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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing
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I N C I P I T

26/06/16


Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910), et à l'érudit François Duine, clericus dolensis (1870-1924) est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.
This blog is dedicated to the great manuscript scholar Léopold Delisle (1826-1910), and to François Duine, clericus dolensis (1870-1924), and (almost exclusively!) to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing.
All contributions to this subject are welcomed, as well as any additional commentary or opinions.
Jean-Luc Deuffic
Contact : pecia29@orange.fr /// Site web // Academia.edu

[ Illustration : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
PECIA : LE LIVRE ET L'ECRIT [link] - Edition : Brepols Publishers (Turnhout)
DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l'écrit, 14 (2011) 2012 : Texte, liturgie et mémoire dans l'Église du Moyen Âge
Pecia. Le livre et l'écrit, 15 (2012) 2014 : « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine: Anne de Bretagne (1514). Textes, images et manuscrits
Toujours disponible
Jean-Luc Deuffic. Inventaire des livres liturgiques de Bretagne. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790. Présentation [lien / link]

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Pause

25/06/16

En pause jusqu'au début du mois de septembre ... Bonnes vacances à tous !
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Charles et Nicolas Busnel, sieurs de la Retardaye, en Bretagne : livre d’heures et jurisprudence musulmane

06/06/16

Le nom des Busnel reste attaché à l’histoire de Rennes. Cette famille qui a donné, entre autres, deux connétables à la capitale bretonne, portait comme armes : d’argent à un épervier au naturel, longé et grilleté d’or, sur un ecot au naturel.



Le plus connu, Charles Busnel, sieur de la Retardaye, baptisé le 18 avril 1529 dans l’église Saint Martin de Cesson, était le fils de Jehan Busnel et Julienne Gérard. Avocat au Parlement de Bretagne (1559), procureur des bourgeois de Rennes (1559-1568), député aux États tenus à Vannes en 1567, conseiller au siège présidial de Rennes (1568), il obtint, avec son frère Julien, du roi Henri IV, en mars 1592, des lettres patentes qu'ils firent enregistrer l'année suivante et qui leur permettaient d'acquérir tous les titres de chevalerie et de mettre les armoiries de leur bonne et ancienne maison où bon leur plairait.
Charles épousa Michelle Chouart qui lui donna au moins huit enfants, parmi lesquels Nicolas, également connétable de Rennes en 1607, pensionnaire du Roi en 1624, nommé chevalier de l'ordre du Roi, le 19 octobre 1637, et reçu, le 19 décembre suivant, par le maréchal de Brissac. Il fit ses études à Angers où il obtint sa licence. Mais Nicolas fréquenta-t-il aussi l’Université de Leyde pour y étudier le droit? C'est là qu'il aurait alors rencontré Gilles de Glarges (1559-1641), vers 1580/1585, comme en témoigne sa signature sur le Liber amicorum du juriste :
Nicolaus Busnel Retardaye Armoricus
(Den Haag, KB : 74 J 14)


Source

Il semble bien qu'il faille reconnaître aussi le nom de Nicolas sur un manuscrit turc de la Bibliothèque nationale de France, traitant des cinq points fondamentaux de la jurisprudence musulmane (شرايط الاسلام. Paris, BnF, Turc 15, numérisé sur Gallica), rédigé en février 1596 :
La Retardaye / connestable de Rennes




Nicolas Busnel, dont on ignore la date de décès, épousa à Saint-Etienne de Rennes Perrine le Boulanger, dont elle eut un fils prénommé Charles, puis le 29 octobre 1640, Françoise Julienne, fille unique de noble Guillaume Julienne et de Bertranne de Thierry, seigneur et dame "des Chappellais et de la Ripvière" (Registres paroissiaux) :



Le nom de Charles (fils de Nicolas) se retrouve sur un très beau livre d'heures, aujourd'hui conservé à Bloomington (Indiana University, Lilly Library, ms. 30) :
Ce livre est et appartient à Escuyer Charles Busnel, sieur de la Retardaye, 1645.


Source et description : - Digital Scriptorium -

Charles Busnel épousa Julienne Simon, Dame du Bois-Paris, et décéda à Cesson-Sévigné le 31 mai 1661.
Il semble bien que le livre d'heures passa dans une autre branche des Busnel avec Henri-Jacques-François Busnel (1774), chevalier, seigneur de Montoray et du Bouëxic, qui lui descend de Julien Busnel, seigneur de La Méraudière (+1593) et de Françoise Riou.

Sources : Base Noblesse Bretonne - Roglo -
Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. VIII. Bus-Cas. - 1909 / par C. d'E.-A. [Chaix d'Est-Ange], p. 2-5.
PS: la généalogie de cette famille n'est pas établie avec certitude.
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Les manuscrits du château d'Anet

05/06/16

Nous avons le plaisir d'annoncer la mise en ligne d'un nouveau site dédié aux manuscrits du château d'Anet, la célèbre demeure de Diane de Poitiers [ lien ]

Dispersés en 1724, on les retrouve aujourd'hui dans plusieurs bibliothèques importantes d'Europe et des USA. Une paraphe particulière permet de les reconnaître :


(c) Paris, BnF, Fr. 370

Il apparaît aujourd’hui qu’aucun de ces ouvrages n’a appartenu à Diane, « les manuscrits de la maîtresse royale avaient quitté, probablement avant même le passage aux Vendôme, le château d’Anet » (François Avril).
C'est aussi le lieu de dire que les pages publiées sur ce nouveau site doivent beaucoup aux renseignements de Monsieur François Avril, ancien conservateur général du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, qui connait depuis longtemps les manuscrits d'Anet et sur lesquels il a amassé une importante documentation.
Mon premier objectif est de présenter cette collection assez remarquable, dont il semble bien qu'un noyau important provienne de l'éclatement de plusieurs bibliothèques bretonnes, entre autres celles de Tanguy du Chastel et de Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant.

Les manuscrits du château d'Anet

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Nouvelle identification : les Heures de Robert de Guetteville (Paris, BnF, Arsenal, 1181)

31/05/16

J´AIME TANT FORT UNE - Stundenbuch Charles VIII : c'est le sublime titre du beau livre qu'Ina Nettekoven nous prépare pour la rentrée prochaine...


