'ont rien dit des exploits de Bellinus, de Maximien, de Constantin le Grand, d'Arthur, ces rois des Bretons qui jadis soumirent toute la Gaule, la Neustrie, la Touraine, la Gascogne, l'Anjou, l'Aquitaine, qu'il n'y a pas la moindre mention dans ces chroniques françaises de la vaillance d'Arthur, de son combat et de sa victoire en duel sur le tribun Frollon, qui gouvernait la province de Gaule pour l'empereur Léon : après avoir tué ce Frollon, le roi Arthur victorieux entreprit la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris... C'est pourquoi, afin que les exploits des Bretons soient reconnus dignes d'une louange éternelle et qu'ils soient glorifiés avec plaisir et durablement, par beaucoup, comme s'ils étaient écrits et aussi pour que mes successeurs les fassent entièrement connaître grâce à cet opuscule, de sorte qu'il ne soit pas abandonné à un oubli poussiéreux, je souhaite que ce traité trouve non seulement un lecteur, mais aussi un correcteur, pourvu qu'il soit conscient du poison de la jalousie. Je demande aussi, d'un coeur pieux, que tous ceux qui liront ce livre y trouvent le secours de leurs prières contre les juges malhonnêtes et qu'ils y conjurent par de pieuses prières tout ce qu'ils trouvent de méprisable en moi ...

Extrait de la Chronique de Saint-Brieuc,
Edit. Gwenaël Le Duc & Claude Sterckx, Rennes, 1972, p. 61-63

L'histoire de l'historiographie bretonne médiévale a suscité depuis quelques années des ouvrages remarquables, et les travaux de Jean Kerhervé sur l'Etat breton ont permis de grandes avancées dans la connaissance des sources manuscrites, des chroniques et autres "livres" utilisés par nos anciens auteurs bretons. Nous allons présenter ici quelques manuscrits de ces Chroniques et de ces Histoires de Bretagne :

§ Aix-en-Provence BM 648 : Chroniques de Bretagne, XVe s. Exemplaire aux armes de Thibault Baillet, président au Parlement de Paris.


(c) Bibliothèque de Aix-en-Provence. IRHT. Enluminures

L'extrait ci-dessus se rapporte à Guillaume de Malestroit, évêque de Nantes de 1443 à 1462 (décédé en 1491)

Les armoiries, d'azur à la bande de gueules accompagnée de deux amphiptères (ou dragons) d'or, sont celles de Thibault Baillet (ca 1440-19 novembre 1524, inhumé à Saint-Merry, Paris), chevalier, seigneur de Sceaux et de Silly, reçu conseiller au Parlement de Paris en 1461, maîtres des requêtes ordinaires de l'Hôtel en 1472, en l'office de président au Parlement de Paris le 1er mars 1484. Sources : Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, II, p. 225. Cf. Jean Yver, Le président Thibault Baillet et la rédaction des coutumes (1496-1514), dans Revue historique de droit français et étranger, 64, 1986, p. 19-42. Infos Bernard de Lépinay de la liste Héraldique -Noblesse.



§ Angers BM 941 (839). Chroniques des rois, ducs et princes de Bretagne. Ce manuscrit provient de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, et a appartenu à Boislève du Saulay. Cf. Catalogue général, 31, 1898, p. 488.

§ Paris BnF Fr. 5624. 72 f., XVe s.: il ne s'agit pas ici spécialement d'une Chronique de Bretagne, mais de mélanges historiques concernant particulièrement l'Angleterre, exemplaire offert à Guillaume Jouvenel des Ursins (1401-1472), baron de Trainel, chancelier de France :


[Jouvenel des Ursins peint par Jean Fouquet, XVe siècle.
Paris, Louvre, Département des Peintures, Inv. 9619 (c) photo RMN - G. Blot]

Le colophon du f. 72v nous apporte quelques précisions intéressantes : "Je, Jehan Le Baud, licencié en loix, conseiller du roy nostre sire, ay donné et donne cest livre à monseigneur de Trainhel, chancellier de France, tesmoing mon seing manuel cy mis ou moys de juillet, l'an mil quattre cens quarante et neuf. J. Le Baud." Ce Jehan Le Baud n'est-il pas de la même famille que l'historien breton Pierre Le Baud (+1505)?


(c) Cliché Paris BnF : Pierre Le Baud, Compilation des Chroniques et histoires des Bretons, France (Bretagne), 1480. Paris BnF Fr. 8266, f. 5.

PIERRE LE BAUD

Fils de Pierre Le Baud, seigneur de Saint-Ouen (Maine) et de Jeanne de Châteaugiron, bâtarde de Patry de Derval. Il fut chantre et chanoine de la collégiale Saint-Tugal de Laval. Son oeuvre fondamentale en fait le premier historien de Bretagne, longtemps attaché à la reine Anne comme conseiller et aumonier.
Edition imprimée : Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval par Pierre Le Baud... aumonier d'Anne de Bretagne, reine de France... et un recueil armorial contenant ... les armes et blazons de plusieurs anciennes maisons de Bretagne... Le tout nouvellement mis en lumière, tiré de la bibliothèque du marquis de Molac et à luy dédié par le sieur d'Hozier... 1638, A Paris, chez Gervais Alliot.
Voir Table des matières sur le site du Cirmodoc.