Source : Hirmer

Ina Nettekoven m'ayant récemment conduit vers un des nombreux livres d'heures de la Bibliothèque de l'Arsenal, le ms. 1181, des anciennes collections de M. de Paulmy, j'ai été quelque peu intrigué, en consultant la notice qui lui était consacrée, de la lecture des armoiries qu'il porte au f. 38 : "d'hermine plein. On retrouve ces mêmes armoiries dans la bordure du folio 29 vo, et dans l'initiale du folio 85".
Au premier coup d'oeil, j'ai pu juger qu'il ne pouvait s'agir d'hermine, mais de quelque chose ressemblant à une étoile à quatre branches. En définitive, nous sommes ici en présence d'un meuble héraldique assez peu courant : le chausse-trape (voir wikipédia). Aussi, les armoiries du ms. 1181 doivent-elles être lues : D'argent, semé de chausse-trapes de sable.
Ces armes sont celles de Robert de Guettevile, nommé greffier le 16 avril 1454, quand la Chambre des Requêtes fut réorganisée (Paris, An, X1a 1483, f. 151, 153 ; X1a 8505, f. 150v), puis, entre 1463 et 1490, conseiller lai au Parlement de Paris. Il épousa Jeanne Amiart, dont: Guillemette (épouse Jean Hurault), Marie, Léon ? qui lui succéda au Parlement. Fondateur de la chapelle Sainte-Geneviève à Saint-Nicolas des Champs (20 juillet 1490; offre un calice d’argent), il y fut inhumé.
Sur ses armes voir la fiche BIBALE / IRHT:


BIBALE / IRHT http://bibale.irht.cnrs.fr/php/f.php?t=3793

Biblio : Prosopographie des gens du Parlement de Paris, éd. M. POPOFF, 1996, t. I, p. 627 ; DUPONT-FERRIER (G.). « Les avocats à la Cour du Trésor... », B.E.C., t. 97, 1936, p. 79 ; MAUGIS (É.). Histoire du Parlement, t. III, 1916, p. 110

La reliure en maroquin, semée de marguerites, du manuscrit 1181, porte sur ses plats : « Jehan de Sermoise. — Françoise Planson. ».
Ce couple est attesté à la fin du XVIe siècle du côté de Saint-Germain-en-Laye : le 21 septembre 1592, Jeanne Raffron, veuve de Guillaume Planson, demeurant à Saint-Germain en Laye, fit donation sous certaines conditions à Françoise Planson, femme de Jean de Sermoise, sa fille de tous les biens meubles et immeubles qui lui appartenaient ou qui pourraient lui appartenir (Paris, AN, Y//134, f. 38v) .
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Remarques sur quelques livres d'heures de la Bibliothèque municipale de Nantes

25/05/16


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 3072

La Bretagne (historique) s'enrichit régulièrement de nouvelles numérisations. Ainsi, la Bibliothèque municipale de Nantes s'emploie pleinement à promouvoir ses richesses patrimoniales sur la toile, trésors parfois méconnus du grand public (et même de certains spécialistes). Nous avons à plusieurs reprises fait référence à la précieuse bibliothèque des Oratoriens qui a fourni aux collections nantaises des manuscrits de grande valeur, actuellement sous la garde de Marion Chaigne, conservateur, laquelle a déjà participé à l’élaboration de la bibliothèque numérique de Sainte-Geneviève (Paris).

Ce post n'abordera que quelques livres d'heures sur lesquels nous travaillons pour notre future publication : même modestes ils révèlent souvent des parcours inattendus ...

À tout seigneur, tout honneur, quelques mots sur les superbes Heures de Montbéron (ms. 3072). Nous y avons remarqué un petit texte, semble-t-il inédit, reflet de la poésie des Grands Rhétoriqueurs, avec l'emploi de termes assez significatifs de leur style : olympicque, pluthonicque, deificque, etc, faisant penser aux oeuvres des Molinet (+ 1507), Gringore (+ 1539), et même de Clément Marot (+1544), auteur du « Par toy fuyons le regne Plutonique », etc

« Le filz de Dieu du hault mont olympicque
Par charité qui son joli cueur picque
A rapaisé lire de Dieu son pere
Et pour Adam a souffert mortamere
Le delivrant du resgne pluthonique
Dame au seigneur Tant magnificque
Plut en ton corps faire ung temple deificque
Pour reposez comme au ventre sa mere
Le filz de Dieu »

Probablement ces vers ont-ils été écrits du temps de Jacques de Montbéron, seigneur de Miré, de Chartres et d’Avoir, décédé en 1542/1543. Il avait épousé Louise Goheau, dame de Souché et des Jamonnieres, fille de François Goheau, seigneur de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, et de Françoise Hamon, nièce de l'évêque de Nantes. En fait, le livre d'heures en question, exécuté vers 1420, pourrait provenir à l'origine de ces Goheau.

Louise Goheau a fait peindre ses armes en fin du volume. : Parti au premier, coupé fascé d'argent et d'azur (de Montberon), et de gueules semé de trèfles d'or, à deux bars adossés de même (Clermont-Nesle), au second d'argent, à trois trèfles de gueules (Goheau).
François, seigneur de Monberon, de Maulévrier et d'Avoir, épousa le 28 mai 1403 Louise de Clermont, vicomtesse d'Aunay, d'où les armes de Clermont.


© Bibliothèque municipale de Nantes

Par la suite, Hector de Montbéron, fils de Jacques, inscrivit sur le manuscrit les naissances de ses enfants, qu'il eut avec sa seconde femme, Radegonde de Noyelles :

Le quatorziesme jour de septambre mil / cincq cens quatre vins sept René de Montberon / filz de Hector et de Ragonde de Noielle fut / né a dix heures du soir.

Nota que le jour de Nouel mil cinq cens quatre vins / huict Hector de Montberon fut né a dix houres du soyr / un dimanche »
« Louis de Montberon fut né le vint yesme jour de janvyer a deulx heures apres minuit / lan mil cinq cens quatre vint dix »

Nota que le dixneuf / yesmme jour de decembre / mil cincq cens quatre / vins troys [Adrienn]e de / Montberon fut nee a dix / heures du matin.

Concernant la provenance de ce somptueux manuscrit, nous avons relevé la présence sur la garde de reliure, de l'ex-libris armorié des Verdier de Genouillac, qui ont conservé la célèbre devise du fameux Galiot de Genouillac (1465-1546) : J'AYME FORTUNE.




Sur cette famille, voir : Henry DU VERDIER. Une famille à travers cinq siècles. La famille du Verdier et du Verdier de Genouillac, Paris, 1987 
L'émotion nous gagne avec le manuscrit 19 de la BM de Nantes (col. des Oratoriens). En effet, plusieurs notes d'un ancien possesseur nous rappellent l'importance du livre d'heures à toute époque, livre gardé précieusement dans les familles, souvent pendant plusieurs générations. Celui-ci porte la marque d'un petit écolier de Nantes, alors à peine âgé de 12 ans et orphelin de père, Jean BUROT, qui se dit "bon enfant". Il note en 1612, et à plusieurs reprises, son nom en lettres capitales:


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 19

Ce Jean Burot, né le 10 novembre 1600 à St Nicolas de Nantes, est le fils de Guillaume (1567-1610), marchand de la ville, et de Guillemette Langlois (+ 1615). Il épousera le 28 août 1622, à Nantes, Anne Tourayne (1604-1685), fille de François Joseph, sieur de la Brunière (1578-1623) et de Marguerite Luzeau, et décédera dans la vieille cité ligérienne le 27 février 1659 (source : Gerard Vinouse, d'après registres paroissiaux).
Noble homme Jean BUROT sieur du Pé, bourgeois à La Fosse de Nantes, fut nommé échevin de la ville en 1658. "Marchand très combatif, il mène la lutte en 1630 contre la concurrence de la colonie portugaise" (Guy Saupin, Nantes au XVIIe siècle, PUR Rennes, 1996, p. 229, 230, 328).