Manuscrits des oeuvres de Pierre Le Baud

§ Paris BnF Fr. 6011. Parchemin. 19 f. XVe s. : Généalogie des très anciens roys, ducs et princes qui, au temps passé, ont régy et gouverné la Bretagne. Commence au f. 3v par la dédicace à Marguerite, duchesse de Bretagne et comtesse de Montfort : Eneas doncques, duc Troyan, aucteur du lignaige romain, et finit, f. 19v : ...bonne vie et longue, et en la fin de voz jours le règne pardurable. Amen. A l'intérieur de la reliure, l'ex-libris : "Je suis à Gilles Bernardeau, prebstre, recteur de Nostre dame de Nantes". Au f. 1, le nom Du Molinet. [ numérisé sur Gallica ]

§ Paris BnF Fr. 6012. Papier. 74 f. XVe s. : Le Bréviaire des Bretons. Ce manuscrit diffère des autres textes dans la mesure où il contient deux strophes supplémentaires. Le poème ne s'arrête pas à la mort de Marguerite (15 septembre 1469), première femme du duc François II, mais sont relatés les décès du duc (9 septembre 1488) et de sa fille puinée Isabelle (24 août 1490). Le texte se termine par le fait que Anne, la fille survivante, reste "seule héritière du duché".
Commence au f. 1 : Environ l'an après deux mil iic six... et finit, f. 74 par : Et eut la fille aisnée du duc Françoys à femme, Qui trespassa à Nantes, Jesus-Crist en ait l'âme. Il règne à présent, Dieu luy doint prospérer, Et sa postérité à tousjour mais durer. Puis, en secondes nopces, iceluy duc Françoys Espousa, à Cliczon, Marguerite de Foix, De laquelle eut deux filles, Anne et Ysabeau, Dont la puisnée fut mise à Rennes en tombeau. Et mys en sépulture près sa première femme, II fut de cueur piteux, Dieu en veil avoir l'âme. Ainsi demeura Anne seulle fille héritière Du duché de Bretaigne, qui lors n'estoit entière. Finis. Vostre très humble, très obéissant subgect et serviteur. Mauhugeon. Sur un feuillet de garde, la signature de J[ean] Ballesdens. Les deux dernières strophes ont été attribuées par C. Couderc au copiste nommé Mauhugeon. Toutefois remarquer l'expression "Vostre très humble, tres obéissant subgect et serviteur" que l'on retrouve aussi dans la Généalogie (ms de Genève par ex.) Il y eut un Jehan Mauhugeon, grant. maistre de l'artillerie de Bretaigne vers 1475 ; un Robert de Mauhugeon est premier aumônier du dauphin Charles, en 1488 (Paris BnF, Pièces orig., vol. 1894, doss. Mauhugeon, n° 6.). Un Jehan Mauhugeon, notaire et secrétaire ordinaire du roi et de la duchesse de Bretagne est témoin en 1505 au procès de Pierre de Rohan, maréchal de Gié. Nous pensons que ce dernier doit être copiste du Fr. 6012.
Biblio : C. Couderc, Le bréviaire des Bretons de P. Lebaud, faussement attribué au copiste Mauhugeon, dans Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 61, 1900, p. 71-74.

§ Paris BnF Fr. 25211. Le Bréviaire des Bretons, par Pierre Le Baud, aumosnier de la royne Anne, doyen de Saint-Tugal de Laval, thrésaurier de la Magdelaine de Vitré, oncle maternel de Messire Pierre d'Argentré. Manuscrit aux armes et devises de Jean de Derval. XVe s., parchemin, 40 f., 205 x 145 mm (Gaignières 662/1). 

Sur la bibliothèque de Jean de Derval, voir l'ouvrage récent de Michel Mauger : Aristocratie et mécénat en Bretagne au XVe siècle. Jean de Derval, seigneur de Châteaugiron, bâtisseur et bibliophile

§ Paris BnF Fr. 25212. Le Bréviaire des Bretons. Au f. 58, addition de quelques strophes, sans doute par le copiste Mauhugeon. ; f. 80v: Je suys à Monsieur de La Haye, escuyer demourant en basse salle en defaulte d'ung plancher. Je suys et apartient au sire Georges Cleray. "Ex dono D. de la Meschinière". XVIe s., papier, 80 f., 195 x 150 mm (Gaignières 662/2).

§ Paris BnF Fr. 8266. Compillation des croniques et ystoires des Bretons. [qq images en lignes sur le site BnF]. Manuscrit dédicatoire à Jean de Derval. Copie moderne aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fds de La Borderie, 1F 1001. [ numérisé sur Gallica ]

§ Paris BnF Fr. 24041. Les chroniques de Vitré. XVIIe s. Papier, 217f., 280 x 180 mm (Gaignières, 660).

§ Paris BnF Fr. 25177. Chroniques de Vitré, ou Généalogie des rois, ducs et princes de Bretagne (386-1486), dédiée à Jeanne de Laval, reine de Jérusalem, etc. Copie de 1560 aux armes écartelées de Gaspard 1er de Coligny et de Louise de Montmorency, sa femme, et aux armes parties de leur fils. Ex-libris de Du Bouchet, qui acheta ce livre 9 livres t. en 1631. Papier, 122 f., 220 x 165 mm.

§ Paris BnF Fr. 32615. Histoire généalogique des seigneurs de Vitré, de Montfort et de Laval, par Pierres Thebault (sic), prestre, chantre et chanoyne de Vitré. (1486). Histoire dédiée à Jeanne de Laval. Ex-libris gravé de Charles d'Hozier. XVIe s. Papier, 48 f., 300 x 208 mm.

§ Poitiers BM 171. Chroniques de Bretagne. Le début manque. XVe s.

§ Poitiers BM 338. Chroniques des maisons de Vitré et de Laval. XVe s.

§ Genève BU Fr. 131. Parchemin. 23 f. 214 x 147. Fin XVe s. Genealogie des tres anciens roys, ducs et princes qui, au temps passé, ont regy et gouverné ceste royalle principauté de Bretagne. Reliure aux armes, chiffre et devise d'Alexandre Petau. Au f. 2, armes de la duchesse Marguerite de Bretagne, écu losangé avec les armes de Bretagne et de Foix. Commence au fol. 2: A tres haulte, tres puissante, tres excellante princesse et ma souveraine damme Margarite, par la grace de Dieu duchesse de Bretaigne, contesse de Montfort, de Richemont, d'Estempes et de Vertus, voustre tres humble et tres obeissant subget, serviteur et orateur Pierre le Baud, toute tres humble obeissance, service et subjection deue comme a ma souveraine damme. Finit au f. 21: ... et doint au duc, noustre souverain seigneur, a vous et ames tres redoubtees dammes voz filles, prosperité, santé, bonne vie et longue, et en la fin de voz jours le regne pardurable. Amen. Collection Petau (n° 95). Cf. Hippolyte Aubert, Notices sur les manuscrits Petau conservés à la bibliothèque de Genève, Paris, 1911, p. 112-113.

§ London British Library Harleian 4731. Le livre des cronicques des roys, ducs et princes de Bretaigne armoricane aultrement nommée la moindre Bretaigne. 1505.
In-fol., vélin, miniatures et lettres enluminées, tranches dorées. 357 feuillets sur deux colonnes. Ce volume porte au dos : Histoire de Bretagne manuscrite. — Icy commence le livre des cronicques des rois, ducs et princes de Bretaigne armoricaine, aultrement nommée la moindre Bretaigne. Et premièrement le prologue de l'actenr. A très-haulte, très-puissante et très-excellente princesse, ma très-redoublée souveraine dame madamme ANNE :, par la grâce de Dieu royne de France, et par celle mesme grâce duchesse de Bretaigne, PIERRE LEBAVD, tresaurier de l'église collégialle de la Magdalene à Vitré, et vostre très-humble et très-obéissant subject, serviteur, orateur et aumosnier, honneur et révérence, avecq prompte et deue subjection et obéissance.

§ Saint-Petersbourg, Hermitage 5Z. Histoire des rois et ducs de la Bretagne Armorique. Commence à la fin de la dédicace : ...dit avoir esté fils de Jupiter ...qui en ce me sont defaillans. [incipit] Eneas doncques duc Troyen aucteur du lignage... Finit au f. 12 : Balade faicte pour la duchesse Margarite de Foix, quant elle vint en Bretaigne. Puis noms des rois et ducs de Bretagne (f. 13). Incomplet d'une partie de la dédicace. Fin XVe s.

On attribue généralement à Pierre Le Baud un recueil important pour l'histoire de Bretagne, aujourd'hui aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine (fds A. de La Borderie). Le 1F 1003 contient un ensemble de textes essentiels, certains inédits : Chronique de Saint-Brieuc (Cf. éd. partielle de G. Le Duc), Livre des faits d'Arthur, etc. Nous l'avons utilisé, entre autres, pour l'édition des documents nécrologiques de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas. C'est un volume en papier petit in-folio, où une main du XVe s. a entassé dans un grand désordre, d'une écriture très hâtée et souvent très difficile à déchiffrer, une foule d'extraits divers de chartes, de chroniques, de textes historiques de toute nature, tous relatifs à la Bretagne. Ce manuscrit a appartenu à A. de La Borderie qui l'avait d'abord pris pour la compilation que Dom Lobineau désignait sous le nom de vetus collectio manuscripta ecclesiae Namnetensis. Mais l'historien breton remarquant certaines divergences entre les deux recueils, appela le sien Vetus collectio manuscripta de rebus Britanniae. Ce recueil reste difficile à dater dans la mesure où il représente plusieurs mois ou plusieurs années de recherche dans les archives ecclésiastiques de Bretagne. Il peut être antérieur à 1493. En effet, une liste des évêques de Quimper, f. 194, se termine par la mention de la mort de Gui du Bouchet en janvier 1483. Son successeur, Alain Le Maout (+ 1493) n'y est pas indiqué.


Bibliographie

Le Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (Université de Tours) propose en ligne l'édition de 1608:
Histoire de Bretagne, avec les chroniques des maisons de Vitré, et de Laval par Pierre Le Baud, chantre et chanoine de l'eglise collegiale de Nostre-Dame de Laval, tresorier de la Magdelene de Vitré, conseiller & aumosnier d'Anne de Bretagne reine de France. Ensemble quelques autres traictez servans à la mesme histoire. Et un recueil armorial contenant par ordre alphabetique les armes & blazons de plusieurs anciennes masions de Bretagne. Comme aussi le nombre des duchez, principautez, marquisats, & comtez de cette province. Le tout nouvellement mis en lumiere, tiré de la bibliotheque de monseigneur le marquis de Molac, & à luy dedié : par le sieur d'Hozier, gentil-homme ordinaire de la Maison du roy, & chevalier de l'ordre de sainct Michel. A Paris Chez Gervais Alliot, 1638.
Edition partielle de l'oeuvre de Pierre le Baud: Vte Charles de La Lande de Calan, Cronicques et ystoires des Bretons par Pierre Le Baud publiées, d'après la première rédaction inédite, avec des éclaircissements, des observations et des notes. Rennes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, 1907-1922, 4 vol. S'arrête à l'année 1305. [En ligne sur le site Gallica de la BnF]
Jean-Christophe Cassard, « Un historien au travail : Pierre Le Baud », dans Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 62, 1985, p. 67-95.
Jean Kerhervé, « Aux origines d'un sentiment national. Les chroniqueurs bretons de la fin du Moyen Age », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 108, 1980, p. 165-206.
Jean Kerhervé, « La généalogie des rois, ducs et princes de Bretagne, par Pierre Le Baud », dans Bretagne et pays celtiques. Mélanges offerts à Léon Fleuriot, Saint-Brieuc-Rennes, 1992, p. 519-560.
Joëlle Quaghebeur, « Pierre Le Baud : écrire le passé pour conjurer l'avenir? », Images du Moyen Âge, éd. Isabelle Durand-Le Guern, Rennes, Presses universitaires de Rennes (Interférences), 2006, p. 23-33.
Stéphanie Vincent, L'énigme de l'enluminure, Derval ou Châteaugiron, Sutton, 2009 .