Le parcours du livre d'heures, manuscrit 20, me parait tout à fait intéressant et nous instruit sur la circulation des manuscrits en Bretagne. En effet, ce n'est pas une production locale (et n'est donc pas à l'usage de Nantes). Les litanies sont plutôt flamandes (s. Amand, Ghertudis, Amelberga). La décoration et l'écriture ont un caractère méridional, et nous orientent vers l'Espagne. Josefina Planas, de l'Universidad de Lleida, que je remercie ici pour son aide, m'indique que le manuscrit a pu être exécuté en Castille, peut-être vers le milieu du XVe siècle. De plus, une main (antérieure à celle du texte principal, XVIe s.?) a noté, en fin d'ouvrage, quelques lignes en vieil espagnol (castillan ancien) (et non en Breton, comme l'affirme l'ancien catalogue) : "Dyze santo Agustyn que es imposible ser condenado qyen la sygyente oracion rezare cada dya" ("Saint Augustin dit qu'il est impossible que quelqu'un soit condamné s'il prie chaque jour l'oraison suivante). Je suis redevable de cette transcription à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela).



Peut-être ce livre d'heures est-il arrivé par le grand port marchand de Saint-Malo? Est-il passé avant par les anciens Pays-Bas ou a-t-il été en usage dans la communauté flamande d'Espagne? 


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms 20


Dès le tout début du XVIIe, en 1602, le manuscrit se trouve entre les mains du recteur de Bourseul (Côtes d'Armor): Jean DIVEU. Nous savons que celui-ci fut par la suite nommé dans une autre paroisse des environs, à La Landec, où on trouve sa signature sur un des registres paroissiaux, en 1630, au baptême de Jean Amiot : « par moy Don Jan Diveu recteur de laditte paroisse ». Jean Diveu fut inhumé à Plélan-le-Petit, le 11 avril 1634.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 20

Nous n'avons pas encore découvert comment ce livre d'heures est advenu dans la famille de Trevelec. Le nom de Jean de Trevelec s'y trouve.
Il serait tentant de voir sous ce nom celui de Jean de Trevelec (1594-1639) marié à Anne Martel, dame de La Salle-Patissière. — Le 26 novembre 1639, fut inhumé Jean de Trevelec, écuyer, sieur de Penhouet et de la Paticière, dans l'enfeu de la Paticière (église Saint-Hermeland de Saint-Herblain). Le curé Chupaut a ajouté :

« Ce bel esprit, non plus que le soleil, 
N'a pas laissé au monde son pareil, 
Et ceux qui ont cogneu son excellence 
Regretteront à jamais sa présence.
Partant, lecteur, pour ce bon trépassé, 
Dis avec moi : Requiescat in pace. » 

Quelques décennies plus tard une main a noté les naissances des enfants de Mathieu de Trevelec (un frère de Jean) et de ses deux épouses, Jeanne Legal (X 1629) et Julienne Bourdic (X 1642) pour finir par une humble prière:

Le 16 octobre 1641 deseda Janne / Legal dame de Trevelec, agéé / seullement de 28 ans, premiere fame / de messire Mathieu de Trevelec sgr / dud. lieu et laissa six (« cinq » barré) enfans savoir / Jan Marie Yves Claude  autre. Yves / et Fransois et Charlotte a presant religieuse / lad. dame fut enterée en leglise dher[bign]ac

Le 19e janvier 1657 deseda Julienne / Bourdic segonde fame dud. seigneur / de Trevelec agée de 48 ans et fut / enterrée en leglise S. Aubin de Guerande. Elle laissa 4 enfans / de ce mariage; savoir Jacques / Guillemette, Magdelaine et Pellagie
Prions Dieu pour eux/
Eternellemant /
Amy lecteur sy tu testonne
Qu'on recommande ses personnes
A toutte la posterité
Enquiers toy de leur hault meritte
Car cette ligne est trop petitte
Pour despaindre tant de bonté

Nous terminerons ce post avec le manuscrit 21, un livre d'heures de moyenne facture, malheureusement mutilé de ses grandes peintures, celui-ci d'origine bretonne, à l'usage de Nantes. Ayant fait partie des collections du couvent des Minimes de Nantes, il est présenté comme venant d'Anne de Bretagne: peut-être même a-t-il été exécuté pour le duc François II (+ 1488). Certaines initiales portent des mouchetures d'hermines ou des fleurs de lys (f. 44v, 57, 121, etc.); au f. 49, en marge, un porc-épic; sur d'autres marges, la fameuse cordelière.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21.

Un des possesseurs de ce manuscrit, au XVIIe siècle, y a laissé son nom, au f. 2v,  Jean Philloux prebstre / de Toussains sur / les Ponst, et au f. 178v : Jan Philloux.
Nous avons retrouvé trace de ce prêtre dans le plus vieux des registres de l'aumônerie de Toussaints de Nantes. Le malheureux fut inhumé le 13 novembre 1605 dans le cimetière de l'hôpital de l'Anerie, fondé en 1572 « pour y établir les malades pestiférés ». Le registre précise bien « Mre Jean Philloulx, chapelain d'une chap[el]le de Toussaincts, enterré au cymityere de la Sancté appelé l'Asnerye estante au bas de la Fosse de Nantes. » (Nantes, AM, GG. 484).
L’aumônerie de Toussaints de Nantes se trouvait sur les ponts « seize en Bièce, sur le chemin par où l'on vat de Nantes à Pirmil » ( fondation le 27 avril 1362 par Charles de Blois et son épouse Jeanne de Penthièvre, pour les pèlerins qui se rendent vers Saint-Jacques-de-Compostelle).


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21

Ce livre d'heures fut, au XVIe s. aux mains d'une famille de marchands nantais, les BIZEUL, plus exactement de Mathurin Bizeul et Perrine Lesage. Mathurin fut un temps installé à Bilbao, logé chez le négociant Ochoa Lanier (1563).

Remerciements à mon amie Cynthia J. Brown (University of California), à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela); à Josefina Planas, Universidad de Lleida; à Claire Sicard (https://clairesicard.com/); Erik Kwakkel; Peter Kidd; Dominique Vanwijnsberghe; François du Fou; Alberto Velasco Gonzàlez ...

Lien vers les livres d'heures numérisés de la Bibliothèque municipale de Nantes

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Livres d'heures de mai 2016

24/05/16

Quelques livres d'heures mis en vente prochainement:

Vente FERRI & Associés du 27 mai

Lot 22. HEURES selon l'usage de Rouen]. Manuscrit en latin sur vélin, c. 1460. 13 miniatures.
Catalogue Ferri;

Vente Fraysse du 31 mai

Lot 115. Heures à l'usage de Bourges. 112 f. 9 miniatures. Atelier de Jean Colombe, ca 1485/1490.