ALAIN BOUCHART

Alain Bouchart (+ >1514) appartient à la petite noblesse bretonne de la presqu'île de Guérande, possessionée à Kerbouchart (Batz), d'une famille de diplomate (Jacques, secrétaire ducal en 1480), d'officiers des finances (Jean, Alain, receveurs de Gérande à la fin du XIVe s.). En 1484, il est secrétaire du duc François II, et dès 1491 il se rallie au roi Charles VIII qu'il sert comme conseiller et maître des requêtes. Installé à Paris, il épouse en première noce Marie La Frémierre, et en seconde (1496) Jeanne Le Resnier. Il finira semble-t-il sa carrière de juriste comme avocat au parlement de Paris. Avec son frère Jacques, il collabora en 1485 à une édition revue de La Très ancienne Coutume de Bretagne.
La maison Sotheby's a vendu en juin 2002 le Livre d'heures d'Alain Bouchart, dont illustration ci-dessous. C'est un manuscrit de 274 f. d'un format 162 x 100 mm, 27 lignes à la page. Au f. 233, la prière à Dieu le père s'ouvre par les armoiries des Bouchart, D'argent à trois dauphins de sables. L'ouvrage est exclusivement à l'usage de Nantes, diocèse où se situe Saint-Guénolé de Batz, lieu d'origine des Kerbouchart. Les suffrages aux saints débutent par saint Alain, au f. 250v. Une prière "pour son prince'' (f. 263r) porte les armes de Bretagne. Le calendrier (f.1r), inscrit en lettres d'or st Felix (évêque de Nantes, 8 janvier, et sa translatio, 4 juillet), st Guénolé (3 mars et 28 avril), st Yves (19 mai, et sa translatio, 29 octobre), sts Donatien et Rogatien (martyrs de Nantes, 24 mai), st Similien (évêque de Nantes, 17 juin), st Gunthard (ibid., 25 juin), st Clair (premier évêque de Nantes, 10 octobre), st Malo, 15 novembre), st Gulstan (27 novembre). Evangiles (f. 13r) ; Heures de la Vierge [à l'usage de Nantes] : Matines (f.17r), Laudes (f. 29r), Prime (f. 36r), Tierce (f. 43v), Sexte (f. 46r), None (f. 47v), Vêpres (f. 50r) et Complies (f. 52v); Office de la Conception de la Vierge (f. 57r); Office de la Nativité (f. 69r) ; Office de la Présentation au Temple; Office de l'Annonciation (f. 90v) ; Office de la Purification (f. 99r) ; Office de l'Assomption (f. 109v); Office de Noël (f. 121r) ; Heures de la Croix (f. 145r) ; Office of Pâques (f. 167r) ; Psaumes de la pénitence (f. 177r) ; Litanies: Corentin, Tugdal, Malo, Brioc, Gildas, Ivo, entre autres ; Office des morts (f. 187v) ; Messe des morts (f. 205r) ... Obsecro te (f. 213r, formulation masculine), O intemerata et autres prières à la Vierge, incluant le Stabat mater ; prières au Seigneur (f. 223r), à st Grégoire (f. 227r) ; Suffrages aux saints (fol.238v), incluant saints Alain (f. 250v, évêque de Quimper), Ives (f. 252v), Guénolé et Gulstan (f. 253r), Gildas (f. 254v), Armel (f. 255r); prières votives, pour la paix (f. 260r), les reliques, etc. La décoration, de "style parisien", apparentée à celle du "Maître François'', comporte 12 grandes miniatures, et 4 larges, ajoutées d'un autre manuscrit.


(c) Cliché Sotheby's

Les Grandes Chroniques d'Alain Bouchart connurent 5 éditions, de 1514 à 1541.

Editions anciennes

1514 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Imprime à Paris : aux despens, fraiz et mises de Galliot Du Pre... ; (A la fin :) Imprimees à Paris : par Jehan de La Roche,..., Faict et paracheve dimprimer le XXV de novembre mil cinq cens et XIIII. In-f°.

Voir l'excellente présentation de Jean-Yves Cordier.

1518 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Caen, M. Angier : 1518. In-f°. (du vivant de l'auteur, mais contrefaçon?)

1531 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Imprime à Paris, aux despens, fraiz et mises de Galliot Du Pre..., 1531. In-f°.
En ligne sur le site Gallica de la BnF (format pdf)
Un exemplaire vendu 14500 euros lors de la vente de Brest du 16 novembre 2004 (lot 503) dans une reliure XIXe s.

1532: Les Grandes Cronicques de Bretaigne parlans des trespreux, nobles et tresbelliqueux roys, des princes, barons et aultres gens nobles, tant de la Grant Bretaigne, dicte à present Angleterre, que de nostre Bretaigne... Additions depuis le roy Charles huytiesme jusques en l'an mil cinq cens XXXII... (S. l. [Rennes, Jean Baudouyn?]), 1532. In-f°.

1541 : Les grandes Annalles ou cronicques parlans tant de la Grant Bretaigne à present nommee Angleterre, que de nostre petite Bretaigne... jusques en lan de present mil V cens XLI. Nouvellement imprimées. (S. l.), 1541. In-f°.




Editions modernes

Alain Bouchart. Grandes croniques de Bretaigne, ed. Marie-Louise Auger & Gustave Jeanneau, Paris, CNRS, 3 vol., 1986-1998 (Sources d'histoire médiévale, 19, 20 1-2)
Les Grandes Croniques de Bretaigne composées en l'an 1514 par Maistre Alain Bouchart, Rennes, Caillière, 1886. Nouvelle édition publiée sous les auspices de la Société des Bibliophiles Bretons et de l'Histoire de Bretagne, par H. Le Meignen [En ligne sur le site Gallica].

Bibliographie : E. Port, « Alain Bouchart, chroniqueur breton », dans Annales de Bretagne, 36, 1924-1925, p. 496-527 et 37, 1926, p. 68-101.

Liens :
Marie-Louise Auger (IRHT) : « Alain Bouchart, Grandes Chroniques de Bretagne : un compilateur et sa source » [En ligne]

Marie-Louise Auger, « Variantes de presse dans l'édition de 1514 des "Grandes chroniques de Bretaigne" d'Alain Bouchart », dans Bibliothèque de l'école des chartes, 141, 1983, p. 69-90 [En ligne sur Persée]

Le blog de Jean-Yves Cordier

GUILLAUME DE SAINT-ANDRE

Nous disposons à présent de l'excellente édition de Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, Guillaume de Saint-André, Le bon Jehan & le Jeu des Echecs (XIVe s.) Chronique de l'Etat breton, Rennes, PUR, 2005. Voir c.r. de David Dominé-Cohn [En ligne]

Notice bibliographique et manuscrits (Laurent brun) sur le site ARLIMA

Les manuscrits médiévaux :

§ Paris BnF Fr. 1659. Parchemin. 70 f. 249 x 167. Paris BnF Fr. 5037. Papier, recueil factice, 3/4 XVe s. Commence au f. 1 : Avant yer vy excript sanz fable En un prologue un beau notable... Et finit, f. 40v : Bien avant pour moy Dieu prier Ge t'en prie et t'en requier [souligné en rouge: ] Cy finist le Libvre non complet Du bon duc Jehan duc de Bretaigne [d'une autre main :] que composa maistre Guillaume de Saint-André.