Catalogue Fraysse ;

Lot 116. Heures de Claude Flairiawe (= à mon avis ce nom est douteux. jld). Amiens, 1490, sous influence rouennaise par Robert Boyvin. 166 f. 27 miniatures.
Voir Tenschert: No. 25: Leuchtendes Mittelalter. II : Sechzig illuminierte und illustrierte Manuskripte des Mittelalters und der Renaissance …
(n° 56) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 (n° 51)

Catalogue Fraysse;

Lot 117. Heures de Roucy. Par un contemporain d’Estienne Collaud. Brüges, vers 1530-1540. 176 f. 34 miniatures : celle de l’Éducation de la Vierge représente le seigneur de Roucy, commanditaire de l’ouvrage, agenouillé, en armure portant une tunique à ses armes, le heaume posé à ses pieds, lesquelles armes sont répétées en bas de la miniature.
Déjà passé chez Sotheby's : Catalogue: Western and Oriental manuscripts and miniatures. 1965/12/13 (le donne de Reims ?) ; Tenschert : No. 27: Leuchtendes Mittelalter. III : Das goldene Zeitalter der Burgundischen Buchmalerei 1430-1560 ; sammlung Carlo Poortere, 1991 (n° 4) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 : die noch verfügbaren Manuskripte, 1996 (n°67).


Catalogue Fraysse;

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Fragment retrouvé d'un livre d'heures des Mathefelon

09/05/16

Nous avions relevé dans nos Notes de bibliologie (Brepols, 2009, p. 42 note 14), un passage de la Revue historique de l'Ouest (1892, p. 258), relatif à une exposition ayant eu lieu au pavillon des Halles de Vannes (Bretagne), laquelle présentait un « Livre d'heures venant de l'évêché (de Vannes), Livre d'heures de l’Office de la Vierge, embelli de fines miniatures représentant la Nativité, l’Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, etc., et d'encadrements formés d'entrelacs et de rinceaux variés, avec les devises du possesseur, allant se répétant à chaque page : Faulte d'avis ; En passant temps ; Amis sont ; et les armoiries : de gueules à 6 écussons d'or, posés : 3, 2 et 1 », qui sont bien celles des Mathefelon.
J'avais alors précisé que ce manuscrit semblait introuvable...
Comme en la matière rien n'est vraiment jamais impossible, nous apprenons qu'une vente se déroulera au château d'Artigny à Montbazon le 12 juin 2016 (expert: J. Paul Veyssière). Au catalogue est inscrit, sous le lot 110, : "LA FUITE EN EGYPTE. Peinture sur vélin extraite d'un livre d heures". La description ne fait aucun doute, il s'agit là d'une enluminure tirée de l'ancien manuscrit de l'évêché de Vannes... 


La Fuite en Egypte. Armes des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC


Devises des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC

223 x 168 mm. Provenance : manoir de la Roche-Musset, Cinq-Mars-la-Pile.
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Quelques manuscrits de Jean Blondelet (XVe s.)

05/05/16

Parmi les membres de la famille BLONDELET, "une honorable famille tourangelle dont certains ont assumé des charges importantes aux XIVe et XVe siècles", figure Jehan Blondelet, préchantre de Tours en 1440, chancelier en 1456. C'est lui qui fut conseiller et procureur de René d'Anjou (1409-1480) en cour de Rome, et c'est à lui probablement que l'on doit associer plusieurs manuscrits dispersés :  
 

(c) London, British Library, Harley 4985, f. 2

Berlin, Deutsche Staatsbibliothek, ms Phill. 1883 (J)
. Compendium historiae Hierosolymitanae. Parchemin. Début XIVe s. Mention XVIe s. au f. 109 : Iste liber est de libris patris mei Petri Blondelet". Ancien Clermont 654 [ Lien ]

Harley 4985. Tobias, Judith, Ruth, et les Proverbes avec la glossa ordinaria. Parchemin. 125 + IV f. 250 x 165 (170 x 85) mm.  Note au f. 125 : 'Hunc librum emi Basilee a librario publico prope fratres minores. Blondelet'. Collège des Jésuites de La Flèche : 'Col. Flex[iens] Soc. Jesu Cat...' (f. 2). Donné par le recteur du collège à Nicolas Foucault le10 Septembre 1706 (note de la main de Foucault au f. 1).[ Lien ]

Leiden, UB, BPL 89. Epitoma historiarum Philippicarum Pompei Trogi / Marcus Junianus Justinus - Parchemin, 76 f. 280 x 115 (187 x 109) mm. f. 74r : "Peregi ego Pucciarellus hoc opus die vigesima secunda augustin 1352 Indictione nona de quo sospitatis auctori gratie referantur." - "Hunc librum emi Rome precio ducatus unius cum dimidio. Blondelet." (XVe s.) Description catalogue : [ En ligne ] [ Lien ] Volume ayant appartenu à Paul Petau : K. A. De Meyier, Paul en Alexandre Petau, Brill, 1947, p. 54-55 [ En ligne ]
Colophons, 16206 [ En ligne ]. L. Reynhout, Formules latines de colophons, Brepols, 2006, p. 225.
 
Paris, BnF, Lat. 350A. Bartholomaeus Anglicus, De proprietatibus rerum. XVe s. Papier. 362 f. 320 x 230 mm. "Finito libro sit laus et gloria Christo, ferrarie, ultima mensis februarii 1437". "Hunc librum feci scribi Bononie, dum illic essem. Blondelet."

Paris, BnF, Lat. 4911. "Hic finit opus Ricobaldi Ferrariensis Excellentis historiographi quod scriptum fuit Rome die xxviia mensis decembris anno christi Millesimo ccccmo tricesimo Tercio" (1433). Puis : "hunc librum feci scribi Rome ut supra Blondelet./ et extrahi ab exemplario domini blanciardini./ quod fuerat N. perrigaut*. Blondelet".
Gabriele Zanella, Riccobaldo da Ferrara. Pomerium Ravennatis ecclesie, 201 [ En ligne ]
F. Bertolli, "La Biblioteca Capitolare di S. Giovanni in Busto Arsizio…", dans  AA. VV.  Ricerche storiche sulla Chiesa Ambrosiana, II, Milano 1971 (Archivio Ambrosiano 21), p. 398 n. 9 ; F. Bianchi, Une recherche sur les manuscrits à cahiers mixtes, dans Scriptorium, 48, 1994, 2, p. 259-286. CH. Samaran et R. Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des indications de date de lieu de copiste, II, Paris, CNRS, 1962, p. 243 et pl. XCIV.
* Doyen de la cathédrale d'Angers en 14222/1424.

Pour les autres membres de la famille BLONDELET voir ici.

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David T. Gura : A Descriptive Catalogue of the Medieval and Renaissance Manuscripts of the University of Notre Dame and Saint Mary's College

05/05/16
 
David T.  Gura, conservateur des manuscrits anciens et médiévaux à la Bibliothèque Hesburgh et professeur adjoint à l'Institut médiéval de l'Université de Notre Dame, a récemment mis en avant un livre d'heures breton du Vannetais, démembré, pour lequel il s'attache à retrouver tous les fragments. Travail louable qu'il faut signaler : la Bretagne lui en est reconnaissante.

 
(c) Univ. of Notre Dame, Hesburgh Library, Frag. III.1 fol. 49r.

Hour by Hour: Reconstructing a Medieval Breton Prayerbook. Snite Museum of Art, University of Notre Dame (January 18–March 16, 2015). Review with video: http://www.medievalists.net/2015/04/08/a-broken-book-of-hours-saving-a-medieval-manuscript/. Digital companion: http://hour-by-hour.snitemuseum.org/

David T. Gura nous annonce la publication en novembre prochain de son monumental Descriptive Catalogue of the Medieval and Renaissance Manuscripts of the University of Notre Dame and Saint Mary's College.
Après une introduction sur l'histoire de la formation de ces collections, David T. Gura nous présente un catalogue innovant où il décrit les 288 manuscrits médiévaux et renaissants conservés à l'Université de Notre Dame (Bibliothèque Hesburgh et Snite Museum of Art) et au Saint Mary’s College, manuscrits reliés, feuillets et fragments, de la fin du XIe au XVIe s.: bibles, livres d'heures, calendriers, textes liturgiques, etc. Tous ces manuscrits bénéficient d'un traitement critique approfondi et d'une description scientifique très poussée. On y trouve ainsi  pour chaque notice des éléments paléographiques habituels dans ce genre d'ouvrages, des informations, entre autres, sur les types d'écriture, l'historique des possesseurs, la reliure, et bien entendu toutes les références bibliographiques utiles.  
Bibliothèques, collectionneurs de manuscrits, chercheurs travaillant sur les manuscrits médiévaux et renaissants trouveront de quoi s'enrichir dans ce catalogue exemplaire.



University of Notre Dame Press
ISBN: 978-0-268-10060-5
648 pages
Année de publication: 2016
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Nouvelle identification : le livre d'heures de Nicolas de La Primaudaye (Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms-1188)

03/05/16

La mise en ligne récente sur GALLICA d'un livre d'heures à l'usage de Rome, avec une devise répétée à l'infini, D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE, m'a conduit à en rechercher le propriétaire.
Ah, merci "Google Books" ! J'imagine que Léopold Delisle aurait apprécié ce bien utile instrument de travail ... De ce fait, ma recherche ne fut pas longue et me conduisit à une petite étude parue dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine (1940, p. 459-460) avec la description d'un jeton anagrammatique de toute rareté, celui de Nicolas (ou Nicole) de La Primaudaye, alors marié en secondes noces à Marie de Morvilliers.



D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE est bien l'anagramme de NICOLAS DE LA PRIMAUDAYE

Armes de La Primaudaye : d'après les généalogies des familles orléanaises, par le chanoine Hubert : D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à un pied de griffon de même posé en fasce et sur le tout un écusson chargé d'un besant d'or; d'après d'Hozier : Semées de France, à l'escu d'or en abîme, traversé d'une patte d'or de griffon, chargé d'un tourteau de sable sur le tout.

Jeton d'Antoine de La Primaudoye (fils de Nicolas), Général des Monnaies. Paris. s.d. (1543-1547). [source]

Ainsi, notre élégant livre d'heures (Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms-1188) fut certainement commandité par Nicolas de La Primaudaye, descendant d'une famille originaire de Bretagne, plus exactement de la région de Pontivy : Jean de La Primaudaye avait été trésorier général de Bretagne*; Jeanne de la Primaudaie, abbesse de S. Georges de Rennes en 1534, ...

Nicolas de La Primaudaye, écuyer, conseiller secrétaire du roi, épousa en premières noces Jeanne Berthomier, et en secondes Marie de Morvilliers. Il fut l'ami de Thomas Bohier (1465-1524), trésorier général des finances, le mécène de Chenonceau :

maistre Nicole de la Primaudaye, notaire et secretaire du Roy nostre sire, seigneur de La Barrée, ou vivant de feu messire Thomas Bohier, chevalier, sr de Chenonceau, general de France, il estoit son ser[viteur], amy et familier (Paris, AN, MC/ET/XXXIII/13 , f. 188, 5 août 1528) 


Thomas Bohier.  Source.


© Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 17


© Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 16

F. 1. Calendrier en français F. 7. Péricopes évangéliques. F. 11v. Passion selon S. Jean F. 17. « Hore beate Marie virginis, secundum usum Romane ecclesie » F. 55. Les sept psaumes et les litanies. Dans les litanies : S. Louis et Ste Anne F. 64. « Vigilie mortuorum » F. 81. « Suffragia plurimorum sanctorum et sanctarum » F. 93. « Plusieurs devotes oraisons à la vierge Marie » F. 102v. Diverses oraisons latines F. 113. « L'examen de conscience pour congnoistre à bien se confesser, composé par maistre Jehan Quentin, pénitentier de Paris » ; en français [...]
De la bibliothèque de M. de Paulmy.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550098895

* Sur Jean de La Primaudaye, voir Dominique Le Page, Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1547, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, 1997, p. 416-417 et p. 538 : "il faut signaler le recrutement de Bretons soit comme officiers, soit comme membres de l'hôtel royal. La monarchie a su se montrer accueillante pour tous ceux qui désiraient la servir, à quelque degré de la noblesse qu'ils appartinssent. Cela a été vrai pour des gentilshommes en quête de fortune comme Jean de La Primaudaie, originaire de la région de Pontivy, signalé comme secrétaire du roi en 1470".

Antoine de la Primaudaye, fils mineur de Nicole de la Primaudaye, et de Jeanne Barthomier, comme petit-fils des défunts Pierre Barthomier, seigneur d'Olivet, et Antoinette de Gannay, sa femme, morte le 28 septembre 1522, reçut de ces derniers 1/5e de leur succession, dans laquelle on remarque :

Unes Heures en parchemin, enlumynées, à lectres d'or, deux fermouers d'argent doré, garnys de deux tringles d'or, avec troys petis boutons de petites perles, VIII l. t.
deux livres en papier, l'un des Evangilles, en francoys, et l'autre intitulé Frere Jehan de Vigny ...
... Troys livres en papier, l'un l'Ordinaire des crestiens, l'autre la Vie des Peres, et l'autre le premier volume du roy Charles le Quinct.
... Ung grant livre, en parchemin, des Euvres de Seneque ...
Unes petites Heures, en parchemin, à ung fermouer d'argent doré ..., unes vielles Heures, en papier ..., ung grant livre, en papier, lectre d'impression, appellé Ovide, de Methamorphoses, et ung autre livre, en parchemin, commencant : 'Reges intelligite'...
... Ung Messel, en papier, lectre d'impression, à l'usaige de Paris.
Deux paieres d'Heures, en papier, lectre d'impression, à l'usage de Paris.
(Ernest Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au XVIe siècle [étude XXXIII], t. I, 1498-1545 [3608 actes], Paris, 1905, p. 56, notice n° 261)


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À propos d'un exemplaire du traité d'hippiatrie de Jean de Feschal (Paris, BnF, NAF 28881)

01/05/16

L'incontournable plateforme Gallica vient de mettre en ligne un exemplaire du traité d'hippiatrie de Jean de Feschal (Paris, BnF, NAF 28881). Écrit en gothique bâtarde (fin XVe s.), d'une seule main, ce manuscrit de 68 f. (320 x 240 mm) comporte une illustration abondante, relative à l'embouchure des chevaux, avec 160 dessins de mors faits à l'encre bistre et aquarellés en bleu.