§ Paris BnF Fr. 10174. Papier. 81 f. 260 x 190 mm. XVe s.

§ Paris BnF Fr. 14978. Parchemin. 30 f. 245 x 165.


Catalogue de la LIBRAIRIE DAMASCÈNE MORGAND : une oeuvre peu connue ...
15591. LES CRONIQUES ET GENEALO- || GIE DES TRESNOBLES ROYS DUCZ ET PRINCES tant de la grant bre || taigne que de la petite auesques les tresexcellentes victoi || res et triumphes diceulx roys et princes faictes sur les ro || mains jadis leurs tributaires et sur toutes autres nations comme clairement apparoist en luysant ce preset livre moult utile et plaisant à luyre. || On les vent à Renes chiez Jehan Mace près saint saul\\ veur a lenseigne saint Jehan leuangeliste et à Caen chiez || Michel Àngier près le pont saint pierre. (Au verso du f. 86) : Cy finent les Croniques et genealo \\ gie des nobles roys et ducz tant de la grât\\ bretaigne que de la petite. Imprimées || a Rouen par M. Pierre Oliuier demou \\ rant audit lieu près lesglise saint viuiê. \\ Et furent acheuees le ij iour de May. || Mil cinq cens et x. ( 1510) Louenge a Dieu.
In-4° goth.  de 88 f. chiffr. et 4 f. de table, veau brun. (Rel. anc.)
[A2r] … Et sil est ainsi q[ue] les croniques des estranges nations nous soie[n]t | vtiles & delectables :par plus forte rayson nous | debuons studieuseme[n]t delecter a voir & ouyr les | beaulx faictz & nobles vertus de ceulx dont som= | mes descendus par propagation et lesquelz sont | aucteurs & fundateurs des villes & citez lesquel+ | les de present nous habitons |…₵Par quoy il mest prins en volunte ces iours derrai[n]s passez de translater de latin en francoys les croniques …affin que cha= | cun de icelle excellente nation ait congnoissan= | ce des gra[n]s vertus et faitz darmes des aucteurs | et premiers instituteurs des villes & chasteaux & | citez diceluy pais & duchye. || ₵La fin du prologue.

Précieux volume resté inconnu à tous les bibliographes. C'est le premier ouvrage imprimé sur l'histoire générale de la Bretagne ; les chroniques d'Alain Bouchard qui étaient jusqu'ici considérées comme le premier livre traitant de ce sujet n'ont été publiées qu'en 1514. Ainsi que dans l'ouvrage de Bouchard, les histoires fabuleuses tiennent une assez large place dans ce volume qui renferme les événements écoulés depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne de Cadwaladyr, le dernier roi des Bretons. Au verso du titre commence un prologue qui occupe 2 p. et dans laquelle l'éditeur de ce volume déclare avoir translaté de latin en Francoys les présentes chroniques. Le volume a été imprimé par Pierre Olivier de Rouen, en belles lettres de forme ; il est orné de nombreuses figures sur bois, quelques-unes fort curieuses.

Mon amie Diane Booton me signale que cet ouvrage se trouve actuellement conservé à la BnF sous la cote RES Nb-290. Je la remercie pour les informations qu'elle m'a transmises sur cet exemplaire.


Bibliographie générale :

Noël-Yves Tonnerre (direction), Chroniqueurs et historiens de la Bretagne Du Moyen Âge au milieu du XXe siècle, Presse Universitaire de Rennes - Institut Culturel de Bretagne, Rennes, novembre 2001.

Commentaires:

Le samedi 1 avril 2006, 16:30 par André-Yves Bourgès
Précieuse synthèse comme toutes celles qui figurent sur le blog de PECIA. Juste un point de détail en ce qui concerne le ms. Rennes, ADIV 1 F 1003 : la critique moderne a récemment conclu au fait que ce ms. est bien celui qui a été utilisé et cité par les mauristes sous le titre de 'Vetus collectio manuscripta de rebus Britanniae'. Comme l'a montré le regretté H. Guillotel, les divergences tardivement mises en avant par La Borderie avaient "vraisemblablement pour objet de brouiller les pistes, car on commençait de s'interroger sur l'origine de certains documents des collections de La Borderie" ; en fait, lors de l'utilisation de plusieurs des matériaux contenus dans ce recueil, notamment les fragments de la vita de saint Goëznou, il apparait que La Borderie "s'est lui même intellectuellement intoxiqué et a volontairement induit en erreur des générations d'historiens"

Voir : H. Guillotel, « La Borderie et les sources historiques », dans Bulletin et Mémoires de la société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, t. 106 (2002), p. 42 et « Le poids historiographique de La Borderie », dans Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. 80 (2002), p. 356-359.

Le mercredi 25 octobre 2006, 19:32 par Jean-Michel Cauneau
Quel précieux blog que le vôtre ! Remarques et compléments sur les manuscrits de la vaste histoire de Bretagne tentée par Pierre Le Baud : Le ms "BM Angers 941(839)", sur papier filigrané "à l'hermine", porte le même texte que le "BnF fr. 8266" : ces deux ms sont les témoins d'une première rédaction de Le Baud, dédiée à Jean de Derval, sous le titre "Compilation...", réalisée vers 1480. Une seconde rédaction, très différente dans ses intentions, "le Livre des Chroniques..." réalisée 20 ans plus tard, sur une commande d'Anne de Bretagne, reine de France, est représentée par trois témoins : le ms de Londres "Harleian 4371", un ms de la BnF (naf 2615 : 254 f. 370 x 27,5 mm) et un ms du SHD de Vincennes (ms 157 : 288 f. 390 x 290 mm). Ces deux dernières copies ont été réalisées sur les mêmes papiers (2 filigranes en "P") et suivant le même principe : des cahiers de différentes mains sans doute contemporaines de la rédaction. Le ms BnF naf 2615, a perdu ses premiers et derniers cahiers, remplacés par des copies de la fin XVIe (3e filigrane "à la rose"). Une autre remarque, concernant le ms de St-Petersbourg : il s'agit apparemment de quelques feuillets de la "Généalogie..." éditée par J. Kerhervé en 1992, mais qu'il n'a pu utiliser, le croyant alors disparu en 1944 (cf. note 7 de son introduction). Cordialement.
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Mais où sont les Heures du duc de Bretagne « écrites en lettres d'argent » ?

11/11/15

Dom Edmond Martène, dans son Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint Maur (Paris, 1717), relatant son passage à l'abbaye de Fontevraud, précise pour le 14 avril 1708 :

Nous passâmes le reste de la journée a voir la bibliothèque qui est très grande & bien remplie de livres. On y voit quelques manuscrits dont les plus curieux sont des heures qu'on croit servi à un duc de Bretagne écrites en lettres d'argent sur du talque dont toutes les marges sont ornées de vignettes & de mignatures très délicates ...

Les connexions entre Fontevraud et la Bretagne sont nombreuses, notamment avec l'arrivée à la tête de l'abbaye, en 1457, de Marie de Bretagne (1424-1477), fille de Richard d'Étampes, fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de Marguerite d'Orléans. Elle était soeur du duc de Bretagne, François II (1435-1488).
Peut-être faut-il chercher dans la bibliothèque de Marie ces fameuses "Heures écrites en argent" ? Son inventaire fait bien mention de deux manuscrits :

« Item unes Heures de Nostre Dame, en franczoys, hysroriées, relyées, fermantes a fermouers d’argent doré
....
Item unes aultres petites heures a l’usaige de Romme, fermans a fermouers d’argent doré »

Aucun ne semble pourtant correspondre aux Heures d'argent...
A New York, le Brooklyn Museum (ms. 19.78) conserve d'autres Heures de Marie de Bretagne :


© Brooklyn Museum, New York

Depuis l'époque de Dom Martène, le manuscrit écrit en lettres d'argent semble avoir disparu. Etait-ce un présent du duc François II à sa soeur?
En 1790, quand on transféra la bibliothèque de Fontevraud à Saumur, un bateau chavira et des milliers de volumes disparurent dans la Loire (1). Notre livre d'heures s'y trouve peut-être encore ... à moins qu'il n'avait déjà subit les outrages des révolutionnaires.

Note
(1)
Alfred Jubien, L'abbesse Marie de Bretagne et la réforme de l'ordre de Fontevrault, Angers & Paris, 1872, p. 186.

Biblio
Lucy Freeman Sandler, "Bedford in Brooklyn", dans Tributes in Honor of James H. Marrow Studies in Painting and Manuscript Illumination of the Late Middle Ages and Northern Renaissance (J. F. Hamburger, A. Korteweg (eds.), 2006, p. 431sq
Marie-Françoise Damongeot. "Le Coffre aux livres de Marie de Bretagne (1424-1477), abbesse de Fontevraud", dans Livres et lectures de femmes en Europe entre Moyen Âge et Renaissance, 2007, p. 81-99.
Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany (Ashgate, 2010), p. 322-327.
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Un livre d'heures restitué à Balthazar Rennel, président de la Chambre des comptes de Lorraine (Edinburgh University Library, Laing 15)

07/11/15

En voulant rassembler quelques informations sur les livres d’heures d’Anne de Bretagne, j’ai suivi mes amies Cynthia Brown (1) et Diane Booton (2) sur les traces d'un manuscrit de la bibliothèque universitaire d’Edimburgh, coté Laing 15, lequel porte effectivement les armes de la reine et duchesse de Bretagne (3). Il a été décrit dans le catalogue de Catherine R. Borland, publié en 1916 :
A Descriptive Catalogue of the Western Mediæval Manuscripts in Edinburgh University Library (n° 45, p. 81-84, 324): https://archive.org/stream/descriptivecatal00edinuoft#page/104/mode/2up
Borland a relevé au f. 1 de ce livre d’heures (probablement à l'usage de Toul (4) une précieuse inscription, lecture partiellement erronée et de ce fait inexploitable à l'époque :

Le septieme Novembre 1596 sont les presentes heures venues en partage au Balthasar Remiel Chancellier de Ma [. . .] des biens delaissés par feu Jeanne Bertrand sa mere grande, lesquelles le dict Remiel a donne a Barbe Remiel sa fille aisnée pour souvenance de la deffuncte et affin quelle au memoire dicelle en ses praves [?] le dict VIIe Novembre an susdict 1595 (sic). E. [?] Remiel.

L'absence de toute documentation sur ces "REMIEL" m'a conduit bien entendu à poursuivre mes recherches. En recoupant différentes données prises à cette inscription, notamment celles du prénom assez particulier et de la fonction du personnage, j’ai découvert sans trop de peine la véritable identité du possesseur. Il s’agit très précisément de Balthazar Rennel(ou de Rennel), président de la Chambre des comptes de Lorraine, issu d'une très ancienne famille originaire de Boulogne-sur-Mer, en Picardie. En fait Borland s'était trompée dans quelques jambages ...