L'auteur de ce traité désigné au f. 2v (et fut recoeilly et fait cedit livre par messire Jehan de Feschal, chevallier), devise : Rien qui ne l'a (f. 1, avec le toponyme "Marboué") et porte comme armes: écartelé aux un et quatre vairé et contrevairé d'argent et d'azur à la croix étroite de gueules, aux deux et trois de gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur, à la bordure d'or ( f. 8).



Au f. 1, on a noté une épitaphe :

Le XIeme jour de janvier mil cent cinq cent trente et ung alla de vie a trespas messire Christoffle du Bouys Geneur, capitaine general des ffrancs archiez en l'esvesché de Saint Malo et capitaine de Comper, et fut ensepulturé ledit chevalier en l'esglise de Panpont. Dieu luy face pardon. Amen.

Le personnage en question ayant posé problème à l'auteur de la notice BnF, le concours de mes amis de la liste Noblesse Bretonne, et plus particulièrement la perspicacité de Jean Brogilos, nous a permis d'identifier précisément le chevalier inhumé en 1531 à l'abbaye de Painpont. Il s'agit de Christophe Du Boisguéhenneuc, fils de François Du Boisguéhenneuc, chevalier, seigneur du Cleyo, de la Villéon, de Brignac, de La Ville-Rio (ca 1446- ca1500) et de Jeanne des Grées, demoiselle de La Ville Rio en Augan (+1513). On trouvera des éléments généalogiques sur l'arbre en ligne d'Arnaud du Boisguéheneuc.


Abbaye de Painpont

Jean de Feschal, Traité d'hippiatrie, Traité d'embouchure. Paris, BnF, NAF 28881. Numérisé sur Gallica.

 
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CFP : Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge = Prolongation jusqu'au 30 mai 2016

30/04/16



Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge


Au Moyen Âge, le livre manuscrit rassemble autour de lui nombre d’artisans : parcheminiers, copistes, peintres et enlumineurs, relieurs, libraires, etc. Et chaque artisan utilise ses propres outils. Le double volume 19/20 de « Pecia, le livre et l’écrit », à paraître en 2017, fait appel à contributions pour des études pertinentes sur ces thèmes. Résumé de quelques lignes à faire parvenir avant le 30 avril 2016 30 mai 2016 à :

In the Middle Ages, the manuscript book brought together a number of "artisans": parchment-makers, scribes, painters and illuminators, binders, booksellers, etc. Each of these required unique tools. This double issue of Pecia. Le livre et l'écrit (volumes 19 and 20), to be published in 2017, seeks articles relating to these themes. Please send short abstracts before the 30th April 30th May to:

Jean-Luc Deuffic
pecia29@orange.fr
http://www.pecia.fr/


Illustration :
Charles le Téméraire rend visite à David Aubert dans son scriptorium
David Aubert, Histoire de Charles Martel
Loyset Liédet, enlumineur.
Bruxelles, KBR, ms. 8, f. 7
© Bibliothèque royale de Belgique
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Vente AGUTTES du 12 mai 2016

28/04/16

Vente AGUTTES du 12 mai 2016

Lot. 17. LIVRE D’HEURES à l'usage de Châlons-sur-Marne: matines, « Benedicta tu / Sancta maria »; tierce, « Rubum quem / Paradisi porta »; vêpres, « Beata mater / Beata es virgo ») France, Champagne (?), vers 1475. 86 f., écriture gothique, initiales peintes, bordures enluminées, trois enluminures (repeints aux visages). Reliure XXe s. 182 x 127 mm.

Notice catalogue Bibliorare

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Vente ALDE du 24 mai 2016

28/04/16

Vente ALDE du MARDI 24 MAI 2016  

Lot 6. HEURES À L’USAGE DE CHALON-SUR-SAÔNE. Franche-Comté (certainement Besançon), vers 1440-1450. Manuscrit sur parchemin de 146 ff. (230 x 165 mm), à 15 longues lignes la page (justif. : 65 x 115 mm) 

Lot 7. HEURES À L’USAGE DE COUTANCES. Paris, dernier quart du XVe siècle. Manuscrit sur parchemin de 120 ff. (206 x 148 mm) à 16 longues lignes par page (justif. 98 x 65) 

Lot 12. HEURES À L’USAGE DE ROME. Paris, vers 1506. Manuscrit sur parchemin de 126 ff. (155 x 98 mm) à 26 longues lignes (justif. du calendrier : 95 x 56 mm, du texte : 98 x 54 mm)

Lot 13. [PROCESSIONNAL]. Incipit liber Rubrica[rum] et p[ro]cessionum secundum ritum frat[rum] atq[ue] sororum ordinis predicatorum. 24 mars 1506. Manuscrit sur vélin de [8] ff., CXIV pp., [2] ff. Petit in-4 (214 x 142 mm)

Lot 15. [HEURES]. Ces prese[n]tes heures a lusaige de Rome au long sans requerir... Paris, Philippe Pigouchet pour Guillaume Eustace, 1509. In-4 (184 x 115 mm) de [132] ff., sign. a-q8, r4, almanach pour 1510-1530 

Lot 20. [ORDRE DE SAINT-MICHEL]. Le Livre des statuts & ordonances de l'Ordre Sainct Michel, estably par le treschrestien Roy de France Loys unzieme de ce nom. Institution de l'office de prevost et maistre des ceremonies, avec statuts & ordonances sur le faict dudict ordre. S.l.n.d. [Paris, vers 1550]. In-4 (218 x 157 mm)

Catalogue en ligne : http://www.alde.fr/vente/25831/1

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À propos de l’origine bretonne du Ciceron de Leyde (BU, Periz. F°. 25)

01/04/16


(c) BU Leyde

Dans sa note publiée en 1948 par la revue emblématique Scriptorium, Karel Adriaan De Meyier (1906-1980) présentait quelques éléments sur « Les armoiries et l’histoire d’un Cicéron de Leyde » [en ligne sur Persée], et établissait une origine bretonne au manuscrit de la Bibliothèque Universitaire, Leyde F°. 25 [description sur catalogue en ligne] et sur [Digital Sources]
Effectivement, sur plusieurs feuillets (f. 115v, 121v, 178v, et 237) du Periz, F. 25 sont peintes des armoiries de gueules, à la fasce d’argent accompagnée de six annelets d’or, trois en chef et trois en pointe, posés 2 et 1, que De Meyier, suivant alors Riestap et son Armorial Général, identifia comme étant celles de la famille bretonne de Philippes, sr de Barac’h, en Louannec, dont un membre, Guillaume, avait été anobli par le duc de Bretagne en 1423. Ces armoiries étant surmontées d’une crosse, l’identification n’aurait pas du poser de problème. Malheureusement cette famille de Barac’h n’a donné aucun abbé...
En cherchant un peu plus en avant, nous n’avons pas mis trop de temps à découvrir un personnage bien plus remarquable susceptible d’être le possesseur ou le commanditaire de ce Ciceron de Leyde, en l’occurrence l’abbé du monastère de Saint-Denis, Guy de Monceau (+ 1398), dont les armes sont identiques.
Dom Félibien, dans son  Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denys en France (1706), nous fournit plusieurs renseignements biographiques sur cet abbé.