Balthazar Rennel devient conseiller et auditeur de la Chambre des comptes de Lorraine le 8 mars 1574, remplaçant son père. En 1594, il fait partie du conseil de ville de Nancy, nommé conseiller d'Etat le 7 février 1606, président de la Chambre des comptes de Lorraine le 19 janvier 1613, à la place de Michel Bouvet, et ce jusqu'en 1633. Employé par le duc de Lorraine à de difficiles négociations, il résigna son office de président en faveur de son petit-fils Claude Voillot, le 28 octobre 1633.
Balthazar épouse le 7 mars 1576 Barbe de Lescut, fille de Jean de Lescut et de Barbe Le Clerc. De cette alliance vinrent 14 enfants dont 10 moururent en bas âge :
1) François de Rennel, né le 20 novembre 1583, mort le 11 février 1649 ; il fut seigneur de Brin & créé conseiller d’état par patentes du 27 avril 1611. Il épousa par contrat du 1 mars 1609, Esther Barnet, fille de Louis, ministre d’état du duc Henri & son envoyé extraordinaire vers les cours de Rome & de Mantoue. Elle mourut à Paris le 13 février 1644, ayant eu pour fille unique Marie de Rennel, née le 11 juin 1611, morte le 21 avril 1645, ayant épousé par contrat du 23 avril 1616 Claude de Veillot de Valleroy, seigneur dudit lieu, Madecourt, Agecourt, Maroncourt &c, premier secrétaire d’état du duc Charles IV & président en chef de sa chambre des comptes de Lorraine, mort le 12 août 1650.
2) Barbe de Rennel, née le 20 décembre 1584, morte le 21 septembre 1619, veuve du 10 octobre 1614 de Claude de Bouvet, seigneur de Heille, court ministre & secrétaire d’état des ducs Charles III & Henri, qu’elle avoit épousé par contrat du 20 mai 1601. C'est elle qui reçoit le livre d'heures de son père.
3) Catherine de Rennel, née le 2 juin 1591, morte le 10 mai 1631, veuve du 1 octobre 1621 de Jean de Baillivy, seigneur de Houdemont & de la Neuveville, conseiller d’état des ducs Charles III & Henri, qu’elle avoit épousé par contrat du 6 novembre 1607.
4) Baltasar de Rennel, II du nom, comte de Rennel & de l’empire, seigneur de Jarville, Andilly & Hermamesnil, conseiller d’état du duc Charles IV, né le 17 mars 1593, mort le 2 novembre 1658, épousa par contrat du 11 janvier 1621 & par bénédiction nuptiale du 4 mai suivant, Claude de Guerin du Montet, fille aînée & principale héritière de Baltasar de Guerin, seigneur du Montet & de Marie de la Ruelle, laquelle se remaria en 1616 à Jean de la Moussaye, chevalier seigneur de Carcouet, en Bretagne (5), chambellan du duc Henri, colonel d’un régiment d’infanterie & lieutenant au gouvernement de Nanci. Elle mourut le 8 février 1641, âgée de 33 ans, 9 mois, 21 jours, ayant eu de son mariage onze enfans dont cinq morts en bas âge.
Voir sur cette famille les notes généalogiques de Moreri .

Balthazar était le fils de Bonaventure Rennel (ca 1509-1584), anobli le 1er avril 1553, et de Marie Janin (+ 1560), et le petit-fils de Jean Janin (ou de Janin) et de Jeanne Bertrand (ou de Bertrand), cette "mère grande" qui fit don de son livre d'heures à son petit-fils, et qui est probablement commanditaire ou premier possesseur du manuscrit.

Jean de Janin, seigneur de Manoncourt, marié à Jeanne de Bertrand, dame de Brin, des barons de Marimont, fille de Didier, seigneur Brin, trésorier général des finances du duc Antoine ( de1508 à 1544, lien) et d'Anne-Marguerite de Küel, d'une illustre maison de Silésie (De La Chesnaye, Dictionnaire de la noblesse, tome 8, Paris, 1774, p. 195)

Balthazar Rennel et Barbe de Lescut, décédés en 1637, seront inhumés à Nancy, dans la célèbre église des Minimes de Notre-Dame-de-Bonsecours, où reposent encore aujourd’hui le coeur de Marie Leczinska :

La première chapelle du côté de l’évangile, près du sanctuaire, est celle dite aujourd hui des Rennel. Elle a eté construite aux frais du Duc Charles III et elle est assez singulière. Dans le bas, elle forme un grand quarré avec un autel dans le fond. Le tableau qui en fait la décoration représente la Ste Vierge au lit de la mort, joignant les mains, environnée des Apôtres, parmi lesquels St Pierre, revêtu d’une chappe, tient un cierge de la main droite, et appuye la gauche sur un livre ouvert, paroissant réciter des prières ; les autres Apôtres ayant tous la tête couronnée d’une gloire, semblent abîmés dans la douleur. Un d’eux porte une croix au haut d’un long bâton d’argent, et un autre un bénitier avec son goupillon. Devant le lit est une table couverte d’un tapis de Turquie, aux armes de Rennel et de l’Escut. Dans le milieu, on y voit un chandelier avec une chandelle allumée, et à côté un livre sur lequel est une palme. J. C. sortant à demi corps d’une nue qui est au dessus du tableau et dans l’angle, tend les bras à sa Mère et semble lui adresser ces paroles mises en lettres d’or dans l’entablement de l’autel : Veni de Libano, Sponsa mea ; veni, coronaberis. Des anges et des chérubins ornent encore ce tableau que l’on attribue à Bellange ; mais l’humidité paroit lui avoir fait perdre une grande partie de son premier mérite.
Un ordre d’architecture Ionique fait l’ornement de cette partie inférieure de la chapelle. Dans les quatre angles sont placés sur des nuages les quatre Evangélistes de grandeur naturelle avec leurs attributs formant une forte saillie. Au-dessus de leurs têtes s’élèvent des arcs qui rendent cette chapelle de quarrée qu’elle est en bas, octogone. Elle s’arrondit ensuite pour former un dôme qui reçoit le jour par six fenêtres qu’on y apperçoit. Au haut de l’autel et sous ce dôme, sur la corniche de l’ordre qui décore la partie inférieure de la chapelle, on a placé les dix Apôtres, distingués des deux Evangélistes mentionnés ci devant avec les instrumens de leur martyre. Toutes ces figures sont du célèbre Drouin.
Au côté de l’évangile on voit dans un oval les deux bustes en bas relief de Balthazard Rennel et de Barbe de l’Escut son épouse, l’un et l’autre ont les mains jointes, le mari a la tête découverte de petits cheveux, une barbe peu longue avec des moustaches ; il a le cou orné d’ une fraise. L’épouse a une collerette et une cornette fort larges. Au-dessus l’écu parti de Rennel et de l’Escut est surmonté d’une petite pyramide de marbre noir. Sous l’ovale qui contient les figures et dans un cadre en forme de miroir de toilette renversé, est cette épitaphe