A Robert de Fontenay succéda Guy de Monceau. L’écusson de ses armes gravé sur sa tombe & sur quelques images d’argent dont il fit présent à son église ne laisse aucun doute sur la noblesse de son extraction. L’éclat de son nom estoit encore relevé par d’autres qualitez qui ne suivent pas toujours la naissance. L’abbé Guy estoit sage prudent & plein de douceur. Il s’ estoit nourri de bonne heure l’esprit & le coeur dans les divines écritures & l’ intelligence qu il y avoit acquise luy rendit cette étude tres profitable à luy même & à tous ceux qui eurent le bonheur d’estre sous sa conduite. Il estoit docteur en droit canon & civil avant que d’estre nommé abbé ; il cultiva toujours depuis cette science & fit transcrire plusieurs livres de droit à l'usage du monastere. ..
... Il y avoit près de trente cinq ans que l’abbé Guy de Monceau gouvernoit l’abbaye de Saint Denys mourut le vingt huitième d’avril 1398. Il fut dautant plus regrété que l’Eglise de France perdoit en sa personne un de ses plus savans théologiens & l’Ordre monastique un de ses plus dignes abbez .  
...
Plus près de l'autel de saint Benoit, sur la même ligne que la tombe de Gille de Pontoise et celle de Guy de Castre d'Arpajon, se voit un troisième tombeau de cuivre sur laquelle est représenté l'abbé Guy de Monceau en habit pontificaux; on y voit gravé en deux endroits l'écusson de ces armes lesquelles sont de gueule aune face d'argent accompagné de six annelets d'or ; c'est le premier abbé de saint Denis à avoir pris armoiries  

L’épitaphe de Guy de Monceau :
Sub hac tumba vi mortalis belli,
Est Abbatis Guidonis Moncelli
Inhumatum corpus exanime :
Parcat Deus ipsius animæ.
Hic nobilis, benignus & prudens,
In scripturis sacris olim studens,
Doctor factus, non ob hoc vacavit,
Sed scripturis eisdem vacavit,
Ex quo sibi multisque profecit,
Et quamplures libros scribi fecit,
Tam divini, quam humani juris :
Nec mundanis minus vacans curis
Redditibus & ædificiis ;
In turribus & fortaliciis,
Cænobium istud augmentavit.
Auro mictram amplius ditavit,
Et campana magna presens templum,
Bonum prestans futuris exemplum,
Sicque vivens in hoc mundo, demum
Diem vitæ conclufit extremum.
Anno Domini m.ccc. nonagesimo viii, xxviii. Aprilis


Tombe de Guy de Monceau relevé par Gaignières:


(c) Paris, BnF, Est. RESERVE Pe-11a-Pet. fol.

Selon le regretté G. Ouy, le manuscrit de Leyde serait de la main même de Pierre d'Ailly (1351-1420) et aurait été écrit entre 1409 et 1420. A ce stade de mes investigations je n'ai pas trouvé l'argumentation du paléographe sur cette attribution.
Quoiqu'il en soit, il me parait très probable que la "bretonitude" du manuscrit de Leyde n'est pas à chercher dans son possesseur mais bien dans son copiste, lequel semble avoir marqué ses origines au f. 137, en dessinant deux hermines stylisées de part et d'autre d'une fleur de lys ... Nous avons déjà rencontré dans la capitale, à cette époque, nombre de copistes bretons...

 

Parmi les noms inscrits sur le manuscrit de Leyde figure celui de « Sellarii ». Il s’agit très probablement du prêtre Nicolas Sellier, « scribe » et notaire du chapitre de Notre-Dame de Paris, attesté en 1393. On lui doit plusieurs ouvrages, en particulier une traduction  :« De l'Effect de oroison et de la maniere de prier Dieu... composé en latin par feu de bonne memoire maistre GUILLAUME, evesque de Paris, et puis translatée en françois par maistre NICOLLE SELLIER, scribe du chapitre de Paris » (Paris, BnF, Fr. 930 = numérisé sur Gallica), ouvrage imprimé à Paris, par Antoine Verard, en 1511.


(c) Paris, BnF, Fr. 930

Bibliographie
J. P. Gumbert, 'Cicerones Leidenses', in: Medieval Manuscripts of the Latin Classics. Production and Use. Ed. C.A. Chavannes-Mazel & M.M. Smith. Los Altos Hills/London 1996, p. 208-244, i.c. p. 242
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Les manuscrits de la comtesse Le Gualès de Mezaubran

28/03/16

Le Gualès
: de gueules au croissant d'argent accompagné de 6 coquilles de même, rangées 3 et 3.
La famille Le Gualès figure parmi les plus anciennes de Bretagne. On trouvera toutes les références généalogiques les concernant sur le précieux site TUDCHENTIL de notre ami Amaury de La Pinsonnais, et sur la même page un lien vers leur généalogie dressée par Rémy Le Martret.
Dans l’arrêt de maintenue de 1669:

« Rolland le Guales, chevaillier, seigneur de Mezaubran, cheff de nom et armes », affirme portter «  les armes de leur nom de le Gualles, qui est une famille en cette possession de noblesse depuis plus de quatre cent ans, et quoy qu’il peut remonter sa genealogie jusques à un Jan le Guales, qui vivoit en 1300, et faire la preuve d’onze degres de filiations en ligne directe, sans aucune interuption, cepandant, pour ne s’engager à rien qu’il ne puisse prouver si constamant qu’il n’y ait pas la moindre ombre de difficulté, il se restraint à huit degres seulement et ne parlera de Jan et de Geffroy le Gualles que pour faire voir son antiquité et celle de sa famille, pour eviter la confusion ordinaire dans toutes les geneallogies ».

De cette noble famille nous retiendrons Gilberte Le Gualès de Mézaubran, comtesse Le Gualès de Mézaubran, née Levesque (1892-1970), épouse d’Adolphe Le Gualès de Mézaubran (1886-1944), comte Le Gualès de Mézaubran, ancien maire de Joué-sur-Erdre. Pour l’Histoire, soulignons qu’ils méritèrent par leurs actions, durant le Seconde Guerre mondiale, la Médaille de Juste.
 