D.O.M.V.Q.M.
Memoriæ et Securitati, Viator amice, si legere non vacat, precare et abi. Si vacat, hominem te recogita et favebis. Balthazar Rennel Patricius Nanceianus, Brinii, Sancti Germani et Jarvillæ Dominus, vitâ honestissimè exactâ, hîc jacet. Robusta illum virtus per honorum apices manu deduxit, sequutus est trahentem, et in sanctiori Ducum consilio computique Lotharingici summo fastigio sic stetit, ut lapsum nesciret, sic vixit ut mori non pœniteret, sic obiit, ut vixisse non puderet, et quod felicitatis caput fuit, heu ! est ne hac in vita felicitas quam tot mala interpungunt ! Magnis Ducibus CAROLO III, HENRICO II, CAROLO IV, ubique probatus, antiquæ probitatis fama incolumem ad hocusque marmor deduxit, sub quo diem Christi expectat, majorum quæ mortales agunt, jam nunc equidem securus ; at æternae securitatis candidatus. Adde jam vota tua, bone hospes, et mortis memor, abi in tuas res. Vivere desiit anno Dni 1637 Novembris 16 aetatis suæ 85.

Un peu plus bas et sur un autre marbre on lit :

Jacet sub eodem tumulo Domina Barbara de Lescut supradicti, Domini Balthazaris Rennel fidelissima conjux, quæ post spatium circiter 62 annorum quocum eo pacificè in matrimonio vixit, expleto ætatis suæ 79 cursu die 29a Martii anni 1637 migravit ex hoc sæculo, ut feliciùs viveret in altero. Tu, Domine, dona ei requiem et locum indulgentiæ.

J. J. Lionnois, Histoire des villes vieille et neuve de Nancy, tome II, 1811, p. 302 sq.


Armes des RENNEL et LESCUT :
d'azur à la croix ancrée d'or chargée d'un tourteau de gueules (Rennel)
d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules chargée à l'épaule senestre d'un écusson d'argent (Lescut)



Cadran solaire en bois de Sainte-Lucie, aux armes de Nicolas de Rennel, comte du Saint Empire, anobli en 1730 (source).

Note
(1) Cynthia Brown, The Queen's Library Image-Making at the Court of Anne of Brittany, 1477-1514, University of Pennsylvania Press, 2011, p. 307.
(2) Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany, Ashgate, 2010, p. 252.
(3) Armes entourées du collier de Saint-Michel. Ce manuscrit ne semble pas être lié directement à la reine Anne, à moins que ce ne soit un cadeau du couple royal pour Jeanne de Bertrand ou son mari. Il y aurait peut-être une piste à suivre avec les relations de Didier Bertrand, le père de Jeanne, avec le poète réthoriqueur et "herault d'armes de Lorraine" Pierre Gringoire (ou Gringore), dit Mere Sotte, auteur notamment d'un mystère pour l'entrée de la reine Anne de Bretagne à Paris, en novembre 1504. En effet, on le trouve nommé à plusieurs reprises dans les comptes de Didier Bertrand, trésorier général des finances (AD 54, source).
Voir Charles Oulmont, Pierre Gringore, 1911, reprints 1976.
Cynthia J. Brown, Les entrées royales à Paris de Marie d’Angleterre, 1514 et Claude de France, 1517, Genève : Droz, 2005.
Alan Hindley, Le jeu du Prince des Sotz et de Mère Sotte de Pierre Gringore, Paris : H. Champion (collection : La Renaissance française), 2000.
(4) Du moins calendrier et litanies sont Toulois.
(5) Voir AD 54, B 437:

Lettres passées par Charles, duc de Lorraine, à haut et puissant seigneur Jean Philippe, comte Cratz de Scharpffenstein, colonel, etc., à honnoré seigneur Jean de la Moussaye, sieur de Ceircourt, acceptant pour ledit comte, données à Vaideshem le 28 de décembre 1627, par lesquelles ledit seigneur, duc ayant été secouru par ledit comte pour ses grandes affaires et nottament pour la conservation de ses états de la somme de 200000 francs monnoye de Lorraine, il luy vend et délaisse les ville, château, villages, terres, seigneuries, rentes, revenus de Sarguemund siz au duché de Lorraine ... (en ligne).

Marie de la Ruelle se remaria, par contrat du 25 juin 1616, à Jean de la Moussaye, chevalier, seigneur de Carcouët en Bretagne, chambellan du Duc Henri, dont Philippe, marquis de la Moussaye, colonel d'Infanterie au service de France, mort de ses blessures à la bataille de Rocroy, donnée en 1643 (Chesnaye, Dictionnaire de la noblesse).
Ambroise Pelletier, Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois, t. I, Nancy, 1758, p. 642, donne également comme épouse à Jean de La Moussaye, une autre épouse : Marguerite Philippe, de Valfroicourt, fille de Henry Philippe et de Marguerite Bertrand.
Daniel de La Motte-Rouge, J. P. Le Gal La Salle, Vieilles demeures et vieilles gens: châtellenie de Lamballe, d'après des illustrations anciennes et des documents inédits, 1977, p. 552.

Biblio
Comte A. de MAHUET, Procès entre les familles LE FEBVRE, DE LOMBILLON ET DE RENNEL (1733 -1736), 1905.

Sources documentaires
Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle, 97 J 1-66 : Archives des familles de Rennel et de l'Escut (1544 - 1782).
10.10.1587 (AD 54 3E 246) Vente par Jean Colin demeurant au ban de Guermange à noble femme Jennon Bertrand dame de Brin en partie, relicte de feu noble Didier Feriet, trésorier général de Metz. 29.12.1590 (3E 8157) Bastien Tixerant de Vic, procureur de Jennon Bertrand , demeurant à Brin veuve noble Didier Feriet, trésorier général de l'Evêché de Metz, laisse à bail un gaignage à Chambrey (lien)
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