La vente Sotheby’s  du 2 juillet 1951 : Mediaeval manuscripts and miniatures, décrit 8 manuscrits ayant appartenu en dernier lieu à la comtesse de Mezaubran :
Lot 23. Saint Augustin. 32 f. écriture gothique. 17 lignes. f. 1 ½ p. miniature de saint Augustin. Armes de Jean Budé. 145 x 105 mm. France.
Manuscrit aujourd’hui conservé à la Boston Public Library,  Ms. q.Med. 127 (ancien 1549). // Je remercie Kimberly Reynolds, curator of Manuscripts, pour les renseignements qu'elle a pu me fournir sur ce manuscrit. //
De contemplatione Christi, seu Manuale. ca 1475/1480.
Initiales or et couleurs. Rubriques en bleu. réglure en rouge. Table f. 31-32.
Acquis de Maggs Bros. (A century of printed books (1462-1562) and some mediaeval manuscripts : cat. 816, 1953, n° 141). « J.L. Whitney Fund / Nov. 3 – 1953/ 029 » (f. 1).
Sur les armoiries de Jean Budé, voir la base BIBALE (IRHT) 
Sur les manuscrits des Budé :
Monique-Cécile Garand, "Les copistes de Jean Budé (1430-1502)", dans  le Bulletin d'information de l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 15, 1969 (Numéro 1967), p. 293-332 [en ligne sur Persée]
H. Omont, "Georges Hermonyme de Sparte, maître de grec à Paris et copiste de manuscrits, suivi d'une notice sur les collections de manuscrits de Jean et Guillaume Budé", et de notes sur leur famille, dans Mémoires et Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XII, 1885, p. 5-57.

Lot 24. Bréviaire à l’usage de Rome. Illuminé. 446 f. Gothique. 27 lignes. 150 x 115 mm. XVe s. Italie du Nord.
Ca 1430. 152 x 118.  2 col. Prix : 39.20
Passé dans la vente Proske, décembre 1994. Psautier et bréviaire. 10 initiales historiées. Prix : 15500.00

Lot 25. Recueil. Latin. Papier. 83 f. Enluminure p. 1. Armes de Jean Budé. Des initiales ont été découpées. 137 x 92. France XVe s.
Aujourd’hui à Austin, University of Texas, Harry Ransom Center, MS HRC 40. // Je remercie Elizabeth L. Garver, French Collections Research Associate, pour son aide //
Description et photos sur Digital Scriptorium. Partie 1. Il s'agit de l'oeuvre de l'historien Jean de Candida (Giovanni Filangieri Candida (+ vers 1499):
« Divo Carolo adolescenti Lodovici filioli Francorum regi christianissimo humilimus ac fidelis servitor et subditus Johannes Candida, victoriam et felicitatem. « Daturo munuseulum strene tue Majestati, etc. (voir en ligne : Camille Couderc, sur Persée et Persée) Partie 2, 33-54v: Seraphius vir Urbinas vir utriusque iuris interpres nostri temporis primarius, reverendissime pater, gentilium libros de optimarum artium studiis cum datur otium frequentius legere solet. Is nuper cum Luciani philosophi apud graecos suo tempore clarissimi quendam legeret dialogum qui inscribitur Caron latinum nescio quo interprete iam diu factum me pro mutua inter nos consuetudine rogavit ut illum sui gratia emendarem corrigeremque, quoniam exstarent quam multa eo mendosa quod ad sententias explicandas ut plurimum esset opus Sibilla interprete. (en ligne : )


© Austin, University of Texas

Armes des Budé : d’argent, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin pourpre, pamprées de sinople
Nous y avons reconnu au f.1 l'ex-libris (XVII/XVIIe s.) des Oratoriens de Nantes : Oratorii Nannetensis
[voir ici] et [voir ici] :


© Austin, University of Texas

Une inscription verticale montre que le manuscrit était à Nantes en août 1837.
De même nous avons remarqué sur le premier folio le cachet très caractéristique du Comte de Kergariou (+1849) (1) avec sa devise "Là ou ailleurs" :


© Austin, University of Texas
  
Prix : 56.00

Lot 26. Entretiens pour assister au saint sacrifice de la messe. Enluminé, style Renaissance. 65 f. Ecriture romane, or, bleu, noir. 15 lignes. 171 x 111 mm. Reliure maroc. fin XVIIe s.
Ce manuscrit est passé en 1841 à la vente Deville & Dufour :
Lot 70 du Catalogue des livres rares, précieux, singuliers et curieux,... provenant  des bibliothèques de MM. Deville et Dufour dont la vente se fera le lundi 8 février 1841 (Paris, Bohaire, Libraires, 1841): Entretiens pour assister au saint sacrifice de la messe et pour la confession et communion. Pet in 4° mar. r. fil. tr. d. Joli manuscrit du XVIe siècle sur peau vélin avec lettres initiales, ornements et 4 jolies miniatures, le tout en or et en couleur.    
Prix : 12.00
 
Lot 27. Heures de la Vierge. Usage de Dol. 120 x 80 mm. XVe s. Enluminé. Semi-gothique. 15 lignes. Armes au f. 58v. Reliure XVIe s. Médaillon de la Crucifixion avec ces mots : IACQVE MVNE MOQUE
Sotheby’s 1951. Prix : 28.00
Peut-être une famille « Mocqué » ?, patronyme attesté en Bretagne.

Lot 28. Heures de la Vierge à l'usage de Paris. Enluminé. 146 f. Gothique. 14 lignes. 131 x 97 mm. France. XVe s.
Prix : 9.80

Lot 29. Heures de la Vierge. 74 f. 174 x 120 mm. XVe s. Franco/ Flamand. Gothique. 19 lignes. Enluminures pleine page : Jugement dernier. Bordures. Reliure XIXe s. avec inscription : ANNA BAYS.
Prix : 67.20

Lot 30. Heures de la Vierge avec calendrier à l’usage de Paris. 89 f. Gothique. 14 lignes. 8 miniatures ½ p. La première page du calendrier manque. 155 x 109 mm. Paris, XV ½.
Prix : 252.00


Jean Budé et son père Dreux Budé (détail d'un panneau du maître de Dreux Budé, vers 1450).

Pour lors, nous n'avons pas retrouvé d'informations sur les différents livres d'heures de la comtesse Le Gualès de Mezaubran.

Note
(1) Sur ce bibliophile breton voir Jean-Luc Deuffic, "Le comte de Kergariou. A propos d'un Livre d'heures... et de saint Fiacre", dans Notes de Bibliologie. Livres d'heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (Pecia, Le livre et l'écrit, 7), Brepols, Turnhout, 2010, p. 171-175. [ Lien ] 
 
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Heures à l'usage de Paris : copiste breton ?

24/03/16


La maison ADER propose à sa vente du 7 avril 2016 (lot 33) un livre d'heures à l'usage de Paris, exécuté vers 1410/1420. La présence "remarquable" de saint Conogan, fêté au 15 octobre dans le calendrier, laisse à penser qu'une main bretonne a confectionné ce manuscrit...


(c) Ader

Description détaillée du manuscrit dans la Gazette Drouot


Bateau de pierre de saint Conogan à Beuzec-Cap-Sizun (source : topic topos)
La vie de saint Conogan, dans Dom Alexis Lobineau (1725) [lien]
CONOGAN : donné tardivement comme évêque de Quimper, attesté dès le Xe siècle.

Ce livre d'heures a servi de livre de raison à plusieurs membres de la famille de Reméru (Lorraine puis Chalon).  Voir sur un autre livre d'heures et de raison de Philibert de Reméru : Le livre d'heures de Philibert de Reméru. [Notes généalogiques sur la famille de Reméru inscrites sur un livre d'heures du XVIe siècle.] Mém. Soc. d'hist. et d'arch. de Chalon-sur-Saône, xxi (1925), 89-101. Numérisé sur Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722175x
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